Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

18 octobre 2011

Le naufrage de Dexia et après…

( Capture d'écran - Dailymotion )L’aventure désastreuse de la banque franco-belge (et un peu luxembourgeoise) Dexia est un résumé des effets de la déréglementation financière : de la privatisation du Crédit Local de France en 1996 au démantèlement de Dexia en 2011, en passant par la création de Dexia, sa plongée à corps perdu dans la spéculation, son refinancement sans contrepartie par les Etats français, belge et luxembourgeois en 2008, la continuation de ses activités spéculatives, jusqu’au naufrage final en octobre de cette année.

Aujourd’hui, c’est aux Etats et à la Caisse des dépôts et consignation, organisme public, de régler la facture. Les actionnaires qui avaient perçu pendant près de 15 ans des dividendes réputés réguliers et copieux font toujours l’objet de toutes les attentions des gouvernements belge et français.

Le sauvetage de 2008
Jusqu’à la fin des années 1980, le Crédit local de France, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est un organisme public.En 1996, le Crédit local est privatisé. Il fait son entrée en bourse et fusionne avec le Crédit communal de Belgique pour créer Dexia, une banque spécialisée dans le financement des collectivités territoriales.Dexia multiplie ses acquisitions. D’abord en absorbant des banques spécialisées dans le crédit aux collectivités territoriales en Italie et en Espagne.
Puis, en 2000, Dexia élargit considérablement son champ d’activité en rachetant, aux Etats-Unis, FSA, spécialisé dans l’assurance des titres financiers qui subira de plein fouet la crise bancaire de 2007-2008. Très bien notée par les agences de notation, Dexia rachète également la banque Labouchere qui lui fera perdre plusieurs centaines de millions d’euros. La banque en question avait incité ses clients à acheter à crédit des actions (notamment celles dites « des nouvelles technologies »). Le krach de 2001 les a ruinés. Ils ont demandé des comptes à Dexia.
Dexia n’omet surtout pas, après 2002, de se lancer dans la spéculation sur les subprimes et les produits dérivés.
En 2008, les gouvernements français et belges interviennent massivement (6 milliards d’euros) pour sauver les actionnaires de Dexia qui croulent sous les actifs toxiques. L’Etat et les régions belges financent le sauvetage pour près de 3 milliards d’euros. La CDC apporte 1,8 milliards d’euros et l’Etat français 1,2 milliards. (more…)

15 octobre 2011

Modulation du temps de travail : le salarié à la carte, un rêve de patron enfin exaucé

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Sous couvert de simplification du droit, sans aucune concertation avec les syndicats, les députés ont adopté hier une disposition qui autorise les employeurs à augmenter ou réduire le temps de travail de leurs salariés sans devoir modifier leur contrat.

Augmenter ou réduire la durée du travail d’un salarié sans lui demander son accord est un rêve de patron qui pourrait bien être exaucé. Sous couvert de simplifier le droit, le député UMP Jean-Luc Warsmann creuse des brèches dans le Code du Travail. Au détour d’une proposition de loi relative «à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives», l’auteur et député des Ardennes présente, dans l’exposé des motifs, la mesure suivante : permettre à un employeur «d’augmenter le nombre d’heures de travail sur une courte période sans que cette augmentation constitue une modification du contrat de travail».

Sauf que l’article de loi n’est pas tout à fait rédigé dans les mêmes termes : «La mise en place d’une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année, ne constitue pas une modification du contrat de travail».

Outre que la «courte période» peut durer un an, le terme «répartition des horaires» peut aussi bien signifier une hausse qu’une baisse de la durée du travail avec un salaire réduit en conséquence. (more…)

2 octobre 2011

Salariés grévistes de la faim attendent Président qui pense aux ouvriers !

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Nicolas Sarkozy a récemment lancé : « Mon devoir est de penser aux ouvriers plus qu’à ceux qui ont un statut qui les protège ». Il est dommage qu’il n’ait pas réservé cette déclaration aux ouvriers de Lafarge, en grève de la faim, pour conserver leur usine !

Les derniers propos du Président sur l’attention qu’il porterait : « (…) aux ouvriers, aux salariés et aux cadres qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l’Etat, plus que de penser à ceux qui ont un travail difficile mais qui ont un statut qui les protège » ont été accueillis avec scepticisme et colère.

Au delà de la démonstration électorale, on serait tenté de lui demander pourquoi il n’a pas fait preuve d’une telle détermination, pour aider ou sauver l’emploi des ouvriers de : Grandange, Continental, Molex et tant d’autres, moins connus, mais frappés par les restructurations, plans sociaux ou délocalisation de l’outil de travail ?

Et oui, Monsieur le Président, il ne suffit pas de clamer haut et fort qu’on aime les usines et les ouvriers. Et puisque leur défense, c’est « votre truc », nous vous proposons de vous rendre, au plus vite, auprès des douze salariés du cimentier Lafarge, qui ont arrêté de manger pour protester, contre la fermeture de leur usine de Frangey, dans l’Yonne !

A cas où vous ignoreriez cette affaire, nous vous conseillons la lecture d’un article de Libération qui explique que ces « salariés qui sont lancés dans la compétition internationale et qui ont besoin du soutien de l’Etat » ont décidé de : (…) ne plus s’alimenter plutôt que perdre leur emploi (…) ils se sont directement installés devant le siège de Lafarge Ciments à Saint-Cloud (…) » Ou si vous êtes pressé de regarder la vidéo que BFM leur a consacré.

Mais, si vous mettez en doute les média, vous pouvez aussi prendre connaissance de leur combat sur un blog qu’ils ont créé pour expliquer leur geste (more…)

23 septembre 2011

L’âge légal de départ la retraite à 67 ans : Le futur cadeau de Fillon aux français ?

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 12:00

La convergence fiscale entre la France et l’Allemagne a bon dos ! C’est au nom de celle-ci que François Fillon aimerait aligner progressivement l’âge légal de la retraite en France sur celle de l’Allemagne. C’est à dire 65 puis 67 ans ! Une façon de pousser les salariés vers des retraites par capitalisation ?

Beaucoup de gens ignorent ou ont oublié que c’est François Fillon, alors Ministre des Affaires Sociales, en 2003, qui a été le premier à remettre en cause le système des retraites. L’une des mesures phares de cette réforme était : « (…) un allongement de la durée de cotisation soit 40 ans en 2008 pour les fonctionnaires et pour l’ensemble des actifs à 41 ans en 2012. ( Détail complet sur Wikipedia)

Et même si c’est Eric Woerth dont ne nom est associé à celui de la réforme de 2010, il n’en était pas moins ministre de François Fillon qui l’a largement supervisée.

Résultat de l’opération : L’âge légal de la retraite est de 62 ans pour ceux nés à partir de 1956 et l’obtention du taux plein est passé de 65 à … 67 ans. Ce qui signifie que, compte tenu de l’état exécrable du marché de l’emploi, pour les plus de 55 ans (+ de 800 000 chômeurs) il y a fort à parier que ceux-ci, choisiront majoritairement de partir avec une décote (voir Comment s’applique la décote par Notre Temps ). D’où pour beaucoup des retraites de misère après plus de 40 ans passés au travail !

Mais ce n’était, semble t-il, pas assez pour notre Premier Ministre qui vient d’utiliser l’argument de la convergence fiscale entre la France et l’Allemagne pour proposer de fixer l’âge de départ à la retraite à 67 ans !

Sur quoi s’appuie Fillon ? (more…)

18 septembre 2011

retour sur la retraite

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 12:00

Le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans est une question majeure pour la primaire comme pour la présidentielle 2012

Ce n’est pas un jeu de chat et de souris ni de petite phrase. C’est une question sensible, décisive.

C’est là-dessus depuis 2010 que Sarkozy a plongé dans les sondages, parce qu’il a voulu tuer la retraite à 60 ans.

8 millions de français ont manifesté au moins une fois en 2010 contre la sale loi Sarkozy-Woerth-Fillon de pillage de nos retraites.

Il y a 75 % de l’opinion qui est profondément attaché au retour au droit à la retraite à 60 ans.

Un droit c’est un droit, ça ne se mégote pas. Les 35 h c’est les 35 h ça n’est pas à la carte. 48 h c’est 48 h, la durée maxima d’ordre public social. Le Smic est le même pour tout le monde, ça ne se mendie pas branche par branche. L’ordre public social ne se découpe pas en tranches. 60 ans c’est 60 ans, ce n’est pas une retraite à la carte. L’ordre public social dans ce pays, ça signifie encore quelque chose.

Le droit légal de prendre sa retraite à 60 ans, c’est un droit, pas une obligation : mais c’est un droit pour tous, pas découpé en rondelles.

Je n’arrive pas à comprendre la pression qui s’exerce sur la position de Martine Aubry quand celle-ci semble s’excuser à la télévision : «  – Je ne suis pas une caricature, je ne défends pas la retraite à 60 ans pour tous ».

Au contraire, il faut défendre vigoureusement UN DROIT pour tous contre les vraies caricatures de ceux qui fabulent sur une société avec des centenaires partout : ils n’ont jamais regardé de près le corps des humains qui travaillent entre 55 et 65 ans, encore moins ! un homme devant son marteau piqueur, (il y a 1,2 million d’ouvriers du bâtiment)…

Et il faut arrêter, hélas, de parler de l’allongement de l’espérance de vie : il est lié à la retraite à 60 ans et aussi au maintien d’une politique de santé pour tous. Aux USA, cela fait de nombreuses années que l’espérance de vie recule. Et même si elle augmentait, quelle importance, si le travail, lui n’augmente pas réellement au-dessus de 55 ans. (more…)

9 septembre 2011

Gandrange 2, le retour

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Consternation à Florange, en Moselle. Lors d’un comité central d’entreprise convoqué au dernier moment, les syndicats ont appris jeudi 8 septembre la fermeture pour une durée indéterminée des deux hauts fourneaux de Florange (Moselle). «C’est une grosse claque dans la gueule», se désole Edouard Martin, délégué CFDT.

Depuis plusieurs semaines, les mauvaises nouvelles se bousculent pour ce site, un des derniers fleurons de la sidérurgie en France. Le premier haut fourneau était arrêté depuis le 6 juillet. Fin août, le groupe ArcelorMittal avait prié 600 salariés travaillant au sein de la division emballages de Florange de solder leurs congés et RTT. Et voilà que ce jeudi, les salariés ont appris la fermeture du deuxième haut fourneau début octobre, pour une durée indéterminée, et rien ne garantit pour l’heure qu’ils redémarreront, ou qu’ils redémarreront avec la même charge.

Le groupe ArcelorMittal invoque la baisse des commandes. Un argument rejeté par le syndicats, qui dénoncent le rapatriement des commandes sur les usines côtières du groupe, comme celle de Dunkerque (Nord). «Une journée investisseurs est prévue le 23 septembre, on craint le pire en termes d’annonces», s’inquiète Edouard Martin. La direction d’ArcelorMittal, dont l’action a baissé de 50% depuis le début de l’année, pourrait avoir la tentation de donner des gages aux marchés en annonçant de lourdes réductions de coût.

Mais d’ores et déjà, la fermeture des deux hauts fourneaux va avoir de lourdes conséquences. Un millier de salariés vont devoir chômer. ArcelorMittal a d’ailleurs déposé récemment une demande de chômage partiel, que le gouvernement lui a accordé. 400 intérimaires, des jeunes pour l’essentiel, ne seront pas renouvelés en octobre. L’avenir s’assombrit très sérieusement pour les 500 à 700 salariés qui travaillent dans la myriade de petites entreprises sous-traitantes autour du site. «En tout, 2000 travailleurs sont menacés», explique Edouard Martin. Car dans la sidérurgie, un haut fourneau qui ferme plusieurs mois est à moitié condamné s’il n’est pas entretenu pendant son arrêt. Or ArcelorMittal semble avoir décidé de ne plus investir dans ses hauts fourneaux mosellans.

Avec près de 3000 salariés, Florange est le deuxième employeur de la Moselle en crise chronique depuis des années, et que la crise a encore fragilisée. Vu le nombre de personnes concernées et le statut très symbolique des hauts fourneaux de Florange, vestiges de «l’âge d’or» de l’acier en Lorraine, le sort du site risque de devenir un dossier social majeur de la campagne présidentielle. «C’est très mal parti, s’inquiète Edouard Martin. Le groupe est dans une logique purement spéculative et semble ne plus vouloir investir sur le site. Franchement, si on voulait nous tuer, on ne s’y prendrait pas autrement.» (more…)

24 août 2011

Emploi, temps libre… Réflexion

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:20

Un entretien lumineux et profond avec le philosophe André GORZ (1923-2007) sur l’emploi, le temps libre, et plus encore.

Au sens anthropologique, on appelle habituellement «travail» l’activité par laquelle les humains façonnent et transforment leur milieu de vie. C’est d’abord la malédiction biblique : le monde n’est pas naturellement propice à la survie des humains, il n’est pas «un jardin planté pour eux», disait Hegel. La vie humaine est «improbable», écrivait Sartre, elle rencontre cette improbabilité comme un ensemble d’adversités, de maladies, de raretés.

Au sens philosophique, le concept de «travail» englobe les dimensions multiples de l’activité humaine.

PONOS-La philosophie grecque distinguait le travail-corvée — ponos — qu’il faut accomplir jour après jour pour entretenir le milieu de vie et produire sa subsistance. C’est aussi bien le travail ménager que le travail agricole dont les hommes, dans les sociétés traditionnelles, se déchargent sur les femmes et les esclaves.

POIESIS-Après le ponos, il y a la poiesis : le travail de l’artisan, de l’artiste, du «producteur». Le travail comme poiesis n’est plus, à la différence du ponos, asservi complètement aux nécessités et aux contraintes matérielles de la subsistance. Il peut s’en émanciper en devenant création, invention, expression, réalisation de soi. C’est cette dimension du travail qui intéresse avant tout Hegel et ensuite Marx : le travail par lequel je m’individualise, me fais personne, inscris dans la matérialité du monde l’idée que je me fais de ce qui doit être.

PRAXIS-Enfin, il y a le travail comme praxis, que Hannah Arendt appelle «l’agir» (Handeln). La praxis est essentiellement l’activité non utilitaire qui tend à définir les conditions et les normes de la «bonne vie». Cela comprend le débat politique et philosophique, la réflexion, l’enseignement, une grande partie de ce qu’on appelle aujourd’hui le «relationnel» et la «production de sens», l’Eros.

Il peut sans doute y avoir des chevauchements et des interpénétrations entre ces dimensions de l’activité humaine. Elles se distinguent par leur sens, leur intentionnalité beaucoup plus que par leur contenu. Élever un ou des enfants, par exemple, comporte du ponos — des besognes fastidieuses continuellement à refaire — mais n’est pas réductible à cela ; ou alors la finalité, le sens du travail éducatif en tant que praxis a été perdu. (more…)

2 août 2011

L’allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

L'allocation équivalent retraite supprimée : des chômeurs sans ressources

Au 1er janvier dernier, le gouvernement a supprimé l’allocation équivalent retraite (AER) destinée aux chômeurs proches de la retraite. Alors que la réforme entrant en vigueur le 1er juillet a repoussé l’âge légal de départ à 62 ans, plus de 30 000 demandeurs d’emploi âgés seraient privés de ressources.

À la fin du mois de juillet, les revenus de René Némoz, Villeurbannais de 58 ans, vont connaître un gros trou d’air. À cette date, cet ancien menuisier du bâtiment, qui a plus de 41 années de travail derrière lui, aura épuisé ses trois années de droit au chômage et il ne pourra plus toucher ses 1300 € d’indemnisation mensuelle. Jusqu’ici, il pensait avoir droit à l’allocation équivalent retraite (AER), une aide financée par l’État de 33 € par jour, soit un peu moins de 1000 € par mois.
Mais cette prestation a été supprimée par le gouvernement le 1er janvier dernier. Créée en 2002, elle permettait justement aux demandeurs d’emploi ayant leurs annuités, mais pas encore l’âge de départ, d’attendre la retraite. René devra donc se contenter des 461 € mensuels de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), le minima social des chômeurs en fin de droits. Et il devra s’en contenter plus longtemps, puisque la réforme des retraites promulguée à l’automne repousse, à partir du 1er juillet 2011, l’âge légal de départ, qui passera de 60 ans aujourd’hui à 62 ans en 2018.

Malgré ses quarante ans d’usine…
« Avec un loyer de 420 €, les factures d’électricité, la mutuelle, la nourriture : comment voulez-vous que je vive avec 460 € par mois ?« , s’alarme Marie-Pierre, qui va passer de l’allocation de chômage à l’ASS en novembre. À 58 ans, cette Angevine, qui a commencé à travailler à 16 ans, a derrière elle « quarante ans d’usine » et encore plus de trimestres « validés ». Elle n’a pas pour autant le droit de bénéficier du dispositif « carrière longue » qui permet à ceux qui ont commencé à travailler très tôt de liquider leur retraite avant l’âge légal. (more…)

31 juillet 2011

Du chômage à l’engrenage du travail saisonnier

Filed under: 04 - Emploi formation,06 - Travail-Entreprises — iledere @ 7:26

Il est jeune, sans attache, bronzé toute l’année et fêtard. L’été, il sert des cocktails sur la plage, l’hiver il donne des cours de ski. Le saisonnier. Sauf qu’en réalité, il ressemble de moins en moins à cela. Aujourd’hui, le saisonnier type est mère de famille, la cinquantaine approchant, ne croit plus au CDI et se demande comment tenir encore 12 ans avant la retraite.

Etre embauché à la saison est devenu pour beaucoup de chômeurs de longue durée la seule solution pour garder la tête hors de l’eau. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, en déplacement le 25 juillet dans le bassin d’Arcachon, a promis de consacrer, à l’automne, des assises au travail saisonnier, expliquant : « C’est tout un travail d’ensemble, pour un potentiel (d’emplois) plus important. » Une découverte qui tombe à pic pour le ministre, vu la hausse de 1,3% du chômage en juin. Peut-être mise-t-il sur l’emploi saisonnier pouvoir rayer des listes de Pôle emploi les 33.000 nouveaux inscrits du mois dernier, et atteindre ainsi son objectif : repasser d’ici la fin de l’année sous la barre des 9%, contre 9,7% au premier trimestre 2011.

Un an auparavant, presque jour pour jour, c’est Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat à l’emploi, qui s’intéressait à ce « potentiel ». Si le discours n’a pas beaucoup évolué, la situation des saisonniers a quant à elle empiré. Depuis le Calvados, Laurent Wauquiez se félicitait d’un « redémarrage à la hausse (de l’emploi saisonnier) très intéressant ». Et de l’interpréter comme « un signe un peu avant-coureur pour nous de ce qu’on espère être l’évolution du marché de l’emploi ». Un signe surtout d’extension de la précarité pour Sylvie Berodias, agent d’accueil l’été dans un centre de vacances au Puy-en-Velay et organisatrice du premier forum social des saisonniers en décembre à Aubagne.

« Quand on a besoin de vous, on vous appelle. Mais s’il n’y a personne, on vous dit de rentrer chez vous. Les contrats raccourcissent, avec l’effet vacances à la dernière minute et la météo. On subit une double saisonnalité : la saison et le temps. Les saisonniers deviennent des salariés kleenex », déplore-t-elle. Une situation d’autant plus révoltante qu’en parallèle, les employeurs « demandent de plus en plus un personnel professionnalisé et fidélisé pour ne pas perdre de temps chaque année à chercher un saisonnier et le former. On précarise le travail pour le flexibiliser. Des gens professionnels, fidèles mais qui restent précaires, c’est ça l’avenir ! ». (more…)

Page suivante »

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons