Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

9 avril 2011

Présidentielle : Borloo veut-il battre ou sauver Sarkozy ?

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre,20 - UMP — iledere @ 12:00

Sarko, Borloo, Sarko, Borloo... (Audrey Cerdan/Rue89).L’ex-ministre de l’Ecologie quitte l’UMP et appelle la droite « humaniste » à s’unir pour donner de l’air à ceux que le Président étouffe.

Il s’est passé quelque chose, jeudi soir, lors du dernier « A vous de juger » dirigé par Arlette Chabot sur France 2. On a vu Jean-Louis Borloo passer du statut de ministre chevronné, efficace et apprécié, à celui de dirigeant politique. Cette mutation tient en deux temps : premièrement, il quitte l’UMP ; deuxièmement, il va créer l’Alliance républicaine, écologiste et sociale.

Ladite Alliance a vocation à réunir les radicaux, « les anciennes équipes de François Bayrou qui sont aujourd’hui au Nouveau Centre », les gaullistes sociaux et les écologistes de l’actuelle majorité. Elle a vocation, aussi, à présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2012. « Je suis prêt », a dit Borloo, en précisant que sa décision n’était pas prise.

Mais est-on sûr d’avoir vraiment vu ce que Borloo a prétendu nous faire voir ? Deux jours avant, il accompagnait Nicolas Sarkozy dans la Somme pour le lancement des travaux du canal Seine-Nord Europe. Pendant l’émission, l’ancien ministre s’est gardé de toute critique directe du président de la République. Il a seulement déroulé sans faute l’argumentaire qui différencie traditionnellement le centre-droit de la droite-droite.

Relever la tête à condition d’en avoir une

Eh oui, cela fait à peu près quarante ans, maintenant, que les centristes se font satelliser par les gaullistes et leurs successeurs, ceux-ci étant aidés généralement par leurs alliés libéraux. Il est arrivé aux centristes de tirer sur l’élastique, mais cela s’est toujours terminé par le ralliement des démocrates-chrétiens, radicaux valoisiens, sociaux-démocrates et autres « réformateurs » aux héritiers du gaullisme.

Le schéma est fastidieusement répétitif, des élections législatives de 1973, où les chefs centristes étaient allés à Matignon en douce pour négocier leurs circonscriptions, à la présidentielle de 2007, où ils ont rejoint Nicolas Sarkozy pour être sûrs de retrouver ces mêmes sièges.

Mais les centristes peuvent aussi relever la tête. A condition d’en avoir une.

Historiquement, cela commença avec le surgissement de Jean Lecanuet à la première élection présidentielle, celle de 1965. Neuf ans plus tard, ils ont compris que leur intérêt était de soutenir Valéry Giscard d’Estaing, qui les a faits gagner. En 1988 avec Raymond Barre, en 1995 avec Edouard Balladur, ils ont mis sérieusement en difficulté Jacques Chirac, contribuant même à sa défaite face à François Mitterrand.

Jean-Louis Borloo peut-il être la nouvelle tête des centristes ?

Les bons points de Borloo
► Sa nouveauté
Il a été ministre pendant huit ans, mais il n’a jamais été parmi les premiers rôles. Il a joué, jeudi soir, de cette relative extériorité par rapport aux dirigeants politiques, en se rangeant aux côté de ceux d’« en bas » par rapport à « en haut ».
► Son bilan
Quand il évoque une alliance « sociale et écologiste », il peut dire qu’il connaît les sujets dont il parle et qu’il est allé au charbon, dans sa ville de Valenciennes, puis comme auteur du plan de cohésion sociale, du plan de rénovation urbaine et des lois issues du Grenelle de l’environnement.
► Son réalisme politique
Loin des châteaux en Espagne imaginés par François Bayrou en 2007, il a répété plusieurs fois qu’il connaît son camp – la droite – et qu’il y reste. Il propose donc une primaire interne à la droite, semblable à celles qui ont départagé centristes et gaullistes en 1974, 1981, 1988, 1995 (et, dans une certaine mesure, en 2002).

Ses mauvais points
► Sa nouveauté
On le connaît peu et mal, il n’est pas entré vraiment sur les écrans radars des différentes catégories d’électeurs. Douze mois pour se faire connaître, c’est court.
► La probable candidature de Dominique Strauss-Kahn
Si son échec aux primaires socialistes de 2006 avait poussé des électeurs vers Bayrou, dans une conjoncture économique périlleuse, le meilleur économiste de la gauche peut attirer davantage certains électeurs « centraux » que le chef de chantier et environnemental de la droite.
► La concurrence médiatique de Nicolas Hulot

Ce dernier peut être un porte-parole plus séduisant pour ceux qui veulent exprimer leur inquiétude écologique et leur sévérité envers les responsables politiques.

Pour le moment, les fuyantes contorsions d’anguille de Jean-Louis Borloo, certes non dépourvues d’élégance, le rangent dans la galerie des chefs centristes habiles à se faufiler entre critique et complaisance. Pardon pour le pléonasme.

Par Patrick Jarreau pour Rue 89
Photo : Sarko, Borloo, Sarko, Borloo… (Audrey Cerdan/Rue89).

Borloo divorce de l’UMP mais y reste financièrement lié
Jean-Louis Borloo, patron du Parti radical valoisien a annoncé, jeudi 7 avril, le divorce de son parti avec l’UMP. Toutefois, le président du parti centriste, qui jure vouloir « s’émanciper de l’UMP », demeure financièrement étroitement lié au parti présidentiel.

Selon le dernier rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le Parti radical – associé à l’UMP depuis 2002 – reste sous perfusion financière de l’UMP. En 2009, date des derniers comptes publiés, le parti de Jean-Louis Borloo a reçu un million d’euros de l’UMP. Une somme considérable pour ce parti, dont le budget global est de 1,3 million d’euros. Les valoisiens demeurent sous perfusion financière de l’UMP à hauteur de 77 %.

LA CONVENTION UMP-RADICAUX RESPECTÉE
Mis à la porte du gouvernement lors du remaniement de l’automne dernier, Jean-Louis Borloo a eu besoin de cinq mois pour préciser ses ambitions présidentielles. Selon un cadre du parti valoisien, « c’est en novembre 2010 que les parlementaires ont fait, auprès des autorités compétentes, leur déclaration d’appartenance à un parti ». Une déclaration qui conditionne le financement public des partis à hauteur de « 44 000 euros par parlementaire, le parti radical en compte 29 » précise-t-on rue de Valois. Mais, fin 2010, l’ensemble des députés, sénateurs et députés européens ont déclaré l’UMP comme parti de tutelle. Les subsides du Parti radical sont donc toujours, et jusqu’en 2012, année de l’élection présidentielle et des législatives, sous le contrôle du parti présidentiel.

Le Parti radical valoisien (PRV) ne semble toutefois n’avoir rien à craindre de l’UMP. Même si Jean-Louis Borloo se présente comme « une alternative à l’UMP », Dominique Dord, trésorier du parti présidentiel, assure que la convention entre le PRV et l’UMP sera « appliquée » et « respectée, quelque soient les vicissitudes de la vie politique. Comme le Parti radical, les autres formations associées à l’UMP dépendent très largement des subsides qu’ils reçoivent du parti présidentiel. Ainsi, l’UMP injecte 33 % (150 000 euros) des revenus nécessaires au fonctionnement du Parti chrétien-démocrate (PCD) de Christine Boutin. La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, qui pourrait rejoindre Borloo, a reçu la même somme du parti présidentiel, ce qui représente plus de 38 % de son budget.

L’ARGENT DU NOUVEAU CENTRE
Depuis 2009, le Nouveau Centre est le seul parti de la majorité à ne plus recevoir d’argent. Le parti d’Hervé Morin doit toutefois son financement à un montage biscornu qui lui permet d’obtenir un financement public indirect. En 2007, le Nouveau Centre a échoué à dépasser le seuil de 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions, condition pour avoir droit à une dotation de l’Etat. Mais dans les territoires d’outre-mer le règlement est différent : une association du Nouveau Centre avec petit parti tahitien, Fetia Api, permet aux deux partis de recevoir de l’argent public.

Le système contourne habilement l’esprit de la loi et rapporte gros. En 2008, les associés ont touché un total de 1 024 181 euros, dont 994 060 ont été transférés au Nouveau Centre. Selon le dernier rapport de la CNCCFP, le parti d’Hervé Morin a reçu près de 1,4 million d’euros de la part du parti polynésien, via les aides publiques que ce dernier a reçues. « L’alliance républicaine » qui regrouperait les formations du centre, voulue par Jean-Louis Borloo, pourrait, en cas d’accord des partis en bénéficier de cette manne. Mais la question du financement n’a pas encore été abordée, assure-t-on au Parti radical valoisien.

Eric Nunès (Le monde.fr)

2 réponses à “Présidentielle : Borloo veut-il battre ou sauver Sarkozy ?”

  1. serge dit :

    Le stratagème est mis en place, Berloo roule certainement pour Sarko pour chercher à rallier le centre et les « fameux humanistes » (fantasme de centre droit mais malheureusement également de certains de gauche) tandis que Sarko avec Guéant chasse sur les terres de l’extrême droite, et tout ce vil monde se retrouvera le moment venu.

  2. La main gauche dit :

    Sarko-Borlo ont pourchassé ensemble les « mariages blancs » et organisent ensemble un « divorce blanc »… logique !… Le centre et l’UMP votent main dans la main pendant 4 ans à l’assemblée nationale et se sépare 1 an pour remettre ça à chaque quinquennat… ils sont simplement ridicules !

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