Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 mai 2011

Georges Tron démissionne : la chute d’un potentat local

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Georges Tron a donc démissionné dimanche du gouvernement. L’annonce a été faite par Matignon. Visé par une enquête judiciaire après des accusations d’agression sexuelle, le maire de Draveil va sans doute devoir s’expliquer sur d’autres dossiers en cours : la mutation de l’ex-commissaire de sa ville, de nouvelles accusations d’une conseillère municipale Modem.

Dans un communiqué, François Fillon,« en accord avec le président de la République » prend acte de cette « décision qui ne préjuge en rien des suites qui seront données par la justice aux plaintes déposées contre Georges Tron », et dont l’intéressé conteste le bien-fondé :

« François Fillon salue le courage et le sens des responsabilités de Georges Tron, qui a ainsi fait prévaloir l’intérêt général. Cette décision lui permettra d’assurer désormais sa défense en toute liberté. »

Le nom du secrétaire d’Etat a aussitôt disparu du portail du gouvernement.

La commissaire de Draveil « limogée »
Dans la matinée, le Journal du dimanche ressortait une autre affaire mettant en cause la commissaire de la ville, déplacée « à sa demande » en début d’année. Rue89 avait consacré un article à cet épisode qui témoignait des tendances autocratiques de l’élu.

Sur fond de bisbilles avec un membre de la famille Le Pen, tout le monde à Draveil ne parlait que de « ça » : du départ, mi-décembre 2010, de la commissaire de police.

Quatre-vingt policiers avaient signé une pétition pour s’y opposer. Des élus UMP, PS et Modem avaient accusé le ministre de l’avoir « limogée ».

Georges Tron avait démenti être intervenu, tout en reconnaissant, dans Le Parisien, avoir eu « beaucoup d’incidents » avec la commissaire de 29 ans, car « les choses ne se passaient pas […] comme elles auraient dû se passer ».

Elle aurait « demandé sa mutation » dès son retour de congé maternité. Rien ne dit que la jeune femme ait été harcelée, mais plusieurs sources locales affirment que Tron avait fait du départ de cette fonctionnaire une affaire personnelle. En février, l’élu avait également suscité des critiques pour avoir fait embaucher sa belle-sœur à la mairie.

Un nouveau témoignage d’une conseillère municipale Modem
I-Télé a recueilli ce dimanche le témoignage de Fabienne Sorolla, conseillère municipale à Draveil. Elle y accuse de gestes déplacés que le maire aurait eu à son égard à deux reprise.

« C’était au début de mon mandat. La première fois en octobre 2008, lors du repas des anciens, […] au moment où je me penchais légèrement sur la table pour dire au revoir à une dame et a sa fille, Monsieur Tron s’est permis d’approcher derrière moi, en me collant le bas de son bassin.

J’ai eu peur. Je ne savais pas que c’était le maire à ce moment-là. Donc j’ai reculé avec mon coude et je lui ai dit : “Ça, monsieur le Maire, c’est pas possible !

Dimanche en fin d’après-midi, les messages de condoléances ont commencé à pleuvoir. André Vallini, député PS de l’Isère et spécialiste des questions de justice, a démarré sur RTL :

“On ne doit jamais se réjouir du malheur des autres, mais je pense que c’était la seule bonne solution pour le gouvernement et pour M. Tron lui-même, même si bien sûr, de son point de vue, cette démission va à l’encontre de la présomption d’innocence.”

Avant de conclure sur LCI :

“Le métier politique devient un métier très dangereux […] On peut être accusé à tout moment de beaucoup de choses, être innocent et être malgré tout forcé de démissionner parce que la pression médiatique est devenue terrible.”

Par Blandine Grosjean pour Rue89

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