C’est beau un week-end pascal chez nos frères
Les vacances c’est beau mais elles ne durent qu’un temps. Le cormoran qui file au fil de l’eau, c’est poétique, tout ça, mais ça canarde sévère à deux pas de chez nous et les médias nous parlent du beau ciel pascal, de la tuerie de Nantes, que feu Frédéric Pottecher, le très convenable, talentueux et charognard chroniqueur judiciaire, nous aurait conté pendant des semaines, des mois et des années, par le menu, avant d’envahir les rayons des librairies avec un best-seller sur les « affaires célèbres », opus sur lequel tout un peuple paranoïaque se serait jeté avec un plaisir morbide.
A Tripoli où la guerre continue et les victimes s’amoncellent, le bureau de Kadhafou a été canardé par des frappes aériennes de l’Otan. Kadhafou n’était pas là. Heureusement, aurait dit sa concierge. Après tout c’est son droit, faut pas exagérer non plus. Il fait tout ce qu’il peut pour préserver sa vieille peau. Le harcèlement, ça va un moment… Il était ailleurs en train de consulter les tarifs des agences de voyages pour choisir une destination plus cool pour sa vieille peau. Parallèlement, selon des sources autorisées, il ferait faire quelques mouvements à sa fortune en direction de ses intérêts. Les force coalisées, commencent à s’agacer, mais pas trop… Il est quand même toujours là. Alors on lui fait comprendre que le train ne peut pas attendre en gare le bon vouloir du voyageur ! Puis ça coûte cher en argent et en vies humaines à toute la communauté.
Zenga, Zenga !
En Syrie, ce n’est pas à vrai dire les vacances pour tout le monde non plus. L’adaptation au milieu naturel est on ne peut plus dramatique. Les morts s’entassent, s’entassent… A tel point que la communauté internationale, toujours elle, commence à trouver la chose forte en caféine. Que fait-on dans ce cas, on proteste vigoureusement. On montre le phénomène, le dictateur, comme quelque chose d’intolérable et on désigne celui avec qui nous avions précédemment fort bien commercer comme le gros dégueulasse qui dépasse les borgnes. En attendant mieux, Bachar al-Assad boucle les frontières, se concocte des alliances politiques à l’extérieur, fait jouer le corps diplomatique, et règle en interne, au char et à l’arme lourde, le sort de milliers de syriens qui ont eu le malheur de réclamer un peu de démocratie à coups de cailloux ! On fait de la place… De toute façon il y a trop de monde sur terre, si, en plus, ces manants se mettent à parler de liberté, où va-t-on !…
Zenga, Zenga !
Au Yémen, pays pauvre, corruption, torture, ceux qui détiennent le pouvoir avaient de quoi croûter sur le dos de la grande majorité pendant des longues années encore, ça barde de chez sévère aussi. Les droits de l’homme ?… aïe, aïe, aïe ! Mais quelle histoire ! Rien à foutre du Yémen ! Je songe à la communauté internationale, d’autres chats à fouetter… Mais bon, faut sauver la face, faire bonne figure devant l’opinion éberluée. Là aussi les yéménites se disent : on peut être pauvres, torturés, analphabètes, mais dignes quand même ! Trop c’est trop. Quitte à crever, crevons dignement !… Insupportable ! Dans trente jours, je quitte le pouvoir, qu’il a dit Ali Abdallah Saleh (?)… Le temps de transférer ses comptes, de massacrer proprement tout ce qui le conduit aujourd’hui à prendre la poudre d’escampette, en jouissant, dans un pays étranger, des égards dus à son portefeuille et non plus à son rang. Roule carrosse !
Les chancelleries ne chôment pas : une destination pour Kadhafou, une autre pour Bachar al-Assad, une suivante pour Abdallah Saleh…
Vous appelez ça un week-end pascal ?…
Par Lediazec pour « Ruminances »
Zenga, Zenga !


