Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

14 novembre 2010

Europe éco, Eva Joly, Nicolas Hulot: en avant… doutes!

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Après de très longs mois de débats, la fusion a été actée, hier, à Lyon. «Europe écologie – les Verts» est née. Une célébration dans la bonne humeur. Si ce n’est que la candidature d’Eva Joly commence à soulever quelques doutes. Si ce n’est, aussi, un Nicolas Hulot venu tâter le terrain pour peut-être proposer la sienne…

«Il faut du temps pour avoir un beau bébé. La grossesse, ce n’est pas que du bonheur. Il y a des moments où l’on est… un peu barbouillé ! » L’image est signée Yannick Jadot, eurodéputé Europe écologie, chargé de l’élaboration du projet pour 2012 et artisan de la candidature d’Eva Joly. Et cette image est assez juste. L’accouchement du rassemblement des écologistes s’est fait dans la douleur : petites phrases, bisbilles en tous genres, parano à tous les étages. Hier, à Lyon, à l’occasion de la tenue de ses Assises constituantes, tout ça se devait d’être oublié. Foi de Cécile Duflot : « Les fractures internes créent la suspicion à l’extérieur », « Il n’y a plus à partir de ce jour de Verts et de non-Verts », etc. L’heure était donc aux accolades, aux sourires à la pelle et aux échanges de mots doux. L’heure était à la célébration, celle de la naissance d’un mouvement baptisé par ses militants très originalement… « Europe écologie – Les Verts » !

« C’est vrai, reconnaît le député Yves Cochet, candidat à la désignation pour 2012, Ça a un petit côté “Bisounours”, mais que voulez-vous ? L’aventure politique à laquelle nous participons depuis deux ans marche : nous sommes la troisième force politique du pays. ». Des mots doux, donc, pour célébrer ce « moment d’incandescence », ce « moment de plaisir », dixit Duflot. Mais des doutes, aussi, grandissants sur la capacité d’Eva Joly (l’autre candidate, la plus probable), à tenir le coup dans la campagne présidentielle à venir. Ces mots-là, eux, ne sont exprimés qu’à voix basse. Par bon nombre de journalistes qui s’abstiendront de le dire ou de l’écrire. Mais aussi par certains militants et cadres d’Europe écologie : « Elle ne tiendra pas », « Lors du Grand Journal sur Canal+, elle n’a pas été capable de dire que nous étions pour une sortie progressive du nucléaire », « Elle s’est plantée sur France 2 face à Nadine Morano » (lire l’article de Nicolas Domenach dans Marianne de cette semaine)… « Elle peut nous faire une Lipietz », prédit même un de ceux qui avait participé à la campagne de Noël Mamère en 2002 après qu’Alain Lipietz ait explosé en vol, crucifié sur l’autel médiatique plus que pour son positionnement à gauche toute.

Les proches d’Eva Joly semblent, eux aussi, fébriles. Quand leur candidate prend la parole à la tribune, ils paraissent redouter qu’elle ne chute au détour de chaque phrase. Et la réaction qu’elle provoque dans la gigantesque salle de 1 500 places laisse pantois. C’est dans un silence de cathédrale qu’Eva Joly s’exprime. Comme à chaque fois qu’elle intervient d’ailleurs. On ne sait si les militants l’entendent sans parvenir à l’écouter ou s’ils sont dans le recueillement, rappelant l’atmosphère si particulière qui régnait, en 2007, dans les meetings de Ségolène Royal, cette autre candidate dont on disait — à tort — qu’elle ne tiendrait pas.

Mais son entourage se veut rassurant. « Elle travaille beaucoup et apprend vite », explique Yannick Jadot. « Elle va sur le terrain comme la semaine prochaine à Nantes et elle consulte des intellectuels », confie une de ses plumes, Pascal Canfin, se gardant bien de révéler leur nom (« C’est à eux de le faire, ils n’apprécieraient peut-être pas »). Elle cherche aussi à s’extraire de son image de magistrate purificatrice venue du Nord et à gagner ses galons de candidate crédible, comme avec sa longue interview donnée il y a quelques jours à Libération dans laquelle elle déroulait son contre-projet de loi de finances. « Il lui faut définir son profil, ses valeurs, ce qu’elle porte dans le débat, explique Canfin, Il y a déjà l’éthique, la responsabilité, la justice. Il lui faut maintenant mettre en avant une certaine rigueur morale à l’égard des gens : “je ne promets pas ce que je ne peux pas tenir”. »

En attendant, il en est un autre qui est venu faire un tour à Lyon : Nicolas Hulot. L’air de rien ? « Prenez ça comme un geste d’amitié » a-t-il lancé à la tribune. Mais une fois son discours achevé, le même Nicolas Hulot qui a souvent hésité à franchir le pas a confié qu’il n’excluait pas d’être candidat… tout en affirmant qu’Europe écologie – Les Verts « a un candidat qui se légitime chaque jour un peu plus » et qu’il n’était « pas certain qu’ils aient besoin de [lui] »… A Lyon, ce devait être « en avant toute » pour « Europe écologie – Les Verts ». « En avant… doutes ! », sonnerait mieux.

Gérald Andrieu pour Marianne2.fr

2 réponses à “Europe éco, Eva Joly, Nicolas Hulot: en avant… doutes!”

  1. La main gauche dit :

    L’histoire ne dit pas si Nicolas Hulot est arrivé en hélicoptère et s’il a distribué des autocollants de ses « mécènes » du CAC40.. dommage, ça aurait eu de la gueule !

  2. babelouest dit :

    Ils me font bien rire, ces écolos à la petite semaine. La caution de Nicolas Hulot fait peur. La vraie écologie ne peut être qu’antagoniste totale au capitalisme, bien que celui-ci ait osé avancer le non-sens de capitalisme vert. Rien que cette notion absurde qu’on a osé nommer les droits à polluer est monstrueuse. Tout se vend, tout s’achète dans l’optique consumériste actuelle. Ce n’est bien entendu pas ainsi que nous en sortirons, et que nos enfants et les enfants de nos enfants pourront avoir l’espoir de vivre sur une planète réconciliée avec elle-même.

    Les seuls qui tiennent le bon langage, et les bonnes solutions, sont les décroissants. Bien entendu, la propagande du Nouvel Ordre Mondial les présente comme des nostalgiques d’un archaïsme, alors que bien sûr il ne s’agit pas de cela. Il faut bien séparer, voire opposer la croissance, et le développement. Le second est éminemment souhaitable, c’est une utilisation raisonnable, équitable de nos ressources limitées. C’est aider ceux qui ont faim à reprendre leurs cultures vivrières, adaptées à leur milieu, et souvent détruites par des cultures industrielles vendues aux pays riches. C’est bannir des OGM qui faussent la nature, et peuvent long terme détruire de délicats équilibres.

    La croissance, au contraire, veut produire toujours plus dans un environnement limité. C’est très mauvais pour tous, y compris ceux qui s’en goinfrent, et leur propre descendance. Les biocarburants, à ce propos, sont une invention terrible. Qui y trouvera son compte ?

    Ces formations politiques, et en particulier Europe Écologie, ne sont que cela, des machines à gagner des élections. Pour le reste, elles se fichent bien des options des industries planétaires, qui elles-mêmes se moquent éperdument de politiciens qu’elles contrôlent grâce à leurs fonds de propagande et de corruption.

    Une réflexion parmi d’autres :
    http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com/blog/lire-article-261457-1952749-l_eau__usages_et_mesusages_.html

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