Tapie est à l’affût d’un magot encore plus gros
Depuis que Christine Lagarde a permis qu’un arbitrage règle son conflit avec le Crédit lyonnais, Bernard Tapie est un homme riche. Ayant perçu 403 millions d’euros de dédommagements dont près de 240 millions d’euros sont tombés, net, dans sa poche, il est même richissime. Il rêve pourtant d’amasser une fortune plus colossale encore, en mettant la main sur une partie des gigantesques dédommagements – plus d’un milliard d’euros – que l’homme d’affaires André Guelfi, en conflit judiciaire avec Total, espère obtenir de la compagnie pétrolière.
Les deux hommes, qui se sont connus en prison en 1997, ont signé un contrat au terme duquel ils sont convenus de partager les gains qu’ils pourraient empocher, l’un dans l’affaire Crédit lyonnais, l’autre dans l’affaire Total. Le secret, que Mediapart est parvenu à percer, pourrait expliquer les protections constantes dont Bernard Tapie a profité ces dernières années de la part de l’Elysée, et qui valent à la patronne du FMI une cascade de poursuites judiciaires.
Cette proximité entre Bernard Tapie et l’un des plus célèbres condamnés du procès Elf, André Guelfi, dit «Dédé-la-Sardine», est connue de longue date. Au lendemain de la sentence du 7 juillet 2008, qui avait accordé un pactole de 403 millions d’euros à l’ex-ministre de François Mitterrand, nous nous en étions fait l’écho (lire Affaire Tapie: le mystérieux contrat avec Dédé-la-Sardine). Mais à l’époque, nous n’avions pas eu connaissance des modalités du pacte que les deux hommes avaient passé.
L’origine de l’amitié entre Bernard Tapie et André Guelfi a été expliquée dans un livre autobiographique, L’Original (Robert Laffont, 1999). André Guelfi – qui a possédé dans le passé des bateaux-usines au large de la Mauritanie, ce qui lui a valu ce sobriquet de Dédé-la-Sardine – raconte qu’au printemps 1997, il est en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris, dans le cadre de l’instruction de l’affaire Elf. Il est soupçonné d’avoir empoché 50 millions de francs de commissions sur un contrat en Ouzbékistan. Après un ultime pourvoi en cassation, rejeté le 31 janvier 2006, André Guelfi sera définitivement condamné à trois ans d’emprisonnement dont 18 mois ferme et 1,5 million d’euros d’amendes.De son côté, Bernard Tapie est lui aussi à la prison de la Santé, pris dans les turbulences judiciaires de l’affaire du match truqué de football Valenciennes-Olympique de Marseille.
Curieusement, les deux hommes, qui ont chacun contrôlé une société d’équipements sportifs – Le Coq sportif pour André Guelfi, Adidas pour Bernard Tapie –, frayent dans les mêmes milieux du sport et de l’olympisme, mais ne se sont jamais rencontrés auparavant, selon la version officielle. Emprisonnés dans des cellules voisines, André Guelfi, qui est proche de nombreux dirigeants ou chefs d’Etat de pays de l’ex-bloc soviétique et qui monnaie souvent ses services pour aider de grandes entreprises à décrocher de gros contrats sur ces marchés, et Bernard Tapie, président de l’OM, font donc connaissance et se lient l’un à l’autre.
«Dès les premiers jours de mon incarcération, raconte Dédé-la-Sardine dans son livre, il était venu frapper à la porte de ma cellule et m’avait interpellé:
– Monsieur Guelfi… ?
– « Monsieur Guelfi »? Je me dis: « Tu délires ou quoi? Qui peut bien me donner du Monsieur ici. »
– Monsieur Guelfi? C’est Bernard Tapie!
– Ah, c’est bien… Je suis content. Je veux dire, je suis content de vous entendre, pas de vous savoir là!
– Je m’en doute! Vous savez, Monsieur Guelfi, il y a trois ans, j’ai cherché à avoir un rendez-vous avec vous…
– Eh bien rassurez-vous: maintenant on va avoir le temps. J’ai un agenda assez peu chargé. On va pouvoir se voir tous les jours.» (Lire la suite…)

Coup de théâtre au Sénat. Lundi 11 juillet, à la première heure, la majorité a volé au secours de «l’écrêtement», ce dispositif qui autorise les élus
L’explication ne tient pas. Pour justifier les 36.000 euros de notes de frais indues dont il a bénéficié dans sa précédente fonction à l’Institut du monde arabe (voir ici notre enquête), Dominique Baudis, le nouveau Défenseur des droits, a mis en avant le fait qu’à partir de juin 2009, date de son élection au Parlement européen, il n’était plus que «bénévole» à l’Institut. Premièrement, cette réponse est à côté de la plaque: les notes de frais incriminées par l’Urssaf sont celles des années 2007 à 2009, où il était bel et bien rémunéré.
L’information est révélée par Le Parisien dans son édition du 6 juillet : François-Marie Banier porte plainte contre un SDF qui n’aurait pas apprécié d’être pris en photo sans son autorisation, ce qui lui a valu une gifle. Pauvre François-Marie, victime, une fois de plus, de l’ingratitude du bas peuple.
Avec la crise, tout est permis. Invoquant les coupes budgétaires pour justifier cette stratégie, le comté de Shropshire n’a pas hésité à licencier la totalité de ses 6.500 employés avant de leur proposer «une offre immédiate d’embauche» à un salaire inférieur de 5,4%.
Les religions jouent de moins en moins le rôle d’opium du peuple ? Alors, pour 200 millions d’euros par an, détournons l’attention du peuple !
C’était dans Zélium N°5 : avez-vous acheté votre exemplaire ?
20 milliards de fraude à la Sécurité sociale! Ce montant, tout à fait impressionnant, est issu d’un rapport confidentiel de la Mission parlementaire d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss), 
