Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

29 novembre 2010

RDDV : le retour bis…

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Renaud Donnedieu de Vabres (AFP)

Petit à petit les langues se délient au sujet de l’attentat de Karachi. Et les mises en cause continuent. Tout se beau monde se dépêche de refiler la patate chaude à quelqu’un d’autre tant il émane de cette affaire l’odeur putride des luttes politiques fratricides. C’est maintenant Renaud Donnedieu de Vabre qui revient en pleine lumière. Ce spécialiste des rétrocommissions (frégates thaïlandaises) et du financement illégal des Parti (Parti Républicain) s’est en partie confessé???

Un ancien membre du cabinet de François Léotard au ministère de la Défense, Patrice Molle, affirme que Renaud Donnedieu de Vabres s’était occupé des intermédiaires libanais dans un contrat d’armement lié au dossier Karachi, évoquant des « rétrocommissions », dans un entretien au journal Le Monde daté du 28 novembre. « Tout Paris sait qui a imposé les intermédiaires libanais dans le dossier Agosta, Renaud Donnedieu de Vabres traitait tout cela directement, il référait en personne au ministre. Les rétrocommissions, ça ne passe pas par le cabinet officiel, ça s’est joué dans les circuits parallèles« , a affirme le préfet Molle, ex-chef du cabinet civil de François Léotard au ministère de la Défense et ancien de la DGSE.

A l’époque, Renaud Donnedieu de Vabres était conseiller spécial du ministre de la Défense François Léotard, en poste de 1993 à 1995.
Gérard-Philippe Menayas, ex-directeur financier de la DCN a expliqué comment deux intermédiaires libanais Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir avaient été imposés en 94 par le pouvoir politique pour mener à bien la vente d’armes au Pakistan. “Quand je parle de pouvoir politique, c’est le ministre de la Défense [ndlr François Léotard] ou son cabinet [ndlr Renaud Donnedieu de Vabres] “, a précisé le haut fonctionnaire.

Takieddine et son collègue sont suspectés d’avoir redistribué les fumeuses rétrocommissions au camp Balladur-Sarkozy. Takieddine était une figure de proue des réseaux balladuriens dans les ventes d’armes à l’étranger et semble fort bien apprécier notre cher président : “Nicolas Sarkozy est mon ami. Je l’ai rencontré en 1993“ avait-il déclaré.

« On avait le sentiment d’une guerre politique »
Devant le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur un volet financier de l’affaire, Renaud Donnedieu de Vabres a reconnu avoir rencontré les deux hommes au ministère de la Défense mais a affirmé ne pas avoir participé à la négociation du contrat, selon le compte-rendu de son audition consulté par l’AFP.

A son arrivée à l’Elysée en 1995, Jacques Chirac avait ordonné la révision des contrats d’armement ayant pu donner lieu à des rétrocommissions.

Interrogé sur les soupçons de corruption qu’avaient fait naître ces vérifications, Dominique de Villepin a déclaré jeudi au juge que « le suivi des commissions, tel qu’il avait été opéré par la DGSE, faisait ressortir de forts soupçons de rétrocommissions« , selon des extraits de son audition publiés par Lemonde.fr et Médiapart.

Sur les décisions prises après la présidentielle, Renaud Donnedieu de Vabres a dit au juge : « on avait le sentiment, avec M. Léotard, d’une guerre politique« , précisant n’avoir « aucune idée » du lien entre cette « guerre » et les commissions.

RDV : le retour bis
Voici donc un nouveau retour en pleine lumière de Renaud Donnedieu de Vabre.
Sans doute, ami lecteur, ce nom fait naitre quelques souvenirs confus car le bonhomme était très diret ses dernières année. Pourtant le personnage gagne à être connu. Il s’agit d’un professionnel des commissions d’armement et du fiancement occulte des partis politique…
Laisse moi te rafraîchir la mémoire et te conter la vie édifiante un « looser magnifique » que la morale n’étouffe pas:

Renaud Donnedieu de Vabres (parfois abrégé en RDDV) est le fils de Jacques Donnedieu de Vabres, maître des requêtes du Conseil d’État, ancien Secrétaire général du Gouvernement et petit-fils de Henri Donnedieu de Vabres, magistrat français, juge au procès de Nuremberg. Pour faire carrière c’est mieux que septième enfant d’une famille pauvre dont le père est un alcoolique brutal et la mère tuberculeuse…
Et RDDV a tout fait pour justifier l’adage qui dit que « le grand père était un aigle, le père un faucon et le fils un vrai…. »

Une carrière politique entre opportunisme et copinage
RDDV fera donc carrière dans la politique : Il occupera un certain nombre de postes adaptés à son échine souple, dans l’ombre de François Léotard et du PR dont il est membre.
Il participera à un certain nombre de fantaisies peu culturelles, comme le contrat des célèbres frégates antiaériennes qui aurait généré des commissions astronomiques… Hé oui, déjà les main dans le cambouis des commissions, retrocommisions et autres vilénies…
RDDV quitte donc le RP et rejoint Balladur puis devient directeur de cabinet de l’UDF. Qu’il quittera pour rejoindre Chirac et le RPR. En politique, à droite, l’important c’est la souplesse.

Le temps des affaires

Nommé ministre délégué aux Affaires européennes du gouvernement Jean-Pierre Raffarin, il n’est pas reconduit en juin 2002 dans le gouvernement Jean-Pierre Raffarin II en raison d’une mise en examen dans l’affaire du financement occulte de l’ex-Parti républicain. Un pro je vous dit…
Sur ce dossier, il est condamné pour blanchiment d’argent le 16 février 2004 par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine de 15 000 euros d’amende, peine qui n’est pas assortie d’une sanction complémentaire d’inéligibilité.
Econduit d’un ministère pour mise en examen, il sera nommé après son procès alors qu’il a été condamné… Du jamais vu !! Quel talent !! A moins que sa connaissance des méandres de la vente d’arme lui ait valu un régime de faveur…

Un ministre très à l’écoute des « Majors »
A la culture, son grand oeuvre est le DADVI, (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information), un texte technique dont l’intérêt purement culturel reste trés flou…
Cependant, l’adoption de ce projet a été plus difficile que prévu. Des parlementaires comme Christian Paul ont accusé M. Donnedieu de Vabres d’avoir donné une place trop grande aux lobbies des grands industriels de la musique, allant jusqu’à organiser une démonstration de téléchargement sur des sites de grands acteurs commerciaux dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Christine Boutin, Alain Suguenot et d’autres parlementaires ont dénoncé la répression prévue par le texte et ont soutenu un régime d’autorisation des téléchargements de contenus dit de « licence globale » ; contre toute attente, l’Assemblée nationale a adopté le premier de leurs amendements.

Mais RDDV a montré de réels talents sportifs notamment sur le tir en touche : Il a en effet hérité de son prédécesseur Jean-Jacques Aillagon du dossier sulfureux du régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.
Avec le projet de loi DADVSI, c’est le deuxième gros volet de son passage rue de Valois.

Un art consommé de la contorsion politique
Il affirme d’un côté partager l’avis des syndicats majoritaires concernant une période annuelle de calcul des droits d’accès à ce statut, mais refuse d’intervenir directement dans le débat considérant que toute initiative parlementaire dans ce dossier nuirait aux négociations entre les partenaires sociaux. Du grand art.
Mais le plus affligeant reste que pendant ce temps les subventions à la culture, aux activités culturelles ont été réduites comme peau de chagrin. Pourtant il n’y pas un espace de notre société ou la culture n’ait son importance. Mais la droite souhaite que la culture soit rentable… D’où la passion de Sarkozy pour Johnny. Encore que tous les spectacles de celui-ci ont été financés par les municipalités dans lesquelles il s’est produit. C’est très fort de la part de quelqu’un qui s’installe en Suisse pour devenir Belge et pouvoir habiter Monaco, de tempêter après des impôts qui ont fait sa fortune… Enfin, tout sa pour le mieux à Sarkoland puisque Johnny et RDV reviennent.

Une courte traversée du désert
Alors qu’il répétait dans tous les salons qu’il souhaitait rempiler pour un nouveau mandat, Donnedieu de Vabres était remplacé par Christine Albanel dans les gouvernements Fillon I et II.
Critiqué de toutes parts, aussi bien par le public que par les professionnels, il avait été exécuté par son collègue Jean-Louis Debré par un phrase peu protocolaire : « un nul qui nous a mis dans la merde et qui, depuis le début, nous a embarqué dans une aventure » Un jugement d’expert…
Exit donc RDDV, d’autant plus que Sarkozy n’aime pas les loosers et M. Donnedieu de Vabres avait été battu en juin par le socialiste Jean-Patrick Gille dans la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire.
Mais RDDV a plus d’un « Tours » dans son sac et a sans doute pu séduire de nouveau notre Winner en Chef en mettant en avant son fort lien avec le Fondation Franco-Américaine, seule organisation aux États-Unis qui se consacre à renforcer les liens entre la France et les États-Unis. Rappelez-vous c’était à l’époque des mamours Sarko-bush sur fond de vacances à Wolfeboro avec Rachida Dari. Que de souvenirs…

RDDV, le retour
Mais on ne se débarrasse pas d’un homme ayant trempé dans des affaires de financement occulte de parti politique comme d’une vulgaire Rama Yade. Il faut le recaser pour au moins pouvoir lui imposer le silence. Il est ainsi nommé « ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne »

Bien sûr, maintenant qu’il est nommé « Ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne » (Voilà un titre qui va faire frémir les huissiers de Matignon à Bruxelles…) Il peut enfin reprendre son ascension politique.
Il sera donc candidat aux élections municipales à Tours pour dit-il « arracher la ville aux griffes de la gauche ». Il sera à nouveau battu par Jean Germain le 16 mars avec 37,94% des suffrages.
Sa sinécure d »‘Ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne » (excusez moi d’insister, mais le titre me fait trop rire) ne résistera pas à une nouvel échec : sa mission première était promouvoir la riposte graduée au niveau européen. Avec le succès que l’on sait : le vote de l’amendement Bono par 88 % des députés européens et le refus catégorique de plusieurs états membres de suivre la proposition française. Dommage c’était bien payé et pas fatigant.

Ne vous inquiétez tout de même pas pour les fin de mois de ce fin de race. Dans ce milieu on rebondit toujours et on est sans cesse plus près du bouclier fiscal que du RSA. Depuis 2009, Renaud Donnedieu de Vabres est Secrétaire national en charge de la Culture à l’UMP. A ce titre, et en tant qu’ancien ministre, il participe à de nombreux colloques internationaux sur le culture et l’attractivité économique (??).

Le 12 avril 2009, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur.

Depuis le 1er mars 2009, il est conseiller d’Alexandre Allard pour la stratégie, le développement et la culture du Groupe Allard.

Le 17 juin 2009, il est élu président d’« Atout France », nouvelle agence au service du tourisme français.

Et la suite ?
Petit à petit, RDDV s’éloigne, bon gré mal gré des sphères politique ce qui laisse à penser qu’il retrouve une liberté de parole qui dans l’affaire de Karachi risque d’être dévastatrice. Autant pour ses ennemis et il en a pas mal, que pour ses rares amis qu’il risque de mettre dans le bain… Léotard en sait quelque chose puisqu’il es en première ligne maintenant.
RDDV osera-t-il pour se dédouaner de ses proximités avec les intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir jusqu’à balancer encore plus ? C’est possible : les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait…

Alain Renaldini

Une réponse à “RDDV : le retour bis…”

  1. babelouest dit :

    Venu du fond de la droite, un poing surgit de la nuit, et frappe la politique au niveau du cœur. Il n’y a rien derrière ce poing, que l’assurance de remplir quelques portefeuilles déjà fortement rebondis : qu’y a-t-il de mieux dans ce monde vu par des yeux en forme de $$$ ? Onc’Picsou avec un logique QI de volatile, voilà ce qu’est ce personnage qui n’affecte même pas d’être terne.

    Un jour, oui un jour, il ne rebondira plus, et se retrouvera derrière des barreaux qui ne seront pas des havanes. Il ne comprendra pas, sans doute.

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