Section socialiste de l'île de Ré
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9 juillet 2011

Les algues vertes sont arrivées en Bretagne avant Nicolas Sarkozy

Filed under: 01 - Etudes et analyses,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Les algues vertes ont envahi la plage de Plouha dès le mois de mai. (AFP)Le chef de l’Etat préside une table « pas assez ronde », selon les associations qui n’ont pas été invitées à la discussion sur la protection du littoral.

Nicolas Sarkozy s’est rendu jeudi 7 juillet sur la presqu’île de Crozon, pour y évoquer la protection du littoral et de la mer à l’occasion d’une table ronde. « Cette table ne doit pas être suffisamment ronde : aucun des acteurs majeurs de la lutte contre les algues vertes n’ont été conviés, pas même le président de la Région« , ironise Gilles Huet, délégué général de l’association Eau et Rivières de Bretagne. Cette année, les algues vertes sont pourtant arrivées en Bretagne avant le chef de l’Etat. Favorisées par la chaleur précoce, elles prolifèrent sur les côtes bretonnes et se sont imposées dans un débat auquel elles n’étaient pas invitées.

Le président de la République était accompagné des ministres de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire. Directement concernés par le dossier de cette pollution annuelle des plages, ils doivent affronter la montée des critiques sur l’efficacité du plan national de lutte, lancé après la mort d’un cheval et le décès suspect d’un salarié chargé du ramassage pendant l’été 2009.

Le sujet est venu sur la table à Crozon, « mais il a été abordé avec des interlocuteurs qui ont tous la même analyse. Aucun d’entre eux ne souhaite voir remis en cause le modèle agricole intensif qui caractérise la région« , se désole Gilles Huet.

« Ramasser plus, pour traiter plus, pour dépenser beaucoup plus »
Pendant ce temps, les ramassages d’ulves – les fameuses algues – se multiplient. Dès le 30 juin, près de 25.000 m3 ont été collectées dans la région (15.175 dans les Côtes d’Armor, 9.792 dans le Finistère). Comparé à 2010, 11.947 pour les Côtes d’Armor, 1.098 pour le Finistère, ces chiffres ont pratiquement doublé. Fin juin, l’usine de traitement de Lantic dans Côtes d’Armor a même été saturée après des arrivages d’algues massifs.

« On est dans la logique du « ramasser plus, pour traiter plus, pour dépenser beaucoup plus« , ne décolère pas le délégué général. Selon lui, ce système vise à ménager la filière agro-alimentaire, les coûts de ramassage et de traitement pesant uniquement sur le contribuable.

Les collectivités locales n’ont d’ailleurs pas le choix. Face aux risques sanitaires mis en évidence lors des accidents de 2009, elles ne peuvent plus laisser les algues pourrir sur les plages et dépensent énormément pour traiter ces marées vertes.

Début 2010, le gouvernement a adopté un plan de 134 millions d’euros s’étalant jusqu’à 2014 pour venir à bout de cette pollution. Confronté à l’augmentation régulière des volumes à prendre en charge, ce projet vise notamment à développer des moyens de valorisation des algues. Comme s’il n’était pas possible de venir à bout du problème.

« Incohérence totale »
Parmi les mesures annoncées par Bruno Le Maire, les associations environnementales attendaient beaucoup plus sur la réduction des « flux de nitrate vers les côtés » lqui devait imposer de « modifieres pratiques agricoles« .

Elles se sont réjouies de la signature le 30 juin de la charte de territoire pour la baie de Lannion. L’accord prévoit de convertir 60% de la surface agricole en herbages, ce qui permet de diminuer les fuites de nitrates vers les eaux. D’autres programmes sont prévus, en baie de Douarnenez ou de Concarneau.

Mais, dans le même temps, « le gouvernement prépare des mesures d’assouplissement concernant l’activité d’élevage« , rappelle Gilles Huet qui dénonce « une incohérence totale« .

« Ce qui se profile, c’est la suppression du dispositif « zone d’excédent structurel » qui permet d’interdire les extensions des élevages« , tempête le délégué général. A ses yeux, « le gouvernement ne peut pas en même temps prétendre lutter contre l’algue verte et casser la règlementation qui permet une régulation. »

Pour les écologistes, les rejets azotés produits par les élevages industriels et l’épandage d’engrais sont les principaux responsables de la prolifération des algues. Selon Eau et Rivières de Bretagne, il faudrait parvenir à diviser les rejets par 5 ou 6 pour venir à bout de la prolifération d’ulves.

Continuer à ramasser…
A l’issue de la table ronde, Nicolas Sarkozy a promis que l’Etat continuerait les actions de ramassage des algues vertes qui polluent le littoral breton et qu’il soutiendrait les projets de méthanisation agricole pour réduire les rejets d’azote à l’origine de leur prolifération.

Confirmant les inquiétudes des associations écologistes, le chef de l’Etat a pris la défense des agriculteurs. Il a jugé « absurde de désigner des coupables, de montrer du doigt des agriculteurs qui ont fait d’énormes progrès en la matière (…) et qui ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a bien longtemps ».

Louis Morice Le Nouvel Observateur

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