Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 mai 2011

Tenir bon

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:24

La départ de Dominique Strauss-Kahn du Fonds monétaire international suite à son arrestation à New York pour agression sexuelle pose la question de sa succession. Depuis la création du FMI, en 1945, le poste de directeur général revient à un Européen, de même que celui de la Banque mondiale à un Américain. Un gentlemen agreement qui se justifiait par le poids économique des deux blocs à l’époque, mais qui, pour certains, n’a plus lieu d’être aujourd’hui, en raison de l’importance croissante des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et du déclin politique et économique de l’Europe.

Ainsi, de nombreuses voix s’élèvent pour soutenir des personnalités venues d’Afrique du Sud, de Singapour ou encore d’Israël, voire de Chine, au prétexte que les temps sont mûrs pour la relève. Cette prétention est légitime, car les pays émergents sont sous-représentés dans les instances internationales : au FMI par exemple, les BRICS disposent d’11,06% des droits de vote, alors qu’ils représentent près de 20% du PIB mondial. L’Europe dispose quant à elle de 35,6% des voix, pour plus de 30% du PIB mondial (les Etats-Unis ont 16,8% des voix pour près de 30% du PIB mondial). Si le rapport droit de vote/poids économique est donc inique envers les BRICS, et si une réforme est souhaitable, il n’en demeure pas moins que l’Europe constitue le bloc le plus influent au sein du FMI.

Il n’y a donc aucune raison pour qu’elle renonce à se battre pour garder ce poste ô combien stratégique, surtout au moment où plusieurs pays européens ont été ou sont en négociations pour obtenir de l’aide. Mais pour cela, une fois encore, il lui faut parler d’une seule voix, et porter le candidat — ou la candidate — le plus à même de défendre ses intérêts. Si l’Europe veut en outre éviter que le FMI apparaisse à nouveau comme le gardien funeste de l’orthodoxie néo-libérale, elle a intérêt à ce que ce candidat soit doté de sensibilité et de créativité, pour que les pilules qu’il sera amené à administrer soient les moins amères possible.

Par Gian Paolo Accardo pour « Presseurop »

Gian Paolo Accardo est un journaliste italo-néerlandais né à Bruxelles en 1969. Il a travaillé comme rédacteur à Internazionale et à Courrier international et comme correspondant pour l’agence de presse italienne ApCom. Il est rédacteur en chef adjoint de presseurop.eu. Il a un fil sur Twitter.

3 réponses à “Tenir bon”

  1. La main gauche dit :

    … il y a quelque chose de ridicule, voire de pathétique, qu’un ensemble d’élites imposent à tous leur modèle mondialisé tout en se triturant la tête pour savoir quel national de quelle nationalité va en prendre la tête, et, admet sans honte en toute illogique que c’est un national américain qui doit absolument tenir la banque mondiale…
    De même, comment arrivent-ils à continuer à se pavaner sur une moderne et incontournable mondialisation en éludant la véritable question de savoir comment passer logiquement de 60 % du PIB à 10 % du PIB mondial pour les Etats-Unis et l’Europe réunis qui ne représentent pas 10 % de la population mondiale…
    Il reste ensuite la question des Produits Individuels Nets de chacun… là, il n’y a plus de problème de couleurs, de races, de nations, c’est juste une belle et grande famille « d’élites-truands » de tous horizons qui savent très bien se donner le change !

  2. La main gauche dit :

    Pourquoi s’enliser tous les 5 ans dans une affaire où les vaches à lait sont désignées à vie !..

  3. babelouest dit :

    Le problème n’est pas que le FMI, mais aussi les grandes banques privées qui ont des porte-paroles tous trouvés avec les agences de notation. Il est inadmissible (en français dans le texte) que des banques non nationales imposent de démentiels intérêts sur les sommes qu’elles avancent à des pays qui en ont besoin. On parle de plus de 16% pour la dette à long terme de la Grèce : ce genre d’annonce ne peut trouver réponse qu’à coups de canons. L’expression « pour que les pilules qu’il sera amené à administrer soient les moins amères possible » est assez inique : les entités causes de la débâcle, elles, continuent à s’enrichir indûment, sans raison, simplement au nom d’un consensus entre « les gens civilisés » qui maintiennent leur dictature sur les peuples.

    Le directeur du FMI n’est qu’un simple agent de com’ : n’importe quel pingouin formaté par les « écoles de l’élite », et suffisamment imbu de lui-même pour écraser de sa morgue chefs d’États et de gouvernements, peut faire l’affaire. Les prétendants seront nombreux, vu le prestige, et la paye, que procure la place. Place qu’aucune personne vraiment sensée, sensible et bien pourvue d’empathie n’accepterait.

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons