Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 octobre 2011

Qui va voter à la primaire socialiste ?

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

Qui peut voter aux « primaires citoyennes » des 9 et 16 octobre ? A cette question, la réponse est simple. Il suffit de remplir trois conditions : être inscrit sur les listes électorales, signer un court texte d’adhésion aux « valeurs de la gauche » et verser la modique somme d’un euro. Mais qui doit participer à cette consultation électorale inédite en France ? Là, les choses se compliquent. La France n’est pas régie par le bipartisme comme les Etats-Unis d’où le système des primaires s’est inspiré. C’est tout le paradoxe de ce vote. Il est organisé par un parti politique – le PS – mais concerne aussi l’ensemble d’un camp – la gauche. Distinguons grossièrement trois tranches d’électeurs potentiels à cette primaire.

1. Les électeurs socialistes
Cinq des six candidats à la primaire appartiennent au PS. Malgré la présence du président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, cette consultation vise à désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Pour les autres composantes minoritaires de la gauche, participer à ce scrutin aurait signifié en accepter le résultat, et donc ne pas présenter de candidature propre au premier tour de la présidentielle. Comme c’était prévisible, ils s’en sont bien gardés.

Les électeurs socialistes constituent ainsi la cible principale de la consultation. Certes, mais combien sont-ils ? Leur nombre varie considérablement selon les élections. Ils n’étaient que 2,8 millions aux européennes de 2009 et 4,6 millions au premier tour des régionales de 2010, deux scrutins marqués par un fort taux d’abstention. En 2007, dans un contexte de meilleure mobilisation, on comptait 9,7 millions d’électeurs socialistes au premier tour de la présidentielle et 6,4 millions à celui des législatives. (more…)

6 octobre 2011

Primaires : le piège du second tour

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 12:00

Jusqu’ici tout va bien. Le déroulement de la campagne des Primaires citoyennes se déroule sans accroc. Les candidats ont retenu les coups et l’image collective a été préservée. Dès dimanche soir pourtant la situation risque de devenir beaucoup plus tendue voire explosive avec des risques réels de dérapages. Conscient de cette menace, le camp Hollande rêve à un retrait de Martine Aubry à l’issue du premier tour.

L’objectif des primaires n’est pas de voir des candidats s’étriper mais d’officialiser la nette avance de l’un deux par rapport aux autres de façon à lui assurer une dynamique et toute contestation de sa légitimité. Apprendre du passé c’est pour le PS tirer les leçons du congrès de Reims et l’élection contestée de Martine Aubry, à une poignée de voix près devant Ségolène Royal, à la tête du parti.

Il est peu vraisemblable aujourd’hui qu’un candidat soit en capacité de dépasser la barre fatidique des 50% le 9 octobre. François Hollande, selon les sondages, caracole en tête mais tout le suspens porte sur la longueur de son avance. Le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas Strauss-khanien historique  rallié à François Hollande résume bien  le malaise d’une partie des socialistes : « Au second tour d’une élection, on élimine… Je n’ai pas envie d’éliminer un socialiste ». (more…)

1 octobre 2011

Pour moi, c’est François Hollande

Filed under: 09 - Evènement,13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

Si je prends la parole aujourd’hui, c’est parce que je sens monter dans une grande partie de la gauche progressiste et communiste un double sentiment : un profond désir de changement, encouragé par la victoire de la gauche au Sénat mais dans le même temps la persistance d’une inquiétude et d’un doute qui pourrait recéler de véritables dangers lorsqu’il s’agira de choisir un avenir pour notre pays.

C’est pourquoi je veux proposer, ici et maintenant, quelques repères à tous ceux qui m’ont fait et me font encore confiance.

Communiste, fidèlement et ardemment attaché à ma famille de pensée, chacun sait que je n’approuve pourtant pas la stratégie de mon ancien parti de se rallier pour l’élection présidentielle à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Non pas que je mette en cause sa personne, ni sa pugnacité verbale. Mais aujourd’hui, l’urgence et la nécessité impérieuse de mettre un terme au pouvoir de Nicolas Sarkozy imposent une démarche politique unitaire refusant d’opposer une gauche à une autre et se gardant de confondre la critique constructive et le sectarisme.

Cela n’implique en rien l’abandon de nos valeurs communes : celles de l’égalité, de la liberté et de l’émancipation humaine. Au contraire même, la radicalité et les changements réels ne peuvent trouver leur chemin que dans l’indispensable rassemblement de la gauche et des forces progressistes autour d’un seul candidat.

Au regard de la réalité des rapports de force à gauche, ce candidat ne peut être qu’issu des rangs socialistes. Encore faut-il savoir lequel ? C’est pourquoi, comme beaucoup, j’attache une très grande importance à la primaire du 9 octobre. J’irai voter le 9 et j’invite tous les communistes et les progressistes à le faire également, afin que le poids que nous représentons soit utile et oriente positivement le choix vers un candidat capable de rassembler autour de lui une majorité de français.

A mes yeux, la seule question qui vaille d’être posée est simple : au delà des sympathies ou des préférences personnelles, qui, des six postulants, a les meilleurs chances de mettre un point final à la présidence désastreuse de Nicolas Sarkozy ? (more…)

16 septembre 2011

Vous avez suivi et commenté les échanges entre les six candidats à la candidature, avec les journalistes et les riverains de Rue89. Synthèse

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

Baudry sur le débat des candidats à la primaire PS.Notre petit jeu des différences entre candidats à la primaire a (un peu) progressé ce jeudi soir. Pour la première fois depuis le début de la campagne, le 28 juin, les six postulants ont débattu entre eux.

C’est Hollande, avec son statut de favori, qui avait le plus à y perdre. Martine Aubry est venue le défier sur le terrain de la jeunesse en reprenant la promesse d’interdire les stages pour les diplômés (une proposition contenue dans le projet du parti) et en réitérant sa volonté de dépénaliser la consommation de cannabis.

Elle a aussi essayé de le pousser à la faute sur le nucléaire – lui qui tente de verdir son image.

Royal est apparue un peu absente, Baylet hors jeu. Montebourg et Valls, eux, ont eu l’occasion de s’affirmer.

Mais sur le fond, la soirée a été sans surprise.

Résumé de la soirée
Derrière les pupitres d’un plateau de France 2, qui ressemblait un peu à celui de « Questions pour un champion », Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls se sont d’abord présentés.

Dans ce premier tour de piste, seuls Montebourg et Royal ont parlé un peu d’eux-mêmes, de leur itinéraire personnel. Aubry donne quatre priorités (emploi, pouvoir d’achat, éducation, sécurité). D’autres n’enfoncent qu’un seul clou, comme Valls (réduire la dette) ou Montebourg (résister à la finance).

Hollande joue l’indignation pendant le tour de table

C’est Arnaud Montebourg qui est interrogé le premier. Même s’il refuse le mot « rupture », il propose de bousculer sérieusement le système. Il prône un retour au dirigisme économique : faire payer la dette au système financier (par une taxe), mettre les banques sous tutelle, mettre des protections aux frontières de l’Europe, bloquer les loyers…

Bref, un retour à l’encadrement qui existait avant les années 80 – une ère où la croissance était certes supérieure.

Le radical Jean-Michel Baylet a clamé son attachement à l’Europe fédérale, seul moyen selon lui de résoudre la crise.

Ségolène Royal a retrouvé ses accents de 2007 (« l’ordre juste » etc). Elle a mis l’accent sur la nécessité de pas chercher à résoudre la crise par la rigueur et les hausses d’impôt. Seule la relance permettra de le faire. Elle entend mettre en place une vaste réforme fiscale « plus simple, plus juste, plus équitable », dans laquelle seuls les riches seraient taxés d’avantage.

François Hollande joue la carte « indignation ». On est loin de l’image « Flamby » des Guignols de l’info. Il s’insurge contre la jeunesse abandonnée (« 150 000 jeunes sur 650 000 sortent de l’éducation sans diplôme ! ») et tempête contre la « richesse insolente »… (more…)

8 août 2011

Primaires : les candidats débattront avec les militants à l’université d’été de la Rochelle

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 12:00

Harlem Désir, premier secrétaire par intérim a annoncé que les candidats aux primaires débattront avec les militants lors de l’université d’été de la Rochelle.

Précisant ainsi la «décision tout à fait claire de faire en sorte qu’il y ait des débats» annoncée à l’issu du dernier CNOP (Comité national d’organisation des primaires). >> Notre dossier spécial sur l’université d’été

Débat entre les candidats et les militants en plénière à l’université d’été
Les candidats seront ainsi amenés à intervenir « dans une de ces plénières, avec un panel d’invités ».

Le choix de la thématique sera laissé aux militants : « Printemps arabe, Croissance durable, Revaloriser le travail, Europe, société indignée et précarisée, respecter les travailleurs ».

Militants qui débattront ensuite « directement » avec le candidat a-t-il expliqué. Le premier secrétaire par interim a rapellé le sens des débats : « il ne faut jamais perdre de vue que les seuls adversaires sont la droite et l’extrême droite » et « rien ne doit être fait dans ces débats qui puisse diviser, opposer les socialistes entre eux». «C’est un débat qui permet aux citoyens de participer à un choix, pas un affrontement ».

Le débat « doit mettre en valeur les personnalités, leurs parcours, leur façon d’incarner et de porter le projet de changement » a-t-il réaffirmé. Et de conclure sur la « priorité» : «parler au pays des propositions».

Merci au blog de la section de Saintes

13 septembre 2010

Petit précis d’une gauche qui gagne

Filed under: 14 - Refondation du PS — iledere @ 6:00

La France vit une situation inédite. Pas un jour sans que les affres du déclin ne s’incarnent dans l’accumulation des crises : crise politique, crise morale, crise sociale, crise du rêve européen.

La crise sociale majeure que nous traversons est autant liée à la décompensation planétaire du capitalisme financier qu’à la maladie congénitale du sarkozysme : une réforme fiscale inique qui a permis de financer des cadeaux fiscaux aux plus aisés sur le dos du salariat français et en creusant, de manière abyssale, dettes et déficits publics. L’Etat « en faillite« , déjà en 2007, nécessitait pour François Fillon, pelle mêle gel des dépenses, révision générale des politiques publiques, réduction du nombre de fonctionnaire, étranglement des collectivités locales, modération salariale. Toutes bonnes mesures pour financer la fin des droits de succession, la défiscalisation des heures supplémentaires, des plus values sur les cessions d’entreprise ou le bouclier fiscal.

Cette crise sociale est doublée d’une crise morale, là où le sens du collectif est mis à mal, là où l’appât du gain est l’unique horizon, là où l’argent public devient rare pour les travailleurs, mais dispendieux pour les ministres, là où les scandales se succèdent et révèlent dans nos couches dirigeantes le pourrissement d’une société qui se meurt d’un mal diagnostiqué depuis toujours par le socialisme : le pouvoir de l’argent, là où l’on connaît le prix de tout, mais la valeur de rien.

La crise politique couve, elle, depuis l’élection même de Nicolas Sarkozy. Une présidence aux tentations absolutistes voulant régenter les médias, la justice, le parlement, les territoires, mais une présidence dangereusement hémiplégique quand il s’agit simplement de servir les intérêts d’un camp, voire d’un clan.

Crise enfin européenne, quand face aux désordres financiers, il n’est question que de coupes claires dans les budgets publics et où l’Europe n’est en rien capable de garantir les dettes souveraines, sans en appeler à la médecine de cheval du FMI.

La conjonction des crises est une situation inédite, elle oblige les socialistes à proposer des solutions inédites. Pour la jeune génération de militants et de dirigeants socialistes que nous sommes, il est un commandement qui ne peut souffrir d’aucune contestation : nous ne voulons plus vivre une nouvelle défaite lors de l’élection présidentielle. Un jeune majeur en France n’a pas encore connu un président issu de notre parti. La promesse d’une génération, la promesse de notre génération est de tout faire pour que la gauche gagne les prochaines échéances de 2012. Nous le devons aux français qui désespèrent des politiques liberticides, régressives, injustes qui sont mise en œuvre actuellement par la droite. Or, pour réussir, nous avons trois devoirs.

Premier devoir, le devoir de combativité
Le sarkozysme doit être combattu pour ce qu’il est : un projet de civilisation qui réduit le périmètre de l’Etat, qui redistribue la manne fiscale en direction des hauts revenus, qui marchandise les services publics qui appauvrit les territoires qui démantèle l’éducation nationale, qui impose sa main mise sur les médias, qui se méfie des magistrats qui ethnicise la nation française, qui valorise les communautés cultuelles ou culturelles au dépend du vivre ensemble et de la laïcité républicaine.

Il ne s’agit pas du style, il ne s’agit pas de l’homme, il est question d’une politique méthodique libérale, autoritaire cherchant la mise au pas des citoyens précarisés, encourageant la compétition, montant les catégories sociales les unes contre les autres, traquant les contre-pouvoirs, meurtrissant les collectivités locales.

Face à cette droite qui abîme la France, les socialistes doivent être des opposants déterminés. L’ouverture, les accommodements, les critiques en mode alternatif ne doivent plus prospérer dans notre Parti. Les français attendent de la clarté, car il s’agira, en 2012, de proposer non une alternance, mais une véritable alternative. (more…)

16 juin 2010

Les primaires ouvertes, un pari intenable

Filed under: 14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

En 2000, j’ai été un des rares responsables socialistes à critiquer publiquement le changement imposé par L. Jospin (quinquennat et inversion du calendrier électoral). J’avais mis en garde contre le double danger dans lequel il nous enfermait : idéologique (le renforcement du présidentialisme, aspect le plus inacceptable du fonctionnement de la Vème république), la perte automatique des élections législatives, en cas d’échec  à la présidentielle. C’est malheureusement ce qui s’est passé et nombre de ceux qui se sont tus à l’époque regrettent aujourd’hui de n’avoir rien dit.

C’est pourquoi, comme d’autres j’espère, je n’ai pas l’intention de rester silencieux devant une des dispositions proposées pour « rénover » le PS. La volonté à nouveau affichée par le Parti socialiste de se rénover n’est certes pas critiquable. Encore faudrait-il que les propositions qui sont faites soient à la mesure des intentions proclamées.

Affirmer que ces « primaires ouvertes » seraient un moyen de « mettre en mouvement la société française », de « donner aux citoyens la possibilité de peser sur l’histoire et le destin de notre pays », de se dégager des « états majors politiques, médiatiques et des instituts de sondage », alors qu’actuellement les citoyens et les militants « jouent jusqu’à la fin un rôle passif de spectateur, convoqués aux urnes lorsque la bataille est jouée et achevée »[1]….est pour le moins excessif et décalé !

Dire que ces primaires seraient « une méthode pour sortir enfin de l’ambigüité institutionnelle entretenue jusqu’ici par la Vème République »[2] est étrange, alors que ce processus tend à entretenir  ce qu’un éditorialiste appelle « la folie présidentielle » !

Quand, de plus, il est clairement expliqué que ces primaires seront une occasion de choisir par ce vote « projet, candidat, alliances »[3] (et un premier texte parlait même des « équipes » du candidat), on imagine la confusion qui peut s’emparer des électeurs de gauche ! (more…)

8 juin 2010

Primaires aux PS : le point de vue de P. Moscovici

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:31

La semaine qui s’écoule est consacrée, pour le Parti socialiste, à la préparation de sa convention sur la rénovation, avant le Conseil national du 8 juin. Mardi, Martine Aubry a réuni les principaux responsables du Parti, avant de présider le Bureau national, qui a examiné le texte d’Arnaud Montebourg. Ce projet, loin d’être sans qualités, sera amendé dans la semaine : j’ai moi-même fait quelques suggestions, dans le droit fil des remarques déjà exprimées ici. Je veux toutefois aujourd’hui vous dire mes espoirs et mes craintes, mes attentes et mes inquiétudes, devant le point central, le pilier de la rénovation : les primaires.

Vous le savez, je suis depuis longtemps partisan des primaires. J’ai été parmi les premiers à les promouvoir, j’ai lancé il y a un an environ une pétition en leur faveur, que vous avez été nombreux à signer. Mon engagement est d’abord de principe. Je suis en effet convaincu que le choix de notre candidat(e) par un corps électoral plus large et divers, plus jeune aussi peut-être, que celui des seuls militants socialistes, donnera à notre prétendant(e) à la Présidence de la République une légitimité démocratique, une force, un élan inédits. A cet égard, les exemples américain et même italien sont éclairants : les primaires ne sont pas un passeport pour la victoire, qui se conquiert dans la campagne, mais elles créent de la mobilisation, du rassemblement, de la diversité également. Mon investissement en faveur des primaires est aussi, je l’avoue, conjoncturel. Les primaires socialistes – en définitive, elles seront sans doute organisées autour de notre parti – sont, je l’ai écrit dans « Mission impossible ? » – vous ne l’avez pas assez lu, ce livre disait beaucoup…! – filles des circonstances. S’il n’y avait pas eu la fausse primaire de 2006 et ses déceptions, puis le Congrès de Reims et ses errements, nous aurions pu, comme le font tous les partis socialistes et socio-démocrates européens – Henri Emmanuelli a raison sur ce point comme sur beaucoup d’autres – continuer à confier la désignation de notre candidat(e) aux instances du Parti, et d’abord à ses militants. Ce n’est pas possible, ce n’était en tout cas plus possible depuis le début 2009 : va donc pour les primaires. (more…)

30 mai 2010

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec le cumul des mandats

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:53

dessin : RodhoPhilippe Baumel, membre du Conseil national du PS, dénonce une fois de plus le cumul des mandats. Cette pratique est selon lui en train de tuer le débat politique, en empêchant l’émergence de nouvelles personnalités et d’idées neuves.

« Touche pas au grisbi » ! Les tontons flingueurs adeptes du cumul de mandats ont dégainé. Martine Aubry est en ligne de mire et derrière elle l’idée d’une adaptation de la vie politique de notre pays aux nécessités de sa démocratisation et de sa revitalisation. L’idée d’aboutir à une règle générale sans délai et sans dérogation gêne. Elle gêne peu de monde mais elle gêne ceux qui, depuis plusieurs décennies, accaparent les mandats et accumulent les sièges.

La décentralisation appliquée sans limitation du cumul des mandats a sans doute été une erreur : Au lieu d’enrichir le débat national des expériences locales, au lieu d’irriguer la démocratie locale d’une plus grande compréhension des enjeux qui déterminent notre devenir, le cumul a – au contraire – réduit le débat politique à une longue suite de conflits quasi-féodaux sans vision ni pensée dépassant les différents fiefs concernés. L’appauvrissement du « débat d’idées » au sein de notre démocratie ne doit-il pas à cette passion irraisonnée pour l’accumulation de mandats par un nombre restreint de personnes ?  Le cumul c’est, d’abord, la stérilisation du débat politique !

Le cumul des mandats à un effet indirect qui rejoint celui précité : empêcher à la fois le renouvellement politique et l’émergence d’idées nouvelles. Un cumulard n’a qu’une peur : ne plus cumuler, ce qui équivaut dans son esprit à ne plus exister. Aussi excelle-t-il dans l’art d’écarter les concurrents et prétendants potentiels à sa succession, dans l’exercice de désignation de candidat de son parti inoffensifs pour lui dans son orbite immédiate. Guy Carcassonne l’a d’ailleurs démontré : nombre d’élus favorisent l’ascension de femmes ou d’hommes assez médiocrement préparés à l’exercice de mandats et dont le talent politique est loin d’être avéré. Le cumul c’est, aussi l’émergence de personnalités interchangeables et sans vraie envergure.

Le cumul est donc un frein à l’émergence de nouveaux responsables politiques en France : combien d’élus sont-ils issus du monde ouvrier ? Combien de jeunes élus comptons-nous ? L’hypocrisie relative à la « parité » ou à la « diversité » sert le plus souvent de paravent à un accaparement des postes clés de la démocratie locales ou des circonscription législatives et sièges de sénateurs au bénéfice d’une caste de plus en plus réduites d’élus dont on s’aperçoit qu’ils ont commencé leur carrière dans les années 1970… Haro sur les concurrents potentiels ! Haro sur les idées nouvelles !

Tout cela se nourrit de l’argument le plus fameux : être élu national pour défendre sa collectivité locale ! Toute grande ville, toute métropole aurait droit à son député-maire ou à son sénateur-maire, dont la population serait « fière » (sic). C’est en fait une conception assez détestable de la République et de la décentralisation que de considérer que les citoyens seraient traités différemment selon qu’ils seraient représentés par un édile parlementaire ou non… Le cumul c’est donc aussi une potentielle atteinte à l’esprit républicain.

Trop de professionnels du cumul et trop peu de professionnalisme en politique ? La question pour la République est de revivifier son débat national et de faire vivre sa démocratie locale. La question pour la Gauche est d’anticiper cette évolution en faisant émerger nouveaux responsables et nouvelles idées, cela passe – entre autres – par un changement de fonctionnement, par de nouvelles règles. La rénovation en cours, largement soutenue par les militants, doit maintenant se concrétiser au sein du Parti Socialiste avant d’irriguer en 2012 l’ensemble de la société française.

Philippe Baumel pour « Marianne 2 »

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