Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 novembre 2010

Emplois, loyers, salaires : les dérapages de l’Etat employeur

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

L’Etat a besoin d’une rallonge de 1,4 milliard d’euros pour huit ministères. En cause : moins de départs en retraite et les restructurations coûteuses de la Défense.

Etat cherche 1 milliard d’euros d’urgence pour payer et loger ses fonctionnaires jusqu’à la fin de l’année. En termes budgétaires, cela s’appelle un décret d’avance, et c’est du bout des lèvres que les parlementaires l’ont accordé au gouvernement cette semaine (leur avis n’est de toute façon que consultatif). « On conçoit l’image désastreuse qu’aurait produite, dans l’opinion, un Etat à ce point impécunieux qu’il ne serait même plus en mesure de payer ses fonctionnaires », ironise le président de la commission des Finances, Jean Arthuis (Union centriste).

« Navigation à vue », « maîtrise aléatoire » des ressources humaines, « mauvaise anticipation des départs » : alors que le gouvernement affiche sa volonté de réduire les déficits, son laxisme en tant qu’employeur est épinglé par les parlementaires. Cette rallonge de crédits, devenue une habitude au fil des ans, atteint un niveau record cette année (1,4 milliard en autorisations d’engagement, dont 930 millions de masse salariale).

Même le ministère du Budget…

La crise, qui incite les fonctionnaires à différer leur départ en retraite, et la réforme de 2003, qui leur impose de travailler plus longtemps pour obtenir une pension complète, expliquent une partie du dérapage. Comme l’an dernier, les départs vont s’avérer, en 2010, très inférieurs aux 68.000 anticipés par le gouvernement. Dans l’Education nationale, par exemple, il y a eu 9.400 départs en moins que prévu en 2009-2010.

L’Etat n’est pas le seul perdant : les enseignants en place, qui devaient percevoir 328 millions d’euros de primes cette année, soit la moitié des économies attendues liées à la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, n’en recevront que 182 millions. Même le ministère du Budget, d’ordinaire très vertueux, demande 110 millions de plus pour payer ses agents. Lui qui ambitionnait de ne pas remplacer 58 % des fonctionnaires partant en retraite ne fera finalement pas mieux que le « un sur deux ».

Le gouvernement a également sous-estimé le coût de la réforme de l’Etat au niveau local, au moins à court terme. La fermeture de bases militaires, qui impose de reloger des familles de Lorraine vers la région parisienne par exemple, donne lieu à des indemnités de restructuration supérieures de 230 millions d’euros aux prévisions.

Un choix immobilier critiqué
Les militaires qui acceptent de quitter l’armée reçoivent, quant à eux, 75.000 euros d’indemnité en moyenne, un montant jugé élevé par les députés. Le recours aux contrats précaires se paie aussi au prix fort, l’Etat devant payer l’allocation chômage des contractuels qui quittent l’armée. Compte tenu de la dégradation du marché de l’emploi, cette indemnisation coûte 50 % plus cher que prévu, soit 125 millions au total.

Mais c’est sur l’immobilier que les parlementaires se montrent les plus sévères. En décidant de regrouper ses administrations centrales sur un même site à Paris, porte d’Issy, le ministère de la Justice vient selon eux de commettre la triple erreur de louer au lieu d’acheter -un choix surprenant pour un ministère régalien donc pérenne -, d’opter pour le site le plus cher qui lui était proposé (25 % de plus qu’un autre situé porte de Bagnolet) et d’ignorer l’avis défavorable du Conseil de l’immobilier de l’Etat. Fait rarissime, les députés ont donné un avis défavorable à l’enveloppe de 232 millions réclamée pour financer les douze années du bail.

Par Lucie ROBEQUAIN pour « les echos.fr« 

Une réponse à “Emplois, loyers, salaires : les dérapages de l’Etat employeur”

  1. babelouest dit :

    Pour résumer l’État-Sarkozy est en banqueroute délictuelle, puisque c’est causé par des sommes énormes employées à payer d’illégitimes intérêts à des banques privées. De mémoire, article 124 du traité de Lisbonne, pour ceux qui ne jurent que par lui. Sans compter le bouclier fiscal, les inutiles exemptions patronales de cotisations sociales, et tutti quanti.

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