Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

6 novembre 2010

Fortes tensions autour de Pôle emploi et du budget « travail »

Filed under: 04 - Emploi formation — iledere @ 12:00

La direction de Pôle emploi a confirmé hier la suppression de 1.800 postes l’an prochain. Les syndicats, qui se mobilisent mardi, dénoncent une « agression ».

C’est, avec les retraites, un autre foyer de tension entre le gouvernement et les syndicats. Alors que la baisse du chômage reste chaotique, la direction de Pôle emploi a confirmé, hier, la suppression de 1.800 postes d’ici à la fin 2011, sur les 49.000 salariés que compte l’organisme public. Quelque 1.500 CDD ne seront pas renouvelés et 300 postes permanents seront supprimés. La contribution à la lutte contre le déficit avait beau avoir été évoquée depuis plusieurs mois, l’annonce officielle des suppressions de postes, hier, va contribuer à la détérioration de conditions de travail déjà très difficiles, estiment les syndicats. «  Cette annonce inacceptable est vécue comme une véritable agression », dénoncent les 9 syndicats de l’agence, qui se mobiliseront mardi pour réclamer de meilleures conditions d’accueil et de travail. «  Nous avons réussi notre réorganisation et l’on peut rendre un certain nombre de moyens exceptionnels qui nous avaient été octroyés en 2009 et 2010 », d’autant que les inscriptions au chômage « ne progressent plus », rétorque le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy. Interpellé à l’Assemblée hier, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a indiqué que 1.300 postes de Pôle emploi, jusque-là affectés au recouvrement des cotisations chômage (tâche qui sera désormais dévolue aux Urssaf), pourront être redéployés sur d’autres missions.

Plus largement, c’est la réduction des crédits consacrés à l’emploi qui inquiète. «  Les ministères du Travail et de l’Emploi consacreront un effort important à la maîtrise des dépenses », a reconnu le ministre du Travail, Eric Woerth, hier à l’Assemblée, précisant que 55 % des départs en retraite n’étaient pas remplacés et que les crédits de fonctionnement baissaient, comme ailleurs, de 5 %. Au final, les crédits de la mission s’affichent en progression de quelque 60 millions d’euros l’an prochain, à un peu plus de 12 milliards d’euros, a rappelé Eric Woerth.

« Effet d’optique »
Les députés de gauche sont venus nombreux, hier, pour dénoncer un «  effet d’optique », permettant de masquer des coupes «  massives » dans les crédits de l’emploi. Une fois neutralisées les variations de périmètre, ces ressources «  s’inscrivent en baisse de 13 % », estime le député du Lot Jean Launay (PS). De fait, le gouvernement ne tient pas compte du 1,4 milliard qui avait été consacré à l’emploi, l’an dernier, dans le cadre du plan de relance. En outre, le calcul du gouvernement pour 2011 se fait par rapport à la loi de Finances initiale 2010, or le budget de l’emploi devrait déraper de près de 2 milliards d’euros en exécution. La marche sera d’autant plus haute l’annnée prochaine. La gauche dénonce la baisse des contrats aidés budgétés (60.000 de moins dans le privé), après une utilisation massive en 2010 : «  Cette politique de « stop and go » a des conséquences désastreuses sur les publics ciblés », regrette Jean-Patrick Gille, député d’Indre-et-Loire. Comme le PS, les centristes se sont aussi «  étonnés » des ponctions exercées sur certains organismes paritaires, et notamment les 300 millions pris sur le fond pour la sécurisation des parcours.

LUCIE ROBEQUAIN pour Les Echos

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