Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 septembre 2011

Décryptons le cri du libéral de l’immo

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

A la rubrique logement du site libéral Contrepoints, je repére la semaine passée un article croustifondant intitulé « l’euthanasie des classes-moyennes par l’impôt immobilier« . La hausse de la fiscalité sur les plus-values immobilières (hors résidence principale) y passe au grill. Sans surprise, le billet est repris illico sur Atlantico à la rubrique moins-values. A quelques encablures des élections, ça nous fait toujours plaisir de voir un site de droite déplorer une décision de son  gouvernement adoré.

Son auteur, Ulrich Genisson, est passionné de « l’économie, du libéralisme et de l’individu au sens noble« . Friedman et Hayek sont ses références et il considère que le grand apôtre de l’idéologie socialiste gangrenant ce pays s’appelle François Fillon. Ça vous cadre un caractère. Le titre du billet contient à lui seul trois contre-sens, l’auteur considérant que la baisse minime d’une « niche fiscale » constitue un « impôt » supplémentaire (étant entendu que l’impôt c’est le mal, nous sommes chez les libéraux) dont sont victimes « les propriétaires de la classe moyenne« , alors qu’est d’abord ciblée par cette mesure la partie supérieure de celle-ci : les thunés qui peuvent se permettre d’avoir deux maisons ou plus et les spéculateurs locatifs.

L’auteur, que je soupçonne d’avoir récemment fait quelques « investissements » dans le domaine, se base sur de poignants exemples populaires pour étayer le pourquoi de sa colère, euh… de son manque à gagner. Attention, sortez les mouchoirs.

Enter Jean-Pierre. « L’ouvrier » est proprio d’une résidence secondaire [déjà ça, ça vaut son pesant de cacahuètes] en Creuse « qu’il a achetée 300.000 francs [45.000 euros] en 1990. Il l’a restaurée de ses mains [il a du mérite d’autant que c’était avant qu’M6 ne lui répète chaque soir à 20h45 qu’il resterait à jamais un plouc s’il ne le faisait pas] et y passe quelques semaines par an. Sa femme décédée récemment [moi j’aurais ajouté : d’un long et douloureux cancer de la plèvre], il n’a plus le goût d’y aller.  Il veut donc la vendre 160.000 euros [soit 3.5 X plus cher que son prix d’achat, l’ouvrier est petit joueur. Même dans l’arrière-pays, nous constatons des culbutes bien plus pépères]. S’il l’avait vendue le 23/08/2011, il aurait payé O euros. S’il la vend le 26/08/2011, il paiera 29.977 Euros sur la plus-value et s’il la vend fin septembre il paiera 31.222 euros d’impôts… [Je fais confiance à Ulrich pour les chiffres, ça a l’air d’être son truc] Manifestement, Jean-Pierre est un gros capitaliste et l’Etat a bien raison de l’assommer. Surtout que Jean-Pierre avait l’intention, avec le fruit de cette vente, d’installer sa fille qui vient de se marier [et qui est amputée des deux jambes suite au déraillement d’un Transilien provoqué par la négligence d’un conducteur syndicaliste surpayé à cuver son whisky-coca avec une call-girl ukrainienne dans sa cabine climatisée]. Et bien Julie, devra se passer de 30.000 euros. »

L’enquête imaginaire n’indique malheureusement pas qui a réglé les sept années en fac de médecine de la fille du col bleu d’Atlantico, succédant à douze années d’un brillant parcours scolaire à l’Ecole de la République. Nous ne sommes pas plus renseignés sur le nom de celui qui a réglé les analyses, le suivi, la médication, le traitement, les scanners, le personnel rassemblés pour prolonger de plusieurs années dans les meilleures conditions possibles la vie de son épouse.

Second exemple. Marie-France, secrétaire de direction à Lille de 38 ans est contrainte de suivre son entreprise. Chez Atlantico, une délocalisation, ça ne se discute pas. Elle l’avait acheté 190.000, elle le  revend le double, après l’avoir mis en location un an, le temps de la réflexion nécessaire pour savoir si vraiment elle voulait s’en séparer : tu vois la fucking urgence. 90.000 euros empochés en se croisant les bras,  misère c’est sur les pauvres gens que tu t’acharnes obstinément ! Elle devra maintenant payer 21.845 euros d’impôts au lieu de 16.779 parce qu’à Toulouse, les prix y font rien qu’augmenter. Décidément, quel monde de chiasse. Pour Ulrich, « L’Etat lui a donc amputé une partie de son pouvoir d’achat« . ¨Pour acheter une nouvelle maison, elle va même devoir emprunter les 5000 euros que ce bourreau sanguinaire d’Etat « va lui prendre ». Elle qui n’avait, c’est certain, rien emprunté à sa banque pour s’acheter son pavillon à 190.000 euros à tout juste 30 ans sur la base d’un seul salaire à 1000 euros (prix constaté en vitrine néo-libérale pour un début de carrière).

Tu auras remarqué que les héros imaginaires de l’article sont des actifs. Qu’à cela ne tienne, Ulrich nous pond un retraité. Mais attention, pas un de ces botoxés croquant la vie à pleins implants dès 61 ans sur la Riviera en encaissant les loyers de leurs studettes avec chiottes sur le pallier achetées pour le prix d’une boite de Viagra il y a quinze ans, désormais lâchées pour un SMIC chacune à du jeune esclave précaire (fortuitement exclu de cette galerie de portraits). Non, Marcel l’agriculteur de 84 ans est propriétaire de la maison « qui l’a vu naître » et ne touche que 500 euros de pension. Il ne possède qu’une maison « délabrée » et a hérité il y a 50 ans d’un « petit jardin » constructible de 950m² [chienne de vie, cré’vindiou] qui valait « 500 anciens francs » et qui est estimé aujourd’hui 100.000 euros. Idem. Si Marcel avait vendu son terrain avant la date fatidique d’août, il échappait aux foudres de la pieuvre fiscale. Oui les poulpes crachent des éclairs, ça te défrise ? Aujourd’hui, il va scandaleusement payer 30.000 euros sur un bien qui ne lui a rien coûté. Ulrich, qui a ses heures perdues organise des battues de fonctionnaires dans les forêts domaniales, propose une combine légale et bien de chez nous pour échapper au fisc : Que Marcel donne son terrain à son fils sans droit de succession. Ce dernier pourra le revendre sans payer le moindre impôt [Ouf, peu de choses mais ça soulage !]. « Et Marcel pourra aller en maison de retraite que la collectivité paiera pour lui [la vieillesse et la mort passent encore, mais la collectivité quelle connerie !], car Marcel n’a qu’une petite retraite« . Sur ce point, nous ne pouvons qu’être d’accord avec l’auteur : la retraite de Marcel n’est pas assez élevée, mais ceci est un autre problème sur lequel, rappelons-le, les libéraux ont tranché : La retraite ? Plutôt crever[1]. Néanmoins, l’instance à mettre en avant le mérite des « actifs » se concrétisant au travers d’un patrimoine immobilier avant, un paragraphe plus tard, de trouver normal que leurs enfants (n’ayant que le mérite relatif de partager les mêmes gènes) obtiennent un cadeau foncier de 100.000 euros sans rien faire, nous questionne sur la cohérence du monsieur (et de la droite en général).

Dernier exemple de l’article. Le plus poignant d’injustice. « Gérard. De profession libérale, il détient une belle maison, un appartement à la mer, et 4 appartements dans une résidence qu’il a achetés, il y a 20 ans, pour préparer sa retraite qui, il le sait, sera maigre [Décidément quelle plaie cette retraite, si à ce stade-ci le lecteur d’Atlantico n’est pas convaincu qu’il faut la supprimer, Ulrich aura mal fait son boulot]. Gérard souhaite mettre à la vente ses 4 appartements, achetés chacun 600.000 francs [90.000 euros] en 1991 à 300.000 euros l’unité. S’il vend le 26/08/2011, Gérard va payer 219.673 euros, mais que Gérard se dépêche, car sinon fin septembre ce sera 228.891 euros. » [Bigre, payer 9000 euros de plus sur 840.000 euros de gains, pour ne garder que deux propriétés, dont une qui claque sa race avec la Merco de monsieur et le Q5 de madame garés devant le portail vidéo-surveillé : voilà un bel exemple de ce communisme totalitaire sous le joug duquel le monde libre étouffe !]. Ulrich menace : Si c’est comme ça, Gérard va partir en Espagne ou en Italie (ou autre grand pays sachant gérer sa dette), là où sa plus-value ne sera plus taxée qu’à hauteur de 133.402 euros. Si Gérard est assez con pour passer sa retraite dans un pays où il ne connait personne et dont il ne parle pas la langue, juste pour économiser 130.000 euros et bien… qu’il se casse. Mais qu’il n’ose pas revenir en France se faire soigner sa tumeur à la prostate parce que « c’est mieux remboursé« .

Euh… une bonne connaissance des « Gérard » me permet d’ores et déjà d’affirmer qu’il osera.

L’auteur ne semble pas avoir compris qu’il ne traite pas ici de la simple taxation de la revente sur Ebay de sa collection de cartes Pokémon « Ecole de Chicago« , mais de logements, et donc de pénurie de logements. A-t-il saisi que cette clémence fiscale, aujourd’hui rabotée de façon cosmétique et seulement sur les résidences SECONDAIRES, a en partie contribué à la flambée de l’immobilier ?

Ulrich juge prévoit que cette hausse de taxation des plus-values immobilières pour quelques-uns (qu’il appelle « petits » et que nous appelons « multipropriétaires« ) sera inefficace puisqu’elle contribuera juste à rembourser à hauteur de 2.2 milliards d’euros (tiens c’est aussi le coût du PTZ+) la colossale dette publique. Dette utilisée en toute autre occasion par la même presse libérale pour justifier les coupes de crédit sur la santé ou l’éducation. L’auteur prophétise que ce relèvement de taxe provoquera une hausse de la fraude, des prix, voire un exode massif.
Une hausse de la fraude ? Le système initial est une évasion fiscale institutionnalisée bénéficiant à ceux ayant de l’argent (logique) mais pire, à ceux qui n’en ont pas et s’en font prêter par les banques.
Une hausse des prix ? Possible. Mais, je pose la question : qu’est-ce qui ne fait pas monter l’immobilier ? Peur du lendemain, perte de confiance dans le collectif, chaque prout de la conjoncture est l’occasion pour le français fou du foncier de foncer plus fort dans le mur jusqu’au fracas final. Le degré d’ouverture du crédit et la solvabilité des ménages sont des facteurs pesant autrement plus qu’une micro-taxe sur les ventes immobilières des tranches les plus aisées.
L’exode massif des Français ? Il est surtout vivace dans les prophéties apocalyptiques des enfants des illuminés qui annonçaient l’entrée des chars russes sur la place de la Bastille le soir du 10 mai 1981.

L’opportun porte-parole d’une classe moyenne d’élites se plaint ensuite que « les petits« ne puissent pas bénéficier des montages financiers dont jouissent les grands pour échapper à l’impôt. Il aurait dû rajouter « comme c’était prévu sur la brochure« , l’auteur évoquant à demi-mot au détour d’une dénonciation de la fiscalité locale supposée reposer sur le maintien d’un foncier élevé (on n’est plus à un raccourci prés : Neuilly-sur-Seine ou Lamotte-Beuvron, même combat) que c’est pas du jeu de reprendre d’une main ce qu’on a donné de l’autre avec les Scellier, Borloo, Robien, Bouvard et autres placements défiscalisés.

Et Ulrich, ulcéré par cette overdose d’Etat, de livrer une vibrante plaidoirie pour que l’Etat laisse les choses en l’état, tel que l’Etat les avait pensées.

Nous aussi allons nous prévaloir de ce fameux « bon sens » dont nous assomment les libéraux à la moindre discussion : nous ne voyons pas très bien en quoi les multipropriétaires devraient échapper à une hausse de taxes à la revente de leur patrimoine spécialement lorsque celui a augmenté bien plus  que l’inflation. Ils ont alimenté une flambée des prix dont ils bénéficient à la revente, que locataires et exclus du logement subissent eux depuis vingt ans.

C’est toujours mignon tout plein d’écouter se plaindre de l’action gouvernementale ceux qui bénéficiaient jusqu’à présent de ses largesses et qui continueront à en bénéficier (nous parlons ici d’une hausse minime sur de l’immobilier de confort et/ou de placement, la France des propriétaires n’est pas en péril). Ils en bénéficieront tant qu’il n’y aura pas de véritable redéfinition des priorités nationales dans le domaine du logement : privilégier enfin le droit d’habiter sur celui de posséder.

par seb musset pour son blog « Les jours et l’ennui de Seb Musset »

[1] enfin surtout les autres.

9 réponses à “Décryptons le cri du libéral de l’immo”

  1. Pregentil dit :

    Mais c’est qu’il est drôle Exec T, avec son pseudo à la Saint Just (Exe Q T ?), on en oublierait presque que l’union de la gauche c’est la main tendue aux bourreaux des 150 millions de morts du communisme. Et ça ose encore l’ouvrir sur le fascisme, en passant, une doctrine créée par un ancien prof socialo du nom de Mussolini.

  2. david dit :

    Tiens, j’ai trouvé plus libéral que les socialos de l’ile de ré : Hollande !

    Ou comment Le libéralisme permet en fait aux pauvres de sortir de la misère, manque de pot, les pauvres ne sont plus à sauver pour les cellules PS de quartier vu qu’ils sont sortis du club des non-alignés et ont pigé que les solutions collectivistes ne menaient qu’à la ruine .

    http://www.dailymotion.com/video/xjz0gs_todd-vs-hollande-ko-en-moins-d-une-minute_news

  3. Li Po dit :

    d’un autre côté, quand tu réalises que ces gens pensent que Sarkozy ou Bush sont libéraux, ça fait peur !

  4. Olivier dit :

    Dans le même temps, david, expliquer cela à un socialiste revient à décrypter pour un bigorneau l’emboitage des éléments de la station spatiale internationale. Ces gens sont sourds, ancrés dans leus caste passéiste et bien incapables de présenter des solutions qui ne soient pas tirées du siècle dernier.

  5. david dit :

    Un conseil, ne tapez pas trop sur Fillon et la droite française, c’est votre meilleure alliée !
    En effet, les énarques surreprésentés dans les ministères poursuivent les mêmes buts, qu’ils soient de droite ou de gauche : plus d’état, plus de poids donc, pour leur corps d’origine. ça devrait faire plaisir à tous les marxistes du monde.

    Le poids du secteur communiste dans l’état (transports, culture, éducation, santé) n’a jamais cessé de grimper depuis 40 ans au moins, de quoi vous plaignez-vous ? le libéralisme n’est toujours pas appliqué voyons !

    Enfin, pour le fascisme, cela témoigne d’une ignorance crasse des idéologies que de l’assimiler au libéralisme, c’est juste son contraire…. Un état fort, omniprésent, nounou, tirant sur tous les leviers, c’est le socialisme, le fascisme, le nazisme, le communisme, le libéralisme c’est juste l’antithèse de tout cela…. qu’est-ce que vous êtes nul, mon dieu ça fait peur

  6. Olivier dit :

    On serait presque prêt à vous écouter, si ce n’est de constater qu’encore une fois « le socialiste » ne sait diffuser des idées autrement qu’en usant des pires axiomes qu’il prétent combattre par ailleurs.
    Je ne partage pas forcément les avis d’Ulrich sur la fiscalité immobilière, mais à choisir entre son propos et le délit de sale gueule que vous entretenez au terme de votre galimatia, je me contente de poser des questions … Qui ici confine à l’extrêm(isme)e ?

    Quant à savoir qui profite de quelle politique, votre ignorance quant aux propos d’Ulrich est décidément bien grande.
    Pour le reste, vous achevez de me convaincre …
    Je ne voterai décidément pas pour ce camp prêt à n’importe quelle horreur pour emporter l’adhésion.

  7. Li Po dit :

    Exec T : bravo ! en un commentaire vous arrivez à assimiler le libéralisme au fascisme et à faire du délit de faciès ! Magnifique pour un militant du parti du bien, hérault de la bien-pensance et contempteur des discriminations, au nom d’un égalitarisme mou et rose ! mais que font le CRAN? le CRIF, la Halde, le SGUEG, le ZHOB et autres aspirateurs à subventions ? c’est de la méchante discrimination tout ça, en plus de montrer une ignorance politique abyssale …. j’imagine qu’en tant que sympathisant socialiste vous avez les cheveux mi-longs ….
    j’imagine aussi que vous ignorez qui est Bastiat, probablement l’auteur favori de Mr Genisson, jetez donc un oeil sur le net pour voir qui est Bastiat, puis revenez nous dire qui est le plus fasciste sur cette page, troll .

  8. Ulrich GENISSON dit :

    il y a une section PS sur l’île de Ré ?

  9. Exec T dit :

    j’ai bien ri.

    Mais par contre j’ai pas du tout ri en voyant la tête de Ulrich G.. sur le blog « Atlantico ». J’ai même été saisi d’un certain malaise, la photo peut être et puis que l’on puisse s’inspirer de Friedmann, celui qui a prêté main forte, sur le plan économique, à Pinochet, cela je crois vous classe définitivement dans le camps des fascistes.

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