Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

12 avril 2011

Gbagbo capturé : par les Français ou par les Ivoiriens ?

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Qui a réellement capturé Laurent Gbagbo, lundi dans sa résidence d’Abidjan où il était retranché depuis huit jours ? Les partisans du Président sortant affirment que ce sont les forces spéciales françaises, mais Paris, tout comme le camp du Président Alassane Ouattara reconnu par la communauté internationale, démentent et affirment que ce sont des soldats ivoiriens, membres des « forces républicaines » pro-Ouattara, appuyées par les Français de la force Licorne et l’ONU.

Aucune image n’existe de l’assaut déterminant de la résidence de Laurent Gbagbo, qui a été précédé d’une intense activité militaire française, dimanche soir et lundi matin. A Paris, le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard, a toutefois déclaré : « A aucun moment les forces françaises n’ont pénétré dans les jardins ou la résidence présidentielle. »

Si cette question reste sans réponse claire, la partie est bel et bien finie pour Laurent Gbagbo, qui se trouve entre les mains des hommes d’Alassane Ouattara, à l’hôtel du Golf, le quartier général de Ouattara, avec son épouse Simone. Selon le ministre français de la défense, Gérard Longuet, Laurent Gbagbo se serait « rendu ».

Les premières images de Laurent Gbagbo entre les mains de ses ennemis ont été diffusées sur la télévision ivoirienne aux mains de Ouattara, reprises ici par LCI. Sur la bande son, il y déclare que les armes doivent cesser et la partie politique prendre le relais.

La télévision ivoirienne montre également de manière furtive son épouse, Simone, également sur la liste de l’ONU des dignitaires ivoiriens accusés de crimes de guerre. (more…)

15 mars 2011

Exit Juppé

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Après un mini-état de grâce d’Alain Juppé lors de sa nomination au quai d’Orsay, l’ancien Premier ministre étant devenu « l’homme fort du gouvernement » aux yeux des médias, le vent a déjà tourné. Maurice Szafran montre que pour devenir le chef de file des anti-Khadafi, Sarkozy a décidé de se passer de son ministre des Affaires Étrangères.

Il aura donc suffi de quinze jours pour que Nicolas Sarkozy, une fois encore, démente le chœur enfiévré des journalistes et des commentateurs. Ainsi le président de la République, au plus bas dans les sondages et dans une partie non négligeable de son électorat, affaibli par le scandale MAM et son manque de réactivité face à ce délabrement de l’Etat, avait donc accepté que les Français voient ressurgir sur le devant de la scène super Juppé, ultra puissant ministre des Affaires Étrangères, quasiment débarrassé de la gangue, de l’influence élyséenne et du tout-puissant ex-secrétaire général de la présidence, Claude Guéant. Et dire que certains d’entre nous, parmi les « professionnels de la profession », ont voulu croire à ces âneries…

C’était d’abord oublier une règle de base, cette pratique d’airain de la Ve République : en matière de politique étrangère, seul le président décide, le patron du Quai d’Orsay n’étant qu’un exécuteur plus ou moins respecté, plus ou moins influent. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, quel que soit le contexte politique, n’ont jamais cédé un pouce de pouvoir. (more…)

28 février 2011

Sarkozy remanie sous la dictée

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

LouisonLe « gouvernement de professionnels » promis par Sarkozy n’aura vécu que du 15 novembre au 27 février. Un trimestre : juste le temps que les français s’aperçoivent qu’en fait de « professionnels » les copains du présidents n’étaient que des bras cassés
Ah la la, quel métier que le métier de Président ! Être obligé de se coltiner un JT le dimanche soir – une première dans l’histoire de la V° République, non ? – et tout ça pour annoncer quoi ? Un remaniement qui se veut minimaliste, mais qui, en réalité, marque un échec pesant du Président.

Il l’a joué « historique ». Le Président a enrobé l’annonce d’un remaniement réalisé dans l’urgence en invoquant le « changement historique » que constitue la révolution arabe (voir le texte intégral de l’allocation ci-dessous). Après avoir rappelé que toutes les démocraties avaient développé des relations  avec des dictatures qui constituaient des « remparts contre le terrorisme et le fondamentalisme religieux ». « Nous ne devons pas avoir peur » a ajouté le Président comme s’il voulait reprendre la fameuse antienne de Jean-Paul II, précisant que le mouvement qui touche les pays arabes s’est accompli « au nom des valeurs qui nous sont les plus proches, les droits de l’homme et la démocratie ». Le Président a tenté de préciser la ligne de crête difficile entre une « ingérence qui ne serait pas acceptée » et une « indifférence qui serait une faute politique ». On aurait aimé que cette analyse judicieuse eut dictée la politique de la France depuis deux mois…

Enfin, Nicolas Sarkozy a tenté de montrer en quoi le destin des peuples arabes pouvait avoir des conséquences dramatiques en Europe s’il arrivait que de nouvelles dictatures s’imposent dans ces pays, évoquant même les flux migratoires souvent brandis par Marine Le Pen. Sauf que la solution proposée, le retour en grâce de l’Union pour la Méditerranée, chère à son conseiller spécial Henri Guaino, apparaît très en deçà de la main, compte tenu du bilan très modeste de cette initiative et du peu d’enthousiasme de nos partenaires européens, et notamment de l’Allemagne sur ce sujet. (more…)

19 décembre 2010

Philippe Manière explose le mur du çon sur Europe 1

Modern TimesTous les soirs vers 19h10, Demorand fait « s’affronter » sur Europe 1 un invité de « gauche » et un invité de droite. Il choisit en général des sujets assez caricaturaux pour que le papier à cigarettes qui sépare les deux « adversaires » devienne le sujet d’une discussion très animée. Et malgré tous ses efforts, il arrive souvent que les deux « combattants » soient au regret de devoir constater leur accord quasi total sur le sujet du jour. C’est bien révélateur d’une époque où la doctrine capitaliste et libérale a été adoptée par la quasi totalité des partis politiques français (et pas seulement français, hélas),

L’invité de « gauche », c’est souvent Olivier Duhamel, juriste et politologue (Politologue ! Sacré boulot ! On s’inscrit où ?). Beau parleur, intelligent et convaincant. Mais on a déjà vu plus extrémiste… Enfin, on est sur Europe 1, il ne faut pas trop demander, non plus…

L’un de ses « adversaires » s’appelle Philippe Manière. Un journaliste économique. Pour parler clair, c’est une véritable caricature d’homo economicus, cerveau bien huilé, mais totalement bridé par un contexte qu’il considère comme intangible. Vous trouverez l’intégralité de son pédigree par ici . On y apprend avec intérêt qu’en plus de son travail de journaliste dans les torchons les plus réactionnaires, il a été président de l’Iinstitut Montaigne, « think tank » libéral créé par l’assureur multimillionnaire Bébéar (dont la fortune dépasse les 100 millions d’euros, ce qui le prédispose assurément à donner des leçons aux pauvres, et même au Président de la Ripoublique ). Comme tous les « zéconomistes » qui n’ont rien vu venir de la Crise des Subprimes, il ne semble guère avoir tiré les leçons de cet épisode et encore moins fait montre d’un minimum de modestie et d’humilité, bien au contraire,

Le sujet d’hier était « les 35 heures« , au prétexte que ce grand penseur de Xavier Bertrand avait déclaré, en réponse aux exhortations de Longuet, qu’il ne voyait pas l’utilité de les supprimer, puisque dans les faits leurs principes ont été tellement assouplis qu’elles n’existent déjà plus. Bel aveu, au passage.

Mais voilà qui ne fait pas l’affaire de Philippe Manière, qui ferait presque passer Xavier Bertrand pour un gauchiste effronté ! Pour ce type, comme pour Longuet, les 35 heures sont une plaie béante faite au libéralisme, un affront impardonnable, quasiment un viol. (il parle même de « suicide » pour la France) Ca s’est passé il y a 13 ans, mais il continue à ne pas en dormir la nuit, et il reste persuadé que la panne économique dont souffre la France y trouve son origine. Il ne comprend pas que la France soit passée aux 35 heures « au moment où le monde s’ouvrait à des gens qui pédalent comme des fous« . En fait, il aurait voulu que nous pédalions comme des fous, avec lui et ses semblables dans le pousse-pousse, bien au chaud derrière, à débiner ceux qui ne pédalent pas assez, et à leur donner des coups de fouets pour les motiver… (more…)

21 novembre 2010

Le trésor de Balladur

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Après un nouveau témoignage explosif recueilli par le juge Van Ruymbeke, plusieurs familles de victimes de l’attentat de Karachi ont annoncé leur intention de déposer plainte pour «mise en danger de la vie d’autrui» et «homicide involontaire» contre Dominique de Villepin et Jacques Chirac (voir nos révélations). L’ancien premier ministre a décidé de contre-attaquer en s’expliquant, ce vendredi soir, au 20h de TF1.

Lors de son intervention télévisée, Dominique de Villepin a d’abord fait part de son souhait d’être entendu comme témoin par la justice «dès la semaine prochaine». «Il est important que la vérité soit connue dans ce dossier», a-t-il expliqué.

Sur le fond, M. de Villepin a confirmé que «Jacques Chirac, quand il est arrivé comme président de la République en 1995, a souhaité moraliser la vie publique internationale, c’est-à-dire interrompre les contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions», sans toutefois citer les noms d’Edouard Balladur ou de Nicolas Sarkozy. Il a ajouté que cette décision de l’ancien chef de l’Etat français était fondée sur de «très forts soupçons» quant à l’existence d’un système illégal de rétrocommissions en marge de grands marchés d’armement signés sous le gouvernement Balladur (1993-1995).

Mediapart publie un extrait du livre-enquête Le Contrat (éd. Stock), rédigé par deux des journalistes de Mediapart,  paru en mai dernier, dans lequel l’ancien premier ministre livrait pour la première fois sa vision de l’affaire.

Le blog des socialistes de l’île de Ré se fait un devoir de reproduire cet extrait en espérant que cette affaire ne pourra pas être étouffée par une justice aux ordres….

Le «trésor de Balladur»
Un homme a vécu toute cette période à des postes d’observation privilégiés, puisqu’il fut d’abord directeur du cabinet du ministre des affaires étrangères Alain Juppé entre 1993 et 1995, puis secrétaire général de l’Élysée après l’élection de Jacques Chirac. Comme Charles Millon, Dominique de Villepin estime avoir de bonnes raisons d’en vouloir aux balladuriens d’hier, devenus les sarkozystes d’aujourd’hui. Comme Charles Millon, il lâche au compte-gouttes les confidences. Car, comme Charles Millon, cet homme-là en sait beaucoup. Trop, même, à en croire son raisonnement.

«C’est un peu la quête du Graal, votre affaire», a lâché d’emblée Dominique de Villepin, rencontré à deux reprises (avant et après sa relaxe dans l’affaire Clearstream, intervenue le 28 janvier 2010) dans les locaux de son club politique, à l’ombre de l’église Saint-Augustin. «Vous touchez un sujet dont personne n’a jamais parlé, car la peur et la lâcheté sont la règle», a ajouté l’ancien premier ministre. Avant de prévenir: «Mais attention, je ne veux pas que vous vous abritiez derrière moi pour dire ce que vous ne pouvez ou n’osez pas écrire vous-mêmes. Après avoir fait office de lièvre dans l’affaire Clearstream, je ne veux pas servir de paillasson dans celle-là.»

L’affaire Clearstream, encore et toujours, qui semble coller à la droite française depuis le milieu des années 2000 comme ce maudit sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Un dossier qui vit d’abord Nicolas Sarkozy, ainsi que de nombreuses personnalités, être accusé par un “corbeau” de détenir des avoirs occultes via une chambre de compensation luxembourgeoise, avant que la justice n’établisse le caractère délirant de ces accusations, basées sur des listings truqués.

«D’après moi, l’affaire Clearstream n’aurait pas pu prendre cette ampleur s’il n’existait pas, bien sûr des fantasmes, mais aussi une réalité. Or, la vigilance particulière du président de la République sur cette affaire n’était pas fondée sur des fantasmes», attaque DDV, qui en vient à ce qui est, selon lui, le cœur du sujet: «les réseaux». (more…)

9 octobre 2010

Martin Hirsch 3.0

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Parfois, on tombe littéralement sur un texte éblouissant. Éblouissant non par son brio, mais par sa capacité à dire très simplement tout d’une situation ou d’un moment. C’est ainsi que je découvris avant-hier un papier publié dans le France Soir du vendredi 1er octobre et sobrement intitulé : Martin Hirsch retourne à gauche.

« Le président de l’Agence du Service Civique […] s’apprête à rejoindre les rangs de la gauche », nous explique-t-on ; d’abord rallié à la « Sarkozie », il aurait « repris sa liberté », avant d’être contacté « par Olivier Ferrand, le président Fondateur de Terra Nova – le laboratoire d’idées du PS ». Magnanime, l’ex-haut-commissaire sarkozyste aurait alors « donné son accord pour participer à la réflexion sur le projet présidentiel de la gauche ». Sa tâche ? Penser la « méthodologie » de la « réforme en France ». C’est que, explique alors le président-fondateur de l’organisation, la Gaule n’est pas « un pays où on ne peut pas réformer » ; il faut juste prendre le temps de « respecter le temps de la négociation », rechercher le « consensus », tenir « compte des procédures ». Moyennant ce respect minimal des rituels autochtones, on doit bien pouvoir faire progresser la modernité dans ce pays d’incorrigibles passéistes. Martin Hirsch, fils prodigue de retour, y veillera.

Cette brève de presse a été reprise telle quelle sur le site du think tank; on suppose qu’il la valide donc plus ou moins. On peut du reste être heureux que le papier soit signé par France Soir ; eût-il été l’œuvre de Terra Nova que les choses auraient été dites moins nettement, avec diplomatie ; on se serait probablement félicité de l’apport d’un authentique démocrate, progressiste, à la riche expérience gouvernementale et associative. Point de fioritures de ce genre dans le quotidien vespéral, en revanche : Hirsch était à droite, revient « dans l’orbite de la gauche », et va y prêcher l’art de la réforme.

Reprenons. Que sait-on, en somme ? Une personnalité a participé, avec d’autres, à l’ouverture sarkozyste entamée en 2007. Cette ouverture n’était aucunement une politique généreuse d’association de toutes les forces du pays, mais bel et bien une stratégie, assumée comme telle, de rupture du président avec son image trop à droite, de désarticulation de la gauche politique, et de brouillage des lignes partisanes et idéologiques. Faire triompher la confusion pour mieux asseoir l’omniprésidence. Celles et ceux qui, classés – à tort ou à raison – à gauche, ont accepté de participer à cette opération savaient pleinement ce qu’ils faisaient ; l’enrobage qu’ils purent en donner (par exemple, expliquer qu’ils venaient pour appliquer une politique précise et améliorer la marche du pays) ne changeait, et ne change toujours rien, aux conséquences de leur transgression. (more…)

5 octobre 2010

Jean-François Copé : business as usual !

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

20000 euros retrouvés tous les mois dans les poches de Jean-François CopéMaire de depuis 1995, député de Seine et Marne de 1995 à 1997 et depuis 2002 sans interruption, Jean-François Copé n’en a manifestement toujours pas assez !

Ce cumulard de la politique aux ambitions présidentielles a décidé d’arrondir ses fins de mois en travaillant depuis le 13 septembre 2007 pour le 1er cabinet  d’affaires français, Gide Loyrette Nouel. Pour 2 à 3 après-midi par mois, le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale touche 20000 euros : travailler plus pour gagner plus ? Son cas n’est toutefois pas unique : il y a aussi le cas de Nöel Mamère, député-maire vert de et à ses heures perdues, avocat depuis 2008. En solidarité avec Jean-François Copé, il n’a pas souhaité prendre part à la polémique ! Certes, le co-fondateur de Génération Ecologie n’est pas avocat d’affaires.

Dans son dernier opus “Pour en finir avec les conflits d’intérêts“, nous explique que les ministres des Postes ainsi que des hauts fonctionnaires recevaient des timbres de collection qui leur permettaient d’arrondir leurs fins de mois. Et ce serait grâce à l’argent issu de la revente de ces timbres que Jean-François Copé aurait pu financer l’achat de  sa maison. Gérard Longuet, ancien ministre des Postes de 1986 à 1988, mis en cause par ,  a d’ailleurs reconnu ce système de rémunération en nature.

Jean-François Copé n’est d’ailleurs pas le seul à droite à être dans le conflit d’intérêts. Il y a aussi le cas Philippe Marini, sénateur-maire UMP de Compiègne. Rapporteur général du budget au Sénat, il est aussi le cofondateur de Gimar, une importante, active et puissante banque d’affaires dans laquelle il continue de siéger. serait notamment connu de ses collègues  pour sa grande capacité à réécrire la loi de finance au gré des demandes des lobbies de la finance.

Quand un poisson commence à pourrir, c’est toujours par la tête.” Avant d’être décomplexée, nous avons à faire avant tout à une droite pourrie !

Par Denis pour « voie militante »

5 septembre 2010

Affaire Woerth-Sarkozy : beaucoup de questions, peu de réponses !

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:20

Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, le patron des sénateurs UMP Gérard Longuet et le chef de la majorité à l’Assemblée nationale Jean-François Copé ont tous les trois tenté d’éteindre l’incendie provoqué par les déclarations du ministre du Travail. Eric Woerth a reconnu, hier, avoir participé à la demande de légion d’honneur du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre.

Reposons la question puisqu’elle n’a pas été entendue : combien de temps Nicolas Sarkozy va-t-il couvrir le soldat Woerth et surtout, pourquoi il maintient au gouvernement un ministre de plus en plus carbonisé ? Comment peut-on croire qu’il est maintenu à son poste pour négocier la réforme des retraites ? Hier Nicolas Sarkozy a renouvelé son soutien à Woerth, mais lorsque les journalistes lui ont demandé « est-ce que le ministre du Travail est toujours à même de défendre la réforme des retraites ? », le chef de l’Etat s’est contenté d’acquiescer, sans faire plus de commentaire. Or, au moment même au Eric Woerth vantait la modération des partenaires sociaux, les syndicats sortaient de cette réserve : François Chérèque a jugé qu’il y avait « un vrai problème » se demandant comment le ministre pouvait « gérer en même temps ses problèmes personnels avec l’affaire Bettencourt et la réforme des retraites », tandis que Bernard Thibault a estimé que le ministre était « objectivement plus occupé, et préoccupé, par autre chose que par le sujet qui nous, nous intéresse ».

« On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore », abonde une source gouvernementale

Mais, derrière ce soutien officiel, en coulisse le ton est un peu différent. « Ca devient vraiment très compliqué », lâche un proche du chef de l’Etat. « On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore », abonde une source gouvernementale, citée par l’AFP. Si l’ineffable Frédéric Lefebvre, porte-parole du message officiel, a estimé hier que les attaques contre le ministre du Travail Eric Woerth avaient « fait flop » car l’affaire Bettencourt « n’est en rien une affaire politique » mais « une affaire familiale », à en croire certains signes, l’appui présidentiel a déjà perdu un peu de sa vigueur du début de l’été. Ainsi que l’a concédé implicitement Luc Chatel, Nicolas Sarkozy s’est abstenu de soutenir Eric Woerth devant les autres membres du gouvernement mercredi. Pour Frédéric Lefebvre, « Eric Woerth ne s’est jamais caché d’avoir remis » la Légion d’honneur à Patrice de Maistre. Cela n’a jamais été mis en cause.

Le problème ce n’est pas seulement la légion d’honneur, c’est la confusion des genres, les conflits d’intérêt patents
Le problème ce n’est pas seulement la légion d’honneur, car ce n’est qu’un signe, pas plus. Le problème c’est la confusion des genres, les problèmes déontologiques que pose son comportement, les conflits d’intérêt aggravés dans son cas, le double langage sur les exilés fiscaux alors qu’il tient des réunions à Genève avec certains d’entre eux pour financer l’UMP. Or, contrairement à d’autres pays la France ne dispose pas de la moindre réglementation en ce qui concerne cette question, révélant la consanguinité entre monde des affaires et monde politique. Le 12 Juillet, pressé par les évènements, le président de la République a annoncé la création d’une « commission de déontologie » qui devrait « réfléchir à la façon dont on doit ou non compléter ou modifier la loi pour éviter dans l’avenir toute forme de conflit d’intérêts ». (more…)

3 juillet 2010

Woerth, Copé et le Front National : décryptage

La dernière ligne de défense des dirigeants de l’UMP consiste à agiter l’épouvantail du Front national. À la suite de Copé, ils récitent consciencieusement les «  éléments de langage » qu’on leur a distribués.

Ainsi selon Copé, les propos de S.Royal, évoquant fort justement la corruption du régime Sarkozy, feraient le jeu de Marine Le Pen. Il déclare (France –Info le 29/6) :… « Cela rappelle les propos haineux de Marine Le Pen. Ségolène Royal a grandi à l’école de Mitterrand, une période où il y avait quelque connexion objective entre le PS et le FN, on retrouve ça aujourd’hui. Quand le PS joue à la haine, c’est une bonne façon de faire monter le FN. Il ne l’oublie pas et il regarde cela avec beaucoup d’intérêt. »

On notera au passage que Marine Le Pen est étrangement  gratifiée d’un profil de dénonciation de la corruption, alors que son père a fait fortune en récupérant de manière contestée l’énorme héritage Lambert .

L’argument est surtout particulièrement fallacieux de la part de ceux qui chassent en permanence sur les terres de l’extrême-droite.

En l’espèce il rappelle surtout les turpitudes politiques de Woerth dont nous avons révélé ici même qu’il avait pactisé et collaboré  avec le Front National lors des régionales de 1998 ( Eric Woerth : quand il s’alliait avec le Front National)

Copé lui-même devrait balayer devant sa porte, puisqu’il vient de commettre un acte symbolique en intégrant dans son mouvement « Génération France.fr », un des « héros » de la collaboration directe avec le Front National,   le sénateur de la Lozère Jacques Blanc.

Celui-ci est  un de ceux qui, lors des régionales de 1998, ont fait alliance avec le Front National. Suite à un accord en bonne due forme, Blanc a été élu président de la région Languedoc-Roussillon et a géré la région avec l’extrême droite pendant toute la durée de la mandature, jusqu’en 2004  Copé connaît évidemment très bien la trajectoire de Blanc, qui avait été à l’époque vivement dénoncé par une partie de la droite elle-même.

Le président du groupe UMP, qui désire représenter une alternative ou une suite à Sarkozy, s’est aussi  positionné  comme le héraut de l’interdiction de la burqa, ce qui lui vaut d’ailleurs de se faire acclamer par les auditoires UMP.(voir Succès du Front National: quelles conséquences? ) (more…)

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