Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 mai 2011

Le Portugal à la merci des « vrais Finlandais »

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Pour obtenir le prêt de 78 milliards d’euros de la part du FMI et du fonds de stabilisation de l’euro, le Portugal doit obtenir l’unanimité des gouvernements de la zone euro. Pas de chance, les Finlandais viennent de porter au pouvoir une alliance des conservateurs et des « populistes » dont le programme est: les « Finlandais d’abord »..

Qu’il est dur d’être Portugais ! Les citoyens de ce pays du bout de l’Europe doivent faire face à une crise des fiances publiques pour laquelle ils n‘ont pas grand chose à se reprocher (à la différence des Grecs et des irlandais). Leur pays excentré subit la récession européenne qui a entrainé un déficit considérable (9% du PIB). Pour le conjurer, ils ont déjà adopté, en deux ans, trois plans d’austérité, plus rigoureux les uns que les autres. Le gouvernement socialiste a été mis en minorité sur le quatrième, grâce à une coalition contre nature de l’extrême gauche et de la droite la plus conservatrice, appuyée par les banquiers lusitaniens qui ont hâté le mouvement en coupant les crédits à l’Etat. Il a fallu ensuite surmonter un blocage institutionnel, puisque selon la constitution du pays, le gouvernement de José Socratès ne pouvait plus expédier que les affaires courantes, en attendant des élections en juin.

Il était moins une pour le Portugal dont le gouvernement avait à trouver très vite 5 milliards. L’aide de l’Europe et du FMI le met donc pour quelques années à l’abri des pressions de la spéculation.

Premier ministre désormais en sursis, Jose Socratès a néanmoins réussi à négocier l’intervention conjointe du fonds de stabilité de l’euro (FESF) et du FMI et obtenu une enveloppe de 78 milliards d’euros, dont 10 milliards pour les banques qui trouvent là le salaire de leur sale boulot. On espère que ceux qui n’auraient pas compris quels sont les intérêts à l’œuvre dans la spéculation contre les dettes publiques européennes ouvriront les yeux !

Reste néanmoins au Portugal a obtenir l’accord de tous les membres de la zone euro, puisque la règle de l’unanimité a été imposée par les Allemands lorsqu’il s’agit de sauver un pays membre de la faillite. Comme les Portugais n’ont décidément pas de chance, ils frappent au guichet qui a déjà servi la Grèce et l’Irlande, après les élections en Finlande qui ont vu la poussée de l’extrême droite représentée par le Parti des « Vrais finlandais ». Ceux-ci ont fait campagne pour les « Finlandais d’abord » (cela nous rappelle quelque chose…) et contre la solidarité financière dans la zone euro et ont obtenu sur ce programme 19% des suffrages et leur entrée prochaine au gouvernement d’Helsinki, avec les conservateurs. Tout plan de sauvetage devrait être soumis au parlement finlandais. Le facteur nationaliste va donc peser, sans doute pour la première fois, dans un conseil des ministres européen qui se réunira le 16 mai pour avaliser l’accord de cette semaine. Quel rôle jouera vraiment le trublion « populiste » dans le jeu jusqu’ici bien réglé des débats entre gouvernement ? De la réponse à la question dépend non seulement le sort du Portugal, mais aussi l’avenir de la zone euro.

Par Hervé Natahn pour « Antibobards« 

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