Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 avril 2011

La sinistre farce de Guantanamo enfin au grand jour ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 12:00

Ils n’avaient rien à y faire pour la plupart.Certains y sont restés huit ans et ont été libérés sans le moindre jugement entre deux. D’autres ont été renvoyés dans leur pays où les attendait une mort certaine, comme pour Al-Libi, celui qui avait tout avoué, et surtout ce qu’il n’avait pas vu…

Pour que cela devienne élément à charge de Colin Powell à l’ONU. Un document de 700 pages atterri hier au New-York Times décrit par le détail la farce tragique qu’a été et qu’est toujours la prison de Guantanamo (document qu’analyse aussi Le Monde ce jour-même). Grâce encore une fois à Wikileaks. Les américains vont-ils un jour s’apercevoir qu’on y a fait croupir des gens qui n’avaient rien à y faire et rien à se reprocher, qu’on y a allègrement torturé ou envoyé ailleurs (dans d’autres pays) pour y être également torturé, qu’on a méprisé les conventions établies sur les droits de prisonniers, bref qu’on a commis là l’un des pires exemples d’abus et de néantisation des droits de l’homme ? Vont-ils un jour s’en rendre compte ?

Dans ces documents, il y a toute la folie des militaires qui se sont chargé des détenus. L’un d’entre eux a noté par exemple, après six années d’interrogatoire réguliers, d’un détenu qui n’a jamais rien eu à dire qu’il « restait des zones potentielles à exploiter » avec lui ! Autrement dit, on tombe sur un syndrome connu, celui du gars qui a échoué à faire parler un prisonnier, mais qui continuera tout le temps à dire que celui-ci savait quelque chose… histoire de garder son « job » de geôlier ! Le journal note aussi que parmi les 172 restants, tous portent le titre de « prisonnier à haut risque » : le problème, c’est que les 600 détenus qui sont passés à Guantanamo avaient tous bénéficié de la même appellation. Tous à « hauts risques« , même les gamins amenés là car ils n’avaient pas été capturés mais tout simplement vendus par des afghans désireux de se faire de l’argent facile ! Ou encore celle du prisonnier 1051 (et oui ce fut aussi déshumanisant que ça !) de son nom Sharbat, capturé en mai 2003 près de l’explosion d’une IED, simplement parce qu’il se trouvait là… avec son troupeau de moutons. Longtemps interrogé, il se révéla n’être effectivement qu’un simple berger, n’ayant aucune idée politique ou aucun investissement pour un bord ou l’autre, ne répondant correctement qu’aux questions portant sur… l’élevage. Malgré cela, le tribunal militaire en a fait un « ennemi combattant », l’euphémisme créé pour échapper aux lois sur les conventions de Genêve et l’assistance aux prisonniers, et n’a été libéré que trois ans plus tard… sans procès et encore mois de compensation pour emprisonnement sans aucune justification. Raflé, il était l’homme qui était là à la mauvaise place le mauvais jour. Bilan pour lui : trois années de torture.

Des tortures ou des actes dégradants qui ne sont pas sans rappeler ceux vus à Abou Grhaib, et dont on attend toujours la publication du deuxième lot de photos, ce qu’a exclu encore à ce jour Barrack Obama (au vu des photos, il doit avoir ses raisons, qui se résument à un chose simple : ses militaires là-bas on eu les comportements de la Gestapo, et ce n’est pas rendre publicité à l’armée que de les publier, on suppose !). Ainsi pour le cas de Mohammed al Qahtani (ou Mani Ahmad al-Kahtani), un saoudien arrêté non loin du repère de Ben Laden, en décembre 2001, juste au moment où Ben Laden lui, s’est échappé. Quelle chance pour e second, n’est ce pas : dans ce bas monde il y a les vernis et les autres ! Sur son acte d’accusation, il aurait effectivement combattu auprès de Ben Laden à Tora Bora, et aurait été capturé.. par les pakistanais. Comme il aurait été également le « vingtième pirate de l’air » manquant du 11 septembre, pensez-bien qu’on lui a réservé un traitement grâtiné : attaché par un collier comme un chien, humilié sexuellement et forcé d’uriner sur lui-même, notre homme a de quoi raconter… sur les tortures subies et révélées en 2008 déjà par la presse. Il avait débarqué à Orlando en Floride en août 2001, muni de 2800 dollars en provenance de Dubai, où il avait été réexpédié aussitôt : comme « pirate » potentiel on fait mieux. De là, il avait rejoint le Pakistan, puis Tora Bora.

La seule charge réelle contre lui était un enregistrement téléphonique où Mustafa al-Hawsawi, présenté comme le financier des attaques du 11 septembre (et lui aussi encore à Guantanamo), parlait de lui comme étant le « dernier de l’équipe ». C’est ce même Mustafa al-Hawsawi qui refilera 109 000 dollars à Mohammed Atta (ce qui reste une belle histoire aussi, bien tordue avec l’origine saoudienne des fonds !) ; et qui lui aussi a été arrêté par les pakistanais. Au bout de trois années de torture, al Qahtani avouera tout ce qu’on lui demandait de dire : qu’il connaissait tous les pontes d’Al-Qaida, qu’il avait rencontré plusieurs fois Ben Laden… le hic, c’est que ses déclarations, obtenues sous la torture ne seront pas retenues par le Defense Department’s Criminal Investigation Task Force (CITF), qui demandera de requalifier son cas (trois ans de torture pour rien ?). En fait, ça tombait pile : c’était juste avant que le magazine Time ne tombe sur les 49 pages d’un document révélant ses interrogatoires journaliers de 2003 à 2006. Il avait subi des interrogatoires durant … 20 heures, par jour, tous les jours, pendant trois ans ! Avec administration régulière de drogues, de médicaments, et même de.. lavements ! Tout y est passé comme techniques : température baissée dans sa cellule et jet de seau d’eau glacée en pleine tête, nudité forcée, musique à fond pour l’empêcher de dormir, placement sous menottes en positions physiquement intenables, etc etc, à se demander pourquoi à la fin des séances il n’a pas dénoncé sa propre mère comme pilote du vol 175 !!! Bref, voilà sur quoi va s’appuyer l’accusation pour instruire le procès des auteurs prétendus du 11 septembre. N’importe quel autre pays crierait à la mascarade ! Sauf les Etats-Unis, et un Barrack Obama pris entre l’étau… et l’enclume… mais qui avait promis de se débarrasser de ce furoncle qu’est Guantanamo et de ce qu’on a pu y faire. Mais sur ces pauvres hères, le NYT ne s’apesantit pas trop longtemps à vrai dire : il préfère nous rechanter un air connu : celui des « terroristes » taille XXL, le premier en chef étant bien entendu l’insubmersible Cheikh Mohammed… sans rien apporter de plus que ce qu’on a pu en dire : à savoir qu’au bout de 183 waterboardings, lui aussi avait presqu’avoué être à l’origine aussi de l’attentat contre le pape Jean-Paul II…

Le Monde cite d’autres exemples, en mettant l’accent sur les adolescents détenus. Trois ans pour rien, c’est le tarif habituel : « Fin 2001, Mohammed Ismail, âgé de 14 ans, errait de village en village, avec un oncle et un cousin, dans l’espoir de trouver du travail sur un chantier. Un jour, près d’un canal d’irrigation en construction, il rencontre un soldat, qui lui propose de travailler pour les talibans, mais il s’agissait d’une ruse : dès qu’il accepte, il est livré à un commandant antitaliban, qui l’emprisonne. Croyant naïvement obtenir sa libération s’il passe aux aveux, il se dénonce comme taliban. Il est aussitôt interné dans un camp américain, puis transféré à Guantanamo. Dès juin 2003, les interrogateurs recommandent sa libération, car son transfert à Guantanamo ne repose sur aucune raison sérieuse. Mais un mois plus tard, le CITF décide de son maintien en détention, car « son cas n’a pas été entièrement évalué ». Il sera finalement relâché début 2004″. Guantanamo restera comme le symbole de l’arbitraire le plus total : juridiquement, le camp n’aurait même pas dû exister, aux yeux de la loi US, comme j’avais déjà pu ici-même le dénoncer en juin 2008. Pour me faire vilipender par des trolls encore plus ridicules aujourd’hui. L’un d’entre eux ira jusqu’à écrire que « c’est à cause des pro-ricains du genre de morice & co ( mais de l’autre camp ) que Bush a été réélu en 2004 »...

Des gens ont été détenus sur de simples dénonciations, des jeunes mais aussi des vieillards ajoute Le Monde, expédiés par C-130 à Guantanamo, liés au plancher de l’avion : « quand Mohammed Sadiq arrive en mai 2002 en provenance d’Afghanistan, il a 89 ans et souffre d’un cancer de la prostate, de sénilité avancée, de dépression aiguë et d’ostéoarthrite.. M. Sadiq fut arrêté dans son village par des soldats américains, après avoir été dénoncé par un garçon du voisinage, âgé de 13 ans, qui prétendait avoir trouvé chez lui un téléphone satellite ainsi que des « listes de numéros et de documents suspects ». En réalité, selon les interrogateurs, M. Sadiq ne savait pas se servir du téléphone, qui appartenait peut-être à un autre habitant du village. Une fois à Guantanamo, il est soumis à un détecteur de mensonge, qui ne révèle rien de particulier. Les renseignements obtenus lors de ses nombreux interrogatoires ont été classés « sans valeur et tactiquement inexploitables ». « En juin 2002, les enquêteurs recommandent son rapatriement, qui aura lieu quatre mois plus tard. »

En fait, la plupart des accusations contre les détenus de Guantanamo ne tenaient pas la route : seule une poignée se sont désignés comme des terroristes purs et durs : ceux-là n’attendent plus que la mort et la réclament même, au nom d’une fierté personnelle davantage que pour de actes précis : propagandistes, les voila devenus futurs martyrs de leur cause. Juridiquement, indique le NYT rien ne tient debout : « la plupart des informations inclus dans les documents est impossible à vérifier. Les documents ont été préparés par l’intelligence et les responsables militaires opérant dans un premier temps dans le flou de la guerre puis,   au fil des ans, dans une prison fermée sous le feu de la critique internationale. Dans certains cas, les juges ont rejeté les allégations du gouvernement, parce que les aveux ont été faits au cours d’interrogatoire coercitifs ou provenant d’autres sources qui n’étaient pas crédibles ». On comprend alors que pour ne pas perdre totalement la face, Obama aît été contraint de garder les tribunaux militaires qui n’ont à rendre compte qu’à eux-mêmes ; dans le civil, ç’eut tourné à la farce tragique ! Une farce qui tourne au ridicule ; aujourd’hui encore, 75 des détenus encore sur place n’ont reçu aucun acte d’accusation…

Mais l’article cite cependant d’autres cas pendables : celui d’Hajji Jalil, un afghan de 33 ans, atterri à Guantanamo à la suite des accusations de la police afghane comme quoi il avait pris par à l’attaque ayant tué deux soldats américains, en juillet 2003. Une enquête avait démontré que notre taliban assassin n’en n’était pas un, et que les fautifs étaient… les accusateurs de la police afghane : il aura droit à deux années de tortures, en récompense de s’être fait mystifié. A Guantanamo, révèle aussi le NYT, traînera pendant des mois un agent secret anglais… qui sera interrogé par la CIA, qui le déclarera « dangereux pour les Etats-Unis (ça devient ubuesque !), avant de le renvoyer à Londres. Et après les espions, des journalistes, tel Sami al-Hajj, un cameraman d’ Al Jazeera, qui sera détenu pendant six années de suite avant lui aussi d’être libéré… sans aucune excuse ni compensation ! Il avait été arrêté avec son visa d’Al Jazeera pourtant ! On l’avait accusé d’avoir possédé des missiles Stinger, les fameux missiles égarés dans la nature par les américains en 80-90 et qu’ils avaient dû racheter aux seigneurs de guerre du coin tous passés… talibans. Transportés en prime par Viktor Bout ! A sa sortie, al-Hajj déclarera que « les rats sont servis avec plus d’humanité à Guantanano. » Lors de sa détention, une information s’était échappée du côté US : on lui avait fait miroiter la liberté s’il acceptait de parler des « satellites de la chaîne télévisée »... bref, on s’était servi de lui pour tout autre chose. Son cas rappelait celui de « Jojo », lu aussi journaliste, pour la chaîne canadienne CTV, arrêté à Kandahar le 26 octobre 2007 et pas relâché avant onze mois de détention à Bagram sans pouvoir accéder au moindre avocat. De son vrai nom Javed Yazamy, appellé aussi Javed Ahmad, il avait été relâché sans aucune explication le 22 septembre 2008. Et comme d’autres, il avait été battu et torturé ! Le 10 mars 2009, on le retrouvait mort, tué par deux hommes en voiture à Kandahar. Juste avant, il avait écrit « comment Bagram m’a détruit ». « Jojo », j’en avais conté l »histoire ici-même ; mais comme elle tombait en pleine période des soldats français morts à Saroubi, elle n’est pas sortie, il ne valait pas trop parler des faux-taibans du coin. Qui avait bien pu tuer Jojo m’étais-je demandé ?

Qui avait bien pu tuer « Jojo » qui dérangeait tant certains ? Fournissant des interviews ou des infos comme celle dite encore par le général Walter Natynczyk, qui venait expliquer à la télévision US que c’était râpé, l’armée canadienne et les forces coalisées n’ayant pas l’équipement adapté, manquant d’armes adaptées et de… soldats ! Selon lui, par exemple, 80% des chars Leopard II étaient non-operationnels, et pour le modèle I, 71% étaient en panne (voir la page principale, au titre « power play » ). Javed était devenu en même temps en quelques années indispensable à ceux qui voulaient disposer d’une information autre que celle moulinée par les services de presse US : parlant la langue du crû, ayant des contacts avec les talibans, il représentait une mine pour les autres reporters. Des contacts chez l’ennemi il faut bien en avoir pour trouver le scoop. Comme celui du fameux Farouk… mais si, vous vous souvenez, l’homme interviewé par Paris-Match… sur les lieux mêmes où des soldats français avaient été tués. Mais « Jojo », lui a payé de sa vie son désir de montrer autre chose. On ne lui a pas pardonné de révéler l’horreur de Bagram, ce Guantanamo bis ! Parfois décrit comme pire encore !

Et pendant ce temps, l’autre farce des détentions en Afghanistan continue : pas moins de 476 prisonniers ont réussi à s’échapper par un tunnel de 360 mètres de long de la prison de Sarposa, à Kandahar apprend-t-on dans le même journal ! Même dans le film la Grande Evasion, on n’avait pas fait pareil score. Un tunnel qui passait sous l’autoroute Kaboul-Kandahar ! En juin 2008, 1200 talibans avaient déjà réussi à s’échapper de cette même prison ! D’un côté on retient des innocents en prison à Guantanamo, de l’autre on laisse filer des talibans prisonniers en Afghanistan !! Avouez que ça tourne au plus complet grotesque ! Sur la photo du NYT, un policier afghan est penché sur un énorme trou au milieu d’une geole. Qu’on m’explique comment fait-on pour caser 467 personnes dans cette seule pièce ! De qui se moque-t-on encore ? Selon le journal, un représentant des talibans, Zabiullah Mujahi, a affirmé que « cela représentait un travail de cinq mois » : ce ne sont plus des combattants, mais des employés zélés d’Euro-Tunnel ! Voilà qu’arrivent les talibans-tarrières ! Le fameux Zabiullah Mujahid (qui s’écrit aussi Zabihullah Mujahed), il tombe bien, tiens, comme « interlocuteur privilégié » des journalistes : « interviewé » par CNN, il avait déclaré en 2009 que « les américains ne gagneraient jamais en Afghanistan », et que « ce serait leur Viet-Nam ». Une interview fort douteuse, comme le fait remarquer un blogueur plutôt observateur : la maison du prétendu taliban, du même genre que celui qu’avait rencontré Sarah Daniel (le fameux « Farouk »), était percluse d’erreurs grossières : au mur, il y a même un calendrier du Dr Najibullah, l’ancien président de l’Afghanistan, mis en place par les soviétiques, et… exécuté sauvagement par les talibans le 27 septembre 1996 à Kaboul ! A la fin de l’interview (à 7’06) c’est un autre calendrier aborant le visage du commandant Massoud, autre ennemi juré des talibans !!! Qui est donc exactement Zabiullah Mujahid le manipulateur de la presse ?

Avec Sarah Daniel les fameux « talibans » interviewés avaient sur la tête, pour le reportage, un turban, pour « faire taliban » sans doute. Mais sous le turban, il y a autre chose : un topi. Oui, parfois aussi le couvre chef que portait…Massoud ! Pour un taliban, afficher pareils ennemis sur des calendriers, avouez-vous que c’est plus que risible ! Mieux encore, car c’est bien le même qu’avait rencontré Daniel : « Il n’était pas nécessaire d’aller loin pour les rencontrer. Ils étaient là, à quelques pas de notre hôtel, proprement mis dans leurs shalwar kamiz immaculés, la barbe bien taillée et un topi, une petite calotte blanche sur la tête. « Nous étions trois commandants talibans dans l’attaque d’Uzbin : le mollah Zabihullah Mujahed de Saroubi, le commandant Farouqi, de la région de Laghman, et moi » Lui ? C’est Omar Khattab, 25 ans, mais qui a l’air d’en avoir dix de plus, commandant taliban de la région d’Uzbin, confortablement installé dans un fauteuil de prince saoudien orné de volutes de stuc doré. L’attaque contre les Français, c’est ma onzième opération. La dernière fois, c’était contre les Italiens. » Sarah Daniel avait bien rencontré le même, »Zabiullah Mujahid » un jour combattant et un autre porte-parole, et est revenue avec les mêmes vidéos. Cela est devenu en effet passionnant : on n’avait pas affaire à des Talibans mais à des anciens Moudjahiddines ! Dont un accusé par son collègue d’avoir mené l’attaque contre les soldats français ! Quelle mascarade ! A partir de là, vous comprendrez que l’on pouvait emprisonner à la volée, sans motifs, en exhibant pareil « interlocuteur » comme étant « fiable » !! Au royaume de la tromperie, l’armée US est bien la reine, à manipuler ainsi les médias ! Quand je lis que certains trouvent « immoral » Wikileaks !

De qui se moque-t-on encore ? A qui va t-on vendre comme idée que nous avons affaire à un véritable taliban avec ce « porte-parole » affabulateur comme en ont connu les français ? Pendant combien de temps va-t-on nous prendre encore pour des poires ? Quand donc les américains vont-ils reconnaître que Guantanamo est la honte de leur pays ?

Par Morice pour AgoraVox

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