Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

9 septembre 2010

Sarkozy et l’austérité : un pyromane voulant s’improviser pompier ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Depuis le début de l’année 2010, après que la crise grecque ait montré la menace que pouvait faire peser une dette incontrôlée sur l’avenir d’un Etat, le gouvernement français a semblé découvrir le mauvais état des finances publiques d’un pays pourtant géré par la même majorité depuis plus de huit ans.

Certes, et personne ne le contestera, la crise financière et économique de 2008/2009 a fortement contribué à la dégradation de la situation française en matière de dette mais il convient néanmoins de revenir sur la gestion plus qu’hasardeuse qui fut celle de la Droite dans ce domaine depuis 2002.

A son arrivée au pouvoir après le 21 avril 2002, la Droite hérite d’une situation relativement saine avec une dette dont la progression en valeur a été très faible durant les cinq années de gouvernement de la gauche plurielle. Ainsi, de 1997 à 2002, en terme de pourcentage du PIB la dette publique de la France est passée de 59,3% à 56,9%. En outre, à cette date les comptes de la sécurité sociale sont en équilibre.

Malheureusement, le nouveau gouvernement ne poursuivra pas dans la bonne orientation des finances publiques et consentira de nombreuses baisses d’impôts, le plus souvent par le biais de niches fiscales à l’intérêt économique plus que discutable. L’exemple le plus éclairant en la matière étant la fameuse « niche fiscale Copé » de 2006 (exonérant de tout impôt sur les sociétés les cessions de filiales par les grandes entreprises) coûtant à elle seule à l’Etat plus de 14 milliards d’euros par an en manque à gagner, soit l’équivalent du « Paquet fiscal » mis en place avec l’efficacité que l’on sait par Nicolas Sarkozy à son arrivée au pouvoir. Au total sur cinq ans, la baisse des recettes atteint 1,7% du PIB soit environ 35 milliards d’euros.

Le quinquennat de Jacques Chirac avait donc déjà été très mauvais pour les finances publiques avec une forte hausse de la dette sur la période mais le pire restait à venir. Après son élection en 2007, loin d’inverser la tendance, Nicolas Sarkozy la renforce. Dans l’illusion d’un prétendu « choc de confiance » qui n’aura pas lieu, et aveuglé par sa conviction « d’aller chercher la croissance avec les dents , il entame son quinquennat par le « paquet fiscal » de la loi TEPA qui revient à une perte de 14 milliards d’euros par an pour l’Etat avec une utilité économique quasiment nulle (baisses d’impôt réservées aux privilégiés sans conséquence sur l’évasion fiscale en nette hausse, défiscalisation des heures supplémentaires reconnue de tous comme inefficace, voire pur clientélisme avec la rétroactivité du crédit d’impôt sur les travaux des résidences principales…).

Pour donner l’impression d’une gestion rigoureuse, il se contente de postures à l’image d’un François Fillon déclarant en septembre 2007 « je suis à la tête d’un Etat en faillite » ou de la constante mise en avant de la RGPP (plan de Révision Général des Politiques Publiques). RGPP qui ne permet pas de réelles économies (elles sont négligeables face à la baisse constante des recettes par les allégements fiscaux) et obéit avant tout à un objectif idéologique : montrer du doigt la fonction publique comme « pléthorique », « coûtant trop cher » et démanteler peu à peu les moyens d’action de la puissance publique. Comme Philippe Seguin le soulignait dans un rapport de la Cour des Comptes en décembre 2009, la règle du « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite » est appliquée sans aucun aménagement, à l’aveugle et met dans une situation très délicate de nombreux secteurs de l’administration qui peinaient déjà à accomplir leur mission avec leurs effectifs précédents (les meilleurs exemples en sont évidemment l’Education Nationale et la Police…). (more…)

5 septembre 2010

Affaire Woerth-Sarkozy : beaucoup de questions, peu de réponses !

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:20

Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, le patron des sénateurs UMP Gérard Longuet et le chef de la majorité à l’Assemblée nationale Jean-François Copé ont tous les trois tenté d’éteindre l’incendie provoqué par les déclarations du ministre du Travail. Eric Woerth a reconnu, hier, avoir participé à la demande de légion d’honneur du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre.

Reposons la question puisqu’elle n’a pas été entendue : combien de temps Nicolas Sarkozy va-t-il couvrir le soldat Woerth et surtout, pourquoi il maintient au gouvernement un ministre de plus en plus carbonisé ? Comment peut-on croire qu’il est maintenu à son poste pour négocier la réforme des retraites ? Hier Nicolas Sarkozy a renouvelé son soutien à Woerth, mais lorsque les journalistes lui ont demandé « est-ce que le ministre du Travail est toujours à même de défendre la réforme des retraites ? », le chef de l’Etat s’est contenté d’acquiescer, sans faire plus de commentaire. Or, au moment même au Eric Woerth vantait la modération des partenaires sociaux, les syndicats sortaient de cette réserve : François Chérèque a jugé qu’il y avait « un vrai problème » se demandant comment le ministre pouvait « gérer en même temps ses problèmes personnels avec l’affaire Bettencourt et la réforme des retraites », tandis que Bernard Thibault a estimé que le ministre était « objectivement plus occupé, et préoccupé, par autre chose que par le sujet qui nous, nous intéresse ».

« On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore », abonde une source gouvernementale

Mais, derrière ce soutien officiel, en coulisse le ton est un peu différent. « Ca devient vraiment très compliqué », lâche un proche du chef de l’Etat. « On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore », abonde une source gouvernementale, citée par l’AFP. Si l’ineffable Frédéric Lefebvre, porte-parole du message officiel, a estimé hier que les attaques contre le ministre du Travail Eric Woerth avaient « fait flop » car l’affaire Bettencourt « n’est en rien une affaire politique » mais « une affaire familiale », à en croire certains signes, l’appui présidentiel a déjà perdu un peu de sa vigueur du début de l’été. Ainsi que l’a concédé implicitement Luc Chatel, Nicolas Sarkozy s’est abstenu de soutenir Eric Woerth devant les autres membres du gouvernement mercredi. Pour Frédéric Lefebvre, « Eric Woerth ne s’est jamais caché d’avoir remis » la Légion d’honneur à Patrice de Maistre. Cela n’a jamais été mis en cause.

Le problème ce n’est pas seulement la légion d’honneur, c’est la confusion des genres, les conflits d’intérêt patents
Le problème ce n’est pas seulement la légion d’honneur, car ce n’est qu’un signe, pas plus. Le problème c’est la confusion des genres, les problèmes déontologiques que pose son comportement, les conflits d’intérêt aggravés dans son cas, le double langage sur les exilés fiscaux alors qu’il tient des réunions à Genève avec certains d’entre eux pour financer l’UMP. Or, contrairement à d’autres pays la France ne dispose pas de la moindre réglementation en ce qui concerne cette question, révélant la consanguinité entre monde des affaires et monde politique. Le 12 Juillet, pressé par les évènements, le président de la République a annoncé la création d’une « commission de déontologie » qui devrait « réfléchir à la façon dont on doit ou non compléter ou modifier la loi pour éviter dans l’avenir toute forme de conflit d’intérêts ». (more…)

8 avril 2010

JFC : ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous

Filed under: humour — iledere @ 12:30

King of Camelote

Les couloirs de l’Assemblée bruissent ces derniers jours d’une rumeur persistante : le président de la République aurait l’intention de nommer Jean-François Copé Premier ministre en novembre, à l’issue de la réforme des retraites et après le départ à celle-ci de François Fillon.

C’est son moment de triomphe : celui que l’on surnomme affectueusement « Copé-collé » pour sa propension a reproduire méthodiquement la stratégie de conquête du pouvoir de notre Conducator devrait enfin devenir le locataire de l’Hôtel de Matignon.

Le grand public connaît assez mal ce Meldois profond et inspiré, qu’il prend pour un amibitieux arriviste. Humble et fidèle à ses racines, ce fils de proctologue a pourtant fait sa devise d’une citation de Montaigne : « sur le plus haut trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul ».

Qu’il a multitâches : député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, maire de Meaux, président de la communauté d’agglomérations du pays de Meaux, membre du bureau politique de l’UMP, secrétaire départemental de la fédération UMP de Seine-et-Marne, président-fondateur des clubs Génération France.fr, avocat dans le puissant et prestigieux cabinet Gide-Loyrette-Nouel, Jean-François Copé est aussi expert en désinsectisation et traitement des cloportes, en politique salariale des classes moyennes et observateur avisé de la démographie auvergnate, ainsi que porte-parole de l’association « Fromage et dessert », secrétaire perpétuel de l’académie des sciences pipotiques de labiologie feuillue, et de temps en temps Grosse Tête sur RTL.

On le voit, rien ne saurait arrêter l’ « hubris de Meaux » dans sa trajectoire elliptique vers pouvoir suprême, pas même la fatwa lancée par la direction générale des impôts depuis qu’il a déclaré « moi vivant, la redevance télé n’augmentera pas ».
Néanmoins Jean-François Copé n’entend pas se désolidariser de Nicolas Sarkozy (dans un premier temps), réservant pour 2017 ses ambitions personnelles : « nous restons copé comme cochons » affirme-t-il avec malice.

Désireux de porter les valeurs du renouveau politique, Jean-François Copé est bien décidé à « arrêter la langue de bois », et il se justifie en ajoutant « vous savez, c’est beaucoup d’entretien, et le V33 c’est mauvais pour la digestion ».
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24 mars 2010

Remaniement: Sarkozy ressucite quatre droites

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Nicolas Sarkozy espérait fédérer l’électorat de droite sous sa seule bannière. Raté. Désormais quatre leaders politiques misent sur la chute de l’empire sarkoziste. Revue de détails.
Jamais remaniement ne fut plus microscopique. A la veille de la journée d’action sur les retraites, le président a offert en pâture aux grévistes la tête du bon Xavier Darcos, déjà humilié la veille par un score riquiqui en Aquitaine. Voilà un honnête homme qui ne sera pas déçu du voyage en Sarkozie : voici deux ans on l’annonçait déjà à Matignon, hier on le supposait recasé à un autre poste ministériel et aujourd’hui, il devra attendre le prochain remaniement.
Le bon Darcos sera donc remplacé par un inspecteur des finances plus retors, Eric Woerth, ce qui permettra de simuler une ouverture nouvelle, à droite celle-là comme l’avait suggéré au début du septennat un grand ami du président, Patrick Devedjian. Voici donc François Baroin le chiraquien et Georges Tron le villepiniste intronisés, le premier au Budget et le second au secrétariat d’Etat à la Fonction publique. Le procès Clearstream s’éloigne et le gouvernement de François Fillon compte donc à présent deux affidés de l’ennemi personnel numéro un de sa Majesté. C’est un peu comme si le Président téléphonait indirectement au procureur Marin pour lui suggérer de lâcher le « nonos » Clearstream…

Le remaniement n’a donc qu’une seule fonction : suggérer à la hâte l’idée d’une droite plurielle mais rassemblée. Un signal encore modeste mais qui indique bien que si l’Elysée rechigne à entendre le message des Français, il a au moins compris celui des députés UMP et du Figaro : on oublie l’ouverture et on rassemble la bonne vieille droite.

Ce qui marque la fin d’une séquence politique. Nicolas Sarkozy avait réussi ce qu’aucun chef de la droite n’avait pu faire depuis De Gaulle : rassembler toutes les composantes de la droite. Au passage, le bulldozer sarkozyste avait écrasé les restes de la chiraquie, les compagnons de la villepinie, la droite catho de Christine Boutin et la droite anti-européenne de Villiers. Seul le brave Dupont-Aignan imaginait de reconstruire un gaullisme populaire.

Quant aux rescapés du grand chelem sarkozyste, ils étaient obligés, tels Copé, de manifester des ambitions pour 2017, ce qui, comme chantait le regretté Reggiani, lui donnait le temps d’apprendre la belote…

En une élection, tout cet éminent édifice est en train de s’écrouler. Dès que l’on a su, à droite, que l’UMP ne ferait guère plus de 30%, la stratégie d’unification de la droite s’est avérée un échec des plus angoissants : avec qui s’allier pour gagner au second tour ?

La politique craignant le vide comme la peste, les sarkozystes disposent d’ores et déjà de quatre alliés. Le problème est que cette toute nouvelle prolifération peut relancer autant de guerres au sein de la droite. (more…)

22 janvier 2010

Une biographie de Copé dévoile un ambitieux sans borne

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

En avril 2009, Jean-François Copé avait publié un essai, ode à «l’hyper-parlement», affublé d’un titre un peu «gentillet»: Un député, ça compte énormément. Neuf mois plus tard, ses premiers biographes, Frédéric Dumoulin (journaliste à l’AFP) et Solenn de Royer (La Croix), révèlent qu’il avait en fait envisagé de barder son livre d’un bandeau rouge, franc du collier: «Face au Président». La tentation de déclarer la guerre à Nicolas Sarkozy publiquement le titillait. Prudent, Jean-François Copé a finalement résisté. Mais pour combien de temps?

Car le chef de file des députés UMP n’a qu’un objectif: enfiler les habits de chef d’Etat. Dans leur enquête ultra-fouillée (250 personnes interrogées), Copé l’homme pressé (l’Archipel), les auteurs rapportent qu’il bassinait déjà ses «flirts» du lycée avec son ambition élyséenne; même le jour de son mariage, dans le jardin de la belle-famille au Vésinet (Yvelines), ce diplômé de l’ENA avait estomaqué son beau monde: «Vous avez de la chance, vous êtes au mariage du futur président de la République» – une vraie tête à claques.

Aujourd’hui, la seule question qui reste, avant sa déclaration de candidature, c’est: «2012 ou 2017?»… À la fin du livre, l’un de ses proches collaborateurs déroule le plan de bataille officiel: si Nicolas Sarkozy se fait réélire, Jean-François Copé prendra la présidence de l’Assemblée; s’il est battu, les rênes de l’UMP… Mais le maire de Meaux (Seine-et-Marne) travaille forcément, en coulisse, d’autres scénarii.

Ainsi, Frédéric Dumoulin et Solenn de Royer relatent cet échange révélateur entre l’élu de Meaux et Jean-Marc Ayrault (son homologue au PS), dans un couloir du Palais-Bourbon, fin 2007, au lendemain d’une émission de Canal + où Jean-François Copé dévoilait son appétit pour l’Elysée:
— «Tu veux être président?», l’interpellait le socialiste.
— «Oui, c’est décidé, je serai candidat (…). En 2017. Ou peut-être avant, s’il y a un accident…»

À 45 ans, donc, cet ancien «bébé-Chirac» (qui avait choisi le maire de Paris contre Edouard Balladur en 1995), se prépare. En rupture avec Nicolas Sarkozy depuis 2004 (après que ce dernier a fait le service minimum pour soutenir sa candidature à la tête de la région Ile-de-France), exfiltré du gouvernement en 2007, relégué à l’Assemblée, Jean-François Copé n’a qu’une stratégie: se construire dans un antagonisme au sarkozysme; et qu’une tactique: user des pouvoirs de nuisance que la réforme du Parlement lui offre depuis l’été dernier.

Au fond, il applique le conseil que Nicolas Sarkozy lui avait lancé, lors de leur toute première rencontre en 1990 (dévoilée dans le livre): «Il ne faut rien demander, il faut prendre.» «Scolaire», Jean-François Copé a retenu les leçons de son aîné (de 10 ans), qui s’était imposé en revendiquant sa «rupture» avec le chiraquisme.

«Nicolas Sarkozy a une conception médiévale des rapports humains, expose ainsi Jean-François Copé à ses biographes. Dans son schéma, il y a le suzerain, le vassal et le rival…» Humilié en 2007, l’élu de Meaux a simplement décidé de laisser à Xavier Bertrand le second rôle et opté pour la seule option qui restait…

Jusqu’ici, ça lui réussit plutôt. Jean-François Copé occupe désormais nombre de discussions à l’Elysée, où les opinions des conseillers divergent quant à sa dangerosité réelle, au point qu’ils se disputent sur la marche à suivre: l’utiliser ou le tuer? En attendant, Brice Hortefeux, son principal ami dans le clan sarkozyste, joue les «go-between» et se charge de le refroidir: «Tu te survends», lui soufflerait-il régulièrement.

Jean-François Copé, de fait, doit encore se bâtir une pensée, pour se délivrer de ses positionnements tactiques (telle sa croisade anti-burqa), qui visent essentiellement à le distinguer médiatiquement. Sur ce point, la conclusion du livre, après un an d’enquête, est sans appel: pour l’heure, «on ne peut (…) le raccrocher à aucun courant de pensée, aucune idée, aucun combat». (more…)

12 mai 2009

A droite, l’après-Sarkozy pointe le bout du nez

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:15

Sarko pas beauIl faudra songer à remercier Nicolas Sarkozy. Sa pratique du pouvoir, sa gestion de la réforme, sa vision de la société, ajoutées à son goût pour l’ostentation et à son égocentrisme, ont libéré la droite républicaine du poids fantasmagorique du chef éclairé.
Elle ne se reconnaît finalement pas vraiment dans le champion qu’elle a choisi. Elle commence à comprendre que l’agitation présidentielle dissimule un dessein qui ne ressemble en rien au projet fondateur. Elle réalise, enfin, que le sarkozysme n’est pas un humanisme. A-t-elle été bernée? A-t-elle été aveuglée? Elle ne le sait pas. Hyper déçue par l’omniprésident, la voici, désormais, qui tend l’oreille et accepte l’idée d’écouter la différence.

Elle le fait d’autant plus volontiers que ceux qui l’expriment ont été ou sont membres de la «famille». A droite donc, ils sont cinq à pouvoir prétendre incarner une forme d’alternative et à rêver d’un renversement de situation sans être en mesure, aujourd’hui, de l’organiser. Il y a les mutins – François Bayrou, Dominique de Villepin. Il y a les patients – François Fillon, Jean-François Copé. Il y a l’homme providentiel – Alain Juppé. Tout ça manque un peu de jeunes premiers (le plus âgé, Alain Juppé, a 63 ans ; le plus jeune, Jean-François Copé, a 45 ans; les autres se débattent avec la cinquantaine), certes, mais pas d’expérience, de caractère ou d’ambition.

Les mutins dénoncent publiquement les abus de pouvoir, la vanité de l’action et l’inanité de la pensée, affirment que le pire est à venir et appellent à la révolte des élus et des électeurs. Les patients parient sur une exaspération des Français, qu’ils encouragent à mots feutrés mais n’entendent pas provoquer puisqu’ils sont au pouvoir et l’assument (l’un est premier ministre, l’autre président du groupe UMP à l’Assemblée nationale), comptent sur une lassitude des milieux d’affaires avec lesquels ils entretiennent eux-mêmes des liens ou sur une implosion présidentielle en cours de mandat.

L’homme providentiel assure la synthèse: de sa pampa bordelaise, il critique rudement mais avec courtoisie, propose discrètement mais, fort de son brevet chiraquien de «meilleur d’entre nous», ne cherche pas encore à fédérer. Il attend la faillite d’un homme qui n’aura fait que le décevoir.
Même s’ils ont choisi de faire front, les anti-sarkozystes n’en constituent pas un. En tout cas, pas encore. A la différence des trois mousquetaires, qui étaient quatre, leur devise sonne comme le coup d’envoi d’une aventure solitaire: «Chacun pour soi. Tous pour moi.» Ils se voient (Fillon-Copé; Villepin-Juppé), vont se voir (Bayrou-Villepin; Fillon-Juppé) ou pourraient se voir (Bayrou-Juppé; Copé-Bayrou). Pour parler de quoi? De leur anti-sarkozysme commun? Des preuves quotidiennes du népotisme de l’Elysée? De la dernière humiliation infligée par le chef de l’Etat ou ses sbires? Cela ne suffira pas à souder une coalition. La convergence n’est pas l’union et l’union ne peut tenir lieu de programme. (more…)

2 mai 2009

Copé, un député qui ne compte pas…

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:00

le Blog de l'ïle de RéJean-François Copé fait preuve d’humour dans son dernier livre. Tout le monde sait bien que nous avons une assemblée de godillots. Quand ils ne transcrivent pas les lois venus de Bruxelles, ils transcrivent les désirs du Président tout puissant.

Une imagination débordante ?
Après « Promis, j’arrête la langue de bois », le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, et candidat à l’élection présidentielle en 2017 (1) vient de publier « Un député, ça compte énormément ». La fine référence au film d’Yves Robert (2) ne me laisse pas indifférent. Quelqu’un qui apprécie les œuvres où se produit Jean Rochefort, et dans lesquelles Anny Duperey apparaît en robe rouge sur une bouche d’aération, ne saurait être taxé de mauvais goût. Mais c’est surtout l’humour du maire de Meaux qu’il faut ici saluer.

Voyons le contexte structurel. Les parlementaires évoluent dans un système où plus de 60% des lois viennent de Bruxelles. Leur travail législatif consiste donc en majeure partie à transposer en droit français des normes fabriquées ailleurs. Ensuite, le quinquennat et leur élection désormais systématique dans la foulée de l’élection présidentielle font des députés des godillots puissance 10. On ne peut passer sous silence la conjoncture : mercredi, sera à nouveau soumise au vote la loi dite Hadopi pourtant rejetée il y a une dizaine de jours.

L’avis des députés, tout le monde s’en tape, dans la France d’en bas comme dans celle d’en haut (3). Ainsi, donner un tel titre à son ouvrage dans le contexte actuel ne peut être le fruit que d’un trait d’humour, d’un second degré de haute tenue. Et il est vrai qu’on a affaire ici à un dangereux récidiviste tant sa promesse d’arrêter la langue de bois fait aujourd’hui sourire tout les présentateurs de débat politique qui l’accueillent. (more…)

12 avril 2009

Hadopi, Copé, Morano… Vanneste flingue à tout va !

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:00

Opposant farouche à la loi Hadopi, le député UMP Christian Vanneste était invité de Parlons net. L’occasion pour lui de régler ses comptes avec «l’ambitieux» Copé et «l’apparatchik» Karoutchi, responsables pour lui de l’échec de la Hadopi

Il n’y a pas que la gauche utopiste qui vote contre Hadopi : il y a aussi les libéraux conservateurs ! Connu pour ses positions contre les droits de homosexuels, le député UMP Christian Vanneste était dans le dernier Parlons net un efficace porte-parole anti-Sarkozye : pour lui, l’échec du parti majoritaire à faire passer la loi Création et Internet a été causée par la «manœuvre tordue» de Jean-François Copé, cherchant à passer en douce la veille des vacances.
Pour Vanneste, c’est une bonne nouvelle pour la majorité si elle arrive «à en tirer les leçons qui convient». A commencer par le président du groupe : «il dirige mal, tranche le député du Nord. Quand vous ne pensez qu’à votre carrière personnelle, que vous cumulez un certain nombre de responsabilité, il est certain que votre investissement dans le groupe est insuffisant !»

La majorité schizophrène sur les nouvelles technologies
Rapporteur sur la loi Dadvsi, Vanneste avait déjà constaté l’absentéisme des députés de la majorité à l’époque et l’explique par un malaise propre aux élus de droite : «la majorité leur demande une certaine attitude et d’autre part il y a les électeurs, notamment les jeunes électeurs, qu’ils connaissent bien», explique le député. Résultats, les députés de droite iraient de mauvais gré soutenir le gouvernement et prenant des reproches une fois revenue en circonscription… d’où le manque d’envie d’aller prendre part à ce genre de votes politiquement suicidaires !
Quant au gouvernement, il tente selon lui de compenser le «complexe dans le monde culturel» de la droite en faisant mine de défendre les artistes pour s’attirer leurs bonnes grâces et la popularité qui va avec.

Karoutchi, «le prototype apparatchik», et Morano en fait trop
Même Nadine Morano, pourtant chargée de défendre la famille, ne trouve pas grâce aux yeux de ce conservateur, qui invoque Pâques au moment de parler de ses vœux pieux : «il est dangereux de rentrer en contact avec un pédophile sur Internet, concède Vanneste. Mais mettre en avant ce risque, c’est un moyen de se mettre en avant comme ministre : là, elle en a fait beaucoup !» (more…)

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