Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 mai 2011

Comment Christine Lagarde s’est imposée pour succéder à DSK

Filed under: 03 - Economie,20 - UMP — iledere @ 6:30

20101128 EcoFin 35 Dimanche 15 mai : Nicolas Sarkozy apprend la nouvelle de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Si, sur le plan intérieur, la nouvelle réjouit le Président de la République, il n’en va pas de même sur le plan international. Pour lui, comme pour ses conseillers, le poste de directeur du FMI est irrémédiablement perdu pour la France : un Français succédant à un Français, personne n’ose même y penser et ce, d’autant que DSK a dû s’effacer dans le déshonneur : « il s’agit de décence. On s’est senti gêné par les conditions de son départ, pour employer un euphémisme », dit-on à Paris. L’éventuelle candidature de Christine Lagarde n’est donc même pas évoquée, « car rien ne conduit à une candidature française et parce que le Président veut qu’elle reste durant la présidence française du G8/G20 ». Mais, pour Nicolas Sarkozy, comme pour les autres capitales européennes, il n’est pas question d’abandonner la direction du FMI à un pays émergent en pleine crise de la zone euro.

En réalité, la recherche d’un candidat a commencé bien avant le 15 mai, bien avant la démission effective de DSK, le 19 mai. Depuis que la candidature de DSK à la primaire socialiste est devenue quasi-certaine, les États membres de l’Union carburent sur le nom d’un successeur. À l’Élysée, on caresse l’idée d’envoyer à Washington l’ancien premier ministre britannique, le travailliste Gordon Brown, un ami du Président. Mais voilà : le gouvernement conservateur fait savoir qu’il n’est pas question qu’il soutienne cette candidature. Le nom de Mario Draghi, l’actuel gouverneur de la banque centrale italienne, est aussi évoqué, au cas où la Banque centrale européenne lui échapperait pour une raison ou une autre, ce qui n’a pas été le cas.

Parallèlement à ces réflexions, Christine Lagarde a commencé à tracer son sillon depuis plusieurs mois auprès de ses collègues européens. Cette anglophone parfaite, qui a fait une partie de sa carrière aux États-Unis, est intéressée par le poste, après quatre ans passés à Bercy, un record de longévité depuis Valéry Giscard d’Estaing (ministre des Finances de 1962 à 1966). Autant dire qu’elle a eu le temps d’être appréciée et respectée par ses pairs. Dès le lundi 16 mai au soir, à Bruxelles, lors d’un Eurogroupe, elle teste dans les couloirs les réactions à son éventuelle candidature : « elle est vraiment très forte pour manœuvrer en coulisse », s’amuse un diplomate européen. La plupart sont enthousiastes, que ce soit de la part de la Commission, du président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne ou encore de l’Autriche. Londres, contactée par Paris, se rallie aussi à cette candidature potentielle. Il faut dire que personne n’a dans la manche une candidature de cette envergure que les pays émergents vont avoir du mal à contrer.

Mais quelques petits pays de l’Union, dont la Belgique, et les pays de l’Est tiquent : encore un grand pays et encore un Français ! L’Irlande, notamment, qui lui reproche d’être l’une des plus dures à l’égard de leur fiscalité, ne lui est guère favorable. Mais très rapidement, ils doivent se rendre à l’évidence : même si l’Union ne présente pas en tant que telle une candidature, ils ne veulent pas prendre le risque de diviser les voix des pays européens lors du vote au FMI, ce qui ne pourrait que faire le jeu des émergents. De plus, la Chine ou encore la Corée font connaître, au cours de la semaine dernière, leur soutien à la candidate française qui s’est, par ailleurs, assurée du feu vert de Washington.

Des possibles ennuis judiciaires de Lagarde, personne n’en parle. À l’Élysée, on demande néanmoins aux juristes de s’assurer que l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais ne risque pas de se retourner contre elle. Ils donnent leur feu vert, estimant qu’il n’y a aucun élément pénal. Lagarde peut, dès lors, officialiser sa candidature. C’est chose faite depuis hier.

A l’Elysée, on ne revient pas de cette « divine surprise ». « A partir du moment où il s’agit d’un soutien spontanée, on ne peut laisser passer cette occasion », dit-on dans l’entourage de Sarkozy. « Elle présente tous les avantages: elle est femme, ce qui fera oublier les frasques de DSK, elle est Française sans être franchouillarde et elle a eu le temps de s’installer dans le paysage internationale en restant longtemps à son poste ».

Par Jean Quatremer « les coulisses de Bruxelles UE« 

5 réponses à “Comment Christine Lagarde s’est imposée pour succéder à DSK”

  1. de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne ou encore de l’Autriche. Londres, contactée par Paris, se rallie aussi à cette candidature potentielle. Il faut dire que personne n’a dans la manche une candidature de cette envergure que les pays émergents vont avoir du mal à contrer.

  2. günstig mbt dit :

    eux aussi abondamment pourvus en récipients cacophoniques. Que dis-je ? Il est peut-être indispensable de traîner quelques dossiers pas clairs, pour trouver grâce devant les autres financiers. Une preuve qu’on est « du même monde ».

  3. babelouest dit :

    Candidature idéale.

    Que vont dire Portugais, Grecs, Irlandais (je ne parle pas des « grands », mais de ceux qui osent descendre dans la rue) d’un tel « cadeau » ? Le ministre des finances vénézuélien, Jorge Giordani, serait certainement plus indiqué. Mais précisément le Venezuela s’est bien gardé de rester sous la houlette du FMI, dont il s’est retiré en 2007, ainsi que de la Banque Mondiale.

    Il ne reste qu’à espérer que l’on découvre quelques casseroles à la dame, planquées sous le tapie, et qu’elle soit disqualifiée ainsi. Mais on peut craindre que ce genre de découverte ne dérangera guère les grands argentiers, eux aussi abondamment pourvus en récipients cacophoniques. Que dis-je ? Il est peut-être indispensable de traîner quelques dossiers pas clairs, pour trouver grâce devant les autres financiers. Une preuve qu’on est « du même monde ».

  4. La main gauche dit :

    Fin prête pour recevoir sa feuille de route au prochain Bilderberg !

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