Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 août 2010

Affaire Bettencourt: l’Ordre des médecins décide de s’en mêler

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Gilles Brücker.Les secrets révélés par l’affaire Bettencourt sur les pratiques des professionnels de santé entourant l’héritière de L’Oréal ébranlent l’institution médicale. Au point que le Conseil national de l’Ordre, garant du respect «des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine», souhaite des éclaircissements sur les agissements de ceux et celles qui prodiguent leurs soins à Liliane Bettencourt.

Pour ce faire, son président, Michel Legmann, vient, en toute discrétion, de demander au Conseil départemental de Paris de diligenter une enquête et de convoquer les médecins impliqués, afin qu’ils soient entendus en vue d’une éventuelle procédure disciplinaire.

Un docteur réputé, désigné exécuteur testamentaire par la vieille dame, fonction dotée d’un million d’euros, des batailles de diagnostics contradictoires, des associations de lutte contre le sida destinataires de largesses inhabituelles: le monde médical ne bruisse que de cette histoire à tiroirs multiples depuis la conférence internationale sur le VIH, à Vienne, en Autriche. Elle a coïncidé, fin juillet, avec la parution des premiers articles de presse concernant, notamment, Gilles Brücker et sa compagne Christine Katlama.Ces deux professeurs des universités concentrent les interrogations, même s’ils ne seront pas les seuls à devoir rendre des comptes à leurs pairs. Lui est spécialiste en épidémiologie des maladies transmissibles et dirige le GIP-Esther, une structure publique engagée dans la lutte contre le sida en Afrique et en Asie du Sud-Est. Co-fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, Gilles Brücker a travaillé au cabinet de Bernard Kouchner, alors ministre de la santé, avant de prendre, en 2002, la tête de l’Institut de veille sanitaire pendant cinq ans.

Christine Katlama exerce au service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière et milite activement pour l’accès aux traitements antirétroviraux dans les pays du Sud.

Ils franchissent le seuil de la maison Bettencourt dans les années 1990 par l’entremise de François-Marie Banier, ami d’enfance de Gilles Brücker et parrain de leur fils Gaspard. Leurs détracteurs leur reprochent d’avoir pris le parti du photographe dans l’affaire l’opposant à la fille de la milliardaire, Françoise Bettencourt-Meyers, en faisant passer leurs intérêts personnels avant le serment d’Hippocrate.

Devenu le «médecin coordonnateur» de Liliane Bettencourt, comme il se qualifie lui-même, Gilles Brücker décrit leurs relations  – médicales et pas seulement d’amitié – à l’occasion de son audition par la brigade financière, le 6 octobre 2008, dans le cadre de la plainte pour «abus de faiblesse» déposée contre François-Marie Banier.

Devant les policiers, il explique comment, à tel moment, il lui conseille «d’accepter le principe d’une intervention chirurgicale». À tel autre, il l’oriente vers un médecin traitant, pour son suivi régulier, installé comme elle à Neuilly-sur-Seine. À plusieurs reprises aussi, il met en cause les certificats médicaux de ses confrères quand leurs diagnostics établissent une altération de ses facultés mentales, alors que lui-même juge son état de santé «excellent». Il en est convaincu, la plainte contre son ami n’a pas lieu d’être: sa patiente est «une personne parfaitement présente dans les conversations, parfaitement cohérente dans ses jugements et très lucide sur ses choix à elle». (more…)

21 août 2010

Woerth : les relations gênantes de Serigny, conseiller de l’ombre

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:06

Un pied dans la finance, l’autre dans la politique : Eric de Serigny, conseiller discret d’Eric Woerth au ministère du Travail, est aussi un proche de Patrice de Maistre, l’homme de confiance de Liliane Bettencourt.

Ce vendredi matin, une enquête de France Inter rappelle les nombreuses activités de ce personnage méconnu, notamment :

  • Conseiller d’Eric Woerth aux ministères du Budget puis du Travail ;
  • Proche des grands donateurs de l’UMP, lorsqu’Eric Woerth en était le trésorier ;
  • Président du directoire de la société d’investissement Alternative Leaders France ;
  • Administrateur du groupe Imerys, spécialisé dans les minéraux industriels, et détenu par deux milliardaires connus et proches de Nicolas Sarkozy, le Belge Albert Frère et le Canadien Paul Desmarais.


Une fonction « bénévole » au ministère du Travail

Eric de Serigny, 64 ans, n’apparaît pas dans l’organigramme officiel du ministère du Travail, et sa nomination n’a jamais été annoncée au Journal officiel.

Contacté par Rue89, le cabinet d’Eric Woerth confirme qu’Eric de Serigny est « conseiller pour les relations économiques », mais affirme qu’il offrirait simplement ses services pour « faire le lien » entre le ministre et les entreprises :

« C’est une fonction entièrement bénévole. Elle consiste à aider le ministre à organiser des réunions avec des chefs d’entreprise. »

Eric de Serigny était « en voyage » ce vendredi, selon un de ses collaborateurs chez Alternative Leaders France. En confirmant que sa mission au ministère serait « bénévole » : Eric de Serigny travaillerait à temps plein chez Alternative Leaders France.

Des liens avec Patrice de Maistre en France et au Luxembourg
La principale activité d’Eric de Serigny, c’est donc la finance. Avec deux casquettes :

Ces fonctions placent également Eric de Serigny au carrefour de la finance et de la politique. Avec des liens avec Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt et employeur jusqu’au début de l’été de Florence Woerth : (more…)

15 août 2010

Eric Woerth: encore une Légion d’honneur suspecte

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Après la Légion d’honneur remise par Eric Woerth à Patrice de Maistre (employeur de sa femme et gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt), Mediapart est tombé sur une autre décoration accordée par le ministre qui exhale le conflit d’intérêts. Le 13 juillet 2008, en effet, un expert-comptable inconnu du grand public, Bernard Godet, a été nommé officier de la Légion d’honneur sur le contingent d’Eric Woerth (alors ministre du budget). Le décret paru au Journal officiel déclinait sobrement ses titres: «35 ans d’activités professionnelles et de services militaires»… Deux mois plus tôt, Bernard Godet avait surtout visé les comptes de campagne du ministre, candidat victorieux aux municipales de Chantilly dans l’Oise, avant que ces derniers ne soient remis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Plus gênant encore: Bernard Godet est l’homme qui a certifié les comptes 2008 du micro-parti du ministre – déjà dévoilés par Mediapart. Fin juin, il était apparu que cette formation politique «maison», créée dans l’Oise en toute discrétion et baptisée «association de soutien à l’action d’Eric Woerth», avait bénéficié de la générosité de Liliane Bettencourt (qui lui aurait signé un chèque de 7.500 euros en 2010, selon l’entourage du gestionnaire de fortune de la milliardaire). Légale sur le papier, cette structure contribue comme tous les autres «partis de poche» à «détourner» l’esprit de la loi sur le financement de la vie politique – pour reprendre le mot du président de la CNCCFP, autorité administrative indépendante…

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a souhaité récompenser Bernard Godet, Eric Woerth n’a pas répondu à nos questions. L’heureux bénéficiaire, sollicité par l’intermédiaire de son cabinet parisien, n’a pas non plus retourné nos appels. Les interrogations soulevées par l’attribution de cette Légion d’honneur sont pourtant multiples.

Premièrement, Bernard Godet a-t-il pu, en 2009, quelques mois après avoir reçu la Légion d’honneur, se plonger dans les comptes 2008 du parti de poche du ministre et les certifier (c’est-à-dire évaluer leur sincérité et leur régularité) en toute indépendance? Avait-il l’absolue liberté de dénoncer d’éventuelles tricheries? (more…)

9 août 2010

Front national : jugez sur pièce ! (1)

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Le déballage de l’affaire Bettencourt et les exactions à la Villeneuve de Grenoble pourraient faire le jeu du Front national. C’est en substance une inquiétude non seulement de la majorité mais aussi d’une partie de l’opposition. Le vote protestataire pourrait encore favoriser le FN. Mais ses éventuels électeurs savent-ils vraiment où ils mettraient leur vote ?
Sylvain Rakotoarison sur son blog s’est penché sur la question est a écrit trois excellents articles, où plutôt un excellent articles en trois parties. Nous publierons demain et après demain les partie 2 et 4 mais savourez tout d’abord la première partie d’une réflexion des plus pertinente…

Première partie.

Pierre Moscovici a raison lorsqu’il déplore (sur LCP) les termes un peu faciles des attaques de Martine Aubry ou de Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy et le pouvoir actuel à l’occasion de la sortie des multiples rebondissements de l’affaire Bettencourt.

Boomerang
Selon lui, l’affaire Bettencourt n’est pas l’événement idéal pour la gauche à moins de deux ans de l’élection présidentielle. On gagne rarement une élection présidentielle par défaut. François Mitterrand a fait rêver sur un socialisme à la française. Nicolas Sarkozy aussi sur la capacité de pouvoir tout faire, tout devenant possible, plus de tabou. Même Jacques Chirac a fait rêver avec sa fracture sociale (il avait été aidé par Philippe Séguin). Chaque fois, en 1981, en 1995, en 2007, les jeunes ont plutôt porté le candidat vainqueur.

Croire que le PS va remporter l’élection présidentielle de 2012 par défaut parce que l’UMP a une mauvaise réputation est une erreur et Pierre Moscovici craint justement que les critiques émanant du Parti socialiste reviennent sur lui comme un boomerang. Et cela risque d’être violent.

Le 19 juillet 2010 (sur Europe 1), le député-maire socialiste d’Évry Manuel Valls reconnaissait utiliser, lui aussi, la combine du « microparti ». Il faut être assez aveugle pour refuser de constater que la plupart des parlementaires (quel que soit leur bord) utilisent ce type de méthode, légale du reste, afin d’avoir une organisation prête à l’emploi au moment de leurs élections.

Plus généralement, la liste officielle des micropartis est publiée et consultable à ce lien. On y lit que la gauche est aussi adepte de la pratique : Laurent Fabius, Claude Bartolone, Robert Hue, et même Olivier Besancenot ont dans leur poche un microparti !

André Bettencourt, s’il était d’origine CNIP (comme Antoine Pinay), a été un très grand ami de François Mitterrand à l’époque la plus trouble de sa jeunesse et nul doute que l’empire Schueller ait continué à aider François Mitterrand après ce premier emploi de directeur de « Votre Beauté » pendant la guerre.

Bref, l’argument selon lequel l’affaire Bettencourt ne ferait le jeu que des extrêmes me paraît convaincant. Le Parti socialiste n’a pas beaucoup de titres moraux à donner les leçons quand on connaît un peu toutes les affaires politicofinancières qui ont entaché les deux septennats de François Mitterrand (à commencer par l’affaire Lucet).

Le reproche du train de vie de certaines personnes au pouvoir actuellement, s’il est justifié car il concerne l’argent des contribuables et la sobriété devrait aller de soi, ne doit pas occulter que les périodes Mitterrand et Chirac ont été bien pires et bien plus opaques… mais cet état de fait n’excuse évidemment rien.

L’hydre FN
Revenons aux extrêmes et parlons du Front national, puisqu’il en est question depuis les quelques semaines que l’affaire Bettencourt est sortie.

J’avoue modestement m’être trompé deux fois sur ce parti. Je le pensais définitivement agonisant à deux reprises et finalement, il a réussi à renaître de ses difficultés. (more…)

7 août 2010

Sarkozy aussi a arrangé le dossier fiscal d’une succession

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:36

L’affaire Bettencourt fonctionne comme une histoire gigogne. A l’origine, il y a l’histoire Bettencourt elle-même, qui a mis au jour d’innombrables réseaux d’influence et des conflits d’intérêts en cascade, mettant en scène en particulier l’actuel ministre du travail et ancien ministre du budget, Eric Woerth, et le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy. Mais elle a permis la révélation d’une autre intervention: celle du même Eric Woerth, alors ministre du budget, dans la succession du sculpteur César (Libération du 4 août) avec à la clé un dégrèvement de 27 millions d’euros.

Dans la foulée, d’autres risquent de remonter à la surface. Ce fut le cas dans le passé avec d’anciens ministres de gauche, tels Dominique Strauss-Kahn ou Michel Charasse, qui ont été emportés dans des polémiques voisines. Mais s’il faut faire l’inventaire de toutes les histoires de ce type, il en est une qui mérite une mention particulière: celle de Nicolas Sarkozy, ministre des finances, en 2004, dans le dossier fiscal de la succession de Jean-Luc Lagardère. Avec des enjeux financiers autrement plus importants. Reprenons le fil de cette histoire oubliée.

Quand il meurt, le 14 mars 2003, des complications d’une opération à la hanche, Jean-Luc Lagardère laisse derrière lui un immense groupe, celui qui porte son nom, en déshérence. Le groupe Lagardère est en effet à l’image de ce qu’est l’économie française: un capitalisme sans capitaux. Un immense empire, contrôlant une grande partie de l’édition (Hachette), de très nombreux journaux et médias (dont Le Journal du dimanche, Paris-Match, Europe 1 et à l’époque de nombreux quotidiens régionaux ou départementaux), assurant la gérance du système de distribution des médias (au travers des NMPP, devenues Prestalis) et disposant de la haute main sur EADS, le géant européen de l’aéronautique (Airbus…). Mais la famille Lagardère, protégée par une structure en commandite qui évite la dilution du pouvoir, contrôle mal le groupe.

Voulant assumer la succession de son père, Arnaud Lagardère demande donc à Nicolas Sarkozy, qui devient ministre des finances en avril 2004, de se pencher sur le dossier fiscal de la succession. Celui-ci est d’autant plus embrouillé que le jeune Arnaud est en conflit pour l’héritage avec Betty Lagardère, celle qui est tout à la fois sa belle-mère et la veuve de son père.

Finalement, un accord est trouvé entre ces deux-là, à la fin du mois de juillet. Nicolas Sarkozy, qui, dans le passé a été avocat et a organisé d’autres successions, y a lui-même veillé. Sur les quelque 320 millions d’euros que la famille possède, près de 80 millions d’euros reviennent à Betty, soit 25% du capital, notamment en biens immobiliers. Arnaud garde tout le reste et prend la direction exécutive du groupe. Mais surtout, il est entendu qu’il devra payer la totalité des droits de succession.

C’est là qu’intervient une nouvelle fois Nicolas Sarkozy: il va directement peser pour que les droits de succession à la charge d’Arnaud Lagardère soient les plus faibles possibles. Et le pouvoir discrétionnaire dont dispose le patron de Bercy lui permettent d’agir de la sorte.

10 millions d’euros de droits de succession
Dans un premier temps, certes, nul ne sait quel est le montant des droits fiscaux demandés à Arnaud Lagardère. Seule une mauvaise rumeur circule à droite suggérant qu’Arnaud Lagardère avait payé des droits bien inférieurs au barème de 40% pour les successions en ligne directe, déduction faite de la franchise. Mais petit à petit, les choses se sont précisées. (more…)

4 août 2010

Les mystères de l’île d’Arros

Filed under: 07 - Justice,09 - Evènement — iledere @ 6:30

Il a beau reprendre les chiffres, il ne les comprend pas. Selon diverses estimations, l’île d’Arros coûterait entre 500 millions et un milliard d’euros. Comment peut-on parvenir à de tels montants?
Car l’île d’Arros, Gabriel Dubie la connaît bien. Il a été agent immobilier, responsable d’une société, Châteaux et demeures d’Armagnac, spécialisée dans l’immobilier de prestige comme on dit, qui a fait faillite par la suite.

Ce monde est tout petit. En 1996, alors qu’il est associé à la vente d’une autre île dans l’archipel des Seychelles, l’île Denis, il est informé de la possible cession de l’île d’Arros. Et il obtient un mandat de recherche d’acquéreur signé par un responsable immobilier chargé de la cession, au nom du prince Chahram Pahlavi, neveu de l’ancien shah d’Iran et propriétaire de l’île.

La transaction envisagée ne porte pas directement sur l’île elle-même, mais sur des parts de société. Arros a en effet été enregistrée au Liechtenstein le 20 août 1975 sous le nom de D’Arros Land establishment (voir les statuts de la fondation ici). Un capital initial de 30.000 francs suisses a été constitué par paiement auprès de la First national City Bank à Genève. Comme il est habituel dans ce type de montage, les propriétaires se cachent derrière des prête-noms.

L’un s’appelle Pierre de Charmant, notaire à Genève à l’étude Bobel, Barbey, de Charmant et Perret. Interrogée, celle-ci n’a pas été en mesure de nous donner la moindre information sur ce contrat. L’autre responsable se nomme Bruno B. Güggi, domicilié à Vaduz. Un homme de l’art, semble-t-il, auteur de plusieurs ouvrages sur les fondations et les holdings privées au Liechtenstein. Ce sont ces deux personnages qui ont la responsabilité de gérer l’Anstalt, la fondation officiellement propriétaire de l’île des Seychelles, et d’accomplir les rares actes administratifs requis au Liechtenstein. Et c’est cette fondation qui est mise en vente.

A l’époque, comme Gabriel Dubie l’a expliqué à la Brigade financière, le prix minimum de cession avait été fixé à 15 millions de dollars. «Le propriétaire d’Arros m’a demandé de vous informer que le prix demandé pour cette propriété était de l’ordre de 15 à 20 millions de dollars et toute négociation doit être conduite dans cet esprit», lui écrit alors le responsable de la transaction.

( voir le pdf de la lettre ici)

Lui-même a des acquéreurs potentiels, de richissimes Russes, pour 18 millions de dollars. Mais entre-temps, Liliane Bettencourt s’est manifestée, prête à payer beaucoup plus, semble-t-il. (more…)

1 août 2010

Le dir cab de Woerth et le monde du jeu en ligne

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Depuis plus d’un mois maintenant, Eric Woerth est accusé de conflit d’intérêt dans l’affaire Bettencourt. Il nie tout en bloc, ce qui ne met pas fin à l’histoire. Ni au débat sur la notion même de conflit d’intérêt, qui  ne fait que commencer et pourrait bien dépasser le cas des époux Woerth pour s’étendre à d’autres exemples. Sébastien Proto, par exemple, qui fut le directeur de cabinet d’Eric Woerth au ministère du Budget et qui l’a suivi au Travail.

Sébastien Proto est en effet un ami d’Antoine Arnault, le fils du milliardaire Bernard Arnault, patron de LVMH. On peut certes comme le Nouvel Obs rappeler que l’ex-femme de Bernard Arnault, qui est aussi la mère d’Antoine Arnault, est mariée à Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et contribuer à cerner un peu plus les contours de cet univers. Mais cette simple amitié n’a, jusque là, rien à voir avec un quelconque conflit d’intérêt.

Là où ça coince, c’est que Sébastien Proto a été l’un des principaux artisans de l’élaboration du projet de loi d’ouverture des paris en ligne, qui a été adopté par le Parlement juste à temps pour la Coupe du monde. Or la famille Arnault est justement très liée au monde du jeu et des paris en ligne. Antoine Arnault, par ailleurs directeur de la communication de Vuitton, est en effet un joueur de poker de très bon niveau.

Surtout, il vient de signer un contrat de sponsoring avec Bwin pour représenter la marque de paris en ligne sur les tables de poker. Même si le groupe a critiqué les contraintes de la loi, Bwin a tout de même demandé et obtenu plusieurs licences, sur les paris sportifs et le poker. Il faut aussi rappeler que Bernard Arnault est actionnaire du même Bwin et de Betfair, le leader mondial des paris en ligne. Ce dernier n’a pas demandé de licence en France, parce que la nouvelle législation favorise trop, selon Betfair, les opérateurs historiques comme le PMU ou la Française des Jeux. Mais n’exclut pas de se lancer si la législation évolue. Le projet de loi prévoit d’ailleurs une « clause de revoyure », dans un an et demi.

Comme dans l’affaire Bettencourt, rien ne prouve que toutes ces proximités aient eu une influence sur la rédaction du projet de loi. Mais au niveau déontologique, comme dans l’affaire Bettencourt, il est permis de s’interroger.

par Thomas Bronnec pour « le blog des couloirs de Bercy »

PS. J’ai évidemment contacté Sébastien Proto via le ministère du Travail, mais ce dernier ne m’a pas rappelé pour le moment.

Mise à jour, 18h36. Contrairement à ce que j’ai indiqué, Bernard Arnault n’est pas actionnaire de BWin. Il possède bien, en revanche, 10% du capital de Betfair.

Mise à jour, 19h37. Sébastien Proto m’a enfin contacté et apporte la précision suivante: « Contrairement aux allégations de l’Express.fr, Betfair n’a pas été autorisé à exercer son activité en France car cette entreprise proposait un type de paris que le Gouvernement a décidé d’interdire sur notre territoire ».

25 juillet 2010

Affaire Bettencourt: la cour d’appel donne raison à Mediapart

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:30

Les informations de Mediapart qui ont lancé l’affaire Bettencourt relèvent de « la légitime information du public ». Non seulement notre journal n’a commis aucun délit avec la révélation des enregistrements réalisés par l’ex-majordome de Liliane Bettencourt, mais il n’a fait que son devoir : informer sur des faits d’intérêt général. Ainsi en a jugé la cour d’appel de Paris dans ses arrêts rendus, vendredi 23 juillet, où elle confirme intégralement le jugement de première instance qui, le 1er juillet, avait jugé « d’intérêt public » notre travail.

Il s’agit là d’une importante victoire pour la liberté de la presse en France, tant la genèse médiatique de cette affaire a mis en évidence, jusque dans notre profession, les frilosités françaises en matière de droit du public à l’information.

En faisant minutieusement son travail journalistique avant de décider de publier des extraits des enregistrements clandestins réalisés au domicile de Mme Bettencourt, Mediapart avait évidemment pris toutes ses précautions, aussi bien professionnelles que juridiques. Et nous avions évidemment réfléchi posément au respect de la vie privée de personnes enregistrées à leur insu, principe démocratique auquel nous sommes particulièrement attachés, autant sinon plus que d’autres, par expérience vécue.

Avec l’appui de nos conseils, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, dont le talent professionnel doublé de fortes convictions nous est d’une aide infiniment précieuse, nous avons donc assumé un choix conforme à notre conception démocratique de l’information: l’origine illicite des enregistrements, dont nous avions évidemment vérifié l’authenticité, ne saurait entraver la révélation de faits d’intérêt public concernant le respect de la loi fiscale, les financements de partis ou de personnalités politiques, le fonctionnement et l’indépendance de la justice ou l’avenir de l’actionnariat d’une grande entreprise.

En conséquence de quoi, Mediapart a écarté tout ce qui relevait de l’intimité de la vie privée pour ne s’en tenir qu’aux informations relevant de ces registres et dont l’impact public, depuis la mi-juin, nourrissant un large débat politique, montre a fortiori la pertinence.

Les arrêts de la cour d’appel de Paris valident totalement notre choix et le travail qui en a résulté. La justice inflige ainsi un cinglant désaveu à tous ceux qui, au nom du pouvoir en place, se sont cru autorisés à calomnier et diffamer notre journal, au point de l’accuser de «méthodes fascistes». Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, que nous poursuivons en justice, sera encore plus à la peine, après cette décision d’appel, pour justifier cette grossière diffamation. (more…)

23 juillet 2010

La banque Dexia a refusé un retrait de 500.000 euros à Bettencourt

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Le feuilleton Bettencourt continue. Les dénégations de pucelle éffarouché de Woerth n’y feront rien, l’UMP s’est fait prendre lesdeux mains dans le pot à confiture… Et si le pouvoir compte beaucoup sur le juge Courroye (surnommé « Courroye de transmission » du fait d’une certaine servilité vis à vis de son pote Sarkozy), pour enterrer judiciairement l’affaire, il n’en reste pas moins que les preuves et les indices qui s’accumulent tous les jours sous les yeux des contribuables vont finir par faire ouvrir les yeux aux derniers sceptiques. seuls les zélotes Sarkozystes resteront droits dans leur bottes. Mais ils sont incurables…

La banque où l’ex-comptable de Liliane Bettencourt a retiré à sa demande 100.000 euros en espèces quatre mois avant la présidentielle de 2007 a refusé, au préalable, un retrait de 500.000 euros à la milliardaire.

La banque Dexia, où l’ex-comptable de Liliane Bettencourt a retiré à sa demande 100.000 euros en espèces quatre mois avant la présidentielle de 2007, a refusé au préalable un retrait de 500.000 euros à la milliardaire, révèle l’hebdomadaire Marianne à paraître samedi 24 juillet.

« Devant l’énormité d’un tel retrait, et craignant sans doute d’avoir à se justifier devant Tracfin, l’organisme chargé de la lutte contre les mouvements illicites de capitaux, les responsables de la banque (…) ont refusé de lui accorder une telle somme », précise l’hebdomadaire, qui s’interroge sur la destination de cet argent.

150.000 euros pour la campagne de l’UMP
Dans un entretien accordé début juillet à Mediapart, l’ex-comptable a évoqué un financement politique illégal par le couple Bettencourt, assurant notamment que le ministre du Travail, Eric Woerth, trésorier de l’UMP, avait reçu 150.000 euros en espèces au printemps 2007 pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Entendue par les policiers, Claire Thibout est revenue partiellement sur certaines de ses déclarations mais a maintenu ses accusations sur le financement de la campagne présidentielle de 2007, qualifiées de calomnieuses par Eric Woerth et l’Elysée.

« Pour donner enveloppe »
Selon Marianne, les agendas de l’ancienne comptable et du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, saisis par les policiers au cours de leurs perquisitions, font bel et bien état de rencontres entre le gérant de fortune de la milliardaire et Eric Woerth en janvier 2007.

Dans l’agenda de Claire Thibout, un rendez-vous avec Patrice de Maistre serait mentionné, le jeudi 18 janvier, où serait indiqué: « Pour donner enveloppe qui donnera à Patrice« . Dans celui de Patrice de Maistre, un rendez-vous avec Eric Woerth serait indiqué, dans un « café« , le vendredi 19 janvier.

(Nouvelobs.com avec AFP)

« Page précédentePage suivante »

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons