Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 août 2011

François Hollande : le quinquennat Sarkozy, c’est « travailler moins pour payer plus »

Filed under: 09 - Evènement,13 - PS — iledere @ 8:28

Interviewé dans le cadre de l’Université d’été du PS à La Rochelle, le candidat à la primaire socialiste dénonce la politique menée par le président sortant et son gouvernement

Les sondages vous sont toujours favorables. Est-ce à dire que la primaire est déjà gagnée ?
Je ne ferai pas l’erreur que d’autres ont pu commettre. Entre un sondage et une élection, il y a un écart qui s’appelle tout simplement une campagne électorale. Cette situation me confère une responsabilité et un devoir, la responsabilité de répondre aux préoccupations des Français dans un moment particulièrement difficile et le devoir de convaincre au-delà de la primaire car je sais que l’élection présidentielle n’est pas jouée. Si Nicolas Sarkozy est largement rejeté, la gauche n’a pas encore gagné.

Etes vous néanmoins le mieux placé pour battre Nicolas Sarkozy ?
J’imagine que chaque candidat à la primaire doit penser qu’il est le meilleur ! Sinon, pourquoi se présenter ? Mais une élection n’est pas une question de jugement sur soi-même. C’est une confiance que le pays porte à l’égard de celui ou de celle qui va le représenter. La primaire socialiste offre aux Français la possibilité de désigner le prochain Président de la République. Je dis à tous ceux qui s’intéressent à la vie politique au-delà du PS: « venez voter le 9 octobre. C’est vous qui allez décider de l’alternance en France et de son visage. Vous disposez d’une liberté qu’aucun parti politique n’avait jusqu’à présent offerte aux citoyens ».

Espérez vous le soutien de Ségolène Royal pour le second tour des primaires ?
Un scrutin se construit au premier tour. Cela vaut pour la primaire comme pour la présidentielle. C’est là qu’une dynamique s’installe et que les mouvements se lèvent. Je ne vise rien d’autre qu’une majorité forte et le rassemblement. Je veillerai à ce que tous les talents aient leur place dans la victoire finale.

Le gouvernement a décidé de faire payer les riches. Ca doit vous convenir ?
Il aura fallu attendre la fin de son mandat pour que Nicolas Sarkozy cède enfin à l’évidence. Son paquet fiscal aura été un échec économique et une provocation sociale au point que nous avons vécu cette situation inouïe où les plus riches des Français ont demandé par voie de pétition à être imposés davantage. Le chef de l’Etat y a consenti avec tant de réticences que la seule disposition temporaire du plan gouvernemental est celle qui les concerne. Pour les autres, l’imagination de Nicolas Sarkozy en matière de fiscalité est sans limites ! Il s’en prend à tous les actes de la consommation, des parcs d’attraction jusqu’aux boissons sucrées, après avoir frappé les mutualistes, les assurés et les petits épargnants. Je note par ailleurs la coïncidence entre l’annonce du plan gouvernemental et le constat d’une nouvelle hausse du chômage qui résume le quinquennat de Nicolas Sarkozy : travailler moins pour payer plus.

Cette mesure provisoire pour les plus riches, un président Hollande ne l’abolirait donc pas ?
Je ne suis pas favorable aux impositions exceptionnelles qui ne sont que des artifices ou des bricolages; c’est pourquoi je propose une réforme structurelle de nos prélèvements. Je considère que la réforme fiscale doit être le premier acte de la nouvelle législature. Elle doit permettre un meilleur rendement de l’impôt, favoriser la croissance et mieux répartir l’effort. Je n’accepte pas la richesse insolente, les rémunérations indécentes, les privilèges de la fortune et de la naissance.

Faut-il revoir le projet du PS, adopté au printemps dernier, à la lumière des derniers soubresauts de la crise financière ?
Les grandes orientations ont gardé toute leur pertinence ; la crise les a même validées. Mais nos marges de manœuvre étant réduites, nous n’aurons pas la possibilité de tout faire tout de suite. Ce serait une grave faute que de laisser penser que nous pourrons répondre à toutes les revendications. Il faut donc des priorités. Ainsi, le thème fédérateur, la grande cause de l’élection présidentielle doit être la jeunesse. Regardez partout dans le monde ce qu’elle finit par faire quand elle est ignorée, méprisée, laissée sans avenir.

La limitation du cumul des mandats figure dans le projet du PS. Mais vous y étiez opposé…
Ma position, c’est le projet du PS, tout le projet. Si je suis élu président de la République, une loi sera votée qui en finira avec le cumul des mandats, notamment entre parlementaire et exécutif local. Cette loi permettra de régler des situations qui peuvent parfois tourner aux conflits d’intérêts et de rehausser le niveau du travail parlementaire.

Ne serait-il pas nécessaire d’inventer des mesures pour faire monter de nouvelles générations au PS ?
L’exemple doit venir d’en haut, c’est-à-dire du gouvernement. Je m’efforcerai de promouvoir la meilleure représentation possible de la société française. Je ferai en sorte d’avoir une équipe renouvelée. Je ne suis pas nouveau en politique, puisque je suis député depuis 1988 et pourtant j’ai conscience qu’il faut du neuf. Du neuf, ce n’est pas seulement du rajeunissement ; c’est de l’audace dans le choix des personnes comme les actes à poser et de prendre le réel tel qu’il est si l’on veut le changer ; la France de 2012 n’est plus celle de 1997 et encore moins de 1981.

Ne vaut-il pas mieux, tout de même, avoir exercé des responsabilités au sein du pouvoir ?
Qui peut dire que je ne les connais pas ? Je connais bien l’Etat. J’ai été conseiller à l’Elysée, parlementaire, maire, président de conseil général et j’ai été associé par Lionel Jospin, Premier ministre, à de grandes décisions. Mais, j’assume. La Présidence de la République n’est pas un déroulement de carrière après avoir occupé une suite de postes ministériels mais un engagement à servir au plus haut niveau son pays et une crédibilité pour exercer cette fonction.

Souhaitez vous que Dominique Strauss-Kahn intervienne dans la campagne, et joue ensuite un rôle en cas de victoire de la gauche ?
Il est pour l’instant hors de la vie politique. Ce qui m’importe, c’est de conduire ma campagne, sans me laisser détourner par tel ou tel évènement. Depuis ma déclaration de candidature fin mars à Tulle, rien n’a changé ma détermination. Si je suis élu, j’aurais à utiliser toutes les compétences. Je n’en écarterais aucune.

Et d’avoir le soutien de Jacques Chirac, est-ce utile ou compromettant ?
(rire). Je ne me plains jamais que l’on puisse me trouver des qualités, y compris hors de mon camp. Si un trait d’humour peut convaincre des électeurs de droite de choisir la gauche, Jacques Chirac aura rendu un ultime service au pays…

Une campagne présidentielle oblige au sérieux. Mais François Hollande sans humour est-il un candidat normal ?
Un candidat normal, et demain un président normal, c’est quelqu’un qui ne cache pas ce qu’il est. Qui ne s’exhibe pas, mais n’occulte rien de sa personnalité. Il ne faut jamais se plaindre qu’un responsable politique ait de l’esprit. Encore faut-il que l’humour garde son sens. Mais rassurez vous, le sérieux ne me conduit pas à la retenue.

Regrettez vous d’avoir employé cette formule du « président normal » ?
Pas du tout ! Regardez comme Nicolas Sarkozy essaie de se soigner depuis que j’ai utilisé ce terme ! Il cherche à faire président ; il est bien temps ! Car sa manière d’exercer sa fonction a été anormale, elle a profondément choqué les Français. Quand je dis président normal, ça ne veut pas dire président banal qui n’aurait pas la force ou le caractère nécessaire. Un président normal, c’est un président qui doit allier hauteur de vue, humilité et respect pour ses concitoyens.

Propos recueillis par Bruno Dive et Patrick Guilloton pour Sud Ouest

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