Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

10 juin 2011

En vacances, ils apprennent la liquidation de leur boîte par SMS

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

Les six employés du magasin franchisé Bois et Chiffon d’Hénin-Beaumont étaient contents de partir en vacances pendant la rénovation de l’établissement. Leur plaisir a été de courte durée : quatre jours plus tard, c’est par texto qu’ils ont appris sa liquidation.

Au début, Sarah « n’y a pas cru ». Une semaine après avoir appris la nouvelle, cette ancienne salariée témoigne :

« Cela faisait deux ans que je travaillais dans ce magasin, certains y étaient depuis son ouverture il y a quatre ans. On n’aurait jamais pensé que cela puisse se passer comme cela, sans aucune considération pour les clients ni pour nous. »

« Elle nous a même montré les plans du futur magasin »
Le 21 mai, ils partent tous en congé pour quinze jours. Une obligation vu qu’il s’agit du temps nécessaire, d’après ce que leur a dit la gérante Fabienne S., pour effectuer des travaux qui permettront au magasin d’être rafraîchi. Sarah se souvient :

« On a eu la confirmation qu’on pouvait partir en vacances pendant cette période. Elle nous a montré les plans du nouveau magasin, nous a assuré qu’il y aurait du parquet au sol et nous a même souhaité bonne vacances ! »

A la place d’un magasin flambant neuf, le groupe d’employés va découvrir une réalité nettement moins glamour. Par SMS, ils apprennent le 26 mai la convocation de l’entreprise dès le lendemain au tribunal de commerce :

« Le tribunal a directement prononcé la liquidation du magasin et dans la foulée, son mandataire nous a envoyé une lettre pour licenciement économique. »

Une semaine environ après les faits, la petite équipe très soudée a décidé d’alerter le quotidien La Voix du Nord, premier à sortir l’information. C’est Sarah qui se charge de contacter la rédaction d’Hénin-Beaumont :

« On voulait montrer qu’on a été mis devant le fait accompli et que même si les salariés ont la réputation d’avoir un statut protégé, nous ne sommes pas complètement à l’abri. »

Une gérante injoignable, une mairie scandalisée
Bois et Chiffon ne veut pas s’exprimer sur la question, affirmant ne pas avoir eu connaissance du procédé utilisé par la gérante. Une source assure que depuis une semaine, Fabienne S. est injoignable.

A la mairie d’Hénin-Beaumont, c’est la stupéfaction qui prime. Joint par Rue89, Maurice Lecat, chef de cabinet du maire Eugène Binaisse (ex-Modem, sans étiquette), avoue que ce dernier est « scandalisé » :

« Nous venons d’apprendre ce qu’il s’est passé. Si cela s’avère, il est évident que nous soutenons les employés et espérons qu’ils saisiront les prud’hommes.

On ne peut pas commencer à licencier les gens par texto, c’est complètement fumeux comme manière de faire. »

Pourtant, l’affaire a des précédents. En novembre 2010, treize salariés d’Electricité réseau de France (ERDF) avaient reçu un SMS leur annonçant une convocation pour l’après-midi même, au cours de laquelle ils avaient appris leur licenciement.

Par Marie Kostrz pour Rue89

3 réponses à “En vacances, ils apprennent la liquidation de leur boîte par SMS”

  1. La main gauche dit :

    … l’émancipation et l’égalité par le travail… un sacré leurre où les groupes féministes et autres associations pour le handicap se sont avérés servir d’appui, d’aubaine aux quelques malins qui ont compris que l’émancipation ne se trouve pas dans le travail mais dans le pouvoir de décision et l’administration et qui ont profité de ce leurre généralisé qui détourne 99% de la population du véritable nerf de la guerre pour s’émanciper de toutes lois, de toutes contraintes et se mettre hors d’atteinte !… comptons sur leur petite rencontre Bilderberguienne pour nous concocter la prochaine campagne publicitaire sur le travail comme source d’accomplissement !

  2. La main gauche dit :

    Des magasins franchisés de meubles… ça ressemble à ces distributeurs de barres chocolatées et boissons divers qu’on trouve à profusion dans les halls de gare et autres lieux de passage, des machines simples dépositaires de produits fabriqués on ne sait comment ni où (la machine, en tout cas, n’en sait pas plus que le client qui glisse la pièce dans la fente !), en surnombre car l’important n’est pas la rentabilité de la machine mais l’écoulement d’un maximum de produit, alors quand une machine tombe en panne ou commence à sentir la naphtaline, elle est remplacée par une nouvelle génération… alors tout ça est bien choquant, mais on ne peut plus normal, on peut s’attarder sur le manque de vaseline dans le cas présent mais ça ne change pas le fond des choses !

  3. Exec T dit :

    Oui, les employés saisiront les prudhommes.
    Le droit du travail impose un certain formalisme au licenciement.

    Enfin au temps du « Cloud » tout ce vieux droit du travail, est ce bien sérieux? (mode ironie parizotesque)

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