Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 août 2011

L’actualité de la crise : IL Y A FOULE EN COULISSE !

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Réservez deux journées pleines de la semaine prochaine, qui va être marquée par des rendez-vous déterminants !

Mardi 23, François Baroin rencontre Wolfgang Schaüble à Paris, pour mettre en musique l’inoubliable sommet d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy et leurs « décisions ambitieuses », selon le ministre français. Vendredi 26, Ben Bernanke prononce un discours très attendu à Jackson Hole (Wyoming), à l’occasion du rendez-vous annuel des banquiers centraux du monde entier, organisé par la Fed de Kansas City (Missouri). « Au rendez-vous des sauveurs » pourrait s’intituler leur réunion.

En Europe, on prétend continuer à serrer les boulons tandis qu’il est spéculé aux États-Unis à propos… d’un nouveau round de libéralités de la Fed. Mais aucune de ces deux stratégies ne contrecarrera le ralentissement économique général en cours, au contraire, rendant encore plus insoluble l’équation de la réduction du déficit public et perturbant davantage la remise sur pied du système financier. Allez comprendre !

Non seulement le moteur est grippé, mais ceux qui sont chargés de sa maintenance sont dépassés par les événements, n’ayant comme ressource accessoire que d’occuper l’avant-scène. Tandis que les marchés ne savent plus à quel saint se vouer, ni même pour quelle raison ils en sont arrivés là, car les causes de frayeur s’additionnent.

Il y a dans ce rebondissement de la crise aiguë précédente une étrange dimension, conduisant à s’interroger sur son caractère auto-réalisateur. Comme si elle était exacerbée par le souvenir de la précédente, par la reconnaissance implicite que, tels les séismes, on ne peut en prévoir les épisodes car elle est trop souterraine.

Ce n’est après tout qu’une nouvelle manière d’éluder l’analyse de ce que nous vivons à un rythme accéléré, ce début de clairvoyance à propos de l’opacité s’arrêtant là, car il serait nécessaire de pénétrer dans l’innommable, pour admettre qu’elle s’approfondit. La paralysie de l’action en découle, car le saut qu’il faudrait faire, les remises en cause auxquelles il faudrait procéder, sont hors de portée, abolissant toutes les conventions… et autant de privilèges. Le mot « rupture » qui était dans toutes les bouches en a disparu quand il faudrait y procéder. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

L’inconcevable est survenu, mais il n’est pas question de s’y résoudre. Le réalisme a changé de camp, mais il n’est pas question de l’admettre. S’appuyant sur la peur, le fatalisme et la résignation, ou bien tout simplement sur le manque d’imagination, flattant les pulsions les moins reluisantes, d’anciens et de nouveaux démagogues en profitent pour rester en place ou tenter d’émerger.

L’indignation a acquis le droit de cité, n’en demandons pas trop d’un coup, car nous ne sommes qu’au début de l’histoire. Quand ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, et ceux d’en bas ne le veulent plus, a-t-on prophétisé. Une phrase restée célèbre, pour sa valeur de constat et d’avertissement. La différence avec hier étant que l’affranchissement dont elle est porteuse ne se résume plus aujourd’hui à des mots vite trahis. Il y a foule dans la coulisse.

par François Leclerc pour le blog de Paul Jorion

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