Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

15 janvier 2011

Tunisie : Ben Ali est parti

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Le président Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté vendredi la Tunisie après une contestation sans précédent de son régime, réprimée dans le sang. L’intérim est assuré par le Premier ministre sortant, Mohammed Ghannouchi.

Ce dernier a aussitôt lancé un appel à l’unité de tous les Tunisiens : « J’appelle les Tunisiens toutes sensibilités politiques et régionales confondues à faire preuve de patriotisme et d’unité », a-t-il déclaré solennellement. Mohammed Ghannouchi s’est également engagé à respecter la Constitution. Un peu plus tôt, deux sources proches du gouvernement avaient annoncé le départ du chef de l’Etat à l’étranger. Son pays de destination n’était pas encore connu. Acculé vendredi par des milliers de manifestants, à Tunis comme en province, exigeant son départ immédiat, le président Ben Ali avait multiplié, sans succès, les annonces depuis jeudi pour tenter de mettre un terme à un mois d’émeutes et manifestations violemment réprimés par les forces de sécurité.

Cette répression avait fait des dizaines de morts, suscitant les plus vives inquiétudes de la communauté internationale. Les manifestants exigeaient toujours le départ immédiat de Ben Ali, ne se satisfaisant pas de ses promesses, formulées jeudi soir, de quitter le pouvoir seulement au terme de son mandat, en 2014. Le gouvernement tunisien a annoncé avoir décrété l’état d’urgence dans l’ensemble du pays avec un couvre-feu de 18h à 6h du matin, l’interdiction des rassemblements sur la voie publique et l’autorisation donnée à l’armée et à la police de tirer sur tout « suspect » refusant d’obéir aux ordres.

Un peu plus tôt, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, cité par l’agence officielle TAP, a indiqué que le président Ben Ali avait décidé « dans le cadre de mesures (d’apaisement) annoncées jeudi, de limoger le gouvernement et d’appeler à des élections législatives anticipées dans six mois ». Le Premier ministre a ajouté avoir été chargé de former le nouveau gouvernement. De violents heurts s’étaient produits dans l’après-midi entre des groupes de manifestants et des policiers anti-émeutes pendant lesquels un photographe français a été blessé à la tête par un tir de grenade lacrymogène, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Les principaux partis d’opposition tunisiens, légaux comme interdits, avaient demandé vendredi « le départ de Ben Ali et l’instauration d’un gouvernement provisoire chargé dans les six mois d’organiser des élections libres » dans une déclaration commune publiée à Paris. « Je vous ai compris », avait martelé le chef de l’Etat jeudi soir dans sa troisième intervention télévisée depuis le début des violences, appelant notamment les forces de sécurité à ne plus tirer à balles réelles sur les manifestants.

« Non à Ben Ali », « soulèvement continu », « on préfère la disette à Ben Ali » lui ont répondu vendredi des centaines de manifestants dans la capitale, qui se sont rassemblés devant le ministère de l’Intérieur. Mais dans l’après-midi, la police les dispersait à coup de grenades lacrymogènes. Des blindés de l’armée se sont déployés devant le ministère de l’Intérieur alors que des unités anti-émeutes pourchassaient des jeunes manifestants dans les escaliers d’immeubles résidentiels et dans un centre commercial, où ils se sont repliés.

Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), 66 personnes ont été tuées depuis le début des émeutes, mi-décembre. Jeudi soir, 13 civils ont été tués à Tunis et sa banlieue et deux autres à Kairouan, selon des témoins et des sources médicales. Les violences ont par ailleurs commencé à affecter le tourisme après que des pillages se sont produits jeudi dans la station balnéaire très fréquentée de Hammamet.

Par Hamida BEN SALAH et Mohamed HASNI (AFP)
Photo : FETHI BELAID / AFP

8 réponses à “Tunisie : Ben Ali est parti”

  1. babelouest dit :

    Revezor, c’est normal, Gbagbo est socialiste. Il est aussi élu du peuple, malgré l’opinion dite « internationale » de quelques pays « Occidentaux » intéressés à l’installation de « leur » candidat, Ouattara. Celui-ci, ancien du FMI, appliquerait à la Côte d’Ivoire ce qui a si bien réussi dans les pays qui furent ruinés par le même FMI.

    C’est bien cela que vous voulez, n’est-ce pas ? Une mise au pas d’Ivoiriens qui n’acceptent pas le diktat franco-US représenté par Ouattara ?

  2. revizor dit :

    Le RCD vient d’être exclu de l’Internationale Socialiste mais le parti de GBAGBO en est toujours membre

  3. revizor dit :

    L’Internationale Socialiste (IS) a décidé de « faire cesser l’adhésion du Rassemblement Constitutionnel Démocratique », le RCD du président tunisien déchu.
    L’IS est une organisation politique internationale qui regroupe 170 partis et organisations politiques, la majeure partie des socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes du monde.
    La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a affirmé hier que le PS avait « toujours condamné l’absence de liberté » en Tunisie et qu’il avait « réclamé l’exclusion du parti de Ben Ali de l’Internationale socialiste dès 2007 ».
    Le parti du président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, est toujours membre de l’IS.
    Entrefilet du quotidien Le Figaro du mercredi 19 janvier 2011

  4. revizor dit :

    Le 18 novembre 2008, invité par le président tunisien Ben Ali, Dominique Strauss-Kahn saluait -comme patron du FMI- les réformes économiques et sociales en cours en Tunisie, dans le cadre de l' »intégration économique du Maghreb ».

    « La Tunisie est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays qui sont émergents », disait même le potentiel candidat de toute la gauche à la présidentielle de 2012.

    « En Tunisie [malgré la crise], les choses continueront de fonctionner correctement ».

  5. BA dit :

    Signataire des grandes conventions des Nations unies, votre pays s’est engagé dans la promotion des droits universels et des libertés fondamentales, en respectant — et, Monsieur le Président de la République, j’y suis très sensible parce que c’est une question qui m’a toujours passionné — un moratoire strict sur la peine capitale, à laquelle naturellement j’ai toujours été opposé à titre personnel. Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse.

    Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer et qui font écho à ce que disait déjà feu le président Bourguiba lorsqu’il confiait : « Je suis réaliste. Être réaliste, c’est préférer une réforme modeste, qui en permet une autre, à un miracle impossible. » Je sais d’où vous venez, Monsieur le Président de la République, d’où vient la Tunisie et la Tunisie peut se comparer sans rougir à tant d’autres pays.

    Ces signaux, ces réformes s’inscrivent sur un chemin, étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus sans lesquels un pays n’est pas un grand pays. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur. Je viens d’un continent dont l’histoire, y compris l’histoire récente, recèle des tragédies abominables et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons. J’ai pleinement confiance dans votre volonté de voir continuer à élargir l’espace des libertés en Tunisie. Nous en avons parlé vous et moi.

    Je veux dire pour terminer ma conviction que sur la base de la relation de confiance qui existe entre la Tunisie et la France à laquelle je suis très attaché, nous pouvons bâtir ensemble un avenir meilleur. C’est l’enseignement que nous devons conserver d’un Tunisien illustre, le poète latin d’origine berbère TÉRENCE, qui avait coutume de dire : « Je suis un Homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. » Un avenir meilleur pour nos enfants, qui passe par le règlement des conflits au Proche-Orient. Il ne faut pas que l’espoir retombe ; je l’ai dit à mes amis israéliens : la sécurité d’Israël passe par l’arrêt complet de la colonisation (être un ami, c’est dire ce que l’on pense) ; cela passe aussi par la création d’un État palestinien moderne et viable ; cela passe également par la sécurité garantie à l’État d’Israël. Je n’ai pas deux discours, un discours à Paris et un autre discours dans d’autres capitales.

    Je veux aussi et enfin rendre hommage, Monsieur le Président de la République, à votre lutte déterminée contre le terrorisme, qui est le véritable ennemi de la démocratie. Et croyez bien que pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c’est important. Car qui peut croire que, si demain, après-demain, un régime de type taliban s’installait dans l’un de vos pays, au Nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité ? Et j’appelle chacun à réfléchir à cela. C’est bien la raison pour laquelle je souhaite que l’énergie du futur, le nucléaire, des pays comme le vôtre puissiez y accéder parce que, grâce à l’énergie du futur, on aura le développement et la croissance donc la misère reculera. Vous savez parfaitement que les terroristes se nourrissent de la misère et de l’exploitation des peuples et c’est par le savoir et par la croissance qu’on luttera contre les terroristes. Je sais aussi qu’on ne combat pas les terroristes (j’ai été ministre de l’Intérieur) avec les méthodes des terroristes et c’est pourquoi je suis si attaché à la coopération entre nos services.

    La France est fière d’être le premier partenaire de la Tunisie dans tous les domaines. Soyez convaincu, Monsieur le Président de la République, qu’elle entend rester résolument aux côtés de la Tunisie pour vous aider à poursuivre l’œuvre de modernisation et de développement qui est la vôtre. Et je mesure bien ce que cela peut représenter comme effort dans un pays comme le vôtre que de tirer toute la société vers le développement, vers le savoir et vers le respect des individus. La relation entre nos deux pays est faite de confiance, de respect, d’estime et d’amitié. Elle est tournée vers l’avenir.

    C’est fort de cette conviction, Monsieur le Président de la République que je veux lever mon verre à votre bonheur personnel, au bonheur de votre famille, si cruellement endeuillée il y a peu de temps, lever mon verre au bonheur de votre peuple et de la Tunisie et vous dire, Monsieur le Président de la République, au nom de la délégation que je conduis et, si elle le permet, au nom de mon épouse, combien nous avons été sensibles à la chaleur de votre accueil.

    Mesdames et Messieurs, vive la Tunisie ! Vive la France ! Vive l’amitié entre les peuples tunisien et français ! »

    Nicolas Sarkozy.

    http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2008/diner-d-etat-offert-par-m-zine-el-abidine-ben.1998.html

  6. babelouest dit :

    Alphonse Baudin (1851), Thích Quảng Đức, bonze vietnamien (1963), Jan Palach (1969), Mohamed Bouazizi (2010), c’est une lignée de passionnés de liberté qui ont donné leur vie pour leur cause, volontairement. C’est dans leur sang que la Révolution trouve le courage et la force d’avancer.

    Ah que des rapaces ne viennent pas sucer ce sang, pour s’en repaître aux dépens du Peuple !

  7. Rouge Jasmin

    Le Jasmin c’est désormais le nouveau parfum, de ces jeunes tunisiens qui ont donné leur sang pour mettre fin à la corruption, l’abolition des privilèges…
    quel sublime sacrilège !
    Qui indique, qu’il n’y a pas, qu’il ne peut y avoir d’autre souverain que le Peuple.
    Pas d’autre destin que celui qu’il se choisit : le sien.
    La Tunisie vient d’ouvrir les yeux du monde sur ce qui est désormais possible : la Révolution…
    Quitte à mourir autant mourir pour les autres…
    Un peuple qui se soulève comme un seul homme
    Ce n’est plus Rome, mais Carthage !
    J’ai la rage, pas vous ?

    http://www.tueursnet.com/2011/01/rouge-jasmin/

  8. babelouest dit :

    Déjà pas à jour ! C’est le président du Parlement, Foued Mebazaa, qui a pris la relève à la demande du président du conseil constitutionnel, et en vertu de ce qui est prévu par la constitution tunisienne. Attendons donc d’en savoir plus.

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