Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

20 juin 2011

Après le vote du PCF, Mélenchon peut entrer en campagne

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Jean-Luc Mélenchon peut pousser un grand soupir de soulagement. Après plusieurs mois d’attente, il a enfin été adoubé par les militants communistes comme candidat à l’élection présidentielle sous les couleurs du Front de gauche.

Au terme de débats passionnés, les communistes ont en effet voté à 59,12% pour l’ancien sénateur socialiste, contre près de 34% pour le député André Chassaigne et 4% pour l’orthodoxe Emmanuel Dang Tran. Pas un raz-de-marée, ni un plébiscite, mais le score est suffisamment large pour résister à toute contestation. D’autant que la participation s’est avérée plus forte que prévu par la direction du parti, avec 70% de votants parmi les 70.000 militants à jour de cotisations (sur 130.000 adhérents revendiqués).

«Le choix des communistes est clair, net et massif», s’est réjoui dimanche le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, depuis le siège du parti, place du Colonel-Fabien. Lui avait appelé à choisir l’ancien sénateur socialiste, tout comme la majorité des représentants des différentes instances du PCF. «C’est un geste fort du PCF (…), un geste unitaire remarquable», a poursuivi l’ancien directeur de la rédaction de l’Humanité.

Pour mémoire, depuis la création de la Ve République, les communistes n’ont manqué que deux échéances présidentielles – en 1965 et 1974, date à laquelle ils avaient soutenu François Mitterrand dans le cadre du programme commun. Mais depuis les 15% obtenus par Georges Marchais en 1981, le score du PCF n’avait cessé de se réduire, jusqu’à sombrer en 2007 avec 1,93% pour Marie-George Buffet. Un traumatisme qui avait profondément ébranlé les communistes.

D’où l’apparition en 2009 du Front de gauche, alors constitué pour les seules élections européennes, autour du PCF, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon (PG, composé pour une grande part d’anciens du PS en rupture de ban) et de la petite composante issue de l’ancienne LCR, Gauche unitaire. Ce rassemblement n’a depuis cessé de se présenter ensemble, jusqu’aux dernières cantonales où il a obtenu environ 10% des voix.

Mais pour la présidentielle, le débat au sein du PCF fut long et parfois vif: au-delà du renoncement à afficher ses propres couleurs dans l’élection la plus médiatisée et la plus mobilisatrice – la présidentielle –, nombre de militants avaient de fortes réticences à l’endroit de Mélenchon, jugé trop personnel et trop porté sur le buzz médiatique. Certains avaient aussi été choqués de le voir soutenir l’intervention armée en Libye ou de manifester pour sortir du nucléaire. Sans compter, bien sûr, les bastions orthodoxes, opposés par principe à la démarche du Front de gauche et qui pèsent environ 20% du parti.

Le PCF ultra-majoritaire aux législatives

Reste à savoir quelles traces laisseront ces mois de débat interne sur la mobilisation des communistes. Plusieurs fédérations avaient menacé de ne faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon. «L’ambiance est bonne», jure pourtant l’élu parisien Ian Brossat. «Les communistes peuvent désormais se rassembler. C’est un parti communiste totalement engagé dans la démarche du Front de gauche qui entre aujourd’hui en campagne, avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat», a promis Pierre Laurent.

Il sera conforté par le signal envoyé par le battu, le député du Puy-de-Dôme André Chassaigne. «Le peuple de France dispose aujourd’hui d’un Parti communiste en bon ordre de marche pour les échéances décisives de 2012. (…) J’en appelle solennellement à la responsabilité politique de chaque communiste : quel qu’ait pu être notre choix pour la désignation du candidat du Front de gauche, entrons et participons sans retenue à la bataille qui s’engage», a-t-il affirmé dans une déclaration.

Favorable au Front de gauche, il savait que l’équilibre entre les différentes composantes de ce rassemblement passait par le choix de Mélenchon à la présidentielle, puisque les communistes ont obtenu de se présenter dans environ 80% des circonscriptions. Un enjeu crucial puisqu’en dépend notamment le financement des partis politiques. Les discussions sont toujours en cours, butant toujours sur quelques circonscriptions réclamées par le Parti de gauche, notamment à Paris et en région parisienne. «Mais on n’est plus très loin», estime Eric Coquerel, secrétaire national PG chargé des relations unitaires.

C’est en tout cas une victoire pour l’ancien socialiste Mélenchon, qui peut se lancer dès maintenant en campagne. Dimanche soir, il sera sur le plateau du 20H de TF1, avant un déplacement lundi à Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône pour soutenir les salariés de l’usine Fralib, menacée de fermeture. «Jusqu’à maintenant, le paysage de la présidentielle était relativement virtuel car les candidats n’étaient pas connus. Cette fois, la dynamique va être très rapide. On change d’époque, on entre dans une nouvelle phase du Front de gauche», veut croire Eric Coquerel.

Un meeting est également prévu le 29 juin à Paris, entre les métros Jaurès et Stalingrad. Les petites formations qui ont récemment décidé de rejoindre le Front de gauche doivent aussi y participer. Il s’agit de la Fase de Clémentine Autain (qui compte notamment les «communistes unitaires», qui avaient quitté le PCF, comme Patrick Braouezec), du courant Convergences et alternative (des déçus du NPA) et de République et socialisme (en rupture avec le MRC de Jean-Pierre Chevènement).

ParPar Lénaïg Bredoux pour « Mediapart »

2 réponses à “Après le vote du PCF, Mélenchon peut entrer en campagne”

  1. GUGUS dit :

    Si on est un véritable socialiste, on ne peut que voter Mélenchon. Le PS français est aujourd’hui à l’image du PS Portugais, Espagnol, ou encore en Grèce, il montre qu’il est totalement inféodé aux puissances de l’argent représentées par la Commission Européenne. Et même, en supposant que le PS français veuille faire une politique de gauche, il ne le pourrait plus après avoir voté, dans le dos du peuple français, le traité de Lisbonne…Les militants du PS doivent se regarder dans une glace. Etre contre la commission de Bruxelles, ce n’est pas être anti européen, c’est vouloir une autre europe au service des peuples et non au service des banksters et banqueroutiers. Pour ce faire il faut dénoncer les traités de Lisbonne, Nice, et Maastrich qui ont été une duperie sans nom, en nous imposant une fois pour toute, un modèle de société uniquement au profit des nantis.

  2. babelouest dit :

    Si certains craignent un poids trop fort du PC dans le Front de Gauche, il suffit que le maximum de personnes de tous horizons amènent leurs voix, non seulement dans les urnes, mais dans le débat.

    Compte tenu de la dérive libéro-majoritaire qui englue le PS dans une fausse position de gauche, le Front de Gauche devient LA formation porteuse d’espoir. Face à un Solférino au souffle droitier, il faut oser le dire, seule une affirmation « à gauche toute » mérite d’être défendue.

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