Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 avril 2011

Christine Lagarde, la woman n’est plus trop wonder

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:30

C’était le ministre modèle, peut-être le dernier bon élève pur jus du sarkozysme. En une semaine et deux accrocs majeurs, l’affaire Tapie et le budget, le dernier crack de la sarkozie a perdu une bonne partie son aura.

Le cimetière du sarkozysme est déjà bien rempli de cadavres plus ou moins embaumés : il y a les gueules cassées de l’ouverture, Bernard Kouchner, Christian Blanc; les bons élèves tombés au champ d’honneur (ou plutôt à l’hippodrome) comme Eric Woerth, les éclopés de la diplomatie comme Michelle Alliot-Marie, les recalés de Matignon comme Jean-Louis Borloo, les techniciens déchus comme Xavier Darcos ou Christine Albanel. Tous ceux-là et quelques autres tentent de se refaire une santé politique et nous devons bien admettre que leur convalescence risque d’être fort longue.

Christine Lagarde figurait jusqu’à cette semaine, parmi les miraculés du sarkozysme. Un profil boosté à l’anglosaxonne ce qui impressionne les journalistes, un côté pro qui donne l’impression de toujours savoir de quoi elle parle. En disant du bien de sa ministre qui l’avait aidé à affronter-la-crise-ce-qu’il-a-su-faire-de-mieux-qu’on-se-le-dire, le Président avait l’impression d’envoyer des fleurs qui lui retombaient sur le visage. C’est bien simple, Christine Lagarde, tout le monde l’aimait, et pas seulement parce qu’elle parle bien l’anglais. Même les jeunes de l’UMP (voir deux minutes après le début de la vidéo) .

On notera d’ailleurs que le clip des jeunes UMP aligne allègrement une liste très fournie d’anciens ministres en disgrâce, de Xavier Darcos à Rama Yade en passant par Rachida Dati. Normal, c’est comme sous Staline : le parti se renforce en s’épurant.

En tout cas, en une semaine, le beau profil de Christine Lagarde a été bien écorné, même si les médias semblent encore l’épargner. Il y a d’abord eu le rebondissement de l’affaire Tapie révélé par Marianne2. Apparemment, l’autorisation de l’accord à l’amiable signé entre l’Etat et Bernard Tapie pourrait bien avoir été permis par un faux en écriture établi par un fonctionnaire sous la responsabilité de la ministre. Christine Lagarde est accusée d’« abus d’autorité ». Une faute aussi grave que la tête de ses conseillers chargés de commenter l’affaire devant les journalistes depuis la saisine de la Cour de Justice, via le procureur de la Cour de Cassation, par les députés socialistes.

Certes, le ministre de l’Economie a aussitôt riposté en faisant savoir qu’elle envisageait de porter plainte contre les députés socialistes. Réaction du député Jérome Cahuzac : « Quand Madame Lagarde dit qu’elle veut poursuivre les députés, c’est étrange, car comme ils ne font que reprendre les accusations, on ne peut que se demander si Madame Lagarde a l’intention de poursuivre aussi la Cour des Comtpes, ce qui serait piquant. »

Christine Lagarde escomptait-elle se refaire une cerise en mettant en exergue la bonne performance de la France en matière budgétaire ? Las! Une lecture attentive des documents fait apparaître, comme l’a démontré dans ces colonnes Hervé Nathan, que le Grand Argentier a joué sur la trésorerie à hauteur de 1,1%, agissant comme un simple patron de PME qui  jouerait sur les encours de fin d’année pour abuser son banquier ou ses actionnaires.

Dans son malheur, Christine Lagarde a pourtant de la chance : alors que les faits dont elle est soupçonnée relève de la forfaiture pure et simple, elle semble bénéficier d’une certaine indulgence dans les médias. Mais rappelons-nous : Eric Woerth aussi semblait aussi passer au travers des gouttes au début de l’affaire Bettencourt.

Philippe Cohen pour Marianne2.fr

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