Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

13 mars 2011

Un sommet de l’eurozone sous tension

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

20110311 Sommet EU 04-2 Minuit. Le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro est parti pour durer. Les agents des services de sécurité du Conseil viennent d’être prévenus: la réunion pourrait bien s’éterniser jusqu’à demain…

En effet, la Finlande entre en campagne électorale lundi et elle ne pourra alors plus s’engager sur une réforme du Fonds européen de stabilité financière (FESF), les « affaires courantes » ayant une signification très précise dans ce pays. En clair, les dix-sept viennent de prendre conscience qu’il faut absolument parvenir à un accord politique avant lundi. En outre, le nouveau gouvernement irlandais, qui a pourtant accepté le « Pacte pour l’euro« , fait de la résistance: il refuse de remonter son taux d’imposition sur les sociétés et de restructurer sa monstrueuse dette bancaire, mais exige quand même une baisse du taux d’intérêt sur les prêts accordés par le FESF. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’apprécient évidemment pas. D’autant que les Portugais qui viennent d’annoncer, sur pression de leurs partenaires européens, de nouvelles mesures d’austérité, commencent à se demander s’ils ont bien fait de céder, vu l’attitude irlandaise…

En attendant d’autres informations, voici mon article paru dans Libération daté de vendredi.

Angela Merkel va-t-elle rallumer l’incendie qui a ravagé la zone euro en 2010 ? A Paris, on ne cache pas son inquiétude face à la valse-hésitation de la chancelière allemande, qui renâcle désormais à tout accroissement des moyens du Fonds européen de stabilisation financière (FESF). D’autant que les taux d’intérêt des obligations d’Etat portugaises, irlandaises ou grecques s’envolent.

«Les marchés attendaient énormément de la réunion du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro [d’aujourd’hui], mais ils ont compris qu’ils seraient déçus, ce qui devrait limiter l’impact d’un échec», dit Laurence Boone, économiste en chef de Barclays Capital France. Il est vrai qu’un autre sommet, à 27 cette fois, aura lieu les 24 et 25 mars. Ce qui laisse une seconde chance aux Européens d’apporter une réponse systémique à la crise de la dette publique et, ainsi, de calmer les marchés.

Certes, il est désormais acquis que la zone euro se dotera d’un «Pacte de compétitivité», rebaptisé «Pacte pour l’euro». Il définit une politique économique commune que chaque Etat s’engage à respecter sous la surveillance de la Commission et de ses pairs, le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, lequel sera institutionnalisé. L’idée ? Surveiller l’évolution du coût du travail pour qu’elle reste alignée sur les gains de productivité ; ouvrir à la concurrence les professions protégées ; accroître les moyens consacrés à l’éducation et à la recherche ; augmenter le taux d’emploi ; mettre fin aux régimes de préretraite ; assurer l’équilibre des régimes de retraite (sans indication d’un âge minimal de cessation d’activité), etc. Deux points suscitent des résistances : les pays très endettés, comme l’Italie, voient d’un mauvais œil l’obligation d’inscrire dans leur législation une limite d’endettement. Surtout, l’Irlande et la Slovaquie ne veulent pas d’une harmonisation de la fiscalité des entreprises, elles pratiquent un véritable dumping fiscal.

«Ce Pacte, complément du Pacte de stabilité qui va être lui-même renforcé, est la reconnaissance que la politique économique ne peut pas rester du seul ressort national, ce que la France a toujours dit et ce que l’Allemagne a longtemps refusé d’admettre», commente-t-on à l’Elysée. «Berlin envoie ainsi le signal qu’il est déterminé à rester dans la zone euro. Avec ce Pacte, nous réglons nos problèmes sur le long terme, poursuit un proche de Nicolas Sarkozy. Le problème désormais, c’est le court terme, et là, on a un sacré problème.» Paris reconnaît ainsi qu’il n’y a eu aucun progrès sur le renforcement du FESF et du futur mécanisme permanent qui lui succédera en 2013 (capacité de prêt, moyens d’intervention, taux d’intérêt, durée des prêts, etc.). Car Merkel est confrontée à des difficultés de politique intérieure. Sa majorité parlementaire CDU-CSU/FDP, qui perd les élections régionales les unes après les autres, refuse toute concession. Or, dans l’esprit de Sarkozy, il s’agissait d’un donnant donnant : un Pacte de compétitivité qui ferait de la zone euro une «grande Allemagne bien gérée» en échange d’une solidarité financière pour éviter la faillite des Etats fragilisés.

Cet équilibre est remis en cause. Berlin tient certes à la zone euro, mais à condition que les Etats qui ont mal géré leurs finances publiques s’en sortent seuls. Si cela se confirme, le Pacte de compétitivité risque de voler en éclats. Un scénario qui pourrait précipiter la faillite du Portugal, de l’Espagne, etc. Quinze mois après le début de la crise de la zone euro, l’avenir de la monnaie européenne dépend donc de l’Allemagne.

Par Jean Quatremer pour « les coulisses de Bruxelles UE »

Une réponse à “Un sommet de l’eurozone sous tension”

  1. babelouest dit :

    Ah ils l’ont voulu, leur traité de Maastricht, ils ont fait une propagande énorme pour qu’il soit avalisé par le référendum. Pour contrer, expliquer et démontrer l’absurdité de ce qu’on voulait nous imposer, Internet n’était pas encore assez développé en tant que contre-pouvoir. Malgré tout, le traité est passé dans notre pays avec une avance infime, signe d’une réticence de nos concitoyens envers une nouvelle donne dangereuse. Bien entendu, dans ce sens-là aucune contestation n’a pu monter pour dénoncer cet abattage médiatique qui a faussé le résultat.

    Aujourd’hui, les chefs d’États et de gouvernement découvrent, ou font mine de découvrir, l’étendue des dégâts. L’euro n’était pas viable, pas plus que beaucoup d’autres dispositions qui nous furent pratiquement imposées ainsi. Logiquement (mais où est la logique dans ce monde où la raison du plus riche est toujours la meilleure ?), ce sont les urnes qui désormais sanctionneront ces forfaitures, en vue de ramener cette meute de politiciens à cultiver leur jardin.

    Dehors !

    Quant à Jean Quatremer, il est égal à lui-même. Se posant les mauvaises question, il aboutit logiquement aux mauvaises réponses.

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