Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

16 septembre 2011

Vous avez suivi et commenté les échanges entre les six candidats à la candidature, avec les journalistes et les riverains de Rue89. Synthèse

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

Baudry sur le débat des candidats à la primaire PS.Notre petit jeu des différences entre candidats à la primaire a (un peu) progressé ce jeudi soir. Pour la première fois depuis le début de la campagne, le 28 juin, les six postulants ont débattu entre eux.

C’est Hollande, avec son statut de favori, qui avait le plus à y perdre. Martine Aubry est venue le défier sur le terrain de la jeunesse en reprenant la promesse d’interdire les stages pour les diplômés (une proposition contenue dans le projet du parti) et en réitérant sa volonté de dépénaliser la consommation de cannabis.

Elle a aussi essayé de le pousser à la faute sur le nucléaire – lui qui tente de verdir son image.

Royal est apparue un peu absente, Baylet hors jeu. Montebourg et Valls, eux, ont eu l’occasion de s’affirmer.

Mais sur le fond, la soirée a été sans surprise.

Résumé de la soirée
Derrière les pupitres d’un plateau de France 2, qui ressemblait un peu à celui de « Questions pour un champion », Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls se sont d’abord présentés.

Dans ce premier tour de piste, seuls Montebourg et Royal ont parlé un peu d’eux-mêmes, de leur itinéraire personnel. Aubry donne quatre priorités (emploi, pouvoir d’achat, éducation, sécurité). D’autres n’enfoncent qu’un seul clou, comme Valls (réduire la dette) ou Montebourg (résister à la finance).

Hollande joue l’indignation pendant le tour de table

C’est Arnaud Montebourg qui est interrogé le premier. Même s’il refuse le mot « rupture », il propose de bousculer sérieusement le système. Il prône un retour au dirigisme économique : faire payer la dette au système financier (par une taxe), mettre les banques sous tutelle, mettre des protections aux frontières de l’Europe, bloquer les loyers…

Bref, un retour à l’encadrement qui existait avant les années 80 – une ère où la croissance était certes supérieure.

Le radical Jean-Michel Baylet a clamé son attachement à l’Europe fédérale, seul moyen selon lui de résoudre la crise.

Ségolène Royal a retrouvé ses accents de 2007 (« l’ordre juste » etc). Elle a mis l’accent sur la nécessité de pas chercher à résoudre la crise par la rigueur et les hausses d’impôt. Seule la relance permettra de le faire. Elle entend mettre en place une vaste réforme fiscale « plus simple, plus juste, plus équitable », dans laquelle seuls les riches seraient taxés d’avantage.

François Hollande joue la carte « indignation ». On est loin de l’image « Flamby » des Guignols de l’info. Il s’insurge contre la jeunesse abandonnée (« 150 000 jeunes sur 650 000 sortent de l’éducation sans diplôme ! ») et tempête contre la « richesse insolente »…

« Ma solution, c’est la réforme fiscale », dit Hollande. Sauf que sa solution figure dans le projet du parti : tous les candidats la défendent. Hollande a été poussé à clarifier sa position su le nucléaire : il n’envisage pas un retrait total.

Manuel Valls joue la carte du « parler vrai » et du réalisme. Il ne veut pas par exemple promettre aux Français une hausse de leur pouvoir d’achat, ce serait « leur mentir ». « Moi je ne veux pas une victoire de la gauche suivie d’une rupture de confiance ».

Vers la fin de son intervention, un quasi-lapsus à propos de l’immigration. « Il faut fermer la France… faire aimer la France ». Valls se pose par ailleurs comme « le garant de la sécurité », pour protéger « les plus faibles ».

Martine Aubry, a bouclé ce tour de table, insistant sur l’embauche des jeunes (elle propose d’interdire les stages pour les dipômés) et le pouvoir d’achat (« Je ne peux accepter que des gens aient à choisir entre se loger, se nourrir et avoir accès aux soins »).

Jonglant avec les chiffres, elle a affiché sa connaissance de ces deux dossiers. Premier coup de griffe de la soirée : à propos de l’Education, elle déclare : « Je suis contente que François Hollande en fasse maintenant sa priorité. »

Aubry et Hollande se chicanent pendant le débat

Un prétendu débat s’ensuit. Chaque candidat parlant à tour de rôle, mais tous sont grossomodo d’accord. Arnaud Montebourg fustige l’austérité généralisée en Europe, « saignée des médecins de Molière ». Et s’en prend aux gouvernants européens : « Quand ils s’agit de secourir les banques, ils savent pietiner leurs traités. »

Hollande refuse de répondre à la question « regrettez vous d’avoir signé le traité de Maastricht ? » Valls invoque l’héritage de Pierre-Mendès France, et se fixe pour 2017 l’objectif de l’équilibre des comptes (ce que Martine Aubry refuse de faire).

Martine Aubry se démarque de François Hollande sur deux points :

  • sur le « contrat de génération » proposé par ce dernier : « ça coûte très cher ! » ;
  • sur le nucléaire : il faut en « sortir » si on considère que c’est dangereux.

S’ensuit le premier échange direct entre deux candidats :

– François Hollande : « Nous sommes tous d’accord… »
– Martine Aubry : « Non, nous ne sommes pas d’accord ! »
– François Hollande : « Et qu’est-ce qu’on fait de l’EPR de Flamanville ? »
– Martine : « Mais laisse-moi terminer… Flamanville, on attend, je pense que tu ne répondras pas autre chose que moi… »

Un petit sujet de divergence : la drogue. Aubry est pour la dépénalisation. Baylet pour la légalisation du cannabis. Valls et Montebourg sont totalement contre la libéralisation. Le second fait un lien entre le trafic et les banques (encore elles ! ) Hollande veut « soigner » les usagers de drogue.

Fin du débat, chaque candidat conclut en quelques mots. Royal veut « faire de la France un pays d’entrepreneur, un pays écologique, avec l’éducation au cœur de tout, faire des banlieues un chance et garantir la sécurité ».

Montebourg se présente comme le candidat des solutions nouvelles : « Vous aussi, écrivez l’histoire de France » ! » ; Valls vend les primaires, « formidable rendez vous démocratique » et se définit comme le candidat qui « aime la France » ; Aubry se présente comme quelqu’un de « carré » : « Je veux être présidente de la République, j’y suis prête ». Baylet a aimé l’émission.

Pascal Riché pour « Rue 89 »

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