Emploi des jeunes : le Medef abat ses cartes
Pour la première fois depuis l’ouverture de la négociation paritaire sur l’emploi des jeunes, le Medef sort des généralités et avance des mesures chiffrées. Dans un document de travail qui sert de base à la séance de négociation d’aujourd’hui, il propose un arsenal de mesures en faveur de plus de 85 000 jeunes de moins de 30 ans et suggère, ce qui fera débat, d’affecter une partie des réserves de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) au financement de ces dispositifs.
Le projet de texte patronal, assez court, propose d’abord “un accompagnement individuel renforcé” pour les jeunes, qualifiés ou pas, ayant des difficultés d’accès à l’emploi. Son objectif est clair : favoriser leur accès à un emploi durable (au moins six mois). Mis en oeuvre par le service public de l’emploi ou par ceux qui y participent, le dispositif comporterait une phase de diagnostic de la situation du jeune. Viendraient ensuite le temps de la construction de son projet professionnel (via notamment une remise à niveau, des ateliers d’acquisition de techniques de recherche d’emploi etc), puis la mise en relation avec des entreprises ayant des besoins identifiés de main d’oeuvre et un suivi par un tuteur.
Le tout durerait douze mois et, pour éviter les décrochages, pourrait être prolongé par un suivi de six mois après l’embauche. Le Medef propose que cet accompagnement renforcé bénéficie à “au moins 20 000 jeunes en 2011, pour un coût de 34 millions d’euros” et qu’il soit “financé par l’affectation, au titre de la solidarité, d’une partie des réserves de l’Apec”.
Dans son article 2, la copie patronale préconise des mesures spécifiques en direction des diplômés de l’enseignement supérieur issus de filières généralistes ou de jeunes sortis sans diplôme de l’enseignement supérieur. C’est à l’Apec, estime le Medef, qu’il convient de confier le pilotage de ce dispositif comportant une phase d’orientation des étudiants, de définition de et de préparation d’un projet professionnel et, éventuellement une formation ou une préparation opérationnelle à l’emploi (POE).
Cela suppose ”un partenariat étroit entre l’Apec, les entreprises et les branches professionnelles qui l’informent sur leurs besoins de main d’oeuvre, et les établissements d’enseignement supérieur”. 20.000 jeunes par an bénéficieraient de cet accompagnement en 2011 et 2012. Le coût total de la mesure est de 35 millions d’euros, que le Medef, là aussi, propose de mettre à la charge de l’Apec. (Lire la suite…)

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