Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 janvier 2011

Alter-lepénisme

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 12:00

Le « deuxième étage de la fusée Le Pen », pour reprendre l’expression du nouveau président d’honneur du FN, consomme un carburant de type nouveau. Il faut lire l’étonnant discours prononcé par Marine Le Pen à Tours pour mesurer le culot de son entreprise. Loin de se contenter d’arrondir les angles pour accéder aux douceurs de la « dédiabolisation », la nouvelle présidente a enfourché un discours qui tranche avec celui de l’extrême droite française tel que le Front national avait coutume de le produire.

Le rapport à l’histoire, de portée identitaire dans ce courant politique, est évocateur. Le Pen 2 célèbre 1789 (l’origine de tous les maux pour l’extrême droite classique) vante « les hussards noirs de la troisième République » (cette « Gueuse » honnie des monarchistes) et ose saluer « les résistants de 40 » (devant une assistance habituée à la complaisance envers le pétainisme). Copiant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen se permet même de renvoyer la figure de Jean Jaurès à la tête d’une gauche supposée traître à ses propres valeurs. Le contraste ne pouvait pas être plus frappant avec le discours de Bruno Gollnish, faisant applaudir (mais pas par la nouvelle présidente) les morts du « 6 février 1934« , cette journée d’émeutes organisée par l’extrême droite.

La ligne « républicaine » de la nouvelle dirigeante du FN, prônant un « Etat fort » et un « protectionnisme économique et social » pour faire face à « l’Europe de Bruxelles » et à la « mondialisation identicide » est susceptible de rencontrer un large écho dans une France populaire durement secouée par la crise. Bien décidé à rendre à Sarkozy la monnaie de sa pièce, le Front part à la reconquête de l’électorat qui lui avait été « volé » en 2007. Le projet n’a rien d’irréaliste. Une fraction des couches populaires s’était laissée séduire par les sirènes sarkozystes en espérant que le nouveau président serait capable d’agir en matière d’insécurite et d’immigration. Les résultats n’ayant pas été au rendez-vous, il est normal que ces électeurs retournent à leurs inclinaisons premières. Ils ont d’autant plus de raison de le faire que Marine Le Pen leur fait même miroiter des perspectives de pouvoir. (more…)

Mélenchon: le « médiacrate » persiste et signe

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

RTXSE26_CompJean Quatremer réagit au flot d’injure qu’il a suscité de la par de Jean-Luc Mélanchon  en ne faisant que son travail de journaliste.

Jean-Luc Mélenchon n’aime pas que les journalistes s’intéressent à son travail de député européen. En révélant que l’élu du Front de Gauche avait discrètement refusé de voter une résolution du Parlement européen demandant des sanctions contre la Biélorussie, j’ai suscité, sur son blog, son ire – ce qui se traduit par un flot d’insultes ordurières qui déshonore un personnage qui se prétend républicain –.

J’avais déjà révélé, à son grand déplaisir qu’il avait tout aussi discrètement boycotté, en décembre dernier, la cérémonie de remise du prix Sakharov des droits de l’homme du Parlement européen à un dissident cubain, car il n’a jamais fait mystère de son soutien au régime castriste qui n’est « pas une dictature », comme il l’a affirmé une nouvelle fois récemment. Or, en tant qu’élu, il a des comptes à rendre aux citoyens qui peuvent être critiques, que cela lui plaise ou non.

M. Mélenchon affirme sur son blog que j’ai menti en lui consacrant un billet intitulé : « Jean-Luc Mélenchon opposé aux sanctions contre la dictature (rouge) biélorusse ». Il dénonce une « campagne de diffamation d’un médiacrate (…), le pitoyable Jean Quatremer ayant interrompu sa sieste pour vous accabler d’informations mensongères à mon sujet sur la Biélorussie ». Je n’avais aucune envie de répondre à cette accusation outrée et insultante, le personnage tentant manifestement de m’intimider par sa violence verbale et ses appels à peine dissimulés au lynchage. Mais le buzz de ses amis, qui ne demandent qu’à être convaincu que les journalistes sont des menteurs ultralibéraux qui participent du grand complot mondial contre le candidat à la présidentielle, m’a amené à changer d’avis tout comme la censure dont j’ai été victime sur son blog : mes deux commentaires, tout à fait courtois, expliquant ma position ont été censurés quelques heures après avoir été publiés, ce qui montre à quel point M. Mélenchon tolère la contradiction. Il peut venir sur mon blog, je le publierai, tout comme j’ai publié l’intervention de Martin Schulz, le président du groupe socialiste. Surtout, un billet de Daniel Schneidermann, sur son site « Arrêt sur Image », a achevé de me convaincre qu’il ne fallait pas laisser passer le post de M. Mélenchon : ce critique averti des médias, tout en remettant vertement l’ex-sénateur socialiste en place, estime que j’ai été « un peu vite » dans mon billet, ce qui m’a surpris, car c’est inexact. (more…)

25 janvier 2011

Tunisie : Sarkozy fait son mea culpa en conférence de presse

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

A l’occasion de ses vœux à la presse, pour la troisième fois depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy a accepté de répondre à des questions. Ce qui lui a donné l’occasion d’un mea culpa complexe concernant la position de la France sur la Tunisie.

Le Président à commencé à mettre la mauvaise réaction de la France, au moment de la révolution tunisienne, au compte de la proximité entre les deux pays :

« Quand on est si proches, on a pas toujours le recul nécessaire pour comprendre […] il y avait une souffrance dont il nous faut reconnaître que nous n’avions pas pris la juste mesure. »

Interrogé sur la bourde de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, qui avait proposé au régime de Ben Ali l’aide de la France pour contenir les manifestations, il s’est refusé à entrer dans la polémique. Selon lui, « l’intention était bonne », puisqu’il il s’agissait d’éviter des morts, mais la forme a « prêté à polémique ». Une polémique de laquelle il préfère « s’abstraire »…

Le Président revendique, sur les affaires intérieures des anciennes colonies françaises, « une certaine réserve » :

« Le président de la République française doit tenir compte du poids de l’Histoire dans le jugement qu’il porte sur les évolutions de chacun de ces pays […].

Je ne veux pas que la France soit assimilée à un pays qui ait gardé des réflexes coloniaux. »


Altermondialisme soft

La conférence de presse est un exercice que Nicolas Sarkozy ne prise guère, et qu’il essaye donc de cadrer le mieux possible. Il choisit donc un thème précis. La fois précédente, c’était l’économie ; cette fois ci, ce fut le G20 (qu’il préside actuellement) et les questions internationales : un thème idéal pour un Président qui veut rehausser son image de chef d’Etat.

Il n’a pas manqué de faire l’éloge d’un marché des matières premières encadré par des règles et de vanter la taxe sur les transactions financières que la France appelle de ses vœux depuis Jacques Chirac… Un altermondailisme soft et qui ne l’engagent pas trop : il sait que ses propositions les plus hétérodoxes ne devraient pas aller très loin, compte tenu de l’opposition de plusieurs grands pays. (more…)

Entretien avec Eric Verhaeghe, cadre démissionnaire du Medef

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:28

En rupture avec l’organisation patronale, qu’il représentait au sein de différents organismes paritaires, il livre une analyse radicale de la pensée unique au Medef.

Depuis que vous avez claqué la porte du Medef, la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) où vous conserviez un mandat a lancé une procédure disciplinaire contre vous. Où en êtes-vous ?
Je suis convoqué mardi prochain dans le cadre de cette procédure disciplinaire mais je tiens à préciser que j’ai appris tout cela par la presse. C’est d’autant plus surprenant que j’avais prévenu les dirigeants de la FFSA de mes désaccords moraux avec le Medef dès la mi-décembre et que ceux-ci m’avaient alors demandé de rester. J’ai aussi depuis reçu beaucoup de soutiens, au sein du patronat, de personnes qui saluent ma démarche.

Quel est le sens de votre rupture avec l’appareil patronal ?
Je crois que la crise de 2008 a ouvert un droit d’inventaire. Je suis d’une génération qui a toujours connu la crise (ndlr : Eric Verhaeghe a 42 ans) et, après l’effondrement du mur de Berlin, l’économie de marché comme horizon indépassable. Nous pensions qu’en assurant le développement de cette économie de marché, on assurerait une prospérité générale avec le mythe d’un retour aux trente glorieuses. Après la décennie des années 90, marquée par les allègements de charge et l’abaissement du coût du travail, celle des années 2000 marquée par une modération salariale, on a finalement abouti à la crise financière de 2008 qui est une crise systémique, totalement imputable à la cupidité de la sphère financière.

Dans votre livre vous semblez découvrir des réalités économiques qui ne datent pourtant pas d’hier : que la croissance n’a jamais réduit les inégalités sociales, qu’il existe des liens incestueux entre l’État et les grandes entreprises…On n’apprend pas ça à l’ENA ?
Mon livre ne prétend pas révolutionner l’analyse économique. Le constat que je fais, tout le monde peut le faire aujourd’hui. Je me fonde sur des données issues de rapports officiels, accessibles à tous. La vraie question est surtout : comment est-on parvenu à créer du consentement à un système qui n’a aucun fondement économique ? Comment on arrive à convaincre les gens de la nécessité de baisser le coût du travail ? Il faudrait sur ce point revenir à l’analyse de Chomsky de la fabrique du consentement. La crise nous a appris une chose : le roi est nu. Le monde n’est pas tel qu’on nous le décrit. (more…)

24 janvier 2011

Frédéric Mitterrand, la diversité et l’amnésie

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Lors d’une conférence de presse donnée le dimanche 23 janvier, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, est apparu entouré de jeunes artistes français invités dans le cadre de la soirée French Vibes du Midem : Aaron, Médhi, Revolver. « Je désire, a déclaré le ministre, ouvrir un nouveau chantier d’envergure, celui du financement de la diversité musicale à l’ère numérique ».
Problème : les garçons présents, bien que Français, chantent en anglais, parce que, dit le chanteur de Revolver, « quand on a quinze ans, on travaille instinctivement, on fait la musique que l’on aime, on ne pense pas à tout cela ». Le Bureau Export de la musique française, qui aide à la divulgation des artistes d’ici hors de nos frontières, venait de divulguer à Cannes les résultats 2010 : premier au classement des meilleures ventes à l’étranger, David Guetta, deuxième, le groupe Phoenix. All in English.

Interrogé dans la salle sur la contradiction qu’il y a à défendre la diversité culturelle et à se féliciter de l’essor d’une musique française sans francophonie, le ministre a répondu qu’il n’y voyait pas d’inconvénient. Et qu’Edith Piaf chantait en anglais, assertion fausse reprise par ses voisins de tribune.
Edith Piaf, ou Charles Aznavour, ont bien compris en leur temps que pour conquérir l’Amérique il fallait y aller souvent, chanter une chanson de son récital en anglais (La Vie en Rose pour Piaf par exemple), et garder son aura frenchie. Mais pas plus. L’affaire amuse le saxophoniste camerounais Manu Dibango, installé à la terrasse du Majestic pour y présenter son nouveau projet, la réécriture musicale de ses tubes, dont le fameux Soul Makossa, succès mondial, avec le jeune Jamaïcain Wayne Beckford. « C’est sûr, on peut préférer le commerce à la musique. Si les Corses faisaient un tube mondial, on verrait sans doute beaucoup de chanteurs de langue corse arriver sur le marché ».

La diversité, remarque un journaliste du site Mondomix, ce n’est pas la langue. « Plus grave est le fait que ce qui est chanté en anglais est exclusivement de la pop. Quand Souad Massi chante en arabe avec Francis Cabrel, le titre est ignoré de la majorité des medias ». Perdu parmi « un milliard » d’artistes en herbe présent sur le Net, selon le franco-américain Aaron, le prétendant au succès doit jouer des coudes, plus qu’avant. Et quand c’est chose faite, il doit se heurter à la loi des quotas obligatoires de chansons chantées en français à la radio. Mise en place en 1992, annoncée au Midem dans la même salle de conférence, elle était censée protéger la France des assauts anglo-saxons.

Véronique Mortaigne pour « Le Monde »

Bébé Doc, la justice et l’impunité

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, alias Baby Doc, à Port-au-Prince le 19 janvier 2011. Le retour au pays de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier soulève bien des interrogations. Une journaliste canadienne se demande quels sont les ressorts de l’impunité dont il bénéficie. Et qui semble chaque jour plus fragile.

Au cours de la dernière décennie, de nombreux dictateurs ont dû faire face à la justice. C’est le cas de l’Argentin Jorge Videla et du Péruvien Alberto Fujimori. Slobodan Milosevic est mort pendant son interminable procès. Augusto Pinochet n’a pas été jugé, mais il a fini sa vie avec la justice à ses trousses.

Exception faite d’une tentative de poursuite avortée en France et de quelques démêlés avec la Suisse, qui a gelé l’argent qu’il avait volé à son peuple [Bébé Doc est accusé d’avoir détourné plus de 120 millions de dollars], Jean-Claude Duvalier, lui, a vécu un exil pépère [sur la Côte d’Azur], loin des juges et des tribunaux.

Pourtant, les raisons de le traduire en justice ne manquent pas. Bébé Doc a sur la conscience le sang d’au moins 30 000 de ses concitoyens. Et sa dictature était si efficace que de nombreux cas de disparition et d’exécution sommaire restent à ce jour non documentés.

Il lui a fallu une bonne dose de culot pour débarquer à Port-au-Prince, dimanche [16 janvier], et annoncer qu’il s’en venait aider son pays. [Il a indiqué mercredi 19 janvier qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir dans le processus électoral en cours, démentant les déclarations faites plus tôt par son entourage.] Après un séisme, un ouragan et une épidémie de choléra, Haïti n’avait vraiment pas besoin de ça ! En réalité, le retour du dictateur ne fait qu’exacerber la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis l’élection du mois de novembre. Ne serait-ce qu’à cause de toutes les hypothèses que soulève son attitude inattendue. (more…)

23 janvier 2011

Rocard pour la semaine de travail à moins de 35 heures

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,13 - PS — iledere @ 12:00

Une mesure qui va de pair, dit-il, avec le recul nécessaire de l’âge de la retraite.

L’ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard a préconisé samedi de remettre le thème du temps du travail «sur la table des négociations entre syndicats et patronat». Il a prôné un abaissement de la durée légale «à moins de 35 heures par semaine».

«Il faut essayer de retrouver l’indexation des salaires sur la productivité, car il nous faut de la croissance. Et il nous faut remettre la question du temps de travail sur la table des négociations entre syndicats et patronat», dit Rocard dans un entretien au Monde daté de dimanche/lundi.

«Nous travaillons quelque 38 milliards d’heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs – près de 2,9 millions – il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d’heures collectivement», relève-t-il. «Mais pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c’est d’autant plus nécessaire que la durée de vie s’allonge», poursuit-il.

«Il faut reculer l’âge de la retraite», a dit Michel Rocard, ce que vient de faire le gouvernement. «Mais la contrepartie, c’est la réduction de la durée du travail hebdomadaire», dit-il.

Le débat sur le détricotage des 35 heures en vue d’une augmentation du temps de travail a été relancé par les libéraux de l’UMP et repris par le socialiste Manuel Valls, ces dernières semaines.

Par ailleurs, alors que le gouvernement veut réformer avant l’été la fiscalité du patrimoine, l’ancien Premier ministre se prononce pour la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). «A condition qu’on le remplace par un impôt annuel sur l’ensemble du capital des entreprises, et que cela se fasse à un niveau tolérable», dit-il.

(Source AFP)

Vivendi: Messier condamné ou la faillite morale du capitalisme à la française

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:30

Brusquement, l’air sembla se pétrifier dans la salle d’audience. Personne n’osait bouger. La cohorte d’avocats plus prestigieux les uns que les autres, assurant la défense des anciens dirigeants de Vivendi, était comme tétanisée. Chacun se tassait sur sa chaise, certains plongeaient la tête dans les mains. Avaient-ils bien entendu ? D’une voix monocorde,le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel, le juge Miniconi, continuait à lire le jugement. «Le tribunal relaxe Jean-Marie Messier pour l’accusation de manipulation de cours. Il le condamne à trois ans de prison avec sursis et 150.000 euros d’amende pour abus de bien social et information fausse et trompeuse. Guillaume Hannezo est condamné à 15 mois de prison avec sursis et 850.000 euros d’amende pour abus de bien social et délit d’initiés. Edgar Bronfman est condamné à 15 mois de prison avec sursis et 5 millions d’amende pour délit d’initiés. Eric Licoys est condamné à six mois de prison avec sursis pour abus de bien social.»

Ce ne sont que des peines de prison avec sursis. Compte tenu des fautes reprochées, de la ruine provoquée par les agissements des uns et des autres, le jugement peut sembler bien clément. Mais pour les anciens dirigeants de Vivendi Universal et leurs avocats, c’est encore trop. Ils ne peuvent ignorer la portée symbolique du verdict: la justice a reconnu coupables des représentants de la haute caste financière, supposée intouchable, et les a condamnés. Elle marque un coup d’arrêt à l’impunité générale dont ont pu se prévaloir pendant des années les grands patrons.

La déception est d’autant plus grande que ce procès devait être une formalité, l’ultime étape vers une réhabilitation complète. Il y a longtemps que ses pairs ont pardonné à Jean-Marie Messier et l’ont réadmis dans leurs rangs. Redevenu banquier d’affaires, il conseille discrètement de nombreux groupes du CAC 40 et de nombreuses entreprises publiques. Il a ses entrées discrètes à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’ayant pas oublié l’aide que J2M lui apporta lors de sa traversée du désert à la fin des années 1990. Et pendant tout le procès, l’ancien dirigeant de Vivendi reçut le soutien sans faille du ministère public, qui demanda le non-lieu et plaida longuement la relaxe : il n’y avait rien dans le dossier, selon le procureur.

C’est la ligne de défense de Jean-Marie Messier, maintenue contre vents et marées depuis son éviction en juillet 2002. Pendant huit ans, l’ancien président de Vivendi, ses proches, comme la nouvelle direction de Vivendi Universal, n’ont cessé de répéter que le dossier était vide. «Vivendi, ce n’est pas Enron», avait redit l’ancien président devant le tribunal. Le groupe n’avait jamais été en faillite, avait-il assuré. Certes, il y avait eu quelques erreurs de communication. Mais pour le reste, c’était la faute à pas de chance, à la bulle internet, au 11-Septembre, aux divisions au sein du conseil d’administration. Mais rien de répréhensible. D’ailleurs, il avait payé le prix fort. Il avait été chassé de la présidence de son groupe, avait perdu une partie de sa fortune personnelle investie en actions Vivendi, et n’avait pas touché les 20,5 millions d’euros de parachute doré qu’on lui reprochait. Non décidément, il n’y avait rien dans le dossier. (more…)

22 janvier 2011

Trois ans plus tard, la croisière post-Fouquet’s rapporte toujours…

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Encore 28 millions d’euros pour le groupe Bolloré…
Retour sur un billet du 13 mai 2007« Pschitt » politique : Sarkozy-Bolloré, petits mensonges entre amis : « Le débat du symbolique a été tranché. L’opinion publique s’estime, dans un pourcentage déprimant (sondage réalisé par l’institut qui appartient à Bolloré !), « pas choquée » que l’ex-prétendu « candidat du peuple » dépense pour ses trois jours de croisière, en guise de retraite ascétique, environ dix-sept années de revenus d’un employé au salaire minimum. Ainsi va la France de droite.
Reste qu’ont été bien vite escamotés les autres aspects de l’affaire. Les symboles sont certes importants, mais nous parlons aussi des rapports entre pouvoirs politique et économico-médiatique. De soupçons de corruption. Et de mensonges avérés. Donc de morale publique. Or, tout cela été bien vite passé par pertes et profits. Ça a fait « Pschitt », suivant l’expression du cynique escroc qui a tenu douze ans à l’Elysée. Alors revenons-y.

« J’ai dit ça, moi, que je n’avais jamais eu aucune relation avec l’Etat français ? Bon, d’accord, presque aucune relation. Mais vous n’allez quand même pas m’embêter pour 38 millions d’euros de marchés publics ! » Si, Monsieur Bolloré. Quand il a été su que vous avez hébergé notre nouveau riche de futur président sur votre yacht, vous vous êtes donc défendu de n’avoir jamais fait des affaires avec l’Etat.
Or vous mentiez, pensant sans doute que nul n’allait vérifier : et votre filiale logistique SDV ? Elle a obtenu le 10 août 2006 l’attribution du marché du « traitement de la valise diplomatique fret » par le ministère des Affaires étrangères (entre 1,4 et 5,6 millions d’euros) et avant cela, le 17 juin 2005, celui de « transport de fret par voie aérienne commerciale à la demande et pour le compte du ministère de la Défense » (36 millions, hors-taxes). Et vous détenez la Société Française de Production, via une participation de 40,6% dans Euro Média Télévision. La SFP dont 25% de l’activité provient de… commandes publiques. (more…)

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