Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 janvier 2011

Amara, Yade : L’Elysée soigne ses anciens ministres

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

 A ses anciens ministres, la République reconnaissante. L’Elysée ne ménage pas sa générosité, acquittée par les contribuables, à l’égard des anciens membres du gouvernement qu’il faut bien recaser. La nouvelle devise du sarkozysme dans leurs cas pourrait être travailler moins mais gagner autant. Ces parachutes dorés indécents constituent de nouveaux ruisseaux qui ne manqueront pas de venir grossir des rivières de populisme déjà en crue.

La république des strapontins a le dos large. Si les plaçous ne sont pas une nouveauté, leur étalement en temps de crise, au moment où les Français sont confrontés à une rigueur qui ne dit pas son nom, constituent une véritable provocation.

Il y avait déjà eu Rama Yade gratifiée pour sa plastique, à défaut de son bilan au gouvernement, par une nomination comme ambassadrice auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Un titre ronflant comme l’intéressé les aime assorti de tous les attributs du pouvoir. « Ambassadeur à l’Unesco à 34 ans, c’est énorme! Je n’aurais pas pu espérer mieux» reconnaissait la jeune femme qui ne cachait pas ignorer les contours de sa mission.

Les recasages, c’est un peu comme les Auvergnats d’Hortefeux. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.

La nomination de Fadela Amara au tour extérieur en conseil des ministres au rang d’inspectrice générale des Affaires sociales ne manque pas de sel. L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) est, avec le Conseil d’État, la Cour des Comptes et l’Inspection générale des finances, l’un des grands corps administratifs de l’État.

Rattachée aux ministres en charge des affaires sociales, elle intervient sur l’ensemble des problématiques et des institutions du champ social : travail, emploi, formation professionnelle, sécurité sociale et protection sociale, cohésion sociale, santé… L’IGAS est composée de 80 à 100 inspecteurs en service dont la majorité est constituée d’anciens élèves de l’ENA sortis en principe dans le premier quart du classement mais le corps a aussi, il est vrai, une tradition d’ouverture.

La rémunération réjouira Fadela Amara : de 53.368,14 € à l’entrée à l’IGAS, elle monte à 69 238 € au bout de quatre ans. L’ancienne secrétaire d’Etat devrait débuter à 8 000 € mensuels hors primes. Un inspecteur général en fin de carrière perçoit lui en moyenne 124 144 € annuels.

Comme l’écrit le site Gala.fr, la référence qui convient en l’espèce, « Il y a une (belle) vie après le gouvernement ». D’autres commentateurs, animés sans doute par un mauvais esprit, pointent le conflit d’intérêt potentiel créé par cette situation. Quelle sera en effet l’impartialité de Fadela Amara si jamais elle doit commettre un jour un rapport traitant de l’action gouvernementale ?

L’ancienne présidente de Ni putes ni soumises a eu le nez creux en choisissant un placard beaucoup moins exposé que le poste d’ambassadrice de l’Union pour la Méditerranée à la durée de vie incertaine que lui proposait initialement Nicolas Sarkozy.

A 46 ans, elle s’assure jusqu’à la fin de ses jours un niveau de vie très confortable. Pas mal pour une femme qui n’a jamais travaillé et dont le bilan au gouvernement , requalifiable en « désespoir banlieues » est là encore proche de zéro. Henri Guaino pourra noircir toutes les pages qu’il veut, ciseler des discours empreints de belles références historiques et culturelles, Nicolas Sarkozy restera pour l’histoire le fossoyeur de la méritocratie républicaine.

par Henry Moreigne pour la bavarde, irrespectueuse et rieuse « Mouette »

2 réponses à “Amara, Yade : L’Elysée soigne ses anciens ministres”

  1. revizor dit :

    Concernant Rama YADE, je me suis toujours demandé à quoi elle servait dans ce gouvernement, si ce n’est s’assurer pour elle-même un emploi bien rémunéré.
    Elle était sans réelle comptétence, plutôt décorative mais c’est vrai qu’elle représentait la diversité, l’ouverture aux minorités.
    De plus en jouant les opposants de sa Majesté sur nombre de points, elle s’assurait une popularité à peu de frais notamment auprès de la gauche.

  2. revizor dit :

    Concernant le corps des Inspecteurs Généraux des Affaires Sociales, s’ils sont issus en majorité de l’ENA, j’en ai connu au moins un, aujourd’hui décédé, et qui fut mon patron, qui ayant débuté comme simple rédacteur (catégorie B) est devenu au fil des ans et des promotions internes , Inspecteur Hors Classe à l’IGAS, et exerçant à ce titre la fonction de Directeur Régional des Affaires Sanitaires et Sociales dans une grande ville de l’Ouest où j’étais affecté en tant que rédacteur.
    Donc il apparaît bien que cela constitue un poste intéressant pour Fadela AMARA.
    Je constate en outre que le Président de la République n’est pas très rancunier à l’égard de cette dame dont la politique de la Ville n’a pas été une réussite et qui par ailleurs se dit toujours de gauche.

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