Section socialiste de l'île de Ré
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14 septembre 2011

Procès Chirac, ou les mystères de (l’hôtel de Ville) de Paris

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:30

On a trouvé le coupable dans l’affaire des chargés de mission de la Ville de Paris. Il ne s’agit ni de l’ancien maire, Jacques Chirac, ni d’aucun de ses co-prévenus. Non, le vrai coupable, c’est l’administration de la Ville, « cette pétaudière » selon la formule de Me Georges Kiejman, l’un des avocats de M. Chirac, qui était incapable de contrôler son personnel.

Prenons le cas de Jean-Claude Mestre, qui compte parmi les prévenus au procès et qui a été entendu lundi 12 septembre. Pendant six ans, de 1990 à 1996, cet inspecteur des impôts, élu municipal à Sarcelles où il animait la section RPR, est embauché comme chargé de mission à la Ville de Paris, pour un coût de 255.119 euros. Eh bien, personne ne se souvient de lui!

M. Juppé, qui dans un mot manuscrit avait pourtant demandé que le dossier de M. Mestre soit examiné « avec la plus bienveillante attention », a déclaré pendant l’instruction ne pas le connaître et ne pas avoir été au courant de sa mission.

M. Chirac? Interrogé à son tour par la juge d’instruction, il avait affirmé: « Je ne connais pas M. Mestre, je n’ai jamais entendu parler de lui ».

Michel Roussin, qui a apposé sa signature de directeur de cabinet de M. Chirac au bas de la fiche d’appréciation de M. Mestre – très flatteur au demeurant sur la qualité de son travail  – ne l’a jamais rencontré. Le témoin confirme. M. Roussin précise qu’il a « simplement repris les appréciations de la direction qui utilisait les services de ce conseiller « , à savoir celle de M. Juppé.

Rémi Chardon, successeur de M. Roussin, qui a lui aussi signé un autre (excellent) rapport d’appréciation? « J’ai signé mais cela ne signifie absolument pas que je connaissais M. Mestre ».

Son travail – il déclare avoir rédigé de nombreux rapports – n’a guère laissé plus de traces. Le président Dominique Pauthe s’en étonne.

Comment se fait-il que personne ne se souvienne de vos rapports? C’est un peu ennuyeux…
Je ne peux pas vous répondre sur ce point.
– Cela serait susceptible d’accréditer l’hypothèse que vos rapports n’ont jamais existé…
– Cette hypothèse est inacceptable.

Deux heures d’interrogatoire plus tard, le président Pauthe observe sobrement:
On n’a pas beaucoup progressé sur la matérialité de vos prestations.

Par Pascale Robert Diard pour « Chroniques judiciaires »

(Dessin de Noëlle Herrenschmidt)

 

 

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