Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 avril 2011

Lisbonne capitule face aux marchés

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Après avoir résisté pendant des mois et sous la pression des marchés, le gouvernement de José Sócrates s’est résolu à demander l’aide de Bruxelles et du FMI pour éviter le défaut de payement. D’un montant de 75 milliards d’euros environ, l’aide devrait être débloquée avant les élections du 5 juin. Une décision trop longtemps remise, note la presse européenne.

« Cela a pris deux semaines au Premier ministre du Portugal José Sócrates pour accepter l’inévitable, mais il y est enfin parvenu », écrit The Guardian, pour qui, « en demandant à Bruxelles un prêt d’urgence, M. Sócrates a adopté la plus radicale des mesures dont il disposait — mais il faisait aussi ce que les décideurs européens, les marchés financiers et de nombreux Portugais attendaient depuis de long jours ».

En fait, estime le quotidien londonien, le Premier ministre portugais « était à court d’options » depuis sa démission, le 23 mars, quand le Parlement a rejeté son nouveau programme d’austérité. « Ce soir là, le Portugal est entré dans les limbes politiques — et est devenu pour les marchés financiers l’équivalent d’un condamné à mort en attente d’exécution. »

« Ce ne sera pas facile d’accepter davantage d’austérité, mais il sera impossible d’accepter plus de démagogie, de déni de la réalité, d’incompétence politique ou d’absence de responsabilité », tonne Público dans son éditorial : « le retour du Fonds monétaire international (FMI) représente, pour le Portugal, une sévère défaite ».

Dans le même quotidien, l’éditorialiste Teresa de Sousa affirme que la décision du gouvernement portugais était dans l’air depuis le jour de la démission de José Sócrates et qu’on était arrivé à un point où le taux d’intérêt à court terme de la dette publique portugaise avait atteint un niveau dangereusement élevé : comme l’explique The Guardian, « le Portugal aurait dû emprunter de plus en plus d’argent sur les marchés uniquement pour rembourser les intérêts sur la dette ». Bref, résume Teresa de Sousa, « cela ne valait plus la peine de continuer à résister ».

« La demande d’une aide extérieure d’urgence avant les élections législatives du 5 juin faisait partie des scénarios que le Premier ministre avait sur la table dès le jour où il a présenté sa démission », écrit encore Teresa de Sousa. « Malgré les démentis officiels au sujet de contacts avec les autorités européennes, cette possibilité avait été évoquée pour la première fois au Conseil européen de Bruxelles des 24 et 25 mars, juste après la démission du gouvernement. Les événements se sont précipités après que, ces trois derniers jours, les principales banques nationales ont fait pression publiquement sur le gouvernement pour qu’il sollicite une aide européenne d’urgence ».

D’autres facteurs ont poussé le gouvernement de José Sócrates à faire le pas, poursuit Teresa de Sousa :

« Tout d’abord, la réunion informelle des ministres de l’Economie et des finances [les 8 et 9 avril] à Budapest, où le gouvernement portugais se serait retrouvé confronté aux demandes de ses homologues européens quant à une clarification immédiate de la situation, perçue chaque jour comme plus difficile à soutenir. Ensuite, le [quotidien] britannique Financial Times avait confirmé [le 6 avril] les révélations faites la veille par Público sur les contacts entre les autorités portugaises et européennes sur les modalités d’une aide d’urgence de la part de la Commission européenne. Malgré les démentis officiels, des sources proches du gouvernement ont confirmé à Público que des contacts avaient eu lieu entre le gouvernement, la Commission et le FMI ».

Contrairement au cas de la Grèce et de l’Irlande, Bruxelles doit faire face avec le Portugal à une situation particulière, souligne enfin Teresa de Sousa, car « elle doit discuter avec le gouvernement, avec le Président de la République et avec les partis susceptibles d’aller au pouvoir après les élections ». L’hypothèse la plus probable est une intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du FMI.

Selon El País
, la demande portugaise « n’a surpris personne, mais elle a été reportée pour des raisons politiques », José Sócrates voulant passer l´opération au prochain gouvernement ». Les portugais devront faire face à présent à une « situation paradoxale », estime le quotidien madrilène, car le sauvetage de l´UE ne veut pas dire que les problèmes économiques seront terminés. L´économie portugaise devra appliquer « un plan drastique d’austérité, semblable, voire plus dur que celui qu’avait rejeté le Parlement le 23 mars ».

Quant aux possibles répercussions de la crise portugaise sur l’économie espagnole, cette dernière est « trop grande pour tomber ; trop grande pour être sauvée », selon la formule consacrée reprise par El País.

« Une attaque contre la dette espagnole serait en réalité une menace pour l’euro tout entier : l’Espagne est la frontière entre cette guerre froide et un conflit en règle contre l’euro et contre le projet de l’UE […]. La réaction des marchés dans les prochains jours confirmera si la théorie du domino est correcte », commente le quotidien, selon lequel toutefois, la solvabilité de l’Espagne se distingue nettement de celle du Portugal et de l’Irlande », grâce notamment aux réformes économiques récemment approuvées. Voilà pourquoi, conclut avec optimisme El País, « il est très probable que la crise de la dette européenne se termine avec le Portugal ».

Le jugement est plus sévère côté autrichien, avec le quotidien viennois Der Standard, qui titre sur « l’entité mensongère » que constitue l’euro.

« Cela passera, tant bien que mal. Mais avec toutes ces simulations et ces camouflages, la crédibilité de la zone euro a pris plus qu’une égratignure. L’Union monétaire se transforme de plus en plus en une entité de mensonges : le premier [mensonge] était de prétendre que la Grèce s’en serait sortie sans aide, [tout comme l’ont affirmé] l’Irlande et le Portugal. Mais le Pinocchio doré est attribué à la zone euro, qui persiste à prétendre que les Etats sauvés avec l’argent du contribuable pourront rembourser leurs dettes sans restructuration ».

Lu sur Presseurop

Une réponse à “Lisbonne capitule face aux marchés”

  1. Belgo8.0 dit :

    c’est étonnant : pas une seule fois on ne mentionne que Socrates appartient au Parti « Socialiste » et qu’il vient de la Démocratie Chrétienne.
    Un peu comme Di Rupo…

    « Le Belge »

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