Après la vague rose, les cinq clés de la présidentielle de 2012
2012 commence aujourd’hui. C’est certes une grande tradition de penser à l’élection suivante dès le dernier bulletin compté, mais en l’occurrence, c’est bien la réalité. La présidentielle de 2012 est déjà dans tous les esprits, après ce scrutin régional qui a pris des allures de séisme politique. En cinq grandes questions, le parcours du combattant qui nous sépare de l’élection présidentielle.
1 Les abstentionnistes
Passer de la participation record de la présidentielle de 2007 à l’abstention record des régionales de 2010 montre la désillusion massive des électeurs. Deux ans pour réconcilier les Français avec leur classe politique, avec la politique tout court, ne sera pas de trop.
George Frèche a poussé le bouchon un peu loin en lançant sur TF1 qu’on avait assisté à la mort « des partis politiques tels qu’on les a connus au XXe siècle ».
Pourtant, il est clair que droite et gauche ont leur part de responsabilité dans la montée du désintérêt des électeurs pour les derniers scrutins, les uns en raison des promesses non tenues, les autres ont fini d’écoeurer leurs partisans par leurs querelles et leur absence du terrain programmatique.
2012 n’aura de sens que si les électeurs retrouvent le chemin des urnes. Au-delà des questions tactiques, le défi est lancé à l’ensemble des partis politiques.
2 Le (ou la) candidat(e) de la gauche
Gagner les régionales pour mieux perdre la présidentielle, la gauche connait : c’est le scénario de 2004 et 2007. Les socialistes ont déjà choisi le système des primaires pour départager leurs présidentiables, et créer une dynamique positive pour l’emporter en 2012. Cela n’élude pas toutes les questions.
Les questions de personnes et d’égos, qui ont pollué l’atmosphère au PS depuis 2007, sont loin d’avoir disparu. Le score impérial de Ségolène Royal dans sa région, faisant de la présidente sortante de Poitou-Charentes l’une des mieux élues de France, lui permet de se remettre en selle, face à une Martine Aubry qui a pourtant gagné son pari en menant le PS à la victoire, comme le rappelle Pascal Riché dans son éditorial.
Le passage par les primaires devrait théoriquement permettre un affrontement encadré entre tous les prétendants à la candidature en 2012. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui est loin d’être acquis.
Le choix d’un (ou d’une) bon candidat est nécessaire mais pas suffisant : reste à la gauche à définir son projet, à réinventer un programme crédible et motivant pour une société mal en point. Là non plus, ce n’est pas gagné.
3 L’attitude des écologistes
Europe Ecologie a réussi à s’imposer comme la deuxième grande force de la gauche, après sa percée aux élections européennes de l’an dernier. Les écolos ont également réussi leur stratégie d’alliance avec le PS et le Front de gauche au deuxième tour (Bretagne mise à part), qui leur permettra d’être associés aux exécutifs régionaux.
Pour autant, leur stratégie pour 2012 est loin d’être claire. Participeront-ils aux primaires à gauche ? Auront-ils leur candidat (Cécile Duflot ? ) à la présidentielle, au risque de reproduire la division à gauche au premier tour, comme en 2002, alors que le Front national a tout sauf disparu de la scène ? (Lire la suite…)

Le MoDem peine dans les sondages. Mais cela veut-il dire pour autant que les possibilités d’alliances au second tour avec les centristes appartiennent au passé?
Il se passe tant de turpitudes au sommet du pouvoir que le vote sanction est une grande tentation.
Encore des nouvelles d’une vedette des affaires des années 90 : Didier Schuller s’envole ce samedi pour Saint-Domingue. Pas pour fuir la justice française, comme en 1994, lorsque le conseiller général RPR des Hauts-de-Seine avait choisi les Caraïbes pour se cacher des juges. Cette fois, il est libre et veut relancer sa carrière de consultant.
En apprenant la nouvelle du décès de
A écouter Jean- François Kahn, Jean-Louis Borloo, l’un des plus populaires ministres du gouvernement, serait en désaccord avec la personnification du pouvoir actuelle. En privé, il dénoncerait la « dérive monarchique du régime » impulsée par Nicolas Sarkozy. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que ce type de propos sont tenus par un ministre, il suffit pour s’en apercevoir de lire les indiscrets des différents journaux qu’ils soient de gauche ou de droite. Mais si l’on s’en tient à la conversation rapportée par Jean-François Kahn, il va plus loin.
«Il ne faut pas se rallier, ni se confondre.» Dimanche 6 décembre, à la tribune du congrès du MoDem, réuni à Arras (Pas-de-Calais),
Il est sans doute parfois possible de trouver des « militants », terme un peu bizarre j’en conviens, du Modem qui peuvent avoir envie de venir ou revenir vers la gauche, vers les valeurs anti-libérales qui animent la mouvance écologiste depuis des lustres. Mais imaginer que Bayrou, Lou Ravi du Béarn, puisse avoir une once de pensée de gauche, un minuscule atome crochu avec ceux qui contestent les formes prédatrices et destructrices du capitalisme et de l’idéologie de la croissance, revient à croire avec des semaines d’avance au Père Noël. Imaginer que celui qui fut l’« efficace » ministre de la droite à l’éducation nationale et à la Recherche de la droite (1993-1997), puisse comprendre ce que sont la décroissance ou une croissante respectueuses des écosystèmes et des citoyens, relève de l’illusion d’optique, et de la tromperie sur la marchandise. Imaginer encore que sa compagne de route, Corinne Lepage, ministre de l’environnement d’Alain Juppé puisse, au delà de ses discours « parfaits », épouser les valeurs et les refus politiques des Verts, relève de la méthode Coué. Les avocats, c’est bien connu, ne font qu’épouser le temps d’une plaidoirie, les errances de leurs clients…
