Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 juin 2011

Affaire DSK : l’overdose

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Quatre minutes montre en mains… Il aura fallu à peine quatre petites minutes pour que le juge prenne acte de la ligne de défense de DSK : « not guilty » (non coupable).

Et pourtant, pour une audience purement technique de quatre minutes, nous subissons depuis des heures un matraquage intensif de la part des médias français.

Je n’ose imaginer ce qu’il en sera lorsque les débats gagneront en longueur…

Pour quatre minutes d’audience, c’est déjà une overdose de commentaires journalistiques creux et vides alors que le procès n’aura pas lieu avant six mois (sauf « deal » improbable).

Comment les journalistes peuvent-ils tomber aussi bas et céder ainsi aux facilités de ce spectacle judiciaire ?

Pourquoi consacrent-ils autant d’énergie à brasser du vent, à répéter sans cesse les mêmes choses comme des disques rayés, à grossir d’anodins détails (ex : « DSK est détendu », « DSK est souriant tout comme Anne Sinclair »), à meubler le vide de leurs inepties dans le but de fabriquer artificiellement je ne sais quel suspens par ailleurs inexistant à ce stade de la procédure ? N’y aurait-il pas essentiellement des préoccupations mercantiles derrière ce flot d’informations sans intérêt (course à l’audience et à la diffusion) ?

Faut-il que le service public soit à ce point malade pour avoir consacré, une fois encore, une édition spéciale à l’affaire DSK avec aux manettes l’inénarrable Pujadas ?

Faut-il en déduire que France 2 interrompra sa programmation habituelle pour diffuser le procès en direct dans son intégralité ?

Et que dire de BFM et d’I-télé qui ressassent mécaniquement les mêmes informations sur le sujet ? Le modus operandi de ces deux chaînes ressemble d’ailleurs aux ruminations obsessionnelles des personnes traumatisées qui, la nuit et le jour, ont l’esprit entièrement absorbé par les mêmes idées fixes et qui les répètent mentalement comme des perroquets.

Tout ce  barnum médiatique est affligeant.

Et comme s’il s’agissait de nous achever, il a fallu encore supporter la mine terne et l’oeil torve de Jean-Christophe Cambadélis qui, à 20h00 sur le plateau du JT de France 2, semblait porter plus que jamais le deuil d’une possible carrière ministérielle.

C’est dommage que les télévisions ne puissent pas faire appel au juge Roy Bean en qualité de consultant juridique. Il aurait pu expliquer aux Français les subtilités de la procédure accusatoire à l’américaine qui sont au western ce que les vieilles manières aristocratiques sont à la Common law britannique. Sans aller jusqu’à l’ouest du Pecos, il aurait pu déjà familiariser les « frenchies » à ce qui se passe à l’ouest de l’Atlantique.

Lucky Luke, Le Juge (1959)

C’est dommage également que les médias ne puissent pas faire appel au fidèle croque-mort, allié intéressé de Roy Bean, qui aime à répéter au début de chaque procès « Qu’on le pende ! ». Je suis persuadé que les vociférations de l’énergumène auraient été du meilleur effet. Elles auraient en tout cas apporté du piment aux « shame on you » (honte à toi) des membres du syndicat des femmes de chambres new yorkaises.

Par Gabale

5 réponses à “Affaire DSK : l’overdose”

  1. revizor dit :

    Je comprends que les socialistes soient gênés par cette affaire DSK qui n’a pas fini de se développer et de s’amplifier au fil des mois que va durer la procédure judiciaire.
    Cette affaire est d’autant plus importante médiatiquement et politiquement que l’un des protagonistes  » présumé coupable » bien qu’il plaide non-coupable était lui-même un personnage important, un dirigeant important du PS dans lequel les socialistes ou tout au moins une majorité d’entre eux, selon les sondages, portaient leurs espoirs pour les élections de 2012.
    Il est trop facile d’accuser les médias ou les journalistes( qui ne sont pas tous de droite) et il faut voir la réalité en face.
    C’est vrai aussi qu’il est difficile pour un socialiste d’accabler un autre socialiste.
    Mais les socialistes eux-mêmes ne sont-ils pas responsables de cette situation, quand ils laissent les mêmes médias qu’ils critiquent, choisir leurs candidats à leur place( ce fut le cas pour Ségolène ROYAL en 2007 et pour DSK en 2011)?
    On ne peut empêcher les médias de faire leur boulot, bon ou mauvais, sauf à instituer une censure d’Etat ou une omerta, dans le bonheur comme dans le malheur.
    Même s’il n’y avait pas cette maudite affaire du Sofitel je pense que le candidat DSK était mal parti car il avait déjà un certain nombre de casseroles après lui( son côté bling-bling et riche) et il aurait été certainement, comme cela s’est passé pour Ségolène ROYAL, descendu en flammes pendant la campagne électorale.

  2. la fourmi rouge dit :

    Je rejoins assez babelouest.

    Comme femme ( la prise en compte de faits tangibles m’amène à entamer cette phrase, par ce distinguo, à mon grand regret ) & socialiste,
    j’eusse aimé d’entrée, un mot ( un seul tout petit mot de compassion qui aurait fait la différence avec la caste au pouvoir ) de tous ces grands messieurs de Solférino, pour la victime.
    Ceux-là même qui acceptent encore Jacques Mahéas au sein du PS depuis 2002, ou qui n’ont pas bronché aussi depuis 2002, au minimum, lorsqu’ils ont pris connaissance des propos tenus par Tristane Banon, dans l’émission d’Ardisson sur Paris Première.

    Rien…Quelle honte !

    A quoi sert donc l’Observatoire de la Parité, par exemple, sinon amuser la galerie ?

    Et l’on s’étonne des taux d’abstention à gauche, à toutes les élections qui se suivent depuis 2007.

  3. Jean-Luc dit :

    Bonjour Alain,
    La solution la plus simple , je casse ma TV.
    Amitiés Socialistes
    Jean-Luc

  4. babelouest dit :

    Soyons certains d’une chose. Ils ne veulent pas encore se l’admettre, mais cette affaire Strauss-Kahn vient achever la ruine de la crédibilité de cette intelligentsia autoproclamée, ridicule, infatuée, cette basse-cour affairée et sans dignité, ce grand rien qui a le mot sur tout, au coup par coup. Dans ce chaudron gisent désormais les journalistes de Cour, mais aussi des notables vissés à leur siège d’élus grâce à un système qui les autoperpétue, des philosophes d’arrière-salle au café du commerce, des scientifiques plus aptes à compter leurs émoluments versés par les lobbies, qu’à découvrir le vaccin contre l’inutilité, des politiciens de carrière pour qui l’ouest du Pecos se situe à quelques centaines de mètres de leur domicile, de grands chefs d’entreprises qui ne savent pas réellement ce que fabriquent ceux qu’ils payent si mal….

    Au boulot, citoyens !

  5. Laurent dit :

    Pourquoi ? Parce que l’audience est au rendez-vous, hélas. Rien n’oblige le téléspectateur à regarder, le lecteur à acheter en masse, etc.

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