Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 novembre 2010

Sont-ils intouchables ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Les affaires politico-judiciaires sont rebondissantes. Plus la trame des enquêtes et des révélations se déroule, plus on se rend compte que ce sont souvent les mêmes personnes qui y sont citées, sans jamais être vraiment inquiétées. Et si il y a bien des faits, des délits, des victimes, les acteurs dans ces affaires jouent suffisamment bien leur rôle de soutien, de couverture, pour que la justice ne passe pas ou si peu.

J’avais été étonné d’apprendre la nomination d’Alain Juppé au poste de ministre de la défense. Depuis l’accord de coopération militaire avec les britanniques, il est quand même gênant que ce soit les journalistes anglais qui nous rappellent que le gouvernement français compte désormais parmi les siens un personnage condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis et à 1 an d’inéligibilité pour financement illégal d’un parti-faits de prise illégale d’intérêts-emplois fictifs. Il était au moment des faits trésorier du RPR.Il est tout de même cocasse de voir rentrer dans ce nouveau gouvernement quelqu’un qui a été condamné pour le même type de faits aujourd’hui reproché à Mr Woerth, ministre du travail sortant, ancien trésorier de l’UMP…Il y a un lien (troublant) à faire dans l’actualité judiciaire et politique de la semaine à partir de Mr Juppé : c’est le dépaysement de l’affaire Woerth-Bettencourt annoncé pour la juridiction de Bordeaux.

Pourquoi Bordeaux ? Est-ce parce que la ville accueille l’école nationale de la magistrature ? Certes il y a un pôle économique des affaires qui spécialise cette juridiction, mais comme c’est le cas aussi à Marseille ou Lyon ! En tout cas l’explication d’impartialité ne pourrait nous satisfaire, car cela voudrait dire que l’indépendance de la justice n’est pas la même à Paris. Une sorte d’aveu ?

Troublante réaction de l’avocat de Liliane Bettencourt, Mr Georges Kiejman, qui déclare : « Ce procès ne pouvait pas avoir lieu à Nanterre. L’actuel président de la Cour de cassation est passé par Bordeaux. J’ai moi-même déjà plaidé dans cette ville et j’y ai des amis. »

On ne peut pas reprocher aux magistrats, aux avocats, d’avoir des amis. Mais dans les affaires politiques et judiciaires, c’est tout de même particulier. Il y a souvent des collusions dérangeantes, il y a les amis du premier cercle, intimistes, personnels, les amis de longue date, et il y a des amis.

Et nos hommes politiques ont eux aussi des amis, qui peuvent devenir des ennemis politiques, l’action politique dérapant, et comme ce fût le cas pour Villepin-Sarkozy, la confrontation passe par le terrain judiciaire pour gagner un combat politique.

Si on romance cela, on peut imaginer que l’affaire Clearstream est une réponse au Karachigate. Si l’on veut s’en convaincre il faut se replonger dans le contexte de forte dissension du RPR lors de l’élection Présidentielle de 1995.
E.Balladur, premier ministre, veut faire campagne contre le Président Chirac. N.Sarkozy se rallie à la candidature de Balladur ; dès lors deux camps s’affrontent. (more…)

25 novembre 2010

Auto-entrepreneurs, voici venu le temps de payer la CET

Filed under: 04 - Emploi formation — iledere @ 12:00

Depuis le 1er janvier 2010, la « contribution économique territoriale » remplace la taxe professionnelle. Si vous avez créé votre auto-entreprise avant cette date et que vous n’avez pas opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, vous êtes redevable de la CFE, incluse dans la CET, dans les mêmes conditions que les autres entreprises.

En dehors de quelques petits salopards de pseudo-patrons parasites sans scrupule qui ont exigé de leurs salariés qu’ils deviennent auto-entrepreneurs, leur retirant ainsi les congés payés, les indemnités de licenciement, les primes de précarité, absolument tout droit du travail, toute protection contre le licenciement et le chômage et récupérant au passage le montant des cotisations sociales, ce qui leur permet désormais de changer leur putain de 4×4 deux fois par an au lieu d’une,

En dehors du fait qu’en tant qu’auto-entrepreneur ayant opté pour le prélèvement libératoire, on vous taxe sur votre chiffre d’affaires et non sur vos bénéfices, peu importe ce qu’il vous en a coûté pour réaliser ce chiffre d’affaires,

Voici que maintenant, la remplaçante de la taxe professionnelle (ah, vous pensiez que cette taxe avait été supprimée ? Idiots de sarkozystes que vous êtes ! La grande annonce c’était la suppression de cette taxe, mais en douce ils en ont créé une autre beaucoup plus injuste et tordue !), la Contribution Économique Territoriale ou CET, pas encore célèbre mais qui ne devrait pas tarder à le devenir, s’invite à prélever le peu qu’il restait aux auto-entrepreneurs.

Incluse dans la CET, on trouve la Cotisation Foncière des Entreprises ou CFE. La CFE n’a aucun lien avec les chiffres d’affaires et bénéfices tirés : elle est uniquement liée à la valeur locative des locaux professionnels. Ainsi, même si vous exercez depuis votre domicile, vous devrez en vous acquitter. La cotisation minimale est fixée librement par la commune ou la communauté de communes de vos «locaux professionnels». Cette nouvelle taxe se fiche de vos bénéfices ! Que vous en fassiez ou pas, amis auto-entrepreneurs, vous allez raquer ! Le minimum se situant dans la petite fourchette de 200 à 2.000 €.

(…) Le nombre des créations d’entreprises est en chute libre (-8,5% en octobre). Si l’on retire les auto-entrepreneurs du comptage, il a chuté de près de 27% ! D’ailleurs, depuis début 2010, plus d’une demande de création d’entreprise sur deux se fait sous le régime de l’auto-entrepreneur. (more…)

Un gouvernement de crise

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Le 15 novembre sur France Info, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qualifiait de « révolutionnaire » le nouveau gouvernement de Sarkozy. Elle précisait aussitôt que « le principe de la révolution c’est que vous faites un tour complet à 360° ».

Une rotation de 360° revenait donc pour le nouveau gouvernement à se retrouver exactement au même endroit que le précédent. Selon elle, le gouvernement n’aurait donc pas bougé d’un pouce. La démission de Fillon et sa nomination dès le lendemain n’auraient été qu’un tour de passe-passe, destiné à amuser la galerie.

Ce point de vue cynique reflète assez bien la réalité mais une partie seulement de la réalité car le 3ème gouvernement Sarkozy-Fillon diffère très sensiblement des deux précédents. Il présente, en effet, trois facettes dont les deux premières le distinguent des deux gouvernements précédents.

1ère facette : un gouvernement nommé par Sarkozy pour protéger Sarkozy
Sarkozy sait qu’il est maintenant l’un des hommes les plus impopulaires de France. Il sait qu’après l’affaire Woerth et l’énorme mobilisation contre sa « réforme » scélérate de nos retraites, il n’est plus, aux yeux de la très grande majorité de la population, que le représentant des intérêts des riches, des rentiers, des actionnaires des sociétés du CAC40.

Il a voulu imposer sa volonté contre l’avis de 80 % de la population. Les institutions bonapartistes, profondément anti-démocratiques, de la Ve République lui permettaient sans doute d’agir ainsi. Mais le fossé qui s’est creusé entre lui et cette très grande majorité a rendu son pouvoir profondément illégitime et ouvert une crise politique aigüe. « On peut tout faire avec des baïonnettes, disait Napoléon, sauf s’asseoir dessus » : Sarkozy aurait dû méditer cette constatation réaliste.

Il sait que cette situation est très dangereuse pour lui. La droite s’était, en 1969, débarrassée de de Gaulle qui, après mai-juin 1968, était devenu trop encombrant. Il avait suffi pour cela que Valéry Giscard d’Estaing appelle à voter « non » au référendum gaullien sur la régionalisation et que Georges Pompidou, depuis Rome, se dise prêt à assumer « la lourde tâche de présider la République ». Après avoir perdu son référendum, de Gaulle avait démissionné et Pompidou était devenu le deuxième président de la Vème République. (more…)

24 novembre 2010

L’Irlande fait banquer l’Union européenne

Filed under: 01 - Etudes et analyses,09 - Evènement — iledere @ 12:00

201011184ce4a688e5437-0 L’Europe au secours des banques irlandaises. Dublin a dû se résoudre, sous la contrainte des marchés financiers, à demander l’aide de l’Union européenne. Celle-ci s’est empressée d’accepter pour « pour sauvegarder la stabilité financière dans l’Union et la zone euro », selon les termes du communiqué des ministres des Finances des Vingt-sept publié dimanche soir. Aucune somme précise n’est encore avancée, mais les fonds prêtés à l’Irlande devraient se situer entre 85 et 110 milliards d’euros, selon les estimations de Barclays Capital.

Plusieurs prêteurs sont sur les rangs : le Fonds européen de stabilisation financière (FESF), autorisé à emprunter jusqu’à 440 milliards d’euros sur les marchés avec la garantie des États de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF), qui permet à la Commission de lever jusqu’à 60 milliards sur les marchés avec la garantie du budget communautaire, la Grande-Bretagne et la Suède (qui a déjà prêté à la Lettonie et à l’Islande) disposées à accorder des prêts bilatéraux et, enfin, le Fonds monétaire international (FMI). Décryptage d’une crise qui fait trembler la zone euro.

Pourquoi l’Union doit-elle intervenir ?
À la différence de la Grèce, sauvée in extremis en mai dernier par l’intervention des Européens et du FMI, qui lui ont prêté respectivement 80 milliards et 30 milliards, l’Irlande n’a pas de problème de liquidités, ses besoins de financement étant assurés jusqu’en juin 2011. Autrement dit, elle est parfaitement solvable et ses comptes publics sont sous contrôle, le gouvernement conservateur de Brian Cowen ayant déjà adopté depuis 2009 une vigoureuse politique de rigueur qui n’a rien à envier à celle imposée à Athènes par l’Union et le FMI. Ainsi, le dernier plan publié par Dublin prévoit une économie de 15 milliards d’euros en 4 ans, soit 10 % du PIB irlandais.

Le problème irlandais est, pour l’essentiel, bancaire : les banques de l’île ont profité de la dérégulation financière mise en place par le Fianna Fail (au pouvoir depuis 1987 sauf entre 94 et 97) et des bas taux d’intérêt offerts par l’euro pour prêter à tout va, créant ainsi une bulle immobilière. Lorsqu’elle a éclaté, le système bancaire n’a dû sa survie qu’à la garantie accordée par l’État à la dette bancaire (dépôt des particuliers et prêts des investisseurs, soit autour de 250 % du PIB…). Mais le sauvetage des banques locales a coûté cher : 50 milliards d’euros en recapitalisation et 80 milliards d’euros d’actifs toxiques cantonnés dans une « bad bank », la NAMA, ou structure de défaisance. Une facture qui a fait plonger le déficit public irlandais à – 32 % du PIB. Cela étant, il s’agit d’une dépense imputée sur une année qui ne se répétera pas et la dette publique (99 % du PIB) reste soutenable.

Le problème est que les marchés financiers ont commencé à craindre que l’Irlande soit incapable de faire face à ses remboursements. La volonté du Conseil européen de la fin du mois d’octobre de mettre en place une procédure de restructuration de la dette publique des États fortement endettés a achevé de les paniquer. De peur de perdre leur mise, ils se sont mis à exiger une prime de risque de plus en plus importante, lui interdisant en fait de se financer sur les marchés. Pour mettre l’Irlande à l’abri des marchés le temps que Dublin fasse le ménage dans ses finances publiques et dans son secteur bancaire, l’Union a été obligée d’intervenir. « Un bel exemple de prophétie autoréalisatrice », soupire-t-on à Bercy.

Cependant, il n’est même pas certain que les Européens devront réellement lui prêter de l’argent, la garantie explicite de l’Union pouvant suffire à ramener le calme. À voir dans les prochains jours. (more…)

Sarkozy, l’homme qui pétait les plombs à l’oreille des journalistes

Mediapart et L’Express ont révélé l’incroyable coup de sang qui s’est emparé de Nicolas Sarkozy, répondant « en off » à des journalistes à propos du scandale Karachi et concluant sa saillie d’un hallucinant « Amis pédophiles, à demain ». Ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat perd ainsi ses nerfs, que ce soit pour se lancer dans une violente diatribe islamophobe ou pour insulter les journalistes. Ces emportements pathologiques révèlent bien une personnalité déséquilibrée, dénoncée dès avant la présidentielle. Rappel.

« Vous êtes un pédophile, j’en ai l’intime conviction, j’ai vu les services secrets mais je ne vous dirai pas lesquels, j’ai vu quelqu’un mais je ne vous dirai pas qui c’est, et c’était oral. Mais j’en ai l’intime conviction, vous êtes un pédophile ! », a donc lancé à un journaliste, selon L’Express, Nicolas Sarkozy vendredi 19 novembre – mais l’affaire n’a été révélée qu’aujourd’hui. Il était venu s’entretenir « en off » avec quelques confrères en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne. « En off » signifie que les journalistes sont censés ne pas reprendre les propos qui leur sont tenus, ce qui donne ensuite dans la presse des formulations du type « une source proche de l’Elysée ». Mais cette fois, le pétage de plomb est si manifeste que l’hebdomadaire – dont aucun représentant n’a assisté à la scène mais qui précise sur Le Post avoir « vérifié l’information » – décide de transgresser l’interdit et sort l’information à 17 h 37 exactement, sans doute enhardi par le fait que Mediapart l’ait devancé.

Le récit est un peu plus précis : « un journaliste ose poser une question sur Karachi. Le président commence relativement calmement, reprenant presque mot pour mot le communiqué de presse envoyé précédemment par Claude Guéant  dans lequel il est dit que «Nicolas Sarkozy est victime d’une rumeur malveillante et d’allégations calomnieuses qui ne reposent sur aucun commencement de preuves». Le président ajoute que «la presse raconte n’importe quoi». Mais quand il lui est rappelé que son nom figure notamment dans des documents montrant qu’il a donné son aval à la création d’une société-écran luxembourgeoise par laquelle transitaient les commissions, il «pète les plombs» selon de nombreux journalistes présents en s’adressant à celui qui a osé lui poser la question. «Qui vous a dit ça? Vous avez eu accès au dossier ?

Charles Millon a une intime conviction. Et si moi j’ai l’intime conviction que vous êtes pédophile ? Et que je le dis en m’appuyant sur des documents que je n’ai pas vus…» «Survolté», «hors contrôle», le président ne s’arrête plus. Sa diatribe dure une dizaine de minutes, pendant lesquelles à plusieurs reprises, il reprend la comparaison. Finalement, il clôt son intervention, tourne les talons et s’en va en déclarant : «Amis pédophiles, à demain.» Les journalistes français se regardent interloqués, notamment les «journalistes diplomatiques», qui n’ont pas l’habitude des dérapages du président. Dix minutes plus tard, l’entourage de Nicolas Sarkozy revient, conscient de l’énormité du discours, et insiste lourdement: «C’était du off, rien que du off». Le micro du président était toutefois branché à une console. Plusieurs journalistes ont la possibilité de faire fuiter les sons, ils préfèreront «les écraser» : «Tout le monde est off ou personne n’est off», nous ont expliqué certains d’entre eux. » Conclusion identique chez L’Express : « La conversation a été enregistrée sur le circuit interne du sommet. Après le debriefing, l’Elysée a fortement insisté, dès lors que la conversation était off, pour que les bandes soient totalement effacées… L’Elysée qui dément les propos relatés: « Jamais le président de la République n’a insulté un journaliste en le traitant de pédophile », conteste son entourage ». Ben voyons. (more…)

23 novembre 2010

Faisons payer les riches !!!

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:00

Le milliardaire américain Warren Buffet, soutien de Barack Obama, s’est déclaré en faveur de la fin des baisses des taxes pour les hauts revenus.

Le milliardaire Warren Buffett a affirmé dimanche 22 novembre que les Américains les plus riches devraient payer « beaucoup plus d’impôts » et qu’il était en faveur de l’expiration en décembre des baisses d’impôts pour les hauts revenus instaurées par l’administration Bush.

« Les impôts pour les classe défavorisées et moyennes, et peut-être même pour le haut de la classe moyenne, devraient être baissés, mais je pense que les gens dans le haut de la fourchette, les gens comme moi, devraient payer beaucoup plus d’impôts« , a estimé le milliardaire américain sur la chaîne de télévision ABC.

« Les choses vont pour nous mieux que jamais », a-t-il justifié, balayant les arguments des républicains selon lesquelles l’expiration des baisses d’impôts pour les hauts revenus nuirait à la croissance.
« Les riches disent toujours ça, donnez-nous plus d’argent et nous dépenserons plus et cela se répercutera sur chacun de vous. Mais ça fait dix ans que ça ne marche pas et j’espère que le public américain en prend conscience », a expliqué Warren Buffett.

Warren Buffet fait ici allusion à la théorie du Tricckle down effect.

Dans un article de novembre 2008, nous évoquions cette théorie économique dont Sarkozy s’est fait le prosélyte en France.
Mot à mot, c’est le « ruissellement vers le bas » de la richesse. Sous-entendu, plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres en profiteront : c’est la politique Reagan, qui a conduit à une explosion des inégalités. C’est avec cette théorie que Sarkozy justifiera les 15 milliards d’Euros offerts aux plus fortunés de nos concitoyens, sous le nom de “bouclier fiscal” ou loi TEPA
Censée créer un “choc de confiance“, cette théorie qui fut désastreuse pour les inégalité aux USA, n’a eu à ce jour aucun effet bénéfique sur l’économie française, et n’a même pas ramené au bercail les amis expatriés de Sarkozy…

Il n’est pas inintéressant qu’un milliardaire dénonce cette théorie fabriquée de toutes pièces pour satisfaire la classe sociale à laquelle il appartient, alors qu’en France le pouvoir s’accroche désespérément à ce concept en y ajoutant de manière récurrente le risque d’expatriation des plus riches. Un risque très largement popularisé alors que le bouclier fiscal a transformé le pays en un paradis fiscal pour les plus riches…

Sur ce sujet, le cas de Liliane Bettencourt est édifiant : Première fortune de France, elle est aussi la première fraudeuse, malgré les dizaines de millions que l’Etat lui verse chaque année au titre du fameux bouclier fiscal. Par ailleurs un astucieux montage financier lui permet de n’être imposable que sur ce qu’elle dépense et non sur ce qu’elle gagne !!! Un système dont seul peut s’enorgueillir notre beau pays et qui lui permet d’être moins imposée qu’un cadre moyen… Celà lui laisse quelques liquidités pour financer les campagnes politiques de ceux qui garantissent la pérennité d’un tel système..

Ce n’est donc pas une surprise que la France de Sarkozy soit le pays où les riches se sentent à l’aise… Ajoutons à cela des contrôles fiscaux sont très doux voire inexistants pour les plus riches et qu’en cas de fraudes avérées, les arbitrages se font directement à la table du ministre entre gents de bonne compagnie. (more…)

Les inégalités scolaires

Filed under: 01 - Etudes et analyses,20 - UMP — iledere @ 6:30

La question de l’égalité est au cœur de la quatrième convention du Parti Socialiste pour préparer le projet de 2012. L’école est considérée comme la priorité pour répondre au défi de l’égalité réelle. La fédération de Paris organise avec la section de l’ENS un colloque sur l’éducation le samedi 20 novembre 2010 pour débattre des réponses éducatives à apporter pour réduire les inégalités scolaires et sociales. En amont de ce colloque, la section de l’ENS a organisé une réunion le mercredi 3 novembre sur la définition des inégalités scolaires.

1. Les inégalités sociales
Selon Marie Duru-Bellat, sociologue de l’éducation à l’université de Bourgogne, la ségrégation sociale est une source d’inégalités scolaires. Premièrement, la présence d’élèves non francophones peut avoir un impact sur la réussite scolaire, mais cet impact n’est significatif qu’à partir de 20% d’élèves non-francophones dans un établissement scolaire. Deuxièmement, les élèves favorisés réussissent mieux que les élèves défavorisés. La mixité sociale peut-elle améliorer la réussite des élèves ? Si le pourcentage d’élèves favorisés augmente, les élèves défavorisés réussissent mieux, mais cette relation n’est pas toujours significative selon les disciplines et les niveaux scolaires. La mixité sociale a donc un impact positif sur la réussite scolaire, mais quantitativement modeste.

En revanche, les établissements défavorisés présentent une surreprésentation des jeunes enseignants, une faible couverture des programmes scolaires et des problèmes de discipline. Pour s’adapter aux élèves, la mise en œuvre des programmes est donc sélective et simplificatrice en référence implicite aux ressources et aux difficultés présumées des élèves. Les dispositifs discriminants en faveur des milieux défavorisés peuvent-ils réduire les inégalités scolaires ? Or plus on cible, plus on concentre les moyens certes, mais aussi plus on stigmatise les personnes ciblées, avec des effets pervers d’étiquetage. La politique des ZEP ne constitue donc pas une solution, parce qu’elle stigmatise.

Deux conclusions peuvent se dégager. D’une part, la présence d’enseignants plus expérimentés dans les établissements défavorisés aurait un impact positif sur la réduction des inégalités scolaires. D’autre part, la carte scolaire devrait tenir compte d’éléments de mixité sociale, à condition de développer une égalité de l’offre dans tous les établissements pour éviter les stratégies d’évitement.

2. L’égalité des places et l’égalité des chances
L’égalité des chances est-elle une solution pour répondre aux inégalités sociales ? Selon François Dubet, sociologue de l’université de Bordeaux et directeur de l’EHESS, l’égalité des chances est élitiste, parce qu’elle se concentre sur le nombre d’élèves défavorisés en classes préparatoires et de filles en école d’ingénieurs, au lieu de s’intéresser aux lycées professionnelles et au nombre de filles dans les filières de secrétariat et de technicien de surface. L’égalité des chances laisse de côté la majorité des élèves et ne résout pas les inégalités sociales. En revanche, la réduction des inégalités de revenus, de conditions de vie et d’éducation aurait un impact pour réduire les inégalités scolaires. L’égalité sociale devrait donc avoir la priorité sur l’égalité des chances. (more…)

22 novembre 2010

De quel populisme Mélenchon est-il le nom ?

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

Depuis quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon est régulièrement accusé de populisme. Pis, aux yeux des gardiens du temple politico-médiatique du moins, il revendique désormais lui-même cette étiquette infamante ! Infamante en France et en Europe (elle l’est moins aux Etats-Unis) où l’on est prompt à qualifier ainsi tout mouvement politique qui dit s’exprimer au nom du peuple, des petits et des sans voix contre les élites et les importants.

On a vite fait aussi de sous-entendre par-là une dérive vers les bords parfois nauséabonds de la démocratie. Il faut dire que la mémoire du XXe siècle européen ne favorise pas l’analyse à froid des usages plus ou moins bien intentionnés du peuple en politique. Pourtant, au-delà des accusations lancées souvent à la légère par ses adversaires ou par des commentateurs bien peu inspirés, et sans entrer dans le jeu médiatique dont se délecte visiblement le leader du Parti de Gauche (PG) – il a même « fait Drucker » ! –, l’étiquette populiste mérite que l’on s’y arrête, eu égard aux mouvements politiques qui ont fait irruption sur la scène politique européenne ces dernières années.

Jean-Luc Mélenchon a lui-même inscrit son parcours récent dans une perspective européenne. Non seulement parce qu’il a tiré les conséquences du « non » au Traité constitutionnel européen de 2005 et de ses suites en quittant un Parti socialiste au sein duquel il a jugé ne plus avoir sa place après y avoir milité pendant de longues années, mais encore parce qu’il a placé sa démarche dans les pas de l’Allemand Oskar Lafontaine, ancien dirigeant du SPD et fondateur de Die Linke avec les ex-communistes d’Allemagne de l’Est. Et même si, pour les besoins du jeu médiatique précisément, la référence allemande est moins présente désormais chez Jean-Luc Mélenchon que les allusions à la truculence télévisuelle du Georges Marchais, il n’en reste pas moins que l’analyse politique est identique des deux côtés du Rhin chez des anciens socialistes ou sociaux-démocrates désespérés par la « dérive droitière » de leur parti et qui ont préféré ouvrir un espace à sa gauche pour peser, en vue de futures alliances notamment, sur un éventuel programme de gouvernement.

Contrairement aux formations gauchistes qui refusent l’exercice du pouvoir – c’est notamment le cas du NPA d’Olivier Besancenot en France –, les anciens élus et ministres que sont Lafontaine et Mélenchon entendent bien gouverner et le faire aux côtés de leurs anciennes formations. Simplement, ils pensent pouvoir influencer celles-ci davantage de l’extérieur que de l’intérieur en récupérant en particulier les restes du vote communiste. C’est tout le sens du Front de gauche français qui allie le PG et le PCF aux élections. L’entreprise de recyclage du vote communiste a une double vertu, tant en France qu’en Allemagne (essentiellement dans les Länder de l’Est) : une base électorale et une capacité d’organisation qui même réduites restent appréciables au niveau local, et un ancrage estampillé « authentique » du côté des classes populaires. Le lien avec le populisme, dont Mélenchon a donc désormais fait son cheval de bataille, est tout trouvé : un populisme certes mais de gauche. (more…)

Qui veut gagner un Millon ?

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Ça y est, le vieux Charles s’est enfin mis à table. Et le moins qu’on puisse dire, est que ses révélations sont tout sauf de la roupie de sansonnet. Il a craché du gros-gras, l’ancien sinistre de la guerre. Entendu par le juge Van Ruymbeke, il a fini par jeter un énorme pavé dans la mare aux canards qui risque d’éclabousser la face cachée de la raie publique

Il a commencé par avouer ceci, le Millon : “Le président de la République [Jacques Chirac] m’a dit […] qu’il souhaitait une moralisation de la vie publique et politique et qu’il y avait trop de bruit autour des contrats d’armement dû à l’existence de rétrocommissions. Il m’a donc demandé de faire procéder à une vérification sur tous les contrats.”

Dans la foulée, il a ajouté cela : “Pour le contrat pakistanais, au vu des rapports des services secrets et des analyses qui ont été effectuées par les services du ministère, on a eu une intime conviction qu’il y avait des rétrocommissions […]. Je me suis basé sur les rapports qui ont été faits verbalement par la DGSE .

Les dites rétrocommissions faisaient suite à une affaire de vente de sous-marins au Pakistan. Elles auraient servi à financer la campagne de Ballamou en 1995. Ni plus ni moins. A l’époque, Speedy Nick était ministre du budget, c’est à dire aux premières loges. Arrivé au pouvoir, Jacques Chirac aurait donc ordonné l’arrêt immédiat de ces rétrocommissions. Moitié pour moraliser, moitié pour se venger. Par mesures de rétorsion, l’état pakistanais aurait alors organisé un attentat provoquant la mort de quatorze victimes dont onze français à Karachi. A l’époque, le massacre avait été attribué à Ben Laden… Proverbe mondial à méditer : quand y’a du dégât, c’est toujours Al-Qaida !

La réalité est malheureusement plus alambiquée. Et il faut saluer ici l’indépendance et la ténacité des deux juges d’instruction (espèce en voie de disparition à sauvegarder vaille que vaille) enquêtant sur la chose. L’un, Marc Trévidic, est chargé de l’affaire de l’attentat proprement dite et l’autre Renaud Van Ruymbeke travaille sur le financement de la campagne 1995 de Balladur.  On ne compte plus les chausses trappes et autres embûches que nos chers politicards ont semé sur leur chemin boueux.

Ainsi le parquet de Paris a étrangement décidé de faire appel de la décision de Van Ruymbeke d’enquêter sur d’éventuelles rétrocommissions. Ainsi Bernard Accoyer, président de l’assemblée a refusé de remettre à Trévidic les documents parlementaires relatifs à l’attentat prétextant “des raisons de principe constitutionnelles” et le respect de la “confidentialité” promis aux personnes qui ont témoigné devant la mission d’information parlementaire. Les familles de victimes  ont depuis porté plainte contre lui. Ainsi Jean-Louis Debré, président du conseil constitutionnel, n’a pas voulu confier les archives des comptes de campagne d’Edouard Balladur à Van Ruymbeke, “en raison du secret qui s’attache aux délibérations.

On se prend à penser insidieusement que tout ce petit monde se protège.  On sent bien que, si on tire un petit peu sur la ficelle, on risque de voir se dérouler toute la pelote. Mais voilà que tout s’emballe, ces derniers jours. Dominique de Villepin confirme en direct live sur la télé de maçons l’existence de “très forts soupçons de rétrocommissions” en relation avec la vente de sous-marins au Pakistan, signée en 1994 par le gouvernement Balladur et demande à être entendu par la justice. (more…)

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