Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 juin 2011

L’hôpital en crise

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 6:30

La crise persistante du système français de santé connaît un nouvel épisode avec la fracassante démission du professeur François Nicoli de l’hôpital de la Timone, à Marseille. Dans sa lettre, le neurologue regrette que « l’insuffisance flagrante et persistante des moyens médicaux et humains » alloués à son service ne lui permette plus « de répondre aux exigences de la qualité des soins ». Comme en témoignent aussi les grèves récurrentes des infirmières, l’hôpital va mal.

Il y a deux ans, Mme Roselyne Bachelot, ministre de la santé, promettait qu’il n’y aurait plus aucune fermeture d’hôpital, mais n’excluait pas une « baisse de la masse salariale ». Au nom de la lutte contre l’accroissement permanent du coût des soins de santé (11 % du produit intérieur brut, en France, dont la moitié concerne l’hôpital), les récentes réformes sont toutes marquées du sceau néolibéral : la mise en concurrence, sur critères comptables, des établissements. Or, soulignait dans son article publié en novembre 2009 le professeur André Grimaldi, le marché ne peut pas « répondre au cahier des charges de la santé — utilité sociale, qualité élevée et moindre coût —, comme l’ont montré toutes les expériences historiques, pour la simple raison que l’usager n’est pas un consommateur éclairé qui a choisi d’être malade, mais une personne plus ou moins affaiblie, plus ou moins angoissée, dont les besoins sont potentiellement illimités ».

Confrontée à la généralisation des « déserts médicaux » dans certaines régions, la médecine générale elle-même souffre de cette situation. Combien de temps la France pourra-t-elle encore se targuer de son rang de premier pays du monde en matière de soins de santé (classement de l’Organisation mondiale de la santé en 2000) ?

La valise diplomatique

6 réponses à “L’hôpital en crise”

  1. babelouest dit :

    La Main Gauche, je me permettrai un petit codicille à ce bilan. Ce n’est pas le cerveau primitif qu’il faut réveiller. Lui est saturé des informations truquées du monde tel qu’on les lui présente par médias intégrés.

    Non, c’est le cerveau supérieur qu’il faut remettre en service. C’est lui que, par propaganda tous azimuts, par l’impasse délibérée sur le système éducatif, les Êtres Supérieurs (sic) œuvrent à mettre en veilleuse chez la plupart de nos contemporains. « Les Français sont des veaux », surtout si tout est fait pour les maintenir dans cet état.

    On peut louer l’initiative de Ségolène Royal, de veiller à ce que chaque Lycée possède son animateur culturel : c’est le bon âge pour éveiller toutes les connexions au beau, à ce qui n’est pas délibérément marchand, à une altérité changeante et immense. Et même elle a des difficultés à maintenir ce réseau, faute des moyens que le Château lui accorde de plus en plus chichement. En tout cas, je le sais, çà marche vraiment !

  2. La main gauche dit :

    Il n’y a guère qu’un sursaut instinctif réveillé fortuitement des profondeurs du cerveau primitif qui pourrait remettre en cause l’ordre établi.. enfin, si on peut imaginer un seul instant un caniche nain engoncé dans son manteau fourrure et paillettes redécouvrir de lui même les signaux naturels, les senteurs sauvages, l’appel de la jungle, etc…

  3. La main gauche dit :

    bêtise et stupidité,.. c’est tentant et ça soulage sûrement, avec un côté culpabilisant qui enfonce encore un peu plus… on pourrait dire ça aussi de la vieille qui a ouvert sa porte et tendu son carnet de chèque au vendeur d’extincteurs… certes le grand âge la dédouane et adoucira sa condamnation à des termes plus soft « crédulité » « abus de confiance » etc.. seulement, quand de la gauche démocrate à la droite extrême, les grands médias, les intellectuels, etc.. ça fait beaucoup de monde qui vous vante et vous explique la valeur travail comme valeur forte omettant de préciser que c’est une excellente valeur pour tenir éloigner les gens de l’idée qui pourrait leur germer dans leur tête d’abruti qu’il ne serait peut-être pas plus compliqué et chronophage de gérer eux même leur pays au lieu de travailler comme des cons !.. Compte tenu de l’entente généralisée des têtes pensantes et parlantes dans ce domaine, qui plus est garant des programmes éducatifs, on est peut-être, à mon sens, davantage dans l’abus de confiance que dans un simple glissement vers la stupidité brute… même si au bout du compte ça change pas grand chose…

  4. Exec T dit :

    La santé publique, l’organisation des soins et le financement sont des choix politiques.

    La population française mérite, en conséquence de son vote, le système actuel. Il ne saurait y avoir de prime à la bêtise ou à la stupidité.

  5. babelouest dit :

    Aussi longtemps que le Val de Grâce fonctionnera, avec un budget nettement plus conséquent que celui d’autres hôpitaux, qu’importera à nos « décideurs » ? Eux continueront à être bien soignés, quitte aussi à fréquenter l’hôpital américain de Neuilly…

    Pour ceux qui, rouages essentiels de notre patrimoine, sont natifs de la Lozère ou du Périgord Noir, eh bien, tant pis pour eux !

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