Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 mai 2011

Amalgames et diffamations : la droite italienne en déroute

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Giuliano Pisapia, Milan, 25 mai 2011.Avant le deuxième tour des élections municipales, la droite berlusconienne fait des tentatives désespérées pour déstabiliser le centre gauche et son favori à la mairie de Milan, Giuliano Pisapia. Revue de presse.

« L’islam marche sur le Duomo », titre ce 25 mai en une le quotidien de droite berlusconien Il Giornale, renforçant ainsi la surenchère engagée par la majorité pour décrédibiliser le centre gauche, favori aux élections municipales à Milan, le bastion historique de Berlusconi.
Ce dernier avait donné le ton en annonçant le 23 mai dans une interview vidéo disponible sur le site de son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), que, « avec la gauche, Milan deviendra[it] une ville islamique« . A l’origine de ces attaques, une marche organisée par l’Union des communautés islamiques italiennes à Milan, en soutien au candidat de centre gauche et à son projet de construction d’une mosquée et d’un centre culturel sur l’islam dans la cité lombarde.
Il n’en faut pas plus aux tenants du péril islamique « pour y voir une nouvelle invasion maure« , ironise Il Fatto Quotidiano. L’argument perd cependant en puissance lorsque l’Eglise catholique affirme, par l’intermédiaire de la Conférence épiscopale italienne (CEI). « Il n’y a pas de péril islamique en Italie. […] Nous n’avons aucune réserve quant à l’existence de lieux de culte, chacun a la liberté de professer sa foi et de le faire dans les lieux appropriés, […] il s’agit d’un droit fondamental de la liberté religieuse », explique au quotidien le secrétaire général de la CEI, Mgr Mariano Crociata. Hier, la CEI concluait son communiqué par une formule païenne explicite : « Les dieux rendent aveugles et fous ceux qu’ils veulent mener à la défaite. »

Les amalgames sur les minorités religieuses et ethniques ne se limitent pas aux musulmans, et la communauté rom a elle aussi fait l’objet de déclarations insultantes. Ainsi, le président du Conseil prédisait dans un clip une « Zingaropoli di campi Rom », soit une ville tsigane envahie par les camps en cas de victoire de la gauche. Cette annonce fait corps avec la stratégie de communication télévisuelle quasi obsessionnelle du président du Conseil. Il a ainsi donné « cinq interviews à des journaux télévisés nationaux, a fait deux radios, est apparu sur une télévision locale et a diffusé trois clips vidéo en trois jours.
Toujours avec cette même mise en scène fade depuis les bureaux officiels, phrases lentes et sourire figé. De quoi faire fuir les spectateurs, qui de fait ont changé de chaîne par milliers », constate Il Fatto Quotidiano. Berlusconi a tellement occupé les ondes ces derniers jours que les principaux groupes, Mediaset et RAI, ont été condamnés au total à 800 000 euros d’amende par l’AGCOM, l’autorité de surveillance des communications, pour non-respect des temps d’audience en période électorale.

C’est de concert avec la Ligue du Nord (parti de droite régionaliste) que le PDL s’active à faire passer le candidat de centre gauche pour un ancien ami des Brigades rouges – mouvement italien d’extrême gauche armé des années 1970 – et agite le fantasme de la récupération de Milan par la gauche radicale. Ainsi le partisan de la Ligue du Nord Roberto Lassini dénonçait la proximité de Giuliano Pisapia avec les « centres sociaux », lieux de rassemblement de la gauche extraparlementaire apparus dans les années 1980, explique le quotidien Corriere della Sera. Dès le premier tour, La Ligue du Nord avait placardé dans tout Milan des affiches proclamant « Via le BR dalle procure ! » [Brigades rouges hors des cours de justice], en référence à la carrière d’avocat de Pisapia.

Enfin, en plus du péril communiste, la droite s’est aussi mise à agiter l’épouvantail de l’homosexualité. Depuis quelques jours les journaux pro-Berlusconi se remplissent de slogans homophobes. Libero titrait récemment : « Pisapia fera de Milan la Mecque des gays ».  Carlo Giovanardi, le sous-secrétaire d’Etat au gouvernement et sorte de porte-parole anti-gay du Président du Conseil a de son côté déclaré : « Je suis persuadé que, dans l’improbable éventualité où De Magistris [divers gauche] devienne le maire de Naples, il discriminera les familles avec enfants en faveur des tapettes, des homos et des transexuels. »

La multiplication des accusations et des propos diffamatoires de la droite italienne semble donc être l’unique angle d’attaque contre la coalition de gauche favorite tant à Milan qu’à Naples. « Il ne leur reste plus rien d’autre que semer la peur. Berlusconi, dans son discours aux électeurs, ne cherche même plus à défendre le travail de son gouvernement, mais tente à l’inverse très clairement de terroriser l’électorat encore hésitant », conclut le quotidien de gauche La Repubblica.

Antonin Lambert publié par « Courrier international« 

Une réponse à “Amalgames et diffamations : la droite italienne en déroute”

  1. babelouest dit :

    Ne crions pas victoire : ce diable d’homme est encore capable de s’en sortir. Quand aucun scrupule ne vous habite, tout est permis pour conserver l’os que l’on est en train de ronger – en l’occurrence une Italie affaiblie comme les autres pays sud-européens, France comprise.

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons