Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 octobre 2011

Dirigeants au bord de la crise de nerfs

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Fin du premier round avec des informations fragmentaires, voire contradictoires. Une seule certitude émerge, en dépit de l’affirmation de Nicolas Sarkozy selon qui un « assez large accord est en train de se dessiner » : ils sont loin du compte.

En premier lieu parce que le sort de la dette grecque dépend des négociations qui sont engagées avec les banques, puisque toute décote doit être acceptée sur une base volontaire pour ne pas être assimilée à un défaut qui indisposerait les marchés. C’est tout du moins le prétexte donné. « Les négociations avec les banques viennent de débuter et il serait inutile de faire des spéculations », a reconnu Angela Merkel.

Or, les banques ne veulent pas d’une décote supérieure à 40 % (au lieu des 50 % minimum demandés), afin de ne pas dépendre par la suite des fonds publics pour se recapitaliser pour y faire face, et risquer de devoir respecter en contrepartie certaines contraintes. Que le rapport de la Troïka estime que cela ne serait pas suffisant pour que la Grèce reprenne la maîtrise de sa dette est parfaitement secondaire.

En second lieu, parce qu’un montant de 110 milliards d’euros a été évoqué à propos de la recapitalisation des banques, mais ce chiffrage avantageux est en trompe-l’oeil. Il a été obtenu en retenant un ratio de 9 % et en calculant l’exposition des banques à la dette souveraine une fois celle-ci valorisée au prix du marché. Les banques qui n’atteindront pas ce ratio, selon ce calcul, auront jusqu’à fin juin 2012 pour y parvenir. Afin de les aider, l’Union européenne envisage de réactiver les garanties offertes aux banques pour qu’elles trouvent des financements à moyen et long terme, en complément du court terme dont la BCE fait son affaire. Il a surtout été précisé que les 46 milliards d’aide déjà décidés pour les banques portugaises, irlandaises et grecques, et dont une partie a déjà été versée, venaient en déduction des 110 milliards annoncés, ce qui réduit singulièrement leur portée. (more…)

13 septembre 2011

La zone euro au centre d’une tempête parfaite

Filed under: 03 - Economie,04 - Emploi formation,09 - Evènement — iledere @ 6:30

La zone euro est frappée par une tempête parfaite. Comme dans le cas de Katrina, l’arrivée de l’ouragan était tout sauf imprévue. Et comme pour le désastre naturel qui a rayé de la carte une partie de La Nouvelle-Orléans en 2005, les négligences anciennes se combinent aux inconséquences actuelles pour transformer un accident climatique en catastrophe majeure.

En premier lieu, il aura fallu plus de deux années et demie (c’était envisagé ici en janvier 2009) pour que les responsables politiques européens sortent d’une attitude de déni sur la capacité d’Athènes à honorer ses engagements et à faire face aux échéances d’une dette souveraine dont la dynamique, selon le parlement grec lui-même, «échappe à tout contrôle». Dans un entretien au quotidien Die Welt rendu public dimanche, le ministre allemand de l’Economie et numéro deux du gouvernement, le libéral Philipp Rösler, estime que «pour stabiliser l’euro, il ne doit plus y avoir à court terme d’interdiction de penser à certaines options. Parmi elles, il y a en cas d’urgence l’insolvabilité ordonnée de la Grèce, si on a à disposition les instruments nécessaires».

Le problème est justement que la zone euro et en général l’Union européenne, pas plus d’ailleurs que les institutions financières multilatérales, ne se sont préparées à une «faillite ordonnée» d’un pays souverain alors que le besoin en avait été anticipé bien avant le début de la crise financière globale à l’été 2007 (comme cela fut rappelé ici).

Le résultat de cette impréparation, aggravée par la paralysie des institutions européennes et les cafouillages répétés des principales capitales, est qu’il est revenu aux marchés, avec la brutalité et le panurgisme qui les caractérisent, de mettre les points sur les «i». Ce 12 septembre, le rendement des obligations à deux ans du Trésor hellène a franchi le seuil ahurissant des 60% (il est inférieur à 0,4% pour l’Allemagne). Avant le week-end, les CDS, instruments apportant une assurance (largement fictive aujourd’hui) contre un défaut de la Grèce, s’inscrivaient à 3.500 points, soit plus de trois fois le niveau déjà insane facturé pour la dette publique portugaise. (more…)

12 août 2011

Sauvez les jeunes, pas les banques

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Lisbonne, mai 2011. Des jeunes Portugais et Espagnols manifestent contre le chômage et la crise sur la place Rossio.L’Europe vole au secours de ses marchés financiers mais pas de sa jeunesse, dont les droits élémentaires en matière d’éducation, de travail et de logement sont de plus en plus bafoués. Alors, pour se défendre, elle applique ce qui est devenu la règle : prends ce que tu peux et file.

La jeunesse n’est ni un groupe social homogène, ni une place financière au bord de l’abîme. Et c’est bien dommage pour elle, car si elle était l’un ou l’autre, cela fait longtemps que des plans de sauvetage nationaux et internationaux auraient fait pleuvoir les milliards pour lui assurer une éducation, un travail, un logement – bref un avenir  – ainsi que le voudrait le principe de solidarité entre générations.

L’incapacité des responsables politiques ou leur absence de volonté pour parvenir à un consensus sur ces questions mine progressivement les piliers d’une société de consommation, au sein de laquelle un nombre croissant de citoyens se retrouvent à vue d’œil spectateurs d’un capitalisme joyeux, mais réservé à une élite.

Le système capitaliste n’est supportable qu’à condition qu’une majorité puisse y participer. Il perd tout attrait dès lors qu’il devient le jouet de marchés aussi libres qu’instables. Il devient alors un système dépassé et sans alternative qui crée chez les jeunes citoyens, nouveaux arrivés dans la société, un sentiment d’incertitude, de scepticisme et d’angoisse pour l’avenir. Privés de toute perspective d’avenir, les jeunes finissent alors par se présenter par milliers à la porte de ceux qui les ont dépouillés pour réclamer leur dû. (more…)

18 mai 2011

Pour une maîtrise publique de l’activité des banques

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Les résultats trimestriels des banques font la Une de l’actualité économique. Si on observe leur activité de financement de l’économie, on s’aperçoit qu’elle reste atone. L’encours des crédits aux entreprises s’élevait à 780 milliards fin décembre 2010, en progression de 1,2 % et les PME ne bénéficiait à ce titre que de 188 milliards.

Si la place et le rôle des banques dans la crise financière n’est plus à démontrer, les limites des politiques de distribution du crédit aux entreprises sont moins commentées. La grande leçon de la crise n’a pas été tirée et ce sont les activités financières qui restent dominantes.

La proposition de création d’une Banque publique d’investissement dans le projet 2012 du PS est donc de première importance.

Elle vise à redonner à la puissance publique une capacité d’intervention sur l’économie. La déclinaison sous forme de Fonds régionaux doit permettre une plus grande réactivité et avoir un effet de levier sur l’orientation des financements de l’ensemble du secteur. 100 milliards de crédits pourraient être mieux mobilisés.

Mais la question du reste du secteur bancaire reste entière. Sans maîtrise publique ou sans contrôle de ses activités, c’est la course à la rentabilité financière à court terme qui risque de perdurer. Et le secteur privé ou mutualiste conserverait la maîtrise de 87 % de la distribution du crédit aux entreprises.

Modifier la loi bancaire
Le législateur a la possibilité de modifier la loi bancaire pour réorienter le secteur bancaire vers son « cœur de métier » de financement de l’économie en lui assignant des missions de service public. Quoi de plus normal après l’aide massive dont le secteur a bénéficié sans condition ?

Des entreprises, comme Natixis et Dexia, créées notamment à partir de filiales de la Caisse des Dépôts, ont coûté cher en termes de soutien de l’État. Organiser leur intégration dans la sphère publique sera un juste retour des choses. (more…)

18 avril 2011

Crise financière: le président de Goldman Sachs menacé d’un procès pour parjure

Filed under: 03 - Economie,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

« Personne n’est allé en prison. » A chaque entretien, Charles Ferguson ne peut s’empêcher de rappeler ce fait. Réalisateur du documentaire Inside Job, qui raconte par le menu la crise financière de 2008 et les pratiques de Wall Street, il a pu mesurer l’ampleur des responsabilités des banquiers dans une crise qui a précipité le monde au bord du gouffre. L’étrange clémence dont a bénéficié le monde de Wall Street lui paraît toujours aussi insupportable.

D’autant que tout est reparti comme avant. Les banquiers recommencent à se verser des bonus stratosphériques : 147 milliards de dollars au total pour l’exercice 2010, selon le Wall Street Journal. Le président de JP Morgan, Jamie Dimon, qui reçoit un salaire annuel de 1 million de dollars, a touché un bonus en actions et stock-options de plus de 17 millions de dollars au titre de l’année 2010, en hausse de 6% sur un an. Le conseil d’administration de Goldman Sachs, fleuron de Wall Street, a décidé de multiplier par trois le salaire du directeur exécutif, Lloyd Blankfein. Celui-ci augmente ainsi de 600.000 à 2 millions de dollars (1,47 million d’euros). Le conseil de la banque la en plus alloué un bonus de 12,6 millions de dollars (8,8 millions d’euros) à son patron, en hausse de 3,6 millions. Au total, sa rémunération a été multipliée par quatorze d’une année sur l’autre, alors que les résultats de la banque ont baissé de 37%. Mais tout cela paraît presque raisonnable, selon les critères de Wall Street : avant la crise, Lloyd Blankfein avait perçu un bonus de 68,5 millions.

Un grain de sable, cependant, vient de troubler cette quiétude bancaire. Wall Street, ou plus exactement son représentant le plus éminent, le président de Goldman Sachs, pourrait avoir à rendre compte de ses faits et gestes devant la justice. Lloyd Blankfein n’est pas inquiété pour l’attitude de sa banque, Goldman Sachs, pendant la crise financière mais pour avoir menti devant la commission sénatoriale qui enquêtait sur les événements à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

Les Américains ne plaisantent pas sur ce sujet. Il est toujours possible de trouver des arrangements avec les autorités, même quand il s’agit de la plus grande faillite du siècle. Pour éteindre les poursuites contre la banque en raison de son comportement douteux dans le dossier subprime, Goldman Sachs a accepté de payer 550 millions de dollars à la Securities and Exchange Bank (Sec), le gendarme boursier new-yorkais. Mais là, il s’agit de parjure. Lloyd Blankfein aurait menti sous serment face aux sénateurs. Le ministre de la justice est saisi et doit décider de la suite à donner à cette affaire.

L’accusation a été portée par une commission sénatoriale, qui a travaillé pendant dix-huit mois sur la crise financière. A plusieurs reprises, la presse a raconté les pratiques de la première banque de Wall Street, qui lui ont permis d’échapper aux lois de la gravité, et donc la crise financière. Le journaliste Michael Lewis dans son livre The Big Short (Le Casse du siècle en français, éditions Sonatine) décrivait longuement l’engrenage fatal des subprimes, inventé par des banquiers mus par le seul appât du gain sans souci du bien collectif. (more…)

5 avril 2011

Une banque américaine a blanchi 380 milliards de dollars des cartels mexicains

Filed under: 07 - Justice,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Wachovia, trafic drogueUn géant bancaire américain, Wachovia, est au coeur d’un des plus gros scandales de blanchiment d’argent sale de tous les temps. 380 milliards de dollars issus du trafic de drogue seraient passés par ses succursales, en toute impunité. Une bombe à fragmentation balancée hier par le Guardian.

La banque a fait l’objet de poursuites judiciaires acharnées. Et comment ! En Mars 2010, en vertu de la loi américaine sur le secret bancaire, Wachovia et l’administration américaine ont signé un accord amiable, resté secret jusqu’ici : 110 millions de dollars d’amende pour avoir autorisé des transactions relatives à des trafics de drogue et 50 millions pour avoir échoué à surveiller les mouvements de capitaux utilisés pour le transport de 22 tonnes de cocaïne. Et… c’est tout ! Aucun dirigeant n’a jamais été inquiété à titre personnel.

Du « too big to fail » au « too big to jail »…
Pourtant, l’enquête a montré que Wachovia était au courant de ces petits trafics depuis 2004. Entre 2006 et 2007, la banque a même fait l’objet de 6000 à 7000 procédures de redressement, mais ça n’a pas eu l’air de gêner grand monde. « Un nombre absurde« , selon Martin Woods, un employé londonien de la banque embauché pour lutter contre le blanchiment. Dans ces conditions, comment se peut-il que la direction n’ait pas eu « le sentiment que quelque chose allait très, très mal ? » Heinh, comment ? D’ailleurs, à plusieurs reprises, ce Woods a balancé des rapports incendiaires à sa hiérarchie, car le pot aux roses n’était finalement pas si difficile à mettre à jour… Mais ça n’a pas eu l’air de gêner grand monde.

Coke en stock
En mai 2007, suite aux pressions exercées par le ministère de la justice des États-Unis, Wachovia décide d’interrompre ses relations avec certains de ses bureaux de change mexicains. Mais plutôt que de lancer une enquête interne, comme le veut l’usage, la banque choisit de faire l’autruche. Un peu plus tard, les médias américains évoquent (timidement) l’affaire. Wachovia prend alors la lourde décision de cesser toutes ses activités au Mexique. Mais toujours pas d’enquête. Pire, en juin 2007, Woods apprend que ses alertes ont été volontairement cachées aux autorités américaines et britanniques. Et le trafic a pu continuer comme si de rien n’était…

C’est est trop ! Fin 2007, Martin Woods se retrouve dans les locaux de Scotland Yard. Là, il se rend compte que personne n’a encore pris la mesure du scandale. Alors il balance tout. C’est à ce moment là que tout bascule et les autorités américaines et britanniques ne lâcheront plus l’affaire.

Alors… pourquoi une si faible amende ? Pourquoi aucune action pénale ? Quelques indices :
– En janvier 2010, Antonio Maria Costa, directeur de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a déclaré que le plus gros de l’argent issu du trafic de drogue avait été sciemment blanchi par les institutions financières. Courant 2008, il a ainsi reçu la preuve que les profits de la criminalité organisée ont été « la seule source de liquidités » pour certaines banques au bord de la faillite. « Les prêts interbancaires ont été financés par l’argent du trafic de drogue et d’autres activités illégales… Il y a des signes qui indiquent que certaines banques ont été sauvées de cette façon » a-t-il déclaré. En clair, le trafic de drogue a participé à sauver l’économie mondiale.

– Robert Mazur, ancien responsable américain de la lutte contre les cartels sud-américains, a déclaré au Guardian que « beaucoup d’agents ont été déçus de voir un règlement » à l’amiable entre l’administration et Wachovia. « Mais, a-t-il continué, je sais qu’il y a eu des circonstances extérieures qui ont travaillé au profit de Wachovia, notamment le fait que le système bancaire américain était au bord de l’effondrement« .

Le trafic de drogue serait-il l’opium des banques ?

par Napakatbra pour Les mots ont un sens

30 janvier 2011

Sarkozy recule devant l’UMP

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Sarkozy recule devant l'UMPMauvaise journée ou retournement ? Nicolas Sarkozy a cédé devant la résistance de l’UMP à légiférer dans l’émotion sur la récidive sexuelle. A Davos, il est resté très prudent et compréhensif devant des banquiers qui se plaignaient du renforcement de la règlementation. En France, il n’avait rien à dire sur le chômage des plus seniors, une cible qu’il affectionne pourtant. Que se passe-t-il ?

Il est prudent devant les banquiers
Jeudi 27 janvier, Nicolas Sarkozy a filé au sommet des Riches à Davos. Là-bas, il a ressorti son laïus habituel, répété lundi dernier, sur le besoin de régulation des marchés et l’idée, vieille de 30 ans, d’une taxation sur les transactions financières internationales pour financer le développement. Il y ajouta une défense de l’euro, la même que celle du 31 décembre dernier : « Je sais que certains doutes de la pérennité de l’euro… L’euro c’est L’Europe et l’Europe c’est soixante ans de paix. Jamais nous n’y renoncerons… Les conséquences de la disparition de l’euro seraient tellement cataclysmiques qu’on ne peut jouer avec cette idée ». Il parla même de morale. « Il n’y a pas d’économie de marché sans un minimum de valeurs morales ».
Le plus surprenant était ailleurs. De puissants banquiers présents dans la station suisse se montraient publiquement grognons contre le risque de retour des réglementations, et notamment du renforcement exigé de leurs fonds propres, comme le rapporta le Figaro : « James Dimon, le patron de JP Morgan Chase, l’une des banques américaines les plus solides au plus fort de la crise, s’est fait leur porte parole: « Trop c’est trop !  » » Serait-ce la fin du « banker-bashing » ? (more…)

8 décembre 2010

Les paradis fiscaux toujours aussi puissants

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Selon un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement, la lutte contre les paradis fiscaux est restée quasi-lettre morte depuis la crise.
«Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé », affirmait à la télévision Nicolas Sarkozy, le 23 septembre 2009. A en croire un rapport publié aujourd’hui par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et dont notre journal s’est procuré une copie, les choses ont très peu évolué pourtant depuis l’éclatement de la crise financière, il y a trois ans.

La note est même particulièrement « salée pour les pays dont les richesses sont détournées vers les paradis fiscaux », s’alarme l’ONG qui souhaite obliger les multinationales à publier leurs comptes, pays par pays, voire filiale par filiale.

Une activité économique artificielle
« Les îles Vierges britanniques (qui comptent 830 000 sociétés pour 24 491 habitants en 2010), les îles Caïmans, le Luxembourg, l’île Maurice et les Pays-Bas ne représentent que 1% du PIB mondial et 0,27% de la population de la planète », constate l’étude. A eux cinq, ces pays pèsent pourtant « 1,7 fois plus que les Etats-Unis et trois fois plus que le Japon, l’Allemagne et la France réunis en matière d’investissements à l’étranger », s’étonne l’ONG, se basant sur des chiffres de l’OCDE. Explication : ces Etats sont un havre de paix pour les holdings et autres sociétés écrans. Certains de ces pays garantissent même l’anonymat aux investisseurs s’y domiciliant (fonds spéculatifs, sites de commerce ou de paris en ligne et même messagerie rose…). Des conditions idéales pour qui souhaite échapper au fisc.
Mêmes mécanismes d’évasion pour l’épargne. Ilot de 116 km2 planté entre la France et le Royaume-Uni, le territoire de Jersey, où les taxes et les droits de succession sont quasi inexistants, gère ainsi près de 500 milliards d’euros d’actifs, abritait, l’an dernier, 1 030 fonds spéculatifs et comptait une banque pour 1 125 habitants.

Le terrain de jeu préféré des multinationales
Depuis le1er mars, les entreprises françaises implantées dans l’un des 18 paradis fiscaux référencés par le gouvernement sont passibles de sanctions financières. « Ces dispositions ne valent que pour les pays n’ayant pas de convention fiscale avec la France », remarque Jean Merckaert, auteur du rapport. En revanche, pas de sanctions, a priori, pour les entreprises implantées dans des pays ayant un accord de coopération avec Paris. « Et comme ces Etats sont incapables de fournir des informations fiables sur les sociétés établies sur leur territoire, ajoute Jean Merckaert, pour ces dernières, le risque est quasi nul. » D’autant qu’elles sont souvent secondées par « nombre de banques, juristes et avocats d’affaires ». (more…)

4 octobre 2010

L’Irlande va droit dans le mur

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

La facture du plan de sauvetage du système bancaire irlandais pourrait s’élever à 50 milliards d’euros – soit 32% de son PIB. L’ancien Tigre celtique est-il au bord de la banqueroute ?, s’inquiète le Guardian.

De la Grèce au Japon en passant par les Etats-Unis, la crise bancaire a fait des ravages dans les pays du monde entier. Mais aucune économie n’a été victime d’une mise à sac aussi brutale que celle de l’Irlande. L’ancien tigre celtique a vu son revenu national dégringoler de 17 % au cours des trois dernières années – la contraction la plus sévère et la plus rapide en Occident depuis la Grande Dépression. Au plus fort de la longue période de prospérité de 1990 à 2007, l’immobilier avait plus de valeur à Dublin qu’à Londres.

Depuis, les prix ont chuté de près de 40 % – et ils continuent à couler à pic. A ce rythme, le pays aura bientôt l’honneur douteux d’avoir été le théâtre de l’éclatement de la plus monstrueuse bulle immobilière de l’histoire moderne. En 2008, quand les financiers, pour plaisanter, disaient que la seule différence entre l’Islande en faillite et une Irlande fauchée, c’étaient une lettre et quelques jours, ils avaient tort : la catastrophe qui a englouti l’Ile d’Emeraude est infiniment pire.

Et jusqu’au bout, les ministres de Dublin ont promis à leurs électeurs que les choses étaient sur le point de s’améliorer. Ces prêts d’urgence consentis aux banques, c’était la bonne solution. Ces réductions radicales des dépenses, ça, ça allait marcher. Et cette décision qui, en gros, revenait à garantir l’ensemble du système bancaire (presque sans aucun droit de regard), elle, elle règlerait tout. Non, non, et encore non. Comme un corps balancé du toit d’un gratte-ciel, l’économie irlandaise a simplement continué à plonger.

Le gouvernement ne convainc plus
Hier, ils ont remis ça. Brian Lenihan, le ministre irlandais des Finances, a assuré aux électeurs que le “cauchemar” national qu’ils sont contraints de subir depuis à peu près deux ans était sur le point de cesser. “Nous sommes désormais en train d’en finir avec ça.” Il n’a pas convaincu les financiers, qui l’ont entendu dire la même chose chaque fois qu’il a proposé un nouveau plan mal ficelé. Même à l’aune de ses coups de poker précédents, celui-ci est franchement énorme. Le renflouement d’hier va englober l’Anglo Irish, la banque préférée des promoteurs, ainsi que l’Allied Irish et l’Irish Nationwide – et il devrait accroître le déficit budgétaire, qui passerait de 12 % du revenu national au niveau astronomique de 32 %. (more…)

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