Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 mars 2011

Liberté, égalité… « care »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:24

Respect, souci des autres : la première secrétaire du Parti socialiste, Mme Martine Aubry, hésite entre plusieurs termes pour traduire la notion de « care » qui, selon elle, devrait fonder le projet de société de sa famille politique. Mais la priorité accordée à la compassion et à une éthique individuelle ne conduit-elle pas à négliger les structures de l’économie ?

Qui refuserait de reprendre à son compte cette vigoureuse affirmation : « Nous voulons une société du respect, et non pas une société dure, violente, brutale, égoïste (1) » ? Belle formule, qui a le charme prenant des évidences. Il serait pourtant quelque peu frivole d’en sourire, comme d’une invocation utopique et consensuelle au parfum de peace and love. Car ce vœu, formulé par la première secrétaire du Parti socialiste français, Mme Martine Aubry, ne fait pas seulement écho au malaise diffus suscité par la difficulté d’imaginer un avenir différent : il relève avant tout d’une entreprise ambitieuse de refondation des valeurs de la social-démocratie, à la faveur d’une lecture apparemment modernisée tant de la question sociale que du fonctionnement de la démocratie. C’est dire qu’on est loin du gadget promotionnel ou de l’effusion personnelle : ce qui s’énonce et s’annonce ici, c’est une définition revisitée des enjeux et des moyens du socialisme libéral. Une voie nouvelle pour la gauche, objet du désir de nombreux citoyens mélancoliques, serait-elle enfin ouverte ?

C’est autour de la notion de care que s’élabore ce projet. Etrange choix que celui de ce terme de la langue anglaise que les dictionnaires traduisent par « souci, soin(s), attention », et que le plus distrait des spectateurs connaît grâce à l’expression « Take care », prononcée le plus souvent avec une ferveur contenue dans les films américains chaque fois qu’un personnage prend congé. Qu’est-ce donc que le care possède que la « sollicitude » ignore ? Tout simplement, son… background théorique.

Le care en tant que concept a été élaboré par les féministes nord-américaines au fil des trente dernières années (2). Il faut reconnaître que sa définition manque de clarté, du moins pour des esprits regrettablement cartésiens, car s’y superposent et s’y confondent une pratique et une éthique. Initialement, le care désigne et étudie les « soins à la personne », pour en faire apparaître à la fois l’impérative nécessité et la paradoxale dévalorisation, que confirme et conforte le fait que l’exercent les catégories sociales « dominées » : les femmes, les étrangers, les pauvres. Mais, de façon plus ample, les théories du care vont interroger la notion de « dépendance », et postuler que les malades, vieillards, enfants, handicapés ne sont pas seuls à entrer dans la catégorie des personnes qui ne peuvent se suffire à elles-mêmes. La dépendance serait en réalité le propre de l’humain, qui a besoin d’autrui physiquement, socialement, spirituellement, pour devenir et demeurer humain. L’enfant dépend de la mère, le salarié dépend de son employeur, l’identité même « s’élabore dans le cadre de relations interpersonnelles qui sont d’abord des relations de dépendance (3) ».

« Une société de l’attention aux autres »
L’indépendance ne serait qu’une illusion, agréablement permise grâce à la satisfaction rapide de nos divers besoins — physiologiques, émotionnels… — par les autres. Dès lors la dépendance ne peut plus être considérée, avec plus ou moins de courtoisie, comme une pathologie ou un symptôme d’échec : elle cristallise, et met en crise, l’interdépendance généralisée des humains, dont la nature même implique la vulnérabilité au besoin. Une « société du care » sera donc, comme le précise Mme Aubry, « une société de l’attention aux autres », destinée à gommer les inégalités, à dépasser les situations de domination, à passer de la dépendance subie à l’interdépendance assumée et valorisée.

On pourrait croire qu’il s’agit là d’une ode de plus à l’altruisme, d’une nouvelle déclinaison de la sensibilité de gauche, parfois à la recherche du supplément d’âme qu’offre la compassion. C’est bien autrement compromettant. Comme le souligne en connaisseur le spécialiste de l’assurance et théoricien du patronat François Ewald (4), ce qui s’annonce ainsi est un « bouleversement ». Avec cette « attention aux autres » présentée comme la valeur centrale devant conduire la réorganisation de la société, c’est désormais l’individu dans la particularité de sa fragilité que la collectivité se doit d’aider, de faire entendre et de satisfaire, faute de quoi la société ne peut que pratiquer l’injustice, sinon l’exclusion.

Cela semble une critique essentielle de la démocratie dite libérale, au sens politique du terme, fondée sur le respect égal et impersonnel des droits et libertés de chacun. Egalité insuffisante, à cause de son abstraction même : le « citoyen » n’est pas un humain réel, mais une fiction ; pas un être de chair et de désirs, mais un concept. Du concret ! Un individu n’est pas réductible à un prototype universel. L’égalité ne peut devenir effective que lorsqu’elle n’est plus simplement un « ensemble général de principes », mais permet d’« accueillir la pluralité et la multiplicité des attentes énoncées (5) ». Les droits de l’homme n’ont de sens que s’ils deviennent droits des hommes, contextualisés, individualisés. Cette demande d’une évolution du citoyen sujet de droit vers l’individu porteur de droits, d’une égalité formelle vers une égalité réelle, les minorités, les femmes, les enfants d’immigrés, les homosexuels… l’ont formulée depuis longtemps. Mais, plus fortement que le multiculturalisme, le care, en « universalisant » et en développant les potentialités de cette position, rend lisibles les tensions qu’elle inscrit dans la démocratie, quitte à diluer la « chose publique » dans une morale brouillant les frontières qui, précisément, permettent l’existence de cette res publica.

Ce choix de la valorisation de l’individu dans sa vulnérabilité spécifique et l’accent mis sur l’interdépendance, qui s’appuient sur les limites tout à fait réelles du libéralisme, intiment donc comme obligation première de reconnaître le besoin propre à chacun « d’assumer une responsabilité par rapport au besoin identifié et de chercher comment y répondre (6) ». Ce besoin, quelles que soient les formes qu’il prend, est, en définitive, celui du bonheur, ce qui pourra advenir dans ce que Mme Aubry nomme une « économie du bien-être », au sens plein du terme, par opposition à une « société du tout-avoir ». Comme le dit le philosophe Axel Honneth, « ce qui doit former le cœur même de la normalité d’une société, ce sont les conditions qui garantissent aux membres de cette société une forme inaltérée de réalisation de soi (7) ». Les conditions de cette « société décente », selon l’expression que Mme Aubry emprunte à Avishai Margalit (8), passent par une forte atténuation de la séparation de la sphère publique et de la sphère privée.

Les empêchements à la réalisation de soi, la « dépendance subie », sont évidemment liés à l’inégalité des situations : en moyens financiers et en moyens de pouvoir, mais aussi en ressources physiques, affectives ou intellectuelles. Pour que chacun parvienne à s’accomplir, la société ne peut se contenter de la seule protection des droits de ses membres, elle doit leur assurer le respect d’eux-mêmes. Plus encore que le « juste », c’est le « bien » qui importe dans cette perspective. Prendre en compte les besoins, c’est permettre à chacun l’exercice de ses capabilities (9), ses capacités potentielles, seul garant d’une vie bonne. Ce sont la solidarité, l’attention en action, déployées comme environnement affectif, social et politique, qui restaurent la dignité et la confiance en soi indispensables. Bien-être, mieux-être seront portés par le « soin mutuel » : « N’oublions jamais, explique Mme Aubry, qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soin, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage. » Le lien social se retisse, en dehors des combats collectifs. Foin du matérialisme…

A vrai dire, cette société du care évoque fortement les projets de deux grands penseurs : le Français Léon Bourgeois et l’Anglais Anthony Giddens. Abonné aux postes de ministre sous la IIIe République, membre influent du Grand Orient de France, Prix Nobel de la paix en 1920 pour son travail en faveur de la création de la Société des nations, Bourgeois était un des théoriciens du « solidarisme », qui proposait de réaliser non pas la socialisation des biens, mais la socialisation de la personne. Giddens est, quant à lui, le théoricien du New Labour selon M. Anthony Blair, instituant comme programme, pour un « au-delà de la gauche et de la droite » (10), de réparer les solidarités endommagées et de repenser à cette aune l’Etat-providence.

Pour que se déploie cette égalité réelle dans la prise en considération des différences, il conviendrait en effet de reconsidérer ledit Etat-providence, parfois moins pertinent pour résoudre des difficultés que l’initiative privée, qui évite la neutralisation de la singularité dans l’universel. Mais la sphère publique garde un rôle central, qui doit être au plus près des « projets de vie » de chacun. Ainsi, estime Mme Aubry, « les services publics doivent éduquer, accompagner, émanciper chacun, pour le porter au plus haut de lui-même ». Ce qui ne va pas tout à fait de soi. Car l’émancipation n’est-elle pas d’ordre personnel ? Quelles normes implicites déterminent le bon niveau d’accomplissement ? Les « projets de vie » ne sont-ils pas liés à des modèles dominants ? Ne risque-t-on pas de s’engager ainsi sur la voie d’une morale officielle, au nom du respect du fameux « vivre ensemble », pour ne rien dire d’une obligation d’épanouissement mesuré dans la diversité ? Et, inversement, si les individus sont fondés à revendiquer la garantie par la sphère publique d’une vie réussie, qu’advient-il de l’intime confrontation de chacun à l’imprévisible des désirs, de l’accueil du trouble de penser et de la peine de vivre, qui permettent à l’humain de rêver et d’agir, de prendre ses responsabilités ?

En toute logique, cet idéal, qui ne peut prendre consistance que dans la « proximité » tant valorisée, requiert le cadre d’une « démocratie participative », appuyée sur des réseaux, associations, forums, assemblées, où la voix de chacun n’est pas annulée par un suffrage « universel ». Dans le même élan, l’attention aux besoins est susceptible de rencontrer le devoir d’ingérence, tout comme le champ de l’action écologique — « Nous pouvons nous attendre à un réexamen complet de l’idée selon laquelle nous ne sommes pas responsables des malheurs qui se produisent loin de nous (11) »… Mais ce qui se joue là dans son ensemble n’est pas un simple ajustement aux nouvelles demandes de la société. C’est une remise en cause de la souveraineté de la loi, qui peut négocier, se limiter, se transformer au contact d’arrangements privés. Plus besoin, par exemple, d’accords sociaux généraux, sinon comme cadres. L’âge de la retraite doit pouvoir se choisir…

La tension entre l’universel et le particulier ainsi réactivée ne risque pas seulement de privilégier la « gouvernance » si ardemment souhaitée par le capitalisme actuel. Elle semble également ménager la possibilité, dûment moralisatrice, de gauchir la question sociale en questions de société, et de dissoudre le politique, le collectif, dans une morale psychologisante qui aurait l’avantage d’être vertueuse et de ne rien changer à certaines des causes les plus gênantes de l’aliénation, de l’exploitation, de l’humiliation : les structures de l’économie. Pour citer Benjamin Constant, grand libéral pourtant : mieux vaut sans doute que le pouvoir se borne à être juste ; nous nous chargeons de notre bonheur.

Evelyne Pieiller pour « Le Monde diplomatique »

(1) Martine Aubry, Le Monde Magazine, 5 juin 2010. Les citations ultérieures de Mme Aubry sont extraites de cet article.
(2) L’essai pionnier de Carol Gilligan est paru aux Etats-Unis en 1982 : Une voix différente. Pour une éthique du care, traduction d’Annick Kwiatek revue par Vanessa Nurock, Flammarion, coll. « Champs essais », Paris, 2008.
(3) Joan Tronto, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, traduit par Hervé Maury, La Découverte, coll. « Textes à l’appui », Paris, 2009.
(4) « Ewald : le “care” vanté par le PS “incarne un bouleversement” », Rue89.com, 5 juin 2010. Ewald est président du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique, fondée par M. Jérôme Monod, un proche de M. Jacques Chirac. Il fut l’un des penseurs de la « refondation sociale » prônée par le Mouvement des entreprises de France (Medef) en 2000-2001.
(5) Joan Tronto, op.cit.
(6) Marie Garrau et Alice Le Goff, Care, justice et dépendance. Introduction aux théories du Care, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Philosophies », Paris, 2010.
(7) Axel Honneth, cité par Catherine Audard, Qu’est-ce que le libéralisme ? Ethique, politique, société, Gallimard, coll. « Folio essais », Paris, 2009.
(8) Avishai Margalit, La Société décente, Flammarion, coll. « Champs », Paris, 2007.
(9) Amartya Sen, Repenser l’inégalité, Seuil, Paris, 2000.
(10) Anthony Giddens, Beyond Left and Right : The Future of Radical Politics, Stanford University Press, Palo Alto (Californie), 1994.

(11) Joan Tronto, op. cit.

8 réponses à “Liberté, égalité… « care »”

  1. babelouest dit :

    Très bonne idée pour les banques, La Main Gauche : même aujourd’hui, plusieurs d’entre elles dans notre pays sont régionalement et localement mutualistes, elles peuvent donc parfaitement se déconnecter d’une finance internationale qui ne les concerne nullement. Cela éviterait aux employés de se voir attribuer d’impossibles quotas de vente de « produits », au lieu d’être véritablement au service de leurs clients et de leurs sociétaires.

    Pour la filière pharmaceutique, je vois mal un tel processus : il est difficile de dissocier privé de lucratif, quand on sait ce que coûte la recherche. Et à la différence des banques, qui sont obligées de comporter un réseau d’agences sur place, le chimico-pharmaceutique peut être situé hors de l’hexagone, donc hors d’atteinte. A moins d’obliger les pharmaciens à ne se fournir qu’à des unités de production situées sur le territoire national.

    Dans le même ordre d’idée, il serait indispensable de casser le processus en cours, dont les décrets d’application sont signés : concernant les labos d’analyse médicale, il ne faudrait surtout pas que les financiers y placent leurs billes comme dans les cliniques privées par exemple (même système). Si l’on ne fait rien, dans 5 ans c’est fait, plus de labos de proximité, un ou deux par département, mais privés malgré tout, et dirigés par des gestionnaires qui ne seront même plus des biologistes.

  2. La main gauche dit :

    ça passe peut-être par, primo, adapter, étendre la notion « régalienne » à une vision socialiste (enseignement, etc..), secundo, d’identifier les secteurs clés de l’économie qui ont un caractère quasi universel et représentent un poids certain (banque, économie du pharmaceutique, etc..) et de faire basculer ces secteurs dans un système privé non lucratif…(quel valeur ajoutée y a t-il à servir des actionnaires dans ces secteurs ???)

    le paradigme capitaliste est sérieusement écorné par la crise, c’est donc peut-être le bon moment pour trancher la tête de cette fausse idée qui fondait en un seul concept initiative privée et capitalisme et de faire surgir le concept que dynamisme et initiative privée peuvent se distinguer du capitalisme et sans pour autant sombrer dans un hyper-étatisme…

    .. et pour faire ce que l’on dit, voici donc une première initiative privée que la France gouvernée par des socialistes pourrait prendre envers et contre cette Europe mortifère tout en s’installant, au final, dans un esprit pro-Européen dynamisé, aiguillonné en quelque sorte..

  3. thejoker31 dit :

    Pour prendre en compte l’universel et l’aspiration de chacun à l’universel, il est nécessaire de contrôler la finance de nouveau.
    en effet depuis quelques décennies celle ci s’en donne a coeur joie pour diminuer les revenus salariaux, pour imposer un globalisation qui nuit à la diversité des individus soumis à la même manipulation sécuritaire (etc etc..)

    Il est nécessaire de désigner les responsables de la crise et de mettre en oeuvre une politique a destination du peuple
    cela passe par un glass steagall et une comission d’enquete parlementaire pour enfin investir dans les infrastructures

    car si le capitaine ne controle ni le gouvernail ni les moteurs alors tout le « care » du personnel du titanic envers les elites des ponts superieurs n’empechera en rien la mort des forces vives recluses dans les ponts inferieurs dans le contexte de fuite en avant financiere vers les icebergs de l’hyperinflation

  4. La main gauche dit :

    aller.. pour le fun.. le reste de l’importation conceptuelle outre atlantique est peut-être restée dans la cale du cargot : Care d’une main et de l’autre Take care avec le smith et wesson dans la poche…

  5. La main gauche dit :

    Un peu de mal avec le parlé Albion, mais bon, Ouaille-not de faire un peu dans le conceptuel.. m’enfin, pour faire un parallèle contextuel, faire de la conceptuelle en Lybie sur le mot « liberté » alors qu’on en est passé à l’heure des coups de pioches …?… je crains qu’en dehors des médias et de l’opposition qui a maintenant son os à ronger et de quelques bloggeurs qui en profitent pour nous faire dans le prolixe à souhait (si, si, j’ai tapé sur internet « care », pas un texte fait moins d’une bonne page complète dans le pur jus conceptuel indigeste), mais pour le reste du populo, c’est plutôt le coup de pioche qui serait bienvenu aujourd’hui, et donc je ne sais pas s’il serait pas plus à l’écoute d »un truc du genre : « En 2012, les gars, c’est coopérative et mutuallisme pour tout le monde, de Total, St-Gobain, Loréal, BNP, à la boulangerie du quartier ! » et un autre truc du genre « fini la bourse, les p’tits loups » !..

  6. babelouest dit :

    Oui, Exec T, des soins palliatifs… je connais, c’est ce que j’ai fait chez moi pendant vingt ans, des soins palliatifs. Prolonger l’improlongeable, soulager la douleur persistante, empêcher au moral de plonger parce que sans cela, la situation serait pire, supporter en courbant le dos quand la personne perd les pédales dans sa tête, pour trois minutes, trois heures, ou trois semaines… Le care, c’est le pis-aller, le replâtrage, le cautère sur la jambe de bois. L’impasse, quoi !

  7. Exec T dit :

    On ne peut être que dubitatif face à ce concept programmatique.
    Le « care », je le vois bien dans le milieu hospitalier, c’est ce qui nous amène quand il n’y a plus rien à faire aux soins palliatifs.

    Le PS s’est il convaincu que le monde économique actuel est non modifiable?
    Les rapports sociaux sont ils figés à jamais? Les forts seront toujours les exploiteurs des faibles?
    Sommes nous dans le temps « du dernier homme » ou pour la fin « un peu de poison » fera l’affaire.

    Je trouve à titre personnel bien regrettable cette orientation du PS. Soleil vert, non merci!

  8. babelouest dit :

    Dès qu’on sort le mot « morale », mon oreille se dresse en signe d’effroi. Pourquoi vouloir introduire cette notion du « care », notion si étrangère à notre entendement qu’il a fallu un mot anglais pour la définir ? Les mécanismes sociaux que nous connaissons en France, ceux que justement les gens au pouvoir s’ingénient maintenant à démolir, ont montré leur efficacité dans un système très égalitaire et très structuré. Comme je l’ai souligné, le Patronat français fait tout ce qu’il peut pour détruire cela, signe que c’est bon, et en fait pas plus cher qu’ailleurs. Cela comporte aussi bien la médecine du travail, que l’inspection du travail, et la Sécurité sociale ainsi que les allocations familiales et autres. C’est impersonnel, parce que ce n’est pas le but de l’opération. Ce qui se passe dans le secret des familles ne regarde pas l’État. C’est bien cela, semble-t-il, que le care veut changer. Il veut décharger l’État de ses obligations, et soulager le patronat d’ingérence dans sa gestion. Avec le care, ce n’est pas votre hiérarchie qui peut être mise en cause, mais vous-mêmes. On va réussir à vous persuader que si vous allez mal, ce n’est pas un directeur tracassier qui en est la cause, mais vous-mêmes qui ne savez pas, ou ne voulez pas, le supporter. C’est à vous que s’adressera le care, pendant que le directeur continuera à sévir sur d’autres personnes en toute impunité.

    Le care ? Non, merci !

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