Section socialiste de l'île de Ré
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17 septembre 2011

Seul au centre, Bayrou réfléchit à des alliances

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre — iledere @ 6:30

Bayrou en Bretagne, le 12 septembre.«Si la guerre des deux perdure, c’est la certitude de l’échec (…) Cette bipolarisation porte en elle le crétinisme de la démagogie.» Ainsi François Bayrou qualifie-t-il, dans son livre 2012 Etat d’urgence, les déchirements entre le PS et l’UMP. Lui se situe toujours pile au milieu. En plein centre. De ce point de vue, rien n’a changé depuis 2006-2007. Mais pour que le centre pèse, il doit attirer des forces plus larges, en ralliant en dehors du MoDem, «au centre-gauche et au centre-droit», disent ses proches.

Marielle de Sarnez, numéro 2 du MoDem, le répète, plusieurs fois. «C’est un des enjeux de la présidentielle que de tourner la page: créer les bases d’une majorité plus large, pour qu’on puisse conduire des grands projets pour la France.»

Il est bien difficile néanmoins de comprendre ce que recouvre le terme «majorité plus large». Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du MoDem, se risque à une explication: «C’est assez simple. Sans parler de parti politique en particulier, il s’agit d’avoir pour le pays un regroupement des forces démocratiques du même style, toutes proportions gardées bien entendu, que ce qui s’est passé après 1945.»

Alliance? Coalition gouvernementale? Sièges de députés négociés aux législatives? Les cadres du MoDem ne parlent pas en ces termes et cultivent un certain mystère. Mais ils reconnaissent que la stratégie 2012 de François Bayrou sera différente de celle de 2007. Jean-Luc Bennahmias analyse: «Le changement, il le dit sur tous les tons. C’est une logique de soir du premier tour. Il y aura des négociations au soir du premier tour.»

De quoi rassurer certains élus locaux, bien démunis en 2007: «Les gens ne savaient pas où il allait», analyse Alain Cazabonne, maire MoDem de Talence (Gironde). «Il n’aurait pas dû dire qu’il allait rencontrer les deux candidats, parce qu’à partir du moment où il n’a vu que Ségolène Royal, les électeurs centristes ont eu l’impression qu’il était passé à gauche.» Et de conclure: «Je pense que cette fois, s’il n’est pas au second tour, il fera un choix clair, sinon, on s’en sortira pas.»

Le diagnostic est le même chez Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur-maire d’Arras (Pas-de-Calais): «François Bayrou a dit qu’il se prononcerait au second tour pour une alliance. Moi j’ai toujours tenu ce discours, je me réjouis qu’il le tienne aussi aujourd’hui. Ce qu’on a voulu faire est de donner une identité forte au centre, ce qui n’empêche pas les alliances. Moi à Arras, je suis en alliance avec l’UMP et une partie de la gauche. Ça se passe très bien.»

«Le prix fort de notre indépendance»
A écouter ces élus, on a l’impression que François Bayrou a tiré les leçons de son positionnement politique de ces quatre dernières années. Jean-Luc Bennahmias préfère le dire en ces termes: «Quand, comme Bayrou, on a été très virulent avec Nicolas Sarkozy, on peut stratégiquement penser qu’au bout d’un certain temps, on passe à la phase des propositions et de la construction.» Car Jean-Luc Bennahmias le reconnaît: «On a payé le prix fort de notre indépendance.»

A chaque élection intermédiaire, le MoDem fait des scores très bas: 8,46% aux européennes de 2009 et 4,3% aux élections régionales de mars 2010…cet seulement trois députés à l’issue des législatives de 2007. Alain Cazabonne se souvient: «Les déperditions ont été telles après la présidentielle que ça a été difficile de faire campagne. Ça a handicapé toutes les candidatures locales. Et puis sans groupe parlementaire, il est difficile de peser.»

S’allier pour peser. Mais avec qui? Plus à gauche? Plus à droite? Les spéculations se superposent et se contredisent. Pour Hervé Morin, ancien allié et désormais rival au centre, François Bayrou courtise la droite après avoir courtisé la gauche. D’autres parlent de rapprochement avec les écologistes. Manuel Valls lui fait un appel du pied. Et que dire de Dominique de Villepin, qui, toujours indécis sur sa propre candidature, affirme dans les médias qu’il partage le constat du leader du MoDem?

Là encore, Marielle de Sarnez ne tranche pas: «Là n’est pas la question. Au PS, à l’UMP, chez EELV, il y a encore quelques personnes qui ne se satisfont pas à l’idée d’être embrigadées dans des logiques de parti et qui ne veulent pas être la caution de centre-gauche ou de centre-droit de leur parti.»

Un début de réponse est peut-être à chercher dans le casting de l’université d’été qui commence ce vendredi à Giens. D’un côté, sont attendus, entre autres, des personnalités de la droite centriste classique: Pierre Méhaignerie (vice-président du conseil national de l’UMP), Anne-Marie Idrac (ex-secrétaire d’Etat au commerce extérieur de Nicolas Sarkozy), Bernard Bosson, Jean Arthuis (président de l’Alliance centriste).

De l’autre, est annoncé Jean Peyrelevade, soutien de François Hollande à la primaire socialiste, «un pont avec le PS», selon Jean-Luc Bennhamias. De l’art de ne pas choisir: c’est précisément ce qui lui a été reproché par ceux qui, nombreux, croyaient en lui et sont partis depuis 2007.

Par Valentine OBERTI pour « Mediapart »

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