Section socialiste de l'île de Ré
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25 avril 2011

Immigration : Guaino redevient souverainiste

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 12:00

(Flickr - WEF - CC)Le conseiller spécial du chef de l’Etat a admis que la France veut revenir sur les accords de Schengen. Tout d’un coup, l’Europe sans frontières n’est plus si attirante que ça.

Henri Guaino était contre Maastricht et la Constitution européenne mais une fois devenu le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, il a défendu le traité de Lisbonne. Serait-il devenu pro-européen ? Depuis les choses ont pourtant changé. La crise migratoire de Lampedusa a mis à mal l’idéologie d’une Europe sans frontières, surtout depuis que l’Italie a décidé d’octroyer des papiers aux immigrants essentiellement tunisiens échoués sur son territoire. Munis de ces sésames, ils pourront séjourner légalement en France moins de trois mois en vertu des accords de Schengen garantissant la libre circulation en Europe. Ce principe reste toutefois théorique, puisque Paris veut mettre toutes les barrières possibles à cette immigration non désirée. Mardi 26 avril, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi doivent discuter du sujet à Rome.

Dimanche 24 avril, sur I télé, Henri Guaino a déjà lancé une idée à présenter face à Rome. Il a confirmé la rumeur comme quoi Paris pourrait défendre une révision des accords de Schengen. « Ce que demande la France, c’est qu’on revoie les clauses de sauvegardes » permettant des dérogations aux traités, a expliqué le conseiller spécial. Ces clauses prévoient qu’« en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure » , des contrôles aux frontières nationales puissent être temporairement rétablis après consultation des autres Etats membres. Ces mesures ont déjà été appliquées en France suite aux attentats de 1995 et lors du Sommet de l’Otan à Strasbourg en 2009.  Cette fois, Henri Guaino souhaite que les possibilités de dérogations soient élargies « en cas de situation exceptionnelle », comme un afflux migratoire, comme c’est le cas ici.

Au départ eurosceptique, Guaino semble revenir au bercail. Mais, alors que le chef de l’Etat est en chute libre dans les sondages, on peut le soupçonner de faire plus preuve d’opportunisme politicien que d’honnêteté intellectuelle. Car si Guaino veut défendre à nouveau l’idée de frontière, il lui faudra aussi défendre le protectionnisme industriel et remettre en cause l’OMC. S’il veut vraiment défendre la souveraineté de l’Etat, il devra refuser toute politique de rigueur dictée par Bruxelles et les marchés financiers.

Mais pour l’instant, le conseiller en reste à une vision politique à court terme. Et il a tout naturellement cherché des boucs émissaires à la crise de Lampedusa. Implicitement, il  a rejeté la faute sur l’Italie : « Schengen, ce n’est pas chacun fait ce qu’il veut et renvoie les problèmes vers les autres ». Depuis le début, les tensions sont grandes entre Paris et Rome sur le sort des migrants de Lamepdusa.  Il souhaite aussi qu’il y ait une meilleur protection des frontières extérieures : « La libre circulation s’applique pour les citoyens européens mais chacun doit protéger les frontières extérieures ». Encore une critique cachée de l’Italie. Mais le conseiller spécial oublie que l’Italie et les pays aux frontières de l’UE se retrouvent souvent seuls face aux crises migratoires et l’agence européenne Frontex, chargée d’aider au contrôle des frontières extérieures de l’UE reste dépendantes des moyens et du bon vouloir des Etats membres.

Mais Guaino ne défend pas que la répression en matière migratoire. Pour lui, l’important est de donner des raisons aux Tunisiens de rester chez eux. « Le jeu, c’est de les aider à se développer (…) ce n’est pas de les piller de leurs forces vives », a lancé le conseiller. Mais il oublie une chose : la France a lancé depuis 2007, une politique de co-développement et a signé un accord en ce sens avec Tunis en 2008. Autre négligence : Guaino était à l’origine de l’Union pour la Méditerranée, censée être un vecteur de développement pour les pays d’Afrique du Nord. On a vu le résultat. Guaino s’est toujours élevé contre le concept de repentance consistant à s’excuser en permanence de notre Histoire. Par contre, lui-même ferait mieux ne pas oublier son propre passé politique.

Tefy Andriamanana pour Marianne2.fr

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