Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 septembre 2011

Combien pour une vie humaine ?

Filed under: 07 - Justice,11 - société — iledere @ 12:00


Marseille, le 22 mai 2008, une voiture double brusquement et percute une moto qui glisse sur le trottoir et fauche une femme de 33 ans et ses deux enfants de 4 ans et 4 mois, tués sur le coup. Mohamed, qui marchait devant, voit mourir sous ses yeux toute sa famille.

C’est un drame et une perte inestimable pour cet homme, mais son avocat, Me Marc Ceccaldi réclame 45 millions d’euros de préjudice. C’est un chiffre très élevé mais aussi très précis, et ce n’est pas un choix anodin. Il s’agit de la somme reçue par Bernard Tapie et sa femme en réparation du préjudice morale dans l’affaire du Crédit Lyonnais en 2008 (ce montant record étant cette année remis en cause puisque Christine Lagarde est accusée d’avoir avantagé Bernard Tapie dans cette affaire). Mais cette somme exorbitante est très loin des sommes reçues pour un préjudice lors de la perte d’un proche, celle-ci tourne plutôt aux alentours de 25 000 euros. Mais c’est justement là que ça coince pour les avocats de Mohamed, qui peut juger du prix d’une vie ? C’est pourquoi ils adressent un message au juge qui va évaluer le préjudice de leur client : « Vous ne pouvez pas considérer que perdre sa femme et ses enfants en une fraction de seconde, fait du comportement fautif de deux chauffards, représente un préjudice inférieure à celui subit par ces gens dont l’image a été souillé par une hypermédiatisation de leur affaire ».

Il faut dire que le paiement de dommages et intérêts lors de la perte d’un être cher est soumis à un barème plutôt étonnant et un peu effrayant : par exemple le préjudice du conjoint en cas de perte de l’autre conjoint est de 20 000 à 25 000 euros, le préjudice d’un enfant en cas de la perte de un de ces parents varie s’il est mineur, s’il était déjà orphelin ou s’il vivait au foyer et peut aller de 11 000 à plus de 25 000 euros ; et il y a aussi le préjudice du parent pour la perte d’un enfant, des grands-parents, des frères et sœurs, et ainsi de suite. En clair, un tableau bien défini, avec des conditions bien précises, comme si selon les cas la douleur ou la gène peut fluctuer de 6 000 à 20 000 euros mais ne dépasse tout de même pas 25 000 euros. (more…)

Primaire PS : LeFigaro.fr se rebelle… mais pas dans le titre

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,20 - UMP — iledere @ 6:30

Vous voulez qu’on vous avoue la vérité ? Ces débats entre candidats à la primaire socialiste sont une mauvaise nouvelle pour la droite. Ils montrent une équipe dont la camaraderie de parti (prénoms, tutoiements) ne handicape pas la capacité à débattre avec, se détachant, un plus malin que les autres, qui préempte les conclusions et les synthèses. Bref, une belle photo de gouvernement avant la lettre.

« Belle découverte ! » vous exclamerez-vous. Que le PS soit en train de réussir magistralement sa primaire, vous l’aviez constaté tout seuls. Oui, mais ce n’est pas moi qui le dis. C’est… un journaliste du Figaro, dans une vidéo de commentaire du deuxième débat.

Mougeotte : « On n’est pas là pour emmerder la droite ! »
Evidemment, il faut bien chercher. La vidéo n’est pas titrée sur ce constat accablé, mais, de manière plus « figarorthodoxe », « Aubry et Royal obligées de provoquer Hollande ». Pourtant, François-Xavier Bourmaud dit bien « mauvaise nouvelle pour la droite ». J’ai dû réécouter deux fois, pour m’assurer que ce n’était pas un bug, ou un canular des Yes Men.

« Mauvaise nouvelle pour la droite ! » Comme il y va, Bourmaud ! Il ne le sait pas, que le patron a expliqué « qu’on n’est pas là pour emmerder la droite » ? Et il n’est pas seul. Voici qu’un autre article, donnant la parole à des députés UMP, aboutit au même constat. Mais que se passe-t-il ? C’est Potemkine, soudain, chez Mougeotte ? (more…)

29 septembre 2011

L’école est la grande affaire des classes populaires

Filed under: 02 - Education — iledere @ 12:00

L’école est une préoccupation majeure pour l’ensemble de la société, mais beaucoup plus encore pour les classes populaires, confrontées qu’elles sont à la contradiction particulièrement douloureuse qui se noue pour elles entre leurs aspirations à la franche réussite de leurs enfants et l’échec massif qu’ils subissent. Aussi, l’école est devenue une très grande affaire populaire aux enjeux sociaux et politiques considérables.

En 1962, chez les ouvriers, 15 % des parents souhaitaient que leurs enfants atteignent le bac. Ils étaient 88 % en 2003. Or, 22 % des enfants d’ouvriers obtiennent un bac général, quand c’est le cas pour 72 % des enfants de cadres.

Toutes les décisions prises par la droite vont dans le sens d’une aggravation de cette situation, par la destruction progressive et systématique des bases sur lesquelles l’éducation nationale s’est construite. La disparition de la carte scolaire, la fin du collège unique, de la formation des enseignants, le socle commun, l’autonomisation des établissements… sont autant de mesures destinées à définir les tâches d’une nouvelle école : produire les « compétences de base » du « capital humain » dont ont besoin les exigences capitalistes d’employabilité à un pôle et les hautes qualifications réservées aux mêmes à un autre.

Cette situation commande à la gauche de vouloir arrêter la casse et de décider d’une politique ambitieuse de moyens à la hauteur des nécessités, mais pas pour revenir à l’école d’avant les premières mesures structurelles de la droite, car c’est celle du tri, des filières d’inégale valeur sociale, des 150 000 jeunes qui en sortent chaque année en très grande difficulté. Cette école-là a fait son temps, elle est humainement, socialement, économiquement insupportable. Envisager de construire une autre école s’impose, celle de la démocratisation, que dans le Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire nous avons appelée l’« école commune ». (more…)

Comment Copé savonne la planche de Sarko

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Jean-François Copé le 21/09/2011 à Paris (WITT/SIPA)Il attend son tour. Patiemment. Derrière l’échéance électorale de 2012, Jean-François Copé regarde 2017 droit dans les yeux. Tout se jouera à ce moment-là pour lui. Avant, Copé semble s’en moquer.

Jean-François Copé est un homme d’une rare intelligence. A ne surtout pas confondre avec des Frédéric Lefèbvre ou tous les zozos de la « firme » (Solly, Louvrier, Charon, qui m’a bien fait rigoler tout de même avec sa saillie sur sa greffe de couilles) qui ont amené Nicolas Sarkozy sur le trône. Ils sont le miroir de l’écurie de communication emmenée par Stéphane Fouks qui n’a jamais réussi à sortir DSK des multiples ornières où il s’est plongé.

Revenons à Copé.

Quand on lit le communiqué de l’UMP sur la victoire de la gauche au Sénat, on ne peut qu’éclater de rire devant l’énormité de l’argumentaire. Agiter le chiffon rouge du vote des étrangers ressemble tellement peu au chef du parti encore majoritaire. Lui qui passe ses vacances avec Ziad Takkiedine, et devra certainement en rendre compte devant la justice, connaît trop bien les arcanes de la politique française pour ne pas savoir que ces « argus », frôlant ceux du Front national, ne peuvent que crisper l’électorat naturel de l’UMP, qui est fondamentalement raciste mais répugnera par principe à voter pour Marine Le Pen.

Or, et Nicolas Domenach, fanboy incœrcible de François Bayrou l’expliquait bien hier soir, le président du MoDem voit s’ouvrir un boulevard devant lui. Le parti socialiste avec ses trois débats télévisés des primaires (le prochain a lieu demain soir sur I-Télé) mange son temps de parole. Et sera au pain sec sans eau pendant environ deux mois. C’est plus qu’il n’en faut au député des Pyrénées-Orientales pour pousser son avantage. (more…)

28 septembre 2011

Pour une Justice de Gauche

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 12:00

En ces temps de fin de règne de Nicolas Sarkozy, c’est l’ensemble des structures sociales de notre pays qui sont touchées, et dans ce triste contexte, l’institution judiciaire n’est pas la moins épargnée.

Durant ces dernières années, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice ont été trop souvent bafouées, les libertés publiques rognées, au nom d’une prétendue politique sécuritaire.
Paupérisée et outragée, marquée par la frénésie législative et répressive dont chacun a compris, à présent, qu’elle n’est pas dénuée de considérants électoralistes, cette Justice, malmenée, la Gauche au pouvoir devra la libérer.
Attention toutefois à ne pas sous-estimer la tâche, en considérant, par exemple, qu’une simple pratique différente suffirait.

La Justice est un élément fondamental du processus de reconstruction que doit initier la Gauche d’alternative.
Recréer les conditions du respect et de la confiance perdue constitue aujourd’hui un facteur essentiel tant de la reconquête démocratique que de l’élan psychologique nécessaire au redressement.
Certes, dans ce domaine, la Gauche au pouvoir a toujours porté des réformes et des avancées parfois audacieuses, mais l’action à entreprendre, cette fois, nécessite un effort idéologique et éthique plus important, et des références emblématiques :

Pour les Grecs, à l’origine de la cité, la Loi était indissociable de la Justice.
Ils y ajoutaient une dimension sacrée, consubstantielle.
Pour eux, « l’accès au Droit », marquait l’acte de naissance de leur citoyenneté, en tant qu’hommes libres inter pares, la garantie de leur protection, par la Loi, face à l’arbitraire et à la barbarie. (more…)

La vie va…

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

La vie va ! Comme aime à le dire une mienne amie. Cette formule, on peut la prendre pour une manière de fatalisme ou comme l’expression de la banale surprise que constitue le fait d’être tout simplement au monde. La vie va ! Pour chacune et chacun, autour de chacun et de tous, oui, elle va, la vie et elle continue d’aller, il ne peut pas en être autrement.

Il y a ces petits et gros scandales, qui font un petit bruit dans le vacarme dominant ; il y en a qui s’offusquent, qui hurlent et trépignent devant l’inaction des pouvoirs publics devant la misérable condition faite à ces gens, hommes, femmes et enfants venus d’ailleurs, expulsés d’un hall de gare vers un jardin public et pour qui, sûrement, la route risque encore d’être longue.

Il y a ces gens qui vont et viennent de nulle part et puis, les milliers d’autres qui savent où aller, qui ont leurs repères assurés, un toit où s’abriter et se réchauffer et qui devant le spectacle désolant de cet abandon, détournent le regard, pensent très vite à autre chose, se dépêchent pour aller chercher leurs gosses à l’école, rentrent chez eux préparer le souper ; et puis s’endorment devant leurs téléviseurs. Et moi, quand je me balade en ville, je me fais arrêter tous les cinquante mètres par des types dépenaillés, qui me demandent une pièce, ou une cigarette. Souvent je m’arrête, je sors de ma poche ce que je peux, je roule une clope et je l’allume pour celui-ci ou cet autre. Parce que sa mine me fait pitié. Et parfois, oui, parfois ils m’énervent, il y en a trop, je peux pas vider mes poches à chaque fois, je ne roule pas sur l’or, non plus, loin s’en faut.

Alors, oui, des fois j’envoie promener d’un geste vague de la main et j’ai un peu honte. Et je me dis qu’il faudrait tout de même faire quelque chose ; mais quoi faire et qui pour le faire, ce quelque chose ? Quelque chose pour ces gens, et pour d’autres encore. Qui, quoi, comment, quand et puis où on va, c’est quoi ce mur, dressé devant nous et qui paraît si énorme ? C’est quoi ce sentiment que décidément les choses tournent de moins en moins rond, qu’il y a là, dans tous les domaines, à tous les étages, d’énormes grains de sable qui font que la machine a des ratés et qu’il n’y a plus personne aux commandes. Oui, le monde est une machinerie gigantesque qui tourne à vide, sans buts, sans perspectives autres que celle d’une chute qui va s’amplifiant. Un peu comme un grand navire entouré de récifs de toutes sortes et qui aurait été abandonné par son commandant et tout l’équipage, laissant les passagers livrés à eux-mêmes. (more…)

27 septembre 2011

Geneviève de Fontenay arrêtée par la police

Filed under: 12 - Brèves — iledere @ 12:00

Geneviève de Fontenay arrêtée par la police L’ex présidente du Comité Miss France et désormais présidente de Miss Nationale avait déjà semé la police dans les environs du tribunal de Nanterre en mars 2010. Les forces de l’ordre ont, cette fois, fait stopper sa voiture alors qu’elle se rendait à l’élection de sa miss locale. Les auditeurs de France Bleu Pays de Savoie, pour qui elle était interviewée en direct, sont sous le choc. La dame au chapeau a du le concéder à l’antenne : « Il y a les gendarmes, je dois interrompre la conversation ».

Geneviève de Fontenay est une conductrice comme les autres, à qui il peut arriver de faire des bêtises. Et quand elle enfreint la loi, elle se fait arrêter. Mais ce type de mésaventures est, à ses yeux, bien moins grave qu’une photo légèrement dévêtue d’une de ses miss. Pour preuve, ce week-end, sur une route de Hante Savoie, elle a pris toute la cabale avec le sourire. Il s’agissait ici d’une infraction au code de la route : des policiers ont pu l’apercevoir en train de téléphoner au volant. Et, rien que ça, elle donnait une interview en direct à une station de radio. L’incident a ainsi été partagé en live avec les auditeurs : « Il y a les gendarmes, je dois interrompre la conversation ».

Mais ce soir là, la police était royale. Selon le Dauphiné Libéré et France Soir, les forces de l’ordre ont été très conciliantes avec la dame au chapeau. Il n’aurait pas été question de PV… et en plus, elle a reçu une escorte. Geneviève s’en est expliquée une fois sur le plateau de l’élection de Miss Pays de Savoie : « Les gendarmes m’ont fait arrêter la voiture, mais ils ont été charmants. Je leur ai dit que je donnais une interview. En plus, je n’étais pas dans la bonne direction pour venir à Gaillard, et ils m’ont gentiment escortée jusqu’ici ».

Bravo pour l’exemple. Pour le commun des mortels, l’article R.412-6 du Code de la route prévoit pour ce type d’infraction une amende forfaitaire de 35 euros avec un retrait de deux points sur le permis.

par Clémentine Hautaine pour orserie.fr

REFUSER DE TRAVAILLER LE DIMANCHE RAPPORTE 40 000 EUROS !

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Cette nouvelle est passée plutôt inaperçue.
C’est pourquoi je profite de ce…dimanche pour y revenir.

Mercredi dernier, 21 septembre, le Conseil de Prud’hommes de Créteil vient de condamner l’enseigne de maxidiscompte Ed à verser à trois de ses anciens salariés 40 000 euros de dommages et intérêts chacun.

Trois caissières du Magasin ED d’Oyonnax avaient été licenciées en 2009 pour avoir refusé de travailler le dimanche !

J’ai déjà consacré plusieurs billets à ce sujet, y compris sur d’autres décisions de justice similaires.

En effet d’autres litiges  ont éclaté dans plusieurs magasins. A Albertville (Savoie), six salariées d’un magasin Ed bataillent avec leur hiérarchie depuis deux ans. A la fin de l’été 2009, il leur avait été demandé de travailler certains dimanches matin. Elles avaient dit non, là aussi pour préserver leur vie de famille . Depuis, elles se mettent en grève chaque fois qu’elles sont tenues d’être à leur poste ce jour-là. Des élus, des syndicalistes et des particuliers les soutiennent en se rassemblant tous les dimanches matin devant le magasin.

A Perpignan, la direction d’Auchan souhaitait faire venir son personnel le dimanche, de la fin juillet à la mi-septembre. Saisi en référé par plusieurs syndicats, le tribunal de grande instance a ordonné à l’enseigne de renoncer à son projet, sous peine d’astreinte. Auchan a fait appel.
Début 2010, l’inspection du travail avait rappelé à l’ordre plusieurs supérettes parisiennes qui ouvraient leurs portes le dimanche au-delà de 13 heures.

On sait à qui l’on doit cette riche idée de faire travailler les gens le dimanche…..

Il doit moins rigoler maintenant devant la multiplication des condamnations en justice !

Et c’est bien fait pour tous ces employeurs qui se félicitaient de la loi en question !

Par Jacques Lamauragne pour son blog

26 septembre 2011

A Mayotte, islam et République font bon ménage

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:00

Mayotte, le 29 mars 2009. Des électeurs débarquent à Mamoudzou pour aller voter au référendum sur la "départementalisation" de l'île.Depuis le 31 mars dernier, l’île de Mayotte, dans l’océan Indien, est devenue le 101e département français. Environ 90% des habitants sont musulmans et entendent bien allier leur pratique religieuse au principe de la laïcité cher à la France. Reportage.

A 6 h 30 ce samedi, un vol d’enfants tout pépiants s’abat sur l’école coranique de Tsingani. Alors que l’odeur de moisi de la nuit laisse place aux parfums d’une végétation qui s’éveille, filles et garçons se serrent dans un bâtiment en ciment grossier. Une enseignante armée d’une branche frappe le tableau pour ramener un semblant de calme. Entre école et garderie, la marmaille se met alors à réciter en mélopée des versets du Coran. Au-dessus, dans une ambiance nettement plus studieuse, des adolescents, filles et garçons séparés, étudient le texte sacré avec un autre professeur.

Et c’est ainsi tous les jours que Dieu fait à Mayotte, devenu, depuis le 31 mars, le 101e département français. Ce territoire en plein océan Indien prétend, surtout depuis qu’il a refusé l’indépendance, en 1975, conjuguer islam et République. Cette quête que d’aucuns veulent contradictoire s’illustre en deux chiffres péremptoires : 90 % des 200 000 habitants sont musulmans et 95 % des électeurs ont voté, en 2009, pour devenir département et ainsi accéder à une citoyenneté pleine et entière. (more…)

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