Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

23 décembre 2010

Hortefeux est-il un délinquant ou un incompétent ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

(Flickr - Medef - CC)Le ministre de l’Intérieur a été une nouvelle fois condamné par la justice. Le PS croît avoir enfin sa tête. Alors qu’il n’a pas attendu les tribunaux pour se traîner des casseroles.

Un délinquant au gouvernement. Après sa condamnation pour injure raciale en juin, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, vient d’être condamné à 1 euro de dommages et intérêts pour atteinte à la présomption d’innocence contre David Sénat, l’ex-conseiller de MAM. Il l’avait accusé d’être une des sources des journalistes dans l’affaire Bettencourt. Il a fait appel dans les deux cas.

Il n’en fallait pas plus pour que le PS demande sa tête. « L’idée que je me fais de la morale en politique, c’est que quand on est condamné comme ça, on doit démissionner » , avait déclaré vendredi à l’AFP Benoît Hamon, porte-parole du parti. Il a été suivi dimanche par Laurent Fabius qui pointait « un vrai problème de crédibilité » pour le ministre.

Lors de la première condamnation du ministre, Hamon avait déjà appelé à la démission d’Hortefeux car, selon lui, « l’exemplarité réclamée par le président de la République à tous, doit s’appliquer à tous ». Dans Le Parisien de dimanche, Hortefeux n’avait fait aucun commentaire sur ces affaires et avait exclu de partir. Rien ne l’oblige juridiquement à faire cela. A divers degrés, être ministre et avoir affaire à la justice n’a d’ailleurs jamais été incompatible. Ce qui permet de relativiser la portée de l’appel de Hamon.

Hortefeux pas obligé de démissionner
Il y a d’abord le cas des mis en examen. Jusque là, il existait ce qu’on appelle une jurisprudence dite « Bérégovoy-Balladur » depuis 1992 : un ministre impliqué dans une affaire devait démissionner. Elle est tombée en désuétude depuis. Mis en examen en 2006 dans l’Affaire Hamon (rien à voir avec Benoît) pour notamment « détournement de fonds publics », André Santini, a pu rester secrétaire d’Etat à la Fonction publique de 2007 à 2010.

Le premier cas de ministre en exercice condamné est celui de Gaston Defferre en 1982, alors ministre de l’Intérieur de Mitterrand. Il avait accusé Marcel Francisci, le parton d’un cercle de jeu assassiné d’être un « protégé » de Jacques Chirac. Deffere sera néanmoins maintenu à son poste. Mais il est vrai qu’Hortefeux est le seul à avoir été condamné deux fois en quelques mois.

Renaud Donnedieu de Vabres a fait lui encore plus fort. Il est redevenu ministre après avoir été condamné. Il a écopé en février 2004 à 15 000 euros d’amende dans l’affaire du financement illégal du Parti Républicain. Ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé en mars 2004 ministre de la Culture. Ironie du sort, il avait dû démissionner du ministère des Affaires européennes alors qu’il n’était que mis en examen dans ce dossier. Après avoir payé son amende, Donnedieu de Vabres sera réhabilité en 2007.

Quelle est la vraie atteinte à la République ?

Si la démission du ministre de l’Intérieur n’a aucun fondement juridique, on peut lui chercher des fondements politiques ou moraux. C’est l’argument avancé par le PS. Mais certains ne sont pas forcément sur cette ligne notamment Julien Dray. Lors de la première condamnation d’Hortefeux, il avait déclaré : « Je ne suis pas un pavlovien de la démission. A chaque fois que quelqu’un fait une faute, je ne suis pas là pour dire il faut démissionner. »

Mais le reste de l’argumentation de Dray est intéressante. « Si j’avais une démission à demander à Hortefeux, ce ne serait pas sur cette phrase-là » , avait-il dit, préférant condamner sa « politique en matière de lutte contre la violence (qui) est un échec ». Sur ce plan-là, difficile de lui donner tort.

Pour argumenter son appel à la démission, Hamon avait à chaque fois fait appel à la République. « Dans la République exemplaire de Nicolas Sarkozy, il ne devrait pas y avoir de place pour un ministre de l’Intérieur, ministre régalien, condamné pour injure raciale », avait-il dit au sujet de la première condamnation d’Hortefeux. Rebelote avec le deuxième verdict : « Il y a là une conception de la République irréprochable qui pose problème ».

Mais la vraie atteinte aux principes Républicains, est-ce l’échec d’un gouvernement à enrayer la montée générale de la délinquance en France ou le casier judiciaire d’un seul ministre ? Le PS peine encore à avoir un discours clair sur la lutte contre l’insécurité. A un tel point qu’il sous-traite ses arguments contre Hortefeux au Tribunal de Paris.

Tefy Andriamanana
pour Marianne2.fr

2 réponses à “Hortefeux est-il un délinquant ou un incompétent ?”

  1. babelouest dit :

    La lutte contre l’insécurité passe d’abord par la lutte contre l’insécurité de l’emploi, du logement, de la santé. L’insécurité « tout court » coule de source à partir de ces données-là. D’ailleurs, la pire insécurité, ressentie très nettement par beaucoup, est causée par les « forces de l’ordre » qui font régner un certain contexte de peur, de mal à l’aise, de ressentiment par conséquent, alors que leur seule présence devrait rassurer.

    On peut donc sans hésiter taxer Hortefeux de délinquance, car il est fort vraisemblable que cette insécurité ressentie et entretenue soit voulue sciemment. Ce n’est pas du tout involontaire. Bizarre que la tête du PS n’ait pas pris en compte cet aspect des choses. Là aussi, est-ce voulu ? Pourquoi pas ?

  2. Belgo7.0 dit :

    c’est un National, tout simplement.

    le Belge

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