Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 mai 2011

François Hollande, une normalité qui fait polémique

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

S’affichant d’ores et déjà comme l’adversaire principal de Nicolas Sarkozy, François Hollande a revendiqué dimanche dernier sur le plateau de TF1 une présidence « normale » qui tranche avec le mandat du président sortant. « Je considère que ce que nous vivons depuis 2007 n’est pas normal« , a estimé l’ancien Premier secrétaire du PS.

L’actuel locataire de l’Elysée n’a pas eu besoin de riposter. Martine Aubry s’est chargée de porter dans la foulée la contradiction par média interposé. « Je suis une femme normale au sens que je vis comme tout le monde, mais je pense que quand on veut être candidat à la présidence de la République, il faut un peu plus ». « Il faut incarner la France pour gagner, incarner son histoire, ses valeurs, il faut montrer une vision, un cap », mais aussi faire preuve de « proximité avec les Français » a répliqué la patronne des socialistes sur France 2.

A la normalité du Président du Conseil général de Corrèze, la Maire de Lille oppose la notion de proximité. Ce faisant elle commet une importante erreur stratégique. Quel que soit le candidat qui sortira vainqueur de la primaire, il lui faudra faire feu de toutes pièces sur le Chef de l’Etat sortant et son bilan. Or, l’hyperprésidence et le mode de gouvernance de Nicolas Sarkozy prêtent le flanc à la critique tant les excès et dérapages ont été nombreux pour ne pas dire, pathologiques.

En taclant avec hargne François Hollande, Martine Aubry prive les socialistes d’arguments susceptibles de faire mouche. Car Nicolas Sarkozy n’entend pas modifier son mode de fonctionnement, persuadé que les Français ne se soucient que des résultats, pas des gesticulations. « Il y a une énorme vague qui veut de l’épicé, du vrai tempérament et des vraies idées. Ceux qui sont déçus par moi ne le sont pas parce que j’en fais trop, mais parce que je n’en fais pas assez » déclarait il y a quelque temps le président en exercice. (more…)

27 mai 2011

Affaire Lagarde : le contenu intégral de la demande du procureur Nadal

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Jean-Louis Nadal (Reuters)Quoi qu’elle en dise, Christine Lagarde risque bel et bien d’être poursuivie par la Cour de justice de la République (CJR) en raison du rôle qu’elle a joué dans l’affaire Tapie.

La ministre de l’économie, aujourd’hui pressentie pour succéder à DSK au FMI, est en effet visée par une « demande d’avis » solide et documentée que le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a adressée le 10 mai à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR, seule habilitée à poursuivre et à juger des ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions).

Lire l’article:Christine Lagarde a fait «échec à la loi», dénonce le procureur Nadal

En substance, la ministre se voit reprocher un possible « abus d’autorité » pour avoir délibérément ignoré tous les avis contraires au choix de recourir à un tribunal arbitral pour solder le différend entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. Une solution qui s’est avérée très favorable à l’homme d’affaires, et ruineuse pour le contribuable : elle a coûté 403 millions d’euros à l’Etat.

La « demande d’avis de Jean-Louis Nadal », dont Mediapart a révélé de larges extraits le 25 mai, est notamment nourrie par les travaux de la commission des finances de l‘Assemblée nationale et par ceux de la Cour des comptes. C’est un document accablant, qui semble ouvrir la voie à une probable saisine de la commission d’instruction de la CJR. Avec une question centrale : pourquoi autant d’empressement, de la part de la ministre, à satisfaire un homme apprécié par Nicolas Sarkozy ?

Mediapart publie aujourd’hui le contenu intégral de ce document:

Cliquez ici pour télécharger le document.

Comment Christine Lagarde s’est imposée pour succéder à DSK

Filed under: 03 - Economie,20 - UMP — iledere @ 6:30

20101128 EcoFin 35 Dimanche 15 mai : Nicolas Sarkozy apprend la nouvelle de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Si, sur le plan intérieur, la nouvelle réjouit le Président de la République, il n’en va pas de même sur le plan international. Pour lui, comme pour ses conseillers, le poste de directeur du FMI est irrémédiablement perdu pour la France : un Français succédant à un Français, personne n’ose même y penser et ce, d’autant que DSK a dû s’effacer dans le déshonneur : « il s’agit de décence. On s’est senti gêné par les conditions de son départ, pour employer un euphémisme », dit-on à Paris. L’éventuelle candidature de Christine Lagarde n’est donc même pas évoquée, « car rien ne conduit à une candidature française et parce que le Président veut qu’elle reste durant la présidence française du G8/G20 ». Mais, pour Nicolas Sarkozy, comme pour les autres capitales européennes, il n’est pas question d’abandonner la direction du FMI à un pays émergent en pleine crise de la zone euro.

En réalité, la recherche d’un candidat a commencé bien avant le 15 mai, bien avant la démission effective de DSK, le 19 mai. Depuis que la candidature de DSK à la primaire socialiste est devenue quasi-certaine, les États membres de l’Union carburent sur le nom d’un successeur. À l’Élysée, on caresse l’idée d’envoyer à Washington l’ancien premier ministre britannique, le travailliste Gordon Brown, un ami du Président. Mais voilà : le gouvernement conservateur fait savoir qu’il n’est pas question qu’il soutienne cette candidature. Le nom de Mario Draghi, l’actuel gouverneur de la banque centrale italienne, est aussi évoqué, au cas où la Banque centrale européenne lui échapperait pour une raison ou une autre, ce qui n’a pas été le cas.

Parallèlement à ces réflexions, Christine Lagarde a commencé à tracer son sillon depuis plusieurs mois auprès de ses collègues européens. Cette anglophone parfaite, qui a fait une partie de sa carrière aux États-Unis, est intéressée par le poste, après quatre ans passés à Bercy, un record de longévité depuis Valéry Giscard d’Estaing (ministre des Finances de 1962 à 1966). Autant dire qu’elle a eu le temps d’être appréciée et respectée par ses pairs. Dès le lundi 16 mai au soir, à Bruxelles, lors d’un Eurogroupe, elle teste dans les couloirs les réactions à son éventuelle candidature : « elle est vraiment très forte pour manœuvrer en coulisse », s’amuse un diplomate européen. La plupart sont enthousiastes, que ce soit de la part de la Commission, du président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne ou encore de l’Autriche. Londres, contactée par Paris, se rallie aussi à cette candidature potentielle. Il faut dire que personne n’a dans la manche une candidature de cette envergure que les pays émergents vont avoir du mal à contrer.

Mais quelques petits pays de l’Union, dont la Belgique, et les pays de l’Est tiquent : encore un grand pays et encore un Français ! L’Irlande, notamment, qui lui reproche d’être l’une des plus dures à l’égard de leur fiscalité, ne lui est guère favorable. Mais très rapidement, ils doivent se rendre à l’évidence : même si l’Union ne présente pas en tant que telle une candidature, ils ne veulent pas prendre le risque de diviser les voix des pays européens lors du vote au FMI, ce qui ne pourrait que faire le jeu des émergents. De plus, la Chine ou encore la Corée font connaître, au cours de la semaine dernière, leur soutien à la candidate française qui s’est, par ailleurs, assurée du feu vert de Washington. (more…)

26 mai 2011

Une jeunesse européenne sacrifiée

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

« Europe, n’abandonne pas tes jeunes ! » titrait dernièrement Politiken à propos des indignés espagnols. Le quotidien danois relève que les gouvernements nationaux ne peuvent répondre seuls à l’absence de perspectives qui frappe la jeunesse européenne.

La crise financière souligne la faible marge de manœuvre qui reste aux dirigeants nationaux et le transfert des leviers de décision vers l’Union Européenne. La jeunesse apparaît aujourd’hui comme la première sacrifiée sur l’autel de l’austérité décrétée par Bruxelles, à la demande pressante de Berlin.

Les hommes politiques espagnols comme leurs homologues européens sont « dans la seringue ». D’un côté sous la menace des marchés financiers et des agences de notation et de l’autre, privés par l’euro de toute dévaluation possible.

Le dogmatisme de la Banque centrale européenne conduit cette dernière à tout faire pour éradiquer l’inflation quitte, à générer un chômage de masse. Cette gestion technocratique purement financière fait trembler sur ses bases les démocraties européennes.

Il n’est pas de bon ton de remettre en cause la monnaie unique. Lors de sa création pourtant beaucoup d’observateurs avaient prévenus que les conditions nécessaires à son maintien demanderaient des efforts quasi surhumains. Nous y sommes.

« Qu’as-tu fait, ô toi que voilà – Pleurant sans cesse, – Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà – De ta jeunesse?«  (Verlaine). Aujourd’hui, les jeunes Espagnols frappés par un taux de chômage de 45% pour les moins de 30 ans ont à juste titre perdu confiance dans leurs dirigeants politiques. Cette situation n’est pas unique en Europe.

La réponse n’est pas dans moins d’Europe mais bien, dans un approfondissement de la construction européenne avec, une reprise en main de l’économique par le politique. (more…)

25 mai 2011

« C dans l’air », un exemple de propagande

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

Qu’est-ce aujourd’hui que la propagande ? Le mot a en effet pris un caractère suranné [1], si étroitement associé aux pratiques des régimes totalitaires qu’on ne voit rien dans les démocraties qui ressemble à ces mises en condition sommaires des esprits à coups de slogans simplistes assénés par haut-parleurs. C’est entendu, aujourd’hui, on fait de la communication. Autrement dit, la propagande – car qui aurait cru que cela n’existât plus ? – est mise en œuvre dans la dénégation.

Si elle apparaît, elle perd tout ou partie de son efficacité. Il a donc fallu trouver d’autres formules pour obtenir le consentement. La propagande des pays démocratiques doit ainsi sacrifier aux critères des pays démocratiques. Ce pourrait être d’ailleurs un propos de propagande que de dire qu’il faut une expression libre. Dans la sphère privée, la liberté d’expression ne gêne plus guère les régimes autoritaires : son contrôle est partout devenu moins tatillon ou plutôt moins policier. La parole publique importe plus aux pouvoirs. En la matière, quel peut être le sens de la liberté d’expression ? Comment se conjugue-t-elle avec, par exemple, le choix des invités dans les médias ? Il faut bien qu’il y ait d’autres critères légitimes de choix et donc d’expression que la liberté qui est censée être une vertu universellement partagée. Or, les places sont comptées.

Les médias des pays démocratiques offrent la parole à l’extérieur du monde professionnel aux personnes qui leur permettent de satisfaire trois impératifs de légitimité démocratique : l’expertise, la notoriété et le pluralisme. Il faut avoir une compétence spéciale pour s’exprimer sur les plateaux ou dans les journaux… même si les micro-trottoirs ont le double avantage de la facilité et du souci citoyen. Si la personne est connue, elle a droit à une latitude plus grande, quitte à malmener un peu le principe collectif du pluralisme. Dans l’organisation d’un plateau, c’est devenu une obsession que de respecter le pluralisme. Respecter est bien l’idée sinon le mot qui rend compte du caractère normatif du dispositif. Il faudrait plutôt parler d’organiser le pluralisme, c’est-à-dire mettre en place un groupe de personnes qui permette de dresser un tableau le plus exhaustif possible de la diversité des opinions dans la société. Comme il n’est pas possible d’être exhaustif, les organisateurs se satisfont de la diversité pratiquement la plus grande. Et comme cela est très limité, c’est la diversité qui ne suscite pas, ou le moins possible, d’objection des principaux partis et dirigeants politiques. Même des médias ayant une orientation politique déclarée sacrifient parfois à cet impératif démocratique. Certains plus que d’autres. Sa nécessité s’impose particulièrement dans les médias grand public et encore plus dans les chaînes de télévision, notamment dans les émissions politiques. Un casse-tête pour les organisateurs.

Telle est la partie apparente du dispositif, celle qui concerne les apparences et qui est plus ou moins avouée comme une contrainte. Le contrôle exercé sur la parole publique est plus difficilement avoué parce qu’il n’est pas avouable, à commencer pour les journalistes. Un dispositif collectif et « neutre » a été substitué à une machine autoritaire telle qu’on imagine encore la propagande. Il faut alors certaines conditions pour percer le voile. Ce travail passe habituellement par l’analyse de contenu, méthode immédiatement disponible puisque le matériel est public. Cela ne vaut pas grand-chose sans une connaissance minimale du système et des coulisses c’est-à-dire des manières dont les contenus sont produits. (more…)

24 mai 2011

En Côte d’Ivoire, une armée à refaire

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Le saut « d’Air Sarko One » jusqu’à Yamoussoukro, ce samedi 21 mai, à l’occasion de la cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara, et les embrassades dans l’ancien fief de Félix Houphoët-Boigny, père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, ne peuvent faire oublier que le pays est exsangue et son armée en charpie : l’unification des diverses forces ivoiriennes est une des principales conditions de la réconciliation du pays, après ces nouveaux épisodes de guerre civile…

Il aura fallu six mois, depuis le second tour de l’élection présidentielle, pour en arriver à ce début de normalisation. Les atteintes aux droits humains commises par les forces armées des deux bords, durant cette période post-électorale, ont fait entre 2 000 et 3 000 morts, selon les Nations Unies, entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes et attisé les tensions ethniques et politiques dans tout le pays.

L’ONG Human Rights Watch, qui a enquêté sur place, a fait état de massacres, de disparitions forcées, de meurtres et de violences sexuelles contre des victimes prises pour cible en raison de leur soutien politique présumé ou de leur origine ethnique, le recrutement généralisé de milices et de mercenaires, ainsi que l’utilisation sans discernement d’armes lourdes contre la population civile.

La majorité des exactions perpétrées durant les trois premiers mois ont été le fait de forces contrôlées par l’ex-président autoproclamé Laurent Gbagbo, et par des groupes de miliciens qui lui étaient fidèles de longue date. Cependant, alors que les Forces républicaines, sous le commandement général du premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro, avançaient rapidement en direction d’Abidjan, au cours de leur offensive du mois de mars, des forces armées des deux camps ont semé la terreur parmi les populations civiles soupçonnées de soutenir le candidat rival.

Et nombre d’autres crimes de guerre, dont des exécutions extrajudiciaires de combattants prisonniers, des meurtres de civils et des violences sexuelles, ont été commis des deux côtés lors de la bataille finale pour Abidjan, ainsi que dans les jours et les semaines qui ont suivi l’arrestation de M. Gbagbo et d’un bon nombre de ses plus proches alliés, le 11 avril dernier. (more…)

23 mai 2011

le chien libéral glapit dans sa niche : Atlantico…

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 12:00

Il s’appelle Gaspard Koening, travaille dans une banque internationale pour reconstruire (les dégâts des autres?)  et est aussi l’auteur d’un livre « les discrètes vertus de la corruption« . Il est en colère , avec tous ces radars, et vilains panneaux de signalisation.

Rendez vous compte !  La route, espace de liberté, est devenu le lieu ultime de l’infantilisation. Il oublie d’expliquer que c’est du communisme et que ça mange les enfants tout cru. Pour lui les règles du code de la route sont des règles grossières, 50, 90, 130 … Et en bon chien libéral outrancier, il glapit, en écrivant ça depuis son bureau tout cuir de jeune dominateur:

Je me plais à croire qu’en l’absence de limitation de vitesse, les comportements sur la route s’auto-réguleraient.

Voilà leur fantasme auto-régulateur, c’est à dire mettre la société hors du contrôle de la loi et donc hors « code« .Par ce que le code infantilise, vous avez compris. Par ce que la loi impose le respect du code de la route et que selon ce zozo ça nuit à la bonne fluidité du trafic… ou presque . Et  on retrouvera le même concept pour le code du travail, du code bancaire etc..

Comment justifier tout ça ? Le Libéral rappelle ses ancêtres, ici des années 30: Le  colonel Moore-Brabazon, député britannique  protestant en 1934 contre l’instauration d’un code de la route en Angleterre.

Les gens vont s’habituer à ces nouvelles conditions de circulations. Les plus anciens membres de cette Chambre se rappelleront tous les poulets massacrés dans les premiers temps de l’automobile. Nous revenions le radiateur plein de plumes. Même chose avec les chiens : aujourd’hui, ils ont pris l’habitude de s’éloigner des autos et on n’en tue plus un seul. C’est ce qu’on appelle l’éducation, même chez les animaux inférieurs. Preuve que ces problèmes vont se résoudre d’eux-mêmes.

Pour le libéral, c’est donc simple : supprimons les limitations de vitesse, donc les radars et ces saloperies de fonctionnaires chargé de contrôler, réguler tout ça. Et roulons donc à 100 là où du temps du socialisme-automobile c’était limité à 50 km/h. Quel gâchis sur cette belle 4 voies. Oh ben merde, la maman avec ton chiard incrusté dans le pare-buffle de mon 4×4 Cayenne ?  Il apprendra sur le tas, C’est ce qu’on appelle l’éducation ! Par ce que tu comprend idiote, c’est au le conducteur que revient  la responsabilité de se faire son propre jugement sur la vitesse et les risques encourus.

C’est ça le monde libéral pensé par l’adorateur de la corruption !  Des plumes dans les radiateurs, ce sont les citoyens, le temps qu’ils apprennent à reconnaître et respecter le bruit du bolide. (more…)

La chute de DSK, c’est aussi celle des élites françaises

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Dominique Strauss-Khan en compagnie de Christine Lagarde et du secréatire au Trésor américain Timothy Geithner, le 14 avril 2011 à Washington.Pour l’hebdomadaire conservateur américain, l’affaire DSK et les réactions indignées qui ont accompagné le traitement policier de l’ancien patron du FMI traduisent en fait un dysfonctionnement du système français. Si Christine Lagarde venait prendre la succession de son compatriote, tout ne serait pas réglé compte tenu des ennuis judiciaires de l’actuelle ministre des Finances française.

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), n’est pas seulement riche et puissant. Il était aussi, jusque samedi dernier, pressenti pour être le prochain président de la République française. Il bénéficiait d’une telle avance que les rumeurs allaient bon train depuis avril. On disait que Martine Aubry, sa principale rivale dans les primaires socialistes, n’allait pas tarder à retirer sa candidature. Même si les Français n’en étaient encore qu’à envisager que Strauss-Kahn devienne leur président, il ne doit pas être très plaisant de voir un de ses dirigeants potentiels accusé de viol et baladé devant les caméras, surtout aux mains d’un système juridique étranger. Les Français sont scandalisés par le “perp walk”, cette tradition qui consiste à trimballer un prévenu devant les médias, contribution personnelle de l’ancien maire de New York Rudy Giuliani au show business américain. Les Français y ont vu une preuve de la vanité de procureurs en quête de publicité et une menace potentielle pour la présomption d’innocence. Dans l’un et l’autre cas, ils ont raison.

On peut considérer de deux façons le courroux de la presse française après que Strauss-Kahn, échevelé et humilié, a été photographié suite à son interpellation. La première est de le traiter comme une gêne compréhensible face à un acte de lèse-majesté. L’autre consiste à penser qu’il s’agit de la réaction d’une opinion publique devenue servile et complaisante. La presse française s’inquiète peut-être que le nom de Strauss-Kahn soit traîné dans la boue, mais elle n’a pas hésité à révéler l’identité de sa victime présumée. A cela s’ajoute son ami Bernard-Henri Lévy, qui prend sa défense d’une façon de moins en moins discrète, et qui a écrit : “Je ne sais pas, mais d’un autre côté, il serait bien de savoir comment une femme de chambre a pu entrer seule, contrairement aux pratiques habituelles de la plupart des grands hôtels new-yorkais, qui ont coutume de dépêcher des ‘brigades de nettoyage’ de deux personnes, dans la chambre de l’une des personnalités les mieux protégées de la planète.” Un texte qui laisse entendre que les gens de la catégorie sociale de la femme de chambre sont là pour servir ou divertir ceux de la classe de Lévy, “les people*”, comme disent les pages des potins mondains en France. (more…)

22 mai 2011

Christine Lagarde a des problèmes avec les chiffres. M’enfin

Filed under: 03 - Economie,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Christine LagardeLe ministère de l’Économie exulte : les bonus des traders sont en baisse et le PIB est en forte hausse. Génial ! Sauf qu’à y regarder de plus près… c’est un peu l’inverse, en fait.

La semaine dernière a été marquée par deux infos économiques majeures : la baisse des bonus des banquiers et la forte hausse du PIB, près d’1% en trois mois, rendez-vous compte… De la belle ouvrage. Sauf que deux perturbateurs (certainement adeptes des théories du complot ?) sont venus calmer les ardeurs de nos fougueux économistes gouvernementaux.

Bonus fumeux
Le premier, Olivier Fluke, ne cesse, depuis des années, de décortiquer les bilans de nos banques nationales. Et à la lecture des communiqués de son ministère préféré, il s’est littéralement étranglé. Les chiffres de Mâme Lagarde ne correspondaient à rien. Il a donc fait chauffer sa calculette et remouliné les calculs. Au cas où… Et le résultat est à mourir de rire, accrochez vos ceintures : notre valeureuse marquise ministre a tout simplement divisé le montant des rémunérations variables de BNP-Paribas-Fortis par les effectifs de… BNP-Paribas seulement ! Ce qui faisait artificiellement monter les chiffres de 2009. De là, il était alors plus simple de prétendre que les bonus ont baissé en 2010. Forcément.

Las, le bonhomme a calculé qu’entre 2009 et 2010, au lieu de la baisse annoncée (de 303.000 euros en 2009 à 290.000 en 2010 par personne concernée), les bonus avaient en fait grimpé de 290 000 € à 291 000 €. Et au final, l’augmentation de la rémunération moyenne (fixe + variable), qui n’intéresse visiblement personne, est passée de 380 000 euros en 2009 à 434 000 euros en 2010 : soit une augmentation de 14%, alors que les revenus de la banque de financement et d’investissement (BFI, le secteur spéculatif de la BNP) ont diminué de 11% en valeur absolue et de 19% à périmètre et charge constants. Et pour la Société Générale, aussi citée par Bercy dans son communiqué ? La rémunération totale moyenne s’est établie à 309 000 euros en 2010 contre 319 000 euros en 2009, une baisse de 3%… alors que les revenus des activités pérennes de la BFI ont diminué de 21% ! (more…)

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