Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 novembre 2011

Roms, Libye, voile : le monde rêvé (et déconnecté) d’Arno Klarsfeld

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Jeudi 27 octobre, Arno Klarsfeld s’est rendu dans le Nord pour visiter un Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada). Interrogé par La Voix du Nord, il s’est expliqué sur des récentes déclarations lors d’un voyage à Bucarest qui ont choqué (« On ne fait pas huit enfants quand on n’a qu’une pièce »).

Dans l’émission « Internationales », dimanche sur TV5, Arno Klarsfeld, président du conseil d’administration de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a prononcé de nouvelles phrases qui ont choqué des lecteurs de Rue89, dont un riverain qui nous écrit :

« Nous étions quelques expatriés à suivre l’émission hier soir et n’en sommes
toujours pas revenus !

Partagés entre incrédulité et fous rires, nous nous demandons
encore si nous avons bien vu ce que nous avons vu et entendu ce que nous
avons entendu tant la chose est surréaliste. »

L’avocat Arno Klarsfeld paraît, en effet, à certains moments à côté de la plaque ou très fleur bleue. Au point qu’on peut se demander s’il est dans son état normal. Retour sur les moments « forts » et inquiétants de l’émission.

Le peuple rom est « talentueux »
Arno Klarsfeld rappelle qu’en 1993, il est allé en car en Allemagne avec ses parents (« une nuit de car »), où des foyers roms étaient brûlés par des néo-nazis, pour manifester et les soutenir. « Donc je me suis engagé pour les Roms. » L’anecdote est censée lui donner, d’entrée de jeu, un brevet de non-racisme.

Plus tard, Arno Klarsfeld, de façon incongrue, se met à faire l’éloge des Roms :

« Le peuple rom est tellement talentueux. On voit les enfants, on a envie de pleurer, parce qu’ils sont tellement vifs, tellement intelligents. Et trente ans après, on les retrouve fatigués. »

Le voile, c’est « charmant »
Selon Arno Klarsfeld, il faut que les Roms « fassent émerger des leaders » qui pousseraient les enfants à aller à l’école, par exemple. Le peuple rom doit « se prendre en main », comme « les Grecs » avec la dette.

Puis le thème de l’intégration est abordé, et Arno Klarsfeld choisit des adjectifs déroutants. D’abord au sujet du voile :

« Je me rends souvent au centre de formation civique ou linguistique de l’Ofii où étudient les Français en situation régulière, 80% des femmes sont voilées.

Bon, c’est peut être un signe de tradition et si c’est un signe de tradition, moi je trouve ça charmant et très joli. Mais c’est aussi parfois un signe d’asservissement de la cause de la femme et ça c’est regrettable. Donc l’intégration, pour l’instant… C’est difficile l’intégration. »

Plus tard, il dira à propos des demandeurs d’asile :

« Il n’y a pas de différence quand on voit une famille, qu’elle soit persécutée politiquement ou qu’elle vienne en France pour des raisons économiques, les deux ont l’air très sympathiques, mais on ne peut pas accepter que l’asile devienne une voie de migration économique. »

L’immigration « pour faire la révolution »
Sur le contrôle des frontières et l’immigration, Arno Klarsfeld déclare très sérieusement :

« Il ne faut pas fermer les portes. Les portes ne sont pas fermées. Il y a une extrême droite qui voudrait fermer les portes. Et il y a une extrême gauche qui voudrait ouvrir toutes grandes les portes, sans doute aussi pour accroître son capital électoral, parce qu’ils se disent que si ça ne va pas, on est en période révolutionnaire, et en période révolutionnaire, c’est plus facile pour prendre le pouvoir. »


Les demandeurs d’asile sont « nourris, blanchis »

Selon Arno Klarsfeld, le logement hivernal des demandeurs d’asile est sous contrôle. La journaliste Elise Vincent du Monde dit qu’il n’y aura pas de place, il répond :

« Ce n’est pas le rôle de l’Ofii de loger ces gens, mais celui du ministère de l’Intérieur. Les gens sont logés dans les Cada. Ils reçoivent de l’argent, ils sont nourris, ils sont blanchis, ils reçoivent ce qu’on appelle l’ATA, allocation temporaire d’attente. [...] Il y a aussi l’hébergement d’urgence. »

Klarsfeld pense qu’il y aura assez de place, cet hiver, « dans les centres d’hébergement d’urgence ». « Sinon », le Conseil d’Etat a validé des solutions comme « le logement dans des tentes », qui sont des « tentes spacieuses et décentes qui répondent aux critères ».

Puis :

« C’est difficile en période de crise de loger tous ceux qui viennent sur le territoire. »


Maintenant, on ne peut pas « vexer » la Roumanie

Arno Klarsfeld pense que c’était une erreur de faire entrer la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne :

« Des pays pauvres, avec des populations très très pauvres, qui ont tendance à venir en Europe de l’Ouest [...].

Mais maintenant, on ne va pas les en faire sortir. Si on les fait sortir, on les vexe et il y a des conflits qui peuvent être générés. »

La « belle aventure » libyenne de Sarkozy
Après avoir exprimé ses doutes sur l’avenir des pays qui ont vécu les révolutions arabes – « C’est compliqué l’Histoire » – Arno Klarsfeld salue quand même sans réserve l’intervention de Nicolas Sarkozy dans le dossier libyen :

« Heureusement, il a permis de sauver des milliers de Libyens du sanguinaire Kadhafi. C’est pour ça que la France existe. C’est pour ça que Sarkozy a réussi à faire plier le bras d’Angela Merkel à Bruxelles. Parce qu’il a fait quelque chose. Il a une aura internationale. La France existe à nouveau. Personne, ni à droite, ni à gauche, n’aurait entrepris ce périple, et ne se serait engagé dans cette belle aventure. »


Les implantations ne sont pas « un obstacle »

« La paix au Proche-Orient, ce ne sera jamais possible ? », demande le journaliste de TV5. Arno Klarsfeld s’étonne :

« Si pourquoi ? Regardez l’Allemagne et la France [...]. Tant de personnes handicapées, tant de mères qui ont perdu leurs enfants et tellement de malheur et la deuxième guerre mondiale et la guerre de 70 et il y a eu la paix [...]. Je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas la paix entre les Israéliens et les Palestiniens. »

Enfin, Arno Klarsfeld – qui se déclare en faveur d’un retour aux frontières de 1967 – ne pense pas du tout que les implantations des colons empêchent la paix :

« Je ne crois pas que l’obstacle soit un obstacle territorial, je crois que c’est l’acceptation d’Israël comme un Etat juif. »

Nolwenn Le Blevennec pour Rue89

Une réponse à “Roms, Libye, voile : le monde rêvé (et déconnecté) d’Arno Klarsfeld”

  1. eileen dit :

    Ne pas oublier ses propos tenus sur le plateau de Canal avec T Ardisson. Il affirmait que l’expulsion des Roms n’avait rien à voir avec celle des juifs. Dans un cas les uns sont expulsés d’un pays en paix vers un pays en paix et en plus ils reçoivent de l’argent et de toute façon ils reviendront, et dans l’autre on était en guerre ! Assez lamentable comparaison, propos indignes qui semblent ne pas avoir soulevé l’indignation, toutefois Ardisson avait l’air….abattu !

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