Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

2 août 2011

L’allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

L'allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

Au 1er janvier dernier, le gouvernement a supprimé l’allocation équivalent retraite (AER) destinée aux chômeurs proches de la retraite. Alors que la réforme entrant en vigueur le 1er juillet a repoussé l’âge légal de départ à 62 ans, plus de 30 000 demandeurs d’emploi âgés seraient privés de ressources.

À la fin du mois de juillet, les revenus de René Némoz, Villeurbannais de 58 ans, vont connaître un gros trou d’air. À cette date, cet ancien menuisier du bâtiment, qui a plus de 41 années de travail derrière lui, aura épuisé ses trois années de droit au chômage et il ne pourra plus toucher ses 1300 € d’indemnisation mensuelle. Jusqu’ici, il pensait avoir droit à l’allocation équivalent retraite (AER), une aide financée par l’État de 33 € par jour, soit un peu moins de 1000 € par mois.
Mais cette prestation a été supprimée par le gouvernement le 1er janvier dernier. Créée en 2002, elle permettait justement aux demandeurs d’emploi ayant leurs annuités, mais pas encore l’âge de départ, d’attendre la retraite. René devra donc se contenter des 461 € mensuels de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), le minima social des chômeurs en fin de droits. Et il devra s’en contenter plus longtemps, puisque la réforme des retraites promulguée à l’automne repousse, à partir du 1er juillet 2011, l’âge légal de départ, qui passera de 60 ans aujourd’hui à 62 ans en 2018.

Malgré ses quarante ans d’usine…
« Avec un loyer de 420 €, les factures d’électricité, la mutuelle, la nourriture : comment voulez-vous que je vive avec 460 € par mois ?« , s’alarme Marie-Pierre, qui va passer de l’allocation de chômage à l’ASS en novembre. À 58 ans, cette Angevine, qui a commencé à travailler à 16 ans, a derrière elle « quarante ans d’usine » et encore plus de trimestres « validés ». Elle n’a pas pour autant le droit de bénéficier du dispositif « carrière longue » qui permet à ceux qui ont commencé à travailler très tôt de liquider leur retraite avant l’âge légal.

« On est les sacrifiés de la réforme des retraites », s’énerve Christian qui, désespérant de retrouver un travail, admet avoir eu « une bonne dépression ». À 57 ans, ce Vosgien, un ancien cadre technique dont l’allocation de chômage prend fin le 30 juin, va devoir attendre « trois ans et quatre mois » avant d’avoir le droit de partir en retraite, malgré 41,5 années de cotisations au compteur. Sans allocation équivalent retraite. Et, comble de malheur, sans allocation de solidarité spécifique non plus, « car les revenus de mon foyer dépassent les plafonds pour y avoir droit ».

Une association se mobilise pour l’AER
Comme René, Marie-Pierre ou Christian, ils seraient près de 30 000 demandeurs d’emplois seniors privés d’AER. Trop vieux pour retrouver un travail, trop jeunes pour partir à la retraite. C’est du moins l’estimation de Monique Manca, présidente de l’Association de défense contre la suppression de l’allocation équivalent retraites, qui reçoit « des messages de gens concernés venant de toute la France ». Créée par d’anciens salariés de l’automobile du Doubs, qui avaient parfois adhéré à un plan de départs parce qu’ils savaient pouvoir compter sur l’AER, cette association a déjà obtenu, avec l’aide des syndicats, deux fois le rétablissement de cette allocation. Sa suppression avait déjà été programmée en 2009, puis en 2010, mais, à chaque fois, crise aidant, la mobilisation avait eu gain de cause. L’association, qui devait organiser un rassemblement à Montbéliard vendredi 24 juin, réclame que « l’AER soit maintenue pour toutes les personnes licenciées avant le 1er janvier 2009 ».

Rien en vue pour remplacer l’AER
En septembre dernier, en pleine mobilisation sur les retraites, le premier ministre, François Fillon, avait créé l’espoir en promettant à la télévision « un système équivalent à l’AER, pérenne, pour les travailleurs âgés ». Rien n’est venu et, aujourd’hui, Matignon renvoie ses interlocuteurs vers le ministère du travail, qui répond : « Nous avons mis en place des mesures sur l’emploi des seniors. Quant à l’AER, nous l’avons prolongé deux fois.  »

Ce que le gouvernement « voulait en fait, c’est que l’Unédic paie à la place de l’État, mais les partenaires sociaux ne peuvent pas indéfiniment financer les prestations que l’État ne veut plus payer ! « , s’indigne Laurent Berger, le négociateur emploi de la CFDT, qui assure avoir récemment « interpellé le ministère du travail sur cette question« . Le rétablissement de l’AER coûterait « autour de 250 millions d’euros », selon la CFDT. Mais, précise Stéphane Lardy, en charge du dossier à Force ouvrière, « on nous dit qu’il n’y a pas de budget, le dossier est bloqué ».

Par Nathalie Birchem (La Croix) pour « Notre temps« 

4 réponses à “L’allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources”

  1. GIGI dit :

    Bonjour
    La suppression de l’AER a laissé 30000 seniors dans la précarité et d’ailleurs actuellement les faillites personnelles des seniors explosent.

    Restreindre l’accès à l’AER aux seuls trimestres validés et bloquer l’âge des ayants droit à 60 ans est une aberration. En effet, dans l’AER « version 2002/2010 », les femmes y étaient bénéficiaires en grande majorité, car elles sont exclues du dispositif des longues carrières de la loi Fillon particulièrement discriminatoire pour elles, justement parce qu’il repose exclusivement sur les trimestres cotisés (distinction instaurée par la loi de 2003), alors que les femmes durant leur maternité, ont une suspension de leur contrat de travail et ne font que valider leurs trimestres – il est quasi impossible pour une femme qui a eu 3 grossesses ou plus d’accéder aux longues carrières surtout si elle ne s’est jamais arrêtée de travailler (mari avec de faibles ressources, femmes veuves et divorcées ou célibataires…).

    La proposition de la nouvelle AER « partielle » basée exclusivement sur les trimestres cotisés exclurait donc de nouveau les femmes du seul dispositif auquel elles pouvaient encore prétendre en ayant commencé à travailler tôt.
    La nouveauté est que, par la même, les hommes n’auraient, quant à eux, aucun intérêt à faire une demande de prise en charge en AER nouvelle version, car à 60 ans et avec des trimestres cotisés, ils seront déjà partis dans le dispositif des longues carrières.

    A ces nouvelles conditions il ne s’agit plus d’une allocation équivalent retraite « partielle », mais d’une allocation équivalent retraite « nulle », car elle annule de fait toute personne pouvant y prétendre, les uns parce qu’ils seront déjà pris en charge par la longue carrière qui requiert les même critères d’accès que l’AER partielle, les autres parce ces mêmes critères d’accès les discrimine autant que la loi Fillon des longues carrières.

    Actuellement ce sont aux seniors victimes de la crise de 2009 (les principaux concernés par les plans de licenciements DE 2009), qui normalement auraient dû entrer à partir du 1er janvier 2011 dans le dispositif AER (à l’expiration de leur droit au chômage), qui ont été directement impactée par la suppression effective de l’AER au 1er janvier 2011. Pour eux la garantie de l’allocation s’impose avec une rétroactivité aux conditions de l’AER de 2010 quitte à diminuer le montant de ladite allocation, si le budget national est restreint – l’important c’est que le maximum de bénéficiaires puissent toucher l’AER et non un minimum comme semble vouloir le faire actuellement le gouvernement

    Un nouveau dispositif pourrait alors être étudié avec les partenaires sociaux après les élections de 2012, mais dans l’immédiat et devant l’urgence de la situation, il faut porter l’allocation de façon rétroactive à tous les séniors demandeurs d’emploi de longue durée, qui ont leur 161 trimestres validés,.
    Enfin, et ce malgré les évolutions législatives sur le maintien de l’emploi des seniors, ce soir le chômage des + de 50 ans a encore augmenté. Si pôle emploi veut se consacrer comme il se doit aux nouveaux inscrits avant qu’ils ne deviennent chômeurs de longue durée, il est aussi urgent de ce point de vue que tous leurs moyens leurs soient consacrés, ce qui sera plus simple si les seniors qui ont leurs 161 trimestres validés sortent de la recherche d’emploi.
    Cordialement

  2. GIROD Andre dit :

    Je trouve que d’avoir supprimé l’AER est purement scandaleux, moi même totalisant aujourd’hui 166 trimestres je vais avoir 60 ans en décembre prochain et je n’ai plus d’allocation chômage. Monsieur FILLON qui avait promis de maintenir un dispositif identique à l’AER pour les seniors étant dans cette situation n’a pas tenue parole . J’espére à une mobilisation des syndicats pour cette revendication légitime et serais là pour participer à une éventuelle manifestation pour faire connaitre notre colére.

  3. LE BOUETTE dit :

    Si le gouvernement veut soit disant repenser un autre système de prise en charge plus tard certes, mais vu l’urgence de la précarité actuelle pour les personnes concernées, il pourrait au moins rétablir le dispositif d’aide pour les seniors mis sur la touche pendant la crise de 2009 (promesse présidentielle de maintenir le dispositif pour les victimes de la crise), car nous avons été statistiquement les plus touchés que ce soit par licenciements ou accords conventionnels. Rétablir l’aer pour les victimes de la crise, qui je le rappelle ne pouvaient pas constituer de dossier aer avant 2011 car ils étaient encore avec des droits au chômage, permettrait aussi d’éviter des dossiers d’insolvabilité et de faillite personnelle – ce qui coûte aussi indirectement très cher.

  4. LE BOUETTE dit :

    En plus de la réformes de retraite, la suppression de l’aer est une injustice de plus pour les personnes qui ont toujours travaillées. Il faut savoir que les seniors ont été les ^principales victimes de la crise de 2009 et que N SARKOSY avait promis de maintenir l’aer pour les victimes de la crise. L

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