Section socialiste de l'île de Ré
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17 juin 2011

Rama Yade – Roger Karoutchi : ça balance entre ex-ministres

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Rama Yade au campus des jeunes UMP à Seignosse, en septembre 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).La première, qui quitte l’Unesco pour Borloo, tacle le second, sarkozyste à l’OCDE, qui réplique sur Rue89… et défend son fromage.

Devenir ambassadeur, c’est un lot de consolation très apprécié des ex-ministres. Rama Yade renonce pourtant à son poste à l’Unesco, offert par Nicolas Sarkozy. Et en profite pour tacler Roger Karoutchi, son ex-collègue du gouvernement en poste à l’OCDE. L’intéressé n’apprécie pas et règle ses comptes sur Rue89.

Rama Yade ne sera restée que cinq mois à l’Unesco. Cinq mois au cours desquels on l’aura plus entendu parler de politique française que de politique mondiale pour l’éducation, la science ou la culture. Son départ était inévitable : difficile de garder un poste offert par Nicolas Sarkozy quand on roule désormais pour Jean-Louis Borloo.

« J’ai besoin de renouer avec une liberté totale », explique l’ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme puis aux Sports dans Le Monde. Lorsqu’on lui signale que le devoir de réserve lié à sa fonction de diplomate ne semble pas l’avoir beaucoup gênée, elle contre-attaque :

« On m’avait dit, avant que je sois nommée, qu’il y avait un ambassadeur auprès de l’OCDE, qui avait des fonctions politiques et que ça ne posait pas de problème. Ce qui vaut pour l’un, qui soutient Nicolas Sarkozy, ne vaut donc pas pour l’autre… »

Cet ambassadeur, c’est Roger Karoutchi, ministre des Relations avec le Parlement remercié en juin 2009 et recasé par Nicolas Sarkozy à l’OCDE. Une fonction qui ne l’empêche pas de siéger au conseil régional d’Ile-de-France et de préparer les sénatoriales de septembre, où il conduira la liste UMP dans les Hauts-de-Seine.

Roger Karoutchi à Rue89 : « C’est limite malhonnête »
Roger Karoutchi n’apprécie pas vraiment la comparaison. « C’est limite malhonnête », explique-t-il à Rue89. Comprendre : lui, non seulement il a respecté le devoir de réserve, mais il a vraiment travaillé.

« Pendant deux ans, j’ai fait le job à fond en m’imposant une certaine rigueur médiatique et sans jamais faire de commentaire public sur la politique étrangère de la France. »

Monsieur l’ambassadeur va donc quitter ses fonctions, mais pas avant mi-juillet. « Comme je suis plutôt un homme de devoir », il s’agit de « terminer le travail » lié à la présidence française du G20. Et, au passage, de lancer un autre message à destination de Rama Yade :

« On ne peut pas rester ambassadeur et être sur les plateaux de télévision en permanence. Ce n’est pas le même job. »


Rama Yade : « Je ne collais plus avec la ligne du gouvernement »

Rama Yade était ainsi venue répondre aux questions des riverains de Rue89, en février. Des questions portant davantage sur la France que sur l’Unesco et la planète. Cela n’avait pas vraiment dérangé l’ex-secrétaire d’Etat.

« Je ne collais plus avec la ligne du gouvernement », avait expliqué l’ex-secrétaire d’Etat. Pourquoi avait-elle accepté, alors, de représenter ce gouvernement à l’Unesco ? Rama Yade refusait d’y voir un hochet destiné à la consoler et à la faire taire. D’ailleurs, elle ne l’avait « pas demandé ». (Voir la vidéo)

Xavier Darcos, de l’OCDE à l’Institut français
La diplomatie, c’est pourtant une belle réserve de hochets pour ministres à consoler. L’Unesco et l’OCDE sont les deux plus appréciés, puisque les deux organisations ont leurs sièges à Paris. Si les places sont prises, il n’y a qu’à créer un poste d’ambassadeur itinérant.

Xavier Darcos en sait quelque chose. En 2005, un remaniement lui fait perdre son poste de ministre délégué à la Coopération. Il atterrit donc à l’OCDE. En 2007, retour au gouvernement, comme ministre de l’Education. Et deux ans plus tard, nouveau remaniement et nouvelle éviction. Xavier Darcos lorgnait sur Versailles, mais obtient un poste d’ambassadeur pour « la politique culturelle extérieure de la France ». Puis la présidence de l’organisme chargé d’appliquer cette politique, l’Institut français.

A l’Unesco, Rama Yade a succédé directement à une autre ancienne ministre, Catherine Colonna. Celle-ci connaissait cependant un peu mieux le métier : diplomate de carrière, elle avait été pendant deux ans ministre déléguée aux Affaires européennes de Jacques Chirac.

Yade sur un dossier de l’Unesco : « J’en sais rien ! »

Que restera-t-il des cinq mois de Rama Yade à l’Unesco ? Posez la question à Roger Karoutchi, et il feindra d’esquiver. Tout ce qu’il peut dire, lui, c’est qu’en bon ambassadeur, il a accueilli « une fois le président de la République, deux fois le Premier ministre et 18 fois des ministres » à l’OCDE depuis janvier. Et il lâche :

« J’ai vu ici ou là des interviews de ministres de la République disant que quand ils venaient à l’Unesco, ils n’étaient pas accueillis. »

Les riverains de Rue89 se posaient aussi des questions. L’un d’entre eux avait donc demandé à Rama Yade de lui rappeler « quelles sont les priorités fixées par l’Unesco pour les sciences naturelles dans le cadre de l’exercice biennal 2010-2011 », et de lui expliquer comment la France comptait remplir ces objectifs. Réponse très spontanée de l’ambassadrice :
« J’en sais rien ! C’est quoi cette question, le mec il est allé fouiller sur Internet ? »

Par François Krug pour Rue89

2 réponses à “Rama Yade – Roger Karoutchi : ça balance entre ex-ministres”

  1. mais obtient un poste d’ambassadeur pour « la politique culturelle extérieure de la France ». Puis la présidence de l’organisme chargé d’appliquer cette politique, l’Institut français.

  2. La main gauche dit :

    Rama et Borloo c’est l’humanisme quinquennal au sens d’une fois tous les 5 ans et non pas pour les 5 prochaines années ! c’est gens n’ont aucun plan sauf de bouffer au meilleur râtelier !

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