Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 juillet 2011

Ce que reproche la Cour des comptes à la politique de sécurité

Filed under: 07 - Justice,08 - Santé-Services publics — iledere @ 6:30

Ce que reproche la Cour des comptes à la politique de sécuritéLa Cour des Comptes a publié ce jeudi un rapport attaquant vivement la politique de sécurité du gouvernement. Décryptage.

Le dernier rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi a provoqué l’ire du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. En 248 pages, les « Sages » ont dézingué la politique de sécurité du gouvernement, mettant non seulement à mal ses pratiques mais également ses résultats. L’enquête, menée auprès d’un échantillon de 52 villes d’Ile-de-France, Rhône-Alpes et Paca, montre des problèmes de gestion et d’organisation des forces de sécurité.

La baisse de la délinquance en question
Entre 2002 et 2010, « les forces de police et de gendarmerie ont bénéficié d’un renforcement de leurs crédits et de leurs effectifs pour accomplir leurs missions », révèle le rapport. Mais malgré la communication ultra-positive du gouvernement sur la baisse de la délinquance, les résultats sont contrastés. Selon les Sages, les chiffres sur lesquels s’appuient le ministère ne sont pas « pertinent[s] en raison de [leur] hétérogénéité« .

Ils notent, en effet, que si les atteintes aux biens ont fortement reculé grâce notamment à la baisse des vols de voiture, les violences aux personnes ont augmenté de 20% entre 2002 et 2009. Une approche immédiatement contestée par Claude Guéant. Avant même la sortie du rapport, le ministre de l’Intérieur dénonçait « un nombre important d’inexactitudes, d’erreurs d’analyse, d’oublis et d’appréciations manquant parfois d’objectivité ».

Une organisation du travail coûteuse
La Cour relève également une « coûteuse et complexe organisation du temps de travail dans la police« . Elle pointe non seulement un « gonflement » de près de 80% des heures supplémentaires en six ans mais également une mauvaise gestion du personnel. Entre les congés, les repos, les arrêts maladies et les autres absences, 30% du potentiel théorique de la sécurité publique est systématiquement indisponible.

La vidéosurveillance, une pratique inégalement développée

Les Sages fustigent le « développement rapide mais coûteux » de la vidéosurveillance. Mesure phare de son premier quinquennat, Nicolas Sarkozy annonçait en 2009 vouloir faire passer le parc actuel de 20 000 à 60 000 caméras. Mais le rapport doute des chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur. La Cour ne dénombre que 10 000 caméras en activité sur la voie publique. Et celles-ci seraient très mal réparties. Ainsi, seuls 7% des communes de Seine-et-Marne en seraient équipées contre 90% dans les Alpes-Maritimes. Les coûts d’exploitation varieraient également énormément d’une commune à l’autre. A Cannes, analyser les bandes coûte 3000 euros par an et par caméra alors qu’à Saint-Fons, dans le Rhône, les coûts atteignent presque les 20 000 euros.

Mauvaise répartition des forces sur le territoire
La Cour met également en avant la mauvaise distribution des effectifs de sécurité sur le territoire. « La répartition spatiale de l’ensemble des forces devrait être corrélée avec la taille de la population et l’importance de la délinquance« , recommande le rapport. Une proposition logique mais qui ne serait pas, selon les Sages, systématique appliquée. Ainsi, plusieurs communes d’Ile-de-France, pourtant réputées pour être « sensibles », ont moins d’un policier pour 500 habitants. A l’inverse, Mende, Privas ou Guéret, réputées pour avoir une faible délinquance, ont un policier pour 200 habitants.

Par Caroline Politi pour l’express.fr

4 réponses à “Ce que reproche la Cour des comptes à la politique de sécurité”

  1. La main gauche dit :

    … et hop.. un petit proverbe qui pourrait être Africain… dans la savane, il y a deux manières d’appréhender la « sécurité »… soit pourchasser sans fin les lions pour leur couper les griffes, soit apprendre à marcher contre le vent…
    et re-hop… s’il y a bien une leçon à retenir de 2002, c’est qu’un politique ne doit jamais s’excuser de penser autrement !.. c’est surtout ça qui a coûté cher à Jospin !

  2. La main gauche dit :

    Révizor nous récite un peu le parfait petit lexique médiatique habituel… Pour peu, justement, de regarder la réalité en face, le PS n’a jamais rien nié, et le nombre de « flic » n’était pas moindre en 2002 qu’aujourd’hui.. on peut peut-être reprocher au PS, et au premier ministre d’alors, d’avoir manqué d’imagination, mais de là à vouloir que les candidats à gauche s’engouffrent dans ce moule qui veut ériger la « sécurité » comme valeur primordiale, à placer sur un trône indétrônable qui n’aura au final pour tout empire que celui de la régression sans fin… c’est oublier les quelques mots d’Einstein sur l’imagination… Espérons que certains du PS s »en souviendront…
    Quant à l’immigration illégale, il ne peut pas être autrement pour un politique que d’être légaliste..maintenant, la loi, c’est eux qui la font.. et là aussi.. l’imagination..
    Enfin, sur le thème de la « sécurité » en général, regarder la réalité en face, n’est-ce pas s’apercevoir que doubler le budget de l’école primaire sera toujours plus efficace que des millions de caméras ?!?

  3. revizor dit :

    Il fut un temps, pas si lointain où la gauche et singulièrement le PS, niait le problème sécuritaire, dénonçait le flicage, était aveugle sur ce qui se passait dans nos cités.
    On a vu ce que ça a donné et un ancien premier ministre socialiste avait dû avouer avoir fait preuve de naïveté sur la question.
    Maintenant on a l’impression que le PS tord le bâton en sens inverse et dénonce l’insécurité , qui n’est donc plus une invention électoraliste de la droite, réclame plus de flics, plus de moyens pour la police et critique la politique de Sarkozy.
    Cessons d’avoir une position politicienne sur la question et voyons la réalité en face.
    Oui bien sûr il y encore des efforts à faire en matière de sécurité des biens et des personnes.Oui il faut continuer à lutter contre le banditisme , les voyous , les trafiquants.
    Oui, il ne faut pas nier les efforts faits par le pouvoir et les résultats obtenus même si tout n’est pas parfait.
    Et peut-être faudrait que les résultats obtenus par la police ne soient annihilés par les juges ou certaines lois désuètes.
    Mais nous ne pourrons évidemment mettre un sergent de ville derrière chaque Français.

    Il en est de même pour l’immigration.
    La gauche ne doit plus avoir peur de dire qu’il faut limiter l’immigration légale et renvoyer les immigrés en situation illégale.
    A cet égard saluons la position courageuse du député communiste André GERIN.

  4. babelouest dit :

    Plutôt que de vidéosurveillance, ne faudrait-il pas parler de voyeurisme ? Bien qu’au gouvernement on s’en défende, les caméras de surveillance ne rendent qu’un service très limité en face de leur coût d’installation et de fonctionnement. C’est plutôt afin d’être le Big Brother qui voit tout (!), que les élus veulent ces yeux étranges partout sur le territoire de leur circonscription. Cela leur donne une impression de puissance.

    Preuve de l’inefficacité de ce maillage électronique ? La délinquance ne baisse pas. Seule une police de proximité, celle dont ne veut pas un ancien ministre de l’Intérieur, apporte son efficacité préventive, la meilleure. Et puis, ne l’oublions pas, la lutte contre le chômage est encore le meilleur remède. Allez dire cela à ceux pour qui ce chômage est un bon moyen pour gagner encore plus, en obligeant les précaires à se concurrencer, voire à travailler pour rien… puisque de plus en plus souvent on en est là.

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