Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

5 décembre 2010

Le retour de Besson-le-terrible

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Depuis quelque trois semaines qu’il n’était plus en charge de la Persécution des étrangers et de l’Identité nationale-sarkozyste, il s’était fait un peu oublier dans son nouveau ministère, celui de l’Industrie et l’Economie numérique. Mais voilà qu’Eric Besson signe son grand retour : « On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux », vitupère-t-il.

Allons bon. De quels « autres Etats » parle-t-il ? Quand même pas ceux où règnent d’odieux islamistes, horrifiés par la seule vue d’une femme non-voilée ? Dans ce cas, nombre de sites français encourraient son courroux et sa censure ! Mais tout de même, on est en France… Ah mais non, nous n’y étions pas du tout : on nous souffle dans l’oreillette que les « Autres Etats » en question sont… Unis. Eh oui, Hillary Clinton s’est fâchée toute rouge et les autorités américaines ont sommé l’hébergeur de WikiLeaks de jeter ce site à la rue virtuelle, ce qu’Amazon s’est empressé de faire. Et du coup, WikiLeaks avait trouvé cyber asile dans la patrie des droits de l’Homme (rires), chez OVH, hébergeur français.
Mais selon Éric Besson, WikiLeaks « met en danger les relations diplomatiques, mais aussi des personnes qui se pensaient légitimement protégées par le secret diplomatique ». En conséquence de quoi a-t-il pris sa plume et écrit au vice-président du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies : « Je vous demande de bien vouloir m’indiquer dans les meilleurs délais possible quelles actions peuvent être entreprises afin que ce site internet ne soit plus hébergé en France et que tous les opérateurs ayant participé à son hébergement puissent être dans un premier temps sensibilisés aux conséquences de leurs actes, et dans un deuxième temps placés devant leurs responsabilités ».

Et Le Point de commenter : « Le gouvernement cherche donc des pistes légales pour faire fermer l’hébergement de WikiLeaks chez OVH. Si le projet de loi Loppsi 2 doit permettre à l’exécutif de contrôler Internet sans l’intervention d’un juge, ce texte n’est pas encore adopté et la tâche pourrait donc être complexe. » On mesure bien ici le contenu liberticide de Loppsi 2 : une fois la loi adoptée, le gouvernement sera en mesure de censurer tout site qui lui déplairait sans autre forme de procès.  « Cerise sur le gâteau : une partie des sites officiels du gouvernement (adresses en .gouv.fr) seraient hébergés par… OVH », précise l’hebdomadaire.

Mais on n’est pas aux Etats-Unis et le prestataire français ne se laisse pas faire : « OVH veut que la justice se prononce, pas l’exécutif. (…) L’entreprise lilloise a saisi le juge des référés « afin qu’il se prononce sur la légalité de ce site sur le territoire français » et parce que « ce n’est pas au monde politique ni à OVH de décider la fermeture d’un site ». Une décision judiciaire favorable à WikiLeaks pourrait être une véritable épine dans le pied du gouvernement, dont les relations avec les États-Unis ne manqueraient pas d’être entachées. Une décision conforme aux volontés du gouvernement ouvrirait, quant à elle, une dangereuse brèche dans la liberté d’expression sur Internet telle qu’elle existe aujourd’hui. » C’est Le Point qui l’écrit ! Et du côté de Numérama, on observe : « Le ministre qui a pour charge de protéger les libertés numériques demande donc expressément qu’elles soient violées ». Mais oui, ça se passe comme ça en Sarkozie !

Par Olivier Bonnet pour « Plume de presse« 

30 septembre 2010

Eric Besson, bon petit ministre de l’immigration

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 6:30

Sorti par la porte, Éric Besson revient par la fenêtre. Le ministre alimente une nouvelle fois l’hystérie qui entoure le débat sur l’immigration par l’emploi , dans un entretien accordé au Parisien ,  de l’expression très connotée de “bons petits français”. “Si cela vous choque que des étrangers deviennent de “bons petits Français”, moi je trouve que c’est une excellente nouvelle”, “Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux.

Droit dans ses bottes, volontairement provocateur, le monsieur immigration du gouvernement tempère à peine son propos en ajoutant “Être des ‘bons Français’, ça ne veut pas dire renier son histoire, ses origines ou sa culture française“.

Si Éric Besson voulait allumer un contre-feu au moment où commence à l’Assemblée l’examen du projet de loi “Immigration, intégration et nationalité”, c’est réussi. Il est vrai que le texte sent le soufre puisqu’il est censé graver dans le marbre de la loi les principales dispositions évoquées par Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Grenoble, où à contre-courant de la pratique de ses prédécesseurs, le chef de l’État avait lié immigration et délinquance.

Éric Besson et l’exécutif en général n’ont cure des débats de la représentation nationale. Ce qui les intéresse, c’est d’interpeller directement les citoyens, le bon peuple, à travers les médias. Force est de reconnaître qu’en la matière le team Sarkozy est passé expert avec toujours en tête la stratégie décrite par François Fressoz dans Le Monde à travers la métaphore du chien d’Alcibiade.

Ce n’est donc pas parce qu’on nous sort un chiffon rouge qu’il faut foncer dedans, tête baissée. La saillie d’Éric Besson doit être analysée avec un certain détachement.

Paul Hermant, chroniqueur à la RTBF joue les étonnés. “On vient de s’en apercevoir aujourd’hui : le grand pays qui est situé à côté de là où nous habitons – vous savez bien : un peu plus au sud et dont nous côtoyons le nord – eh bien “ce cher et vieux pays” n’était pas un pays. C’était une usine. C’est le ministre Eric Besson qui a vendu la mèche en s’exprimant aujourd’hui à propos de ces lois sur l’immigration qui sont discutées à l’Assemblée nationale : il entend, a-t-il dit, que son ministère “serve à fabriquer de bons Français”. Se termine ainsi le débat avorté sur l’identité nationale : être Français n’est définitivement pas une identité, c’est une qualité. Et la qualité, ça se fabrique. C’est une marque déposée avec traçabilité, date de péremption et garantie du gouvernement. Après tout une étiquette vaut bien une éthique.“Invité de France Inter (cf vidéos ci-dessous), le ministre sur conseil vraisemblablement de l’Elysée a tenté de calmer le jeu en indiquant qu’il n’avait fait que répondre à une question d’un lecteur du quotidien.

Titillé par Patrick Cohen, le journaliste de la station publique, il a expliqué que sa démarche était exclusivement guidée par le souci de l’intérêt général avec, et c’est là où c’est intéressant, “la volonté de faire revenir dans le giron républicain les électeurs du Front National”.

“Bons Français”. Pour les plus anciens, l’expression renvoie à la France de l’avant-guerre et à la chanson de Maurice Chevalier “Et tout ça, ça fait d’excellents Français, d’excellents soldats qui marchent au pas, en pensant que la République, c’est encore le meilleur régime ici-bas“.

En 1969, les humoristes de l’époque emmenés par Jean Yanne dans les Shadoks raillaient déjà cette recherche des excellents français, se moquant au passage du terme prometteur de français de souche. La vidéo (consultable ici) n’a pas pris une ride. Si le ridicule ne tue pas, il est une arme puissante. A cet égard, Éric Besson dans sa posture et ses propos n’est pas abject. Il est simplement ridicule.

Par Henry Moreigne pour « la Mouette »

31 août 2010

Entre Besson et Hortefeux, c’est chaud !

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:15

( Dessin : Louison )La préparation du débat sur la nouvelle loi immigration génère un affrontement feutré entre le ministre de l’Intérieur et celui de l’immigration. L’une des meilleures prises du « sarkozysme de gauche » est menacée d’une OPA par les sarkozystes de droite. Ambiance.

La préparation du débat sur la nouvelle loi immigration génère un affrontement feutré entre le ministre de l’Intérieur et celui de l’immigration. L’incarnation du « sarkozysme de gauche » est menacé d’une OPA par les sarkozystes de droite. Ambiance.

La préparation du débat, en septembre à l’Assemblée nationale, sur le projet de loi « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité », donne lieu à un affrontement entre Brice Hortefeux et Eric Besson. Les deux ministres ne sont pas d’accord sur les amendements à apporter au texte, présenté au conseil des ministres en mars dernier. Lors d’une réunion cette semaine à Matignon, le ministère de l’Intérieur a proposé un amendement visant à retirer la nationalité française aux « polygames », genre Liès Hebbadj, l’homme aux quatre  « épouses »  (ou maîtresses, au choix) en tchador de la banlieue de Nantes.
Pour y parvenir les juristes de l’intérieur ont bâti un « délit de polygamie de fait, escroquerie, abus de faiblesse », détaillé samedi dans Libération . Trois « faits » qu’il faudrait cumuler pour se voir condamner par un tribunal à la déchéance de nationalité…
La construction juridique fait frémir à la Chancellerie, et provoque des mines de dégoût au ministère de l’Immigration.

Eric Besson fait savoir à Matignon et à l’Elysée qu’il veut appliquer « Grenoble, tout Grenoble, rien que Grenoble ». Car dans son discours de Grenoble, le 30 juillet, le président a parlé de la sécurité, mais pas la polygamie. Donc Besson propose de priver de la nationalité les personnes condamnées pour un crime (donc aux assises) à une peine de plus de cinq ans, à condition qu’elles aient acquis la nationalité française depuis moins de 10 ans et qu’elles ne deviennent pas apatrides de ce fait. Et c’est tout. Michèle Alliot-Marie serait sur la même ligne. On reviendrait à la situation d’avant 1998. On attend l’arbitrage de Matignon et de l’Elysée (surtout ce dernier) pour la semaine prochaine…
Pour Besson, c’est pas de chance. En mars dernier il pensait avoir trouvé le moyen de présenter un projet « de gauche », consacré notamment à la répression des employeurs de travailleurs sans papiers, avec notamment un article qui accentuait la pression sur les donneurs d’ordre, les grandes entreprises. Cela devait masquer l’aspect répressif du projet de loi, qui facilite les expulsions d’immigrés irréguliers, réduit le pouvoir des juges, allonge la période de rétention possible, etc.   Six mois plus tard, le virage sécuritaire est pris, la chasse aux Roms est ouverte officiellement, même s’il s’agit plus d’esbroufe que d’une politique véritablement nouvelle. (more…)

27 juillet 2010

Pénibilité et retraites : la nouvelle manoeuvre de Sarkozy.

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Pénibilité et retraites : la nouvelle manoeuvre de Sarkozy.De mardi 20 à jeudi 22 juillet, une poignée de députés ont débattu de la réforme des retraites au sein de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale. Ces débats étaient cruciaux, puisque le texte ainsi modifié sera celui présenté à l’ensemble des députés, à compter du 7 septembre prochain.

Au final, si 108 amendements (sur 419 présentés) ont été adoptés (dont un quart émanant de l’opposition), le texte final a peu changé.

Mais qu’a-t-on appris ?
1. Le gouvernement n’a pas inclus dans le projet présenté les quelques mesures de recettes nouvelles marginales, sous prétexte qu’il faudra en débattre à l’occasion de la prochaine loi de finances pour 2011. L’argument est hypocrite: le gouvernement pouvait parfaitement prévoir un collectif budgétaire additionnel. Mais en reportant ainsi le débat et le vote parlementaires, il pourra plus facilement masquer le faible niveau des contributions nouvelles qu’il demande aux hauts revenus et au capital pour le financement des retraites. La loi de finances, avec la discussion d’ensemble sur la rigueur qui s’annonce, est un cadre plus large qui sied bien à qui veut «noyer le poisson

Rappelons que ces contributions étaient de toutes façons modestes, comparés aux 25 milliards d’euros d’économies générés par les mesures d’âge ou de convergence public/privé : hausse de la tranche supérieure de l’impôt sur les revenus de 40 à 41% (+230 millions de recettes attendues) ; relèvement modeste des prélèvements concernant les revenus du capital et du patrimoine, de l’impôt sur les plus-values de cessions de valeurs mobilières et immobilières, du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et intérêts (+265 millions d’euros) ; suppression du crédit d’impôt sur les dividendes perçu par les actionnaires (+645 millions d’euros) ; taxation à l’IR des plus-values de cession d’actions et d’obligations(+200 millions d’euros) ; relèvement des taxes sur les stock-options (70 millions d’euros).

On savait déjà que le projet du gouvernement laissait un déficit annuel de 15 milliards d’euros ad vitam eternam. Avec cet examen incomplet du projet de réforme, le flou est encore plus grand.

2. Le gouvernement n’a pas non plus voulu discuter de la pénibilité au motif que des concertations sont toujours en cours avec les partenaires sociaux. Rappelons que la proposition retenue par le gouvernement est l’une des plus contestables: le handicap à 20% doit être avéré et certifié pour permettre un départ anticipé dès 60 ans.

«Nous créons un droit nouveau.» s’était félicité Nicolas Sarkozy sur France 2 le 12 juillet dernier. C’était faux, la pénibilité était l’un des fondements des régimes spéciaux. Eric Woerth ne disait d’ailleurs pas autre chose quand on l’interrogeait sur son refus de généraliser la prise en compte de la pénibilité à des métiers jugés usant: «on ne va pas recréer des régimes spéciaux». Et oui…  Depuis près d’une décennie, les gouvernements successifs ont tenté d’aligner tous les systèmes sur le régime commun du secteur privé, moins protecteur.

Il y a deux ans, les discussions entre Medef et syndicats de salariés échouaient à nouveau sur la dite pénibilité. Qu’a fait le ministre du Travail de l’époque, Xavier Bertrand ? Rien. Tout simplement rien. Il s’est presque frotté les mains. (more…)

27 mars 2010

Qui est caricatural  : 
Guillon ou Besson  ?

Filed under: humour — iledere @ 12:00

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Le ministre de l’Identité nationale s’en prend à l’humoriste, après une chronique, lundi matin, sur France Inter.

Sacré Besson. Toujours pas remis de la chronique de l’humoriste de France Inter Stéphane Guillon (voir ci dessus) qui l’accusait lundi avec ses mots et son style d’avoir fait le jeu du Front national en organisant un débat sur l’identité nationale  ! Et voilà le ministre des charters qui traite Guillon de « lâche » et réclame un « face-à-face avec lui à la radio ».
Le ministre ne s’est visiblement pas satisfait des « excuses » de Jean-Luc Hees, PDG de Radio France. Commentant la chronique de Guillon, il a jugé que « ce sont les propos et les méthodes de facho déguisés derrière un look bobo et un prêt à penser supposé gaucho ». Pour lui, « ça en dit long sur les dérives que de telles outrances et de telles attaques puissent être portées sur une radio de service public à une heure de grande écoute sans que ça soulève autre chose que des excuses dites par le président de Radio France à un site Internet ».
Des excuses qui, du reste, passent mal. « Ces menaces proférées contre le droit à la caricature, contre le droit d’expression et de critique sur cette radio et contre sa rédaction sont scandaleuses et dangereuses », avait, dès lundi, estimé le SNJ-CGT. Mardi, la Société des producteurs et la Société des journalistes de France Inter ont jugé que « d’autres “victimes” de l’humoriste, également malmenées sur leur physique, n’ont pas eu droit à la même compassion de la part du PDG. Parce qu’elles ne faisaient pas partie du gouvernement  ? Ce genre d’attaque peut ne pas faire rire, mais le droit à la caricature existe ». (more…)

28 février 2010

l’amer Ministère de la honte…

Filed under: 13 - PS,20 - UMP — iledere @ 6:30

Aujourd’hui, à l’appel de 85 organisations, dont les Verts, Attac, le PCF et le Front de gauche (voir la liste plus exhaustive ci-dessous), plus d’un millier de personnes environ ont manifesté dans le centre de Paris pour réclamer « la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’immigration.

Je suis fort désolé de n’avoir pu être des leurs,  mais j’ai soutenu moralement ceux qui marchaient  depuis le fin fond de ma province… c’est toujours mieux que rien !

Je relaie ici l’Appel derrière lequel ils se sont mobilisés, en vous invitant à faire de même sur vos blogs…

Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration
Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de « l’Identité nationale » a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

Qu’a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des « dérapages » individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un « débat » sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et co-responsables du contrôle identitaire sur la France.

La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : « Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ? » La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République. (more…)

30 janvier 2010

Les dangereux délires d’Ubu Besson

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 6:30

Eric Besson assiste à un débat sur l'identité nationale, 15 janvier 2010Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a proposé, le 15 janvier, de faire signer à tous les jeunes Français, à leur majorité, une « charte des droits et des devoirs« . L’idée, aussi aberrante qu’elle soit, ne fait que refléter les dérives xénophobes d’une partie de la droite européenne, en pleine crise économique.

Un peu d’imagination, voyons ! Le stade Charléty est politiquement trop connoté, depuis qu’en 1968 la gauche y a rêvé à des lendemains qui chantent. Pourquoi pas la place de la Concorde ou l’esplanade des Invalides? Les Françaises et les Français âgés de 18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l’Immigration, leur remettrait en les priant de la signer une « charte des droits et devoirs du citoyen« . Pour éviter les couacs, un texte de La Marseillaise aurait été au préalable distribué à chaque participant. Vrai, une sorte de première communion civique.

Peut-être la nouvelle a-t-elle échappé à l’attention du lecteur bouleversé par les images venues d’Haïti? Eric Besson, chef d’orchestre du débat sur l’identité française, envisage de saisir Nicolas Sarkozy d’une idée de son cru: souder la communauté nationale en couchant sur le papier des principes « moraux et politiques » censément partagés par tous les enfants de la patrie. La proposition est de la même farine que si le Père Ubu l’avait rédigée lui-même. Demander aux jeunes Français de parapher ces tables de la loi avant d’être admis à approcher l’autel du local de vote est une aberration. On ne s’étonne pas de l’entendre dans la bouche d’un personnage déjà dépeint dans Napoléon-le petit par Victor Hugo quand il y parle de « tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte« .

Il reste que cette énormité a été avancée par un membre actuellement très en vue du gouvernement et qu’elle n’a pas suscité l’ombre d’une indignation dans les rangs de la majorité. C’est qu’elle correspond à une résurgence dans la droite européenne – mais pas dans la droite seulement – de thèmes qui firent les turbulentes années du nationalisme préfasciste. Peur du terrorisme, de la grippe, du réchauffement climatique, du chômage, d’une rechute dans les folies boursières. Peur, surtout, de l’autre, cet étranger attiré par le Vieux Continent quand l’agriculture manquait de bras et que la machine industrielle tournait à plein. Qu’il s’en aille maintenant! (more…)

15 janvier 2010

« J’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Une fois n’est pas de coutume, même si je ne crois pas en la politique de la chaise vide, il est des fois où elle s’impose :  je suis 100 % d’accord avec Vincent Peillon…

« Parce que tout mon engagement politique et citoyen est fondé d’abord sur les valeurs de la République, de la raison et de l’antifascisme, j’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 et d’attirer solennellement l’attention de mes compatriotes sur les graves dérives que subit notre démocratie.

Depuis plusieurs semaines, l’ensemble de l’opposition démocratique mais aussi de nombreuses personnalités de la droite républicaine, à commencer par trois anciens Premiers Ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin ont dénoncé les conditions dans lesquelles le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson, a lancé un débat sur l’identité nationale.

Ce débat a provoqué et provoque encore des dérapages xénophobes, racistes, islamophobes qui font honte à la France, dressent les français les uns contre les autres et remettent le Front National et ses thèses de haine au coeur de notre vie politique.

De nombreuses études d’opinion ont aussi montré que dans leur majorité les Françaises et les Français, qui ont beaucoup d’autres sujets de préoccupation, l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’éducation, ne s’intéressent pas à ce débat.

Malgré cela, la direction de France 2 et Arlette Chabot n’ont pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010, que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen, prenant ainsi en otage le service public et les personnels qui y travaillent.

C’est indigne et c’est inacceptable.

Jamais une telle dérive ne s’était produite. Elle atteint gravement aux valeurs de la France et aux principes qui doivent commander aux missions de service public comme à la responsabilité du métier de journaliste.

Pour habiller le tout, on m’a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d’abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée. Et, comme on pouvait s’y attendre, on s’est déjà d’ailleurs copieusement servi de ma présence annoncée pour adresser une fin de non recevoir à des journalistes de France Télévision qui, pourtant avec raison, avaient demandé la déprogrammation de ce débat.

C’est bien mal me connaître, et bien mal connaître les socialistes, que de penser que je pouvais accepter de me prêter à une telle comédie et servir ainsi de caution républicaine à un débat et à des personnalités qui tournent le dos aux valeurs que partagent heureusement encore la grande majorité des Français.

Ainsi les masques tombent, la chaise est vide et la réalité apparaît dans sa crudité.

Que monsieur Besson, madame Le Pen et madame Chabot restent entre eux et que chacun mesure ainsi ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays et la façon dont certains veulent, à travers les médias, dévoyer le débat démocratique et nous entraîner sur une pente de haine et de division où nous refusons d’aller. (more…)

12 janvier 2010

Parisot, Besson, quand Sarkozy fait le ménage

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:10

Parisot, Besson, quand Sarkozy fait le ménagePauvre Laurence Parisot. Elle rêvait de copiner avec Nicolas Sarkozy et il vient de la condamner à mort. Comme les empereurs romains il a baissé le pouce, expliqué à ses courtisans, affidés et seconds couteaux que la patronne du MEDEF, soudain chargée de tous les pêchés d’Israël, devrait être débarquée à la première occasion et aussitôt les chiens politico-patrono-médiatiques se sont rués sur la bête blessée.

C’est naturellement Alain Minc, sur ordre de son supérieur, qui a sonné l’hallali. Comment ? En opposant vicieusement (Sarkozy lui en a lui-même soufflé l’idée) le bon interlocuteur syndical que serait Bernard Thibault, leader de la CGT, à la déplorable dirigeante patronale qu’est sensée être Laurence Parisot ou encore en faisant l’éloge des « chefs d’entreprise » tout en critiquant le « patronat », idée reprise auprès des responsables UMP par le Président de la République. La raison de cette ire présidentielle ?
La chouchoute médiatique d’hier (ce qui déjà en soi était mal vu de l’Elysée) se serait révélée « parano – à moitié folle, précise-t-on même parfois – égocentrique et à la recherche continuelle de coups médiatiques » autrement dit son principal crime serait de se comporter…comme Sarkozy.
Et encore ? elle n’a pas soutenu avec autant d’énergie qu’elle aurait dû la suppression de la taxe professionnelle, « peu fiable » elle a taclé à plusieurs reprises des mesures gouvernementales « pour le plaisir de faire parler d’elle », elle a cherché à « se donner le beau rôle » en dénonçant à plusieurs reprises les rémunérations pharamineuses de certains grands patrons.
Mais, surtout, l’aile la plus conservatrice et la plus néo-libérale du patronat – celle qui était justement la plus proche de Nicolas Sarkozy – rameutée et excitée par Denis Kessler et son clan, renforcés par les ex-« pestiférés » de L’UILM, a systématiquement sapé sa position auprès du chef de l’Etat : avec ce refrain méprisant reprit en boucle « pendant qu’elle s’amuse à philosopher sur les questions de société pour complaire aux médias qui défend les intérêts patronaux ? ».
Adieu donc Laurence Parisot ! Mais ça promet : ne vient-on pas de promouvoir encore un peu plus l’ineffable baron Selliére dans l’ordre de la légion d’honneur ? (more…)

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