Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

4 avril 2010

Claude Allègre, le mammouth embourbé

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:30

Vanitas vanitatum et omnia vanitas (vanité des vanités, et tout est vanité). Le fort en gueule Claude Allègre est aujourd’hui rattrapé par ses affirmations tonitruantes à contre-courant de beaucoup de scientifiques sur le changement climatique. Les excès verbaux employés par l’ancien ministre contribuent à marginaliser les avis scientifiques critiques qui s’étaient déchaînés après le climategate.

Alors qu’une enquête parlementaire britannique donne raison aux scientifiques mis en cause , c’est au tour de Claude Allègre se voir accusé par Håkan Grudd, paléo-climatologue suédois à l’Université de Stockholm d’avoir trompé les lecteurs de son livre (L’imposture climatique) « par un acte contraire à l’éthique ». Une formule policée qui recouvre une accusation de manipulation d’un graphique et de falsification de données .

Invité de France Inter ce matin face à Yannick Jadot (Europe Ecologie), le tonitruant scientifique semblait avoir perdu de sa superbe.

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1 avril 2010

Les stigmates d’une nouvelle religion ?

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Suite aux résultats des dernières élections régionales confirmant à quelques choses près les européennes de l’an dernier, force est de constater que l’écologie est « politiquement » en vogue, ne pas confondre d’ailleurs avec l’écologie politique prônant la rupture avec le capitalisme et qui fut étrangement absente des débats.

Tiens ? Pourquoi avons-nous ajouté : « politiquement » ? Et bien tout simplement parce qu’en grattant un peu nous ne pouvons que constater que les politiciens, mais surtout les « politicards » professionnels de tous partis confondus, font de la récupération. C’est devenu comme un leitmotiv : penser à sa planète, essayer de la sauver, l’économiser, ces préoccupations que l’on veut majeures seront-elles devenues les poncifs d’une mode médiatisée ? Médiatisée ! Le terme est lâché.
Il y a déjà plus de dix ans, on jetait en prison un José Bové soi-disant altermondialiste écologiste qui avec encore un semblant de foi menait une croisade active contre les OGM. Pendant ce même temps, au Mexique, le commandant Marcos devait vivre caché comme un guérillero, lui était aussi un altermondialiste, il était pourtant presque ignoré…

Alors pourquoi, désormais, cette résurgence forte de l’écologie, cette prise de conscience soudaine, et qui se transforme peu à peu en une nouvelle forme de religion ? Car souvenons-nous qu’aux dernières présidentielles les écologistes avaient obtenu 1,57 % des suffrages. La réponse est simple : Nicolas Hulot, Yan Arthus Bertrand et … Daniel Cohn Bendit ! Médiatisation des apparats, quand tu nous tiens. Médiatisation capitaliste qui ne nous montre que la décomposition de la planète, et qui ne nous donne pas la solution. Loin s’en faut, et pour cause…

Ceci dit, il est indéniable que l’on ne peut aller contre le fait d’avoir envie de sauver ce qui nous fait vivre. Mais là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur les méthodes employées.
Des faux-semblants, des caches misère, et la mise à contribution du peuple sous diverses formes que ce soient sont les seuls remèdes que la pensée unique nous propose. (more…)

23 mars 2010

Changer la politique pour changer de politique

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Ce n’est pas franchement ma tasse de thé. mais tout le monde en parle, alors autant le lire : L’appel de Daniel Cohn-Bendit
C’est un tournant historique. Des européennes aux régionales, l’écologie politique s’installe désormais comme un espace autonome dans le paysage politique français. Mais devant l’ampleur des défis auxquels doivent répondre nos sociétés, la consolidation est une nécessité absolue. Il faut nous inscrire dans la durée et honorer ce rendez-vous avec l’histoire sous peine de disqualifier notre critique de l’irresponsabilité de ceux qui ne font rien, à Copenhague ou ailleurs, parce qu’ils sont incapables de dépasser leur petits intérêts particuliers.
Nous avons besoin d’une structure pérenne et souple à la fois, capable d’élaborer des positions collectives et de porter le projet écologiste, sans s’abîmer dans la stérilité des jeux de pouvoir ou la folle tempête des égos en compétition.

Soyons clair : il est hors de question d’abandonner aux appareils de parti, cette dynamique de renouvellement politique et social. Cela reviendrait à nous installer au cimetière, déjà bien encombré, des espérances déçues. Je reconnais d’ailleurs que sous la pression des échéances électorales, nous avons trop longtemps repoussé la question de la forme de notre mouvement, au point de laisser le rêve en friche. Entre simple marque électorale et réseau purement virtuel, Europe Écologie est restée une projection, où chacun pouvait voir midi à sa porte. D’ailleurs, les résultats contrastés de nos listes au premier tour des régionales soulignent le succès de ceux qui ont respecté l’esprit du rassemblement face à ceux qui se sont contentés d’en appliquer formellement la lettre, le réduisant à une simple tactique d’ouverture. Sans en renier l’histoire récente, il est temps d’incarner l’écologie politique dans un corps nouveau, une forme politique largement inédite, décloisonnée, pour mener la transformation de la société

Abstention, populismes, clientélisme… Cette élection le prouve encore : depuis des décennies, le fossé n’a cessé de se creuser entre la société et le politique. Le divorce démocratique est profond entre des logiques partidaires complètement déracinées qui fonctionnent en hors-sol et une société active, diverse, créative mais sans illusion sur la nature et les formes du pouvoir qui s’exerce sur elle. Les partis politiques d’hier étaient de véritables lieux de socialisation et d’apprentissage de la cité. Mais aujourd’hui ils se réduisent le plus souvent à des structures isolées de la société, stérilisées par de strictes logiques de conquête du pouvoir, incapables de penser et d’accompagner le changement social, encore moins d’y contribuer.

Parti de masse caporalisé ou avant-garde éclairée de la révolution, rouge voire verte : ça, c’est le monde d’hier. Celui de la révolution industrielle et des partis conçus comme des machines désincarnées, sans autre objet que le pouvoir. Comme des écuries de Formule 1, ces belles mécaniques politiques peuvent être très sophistiquées et faire de belles courses entre elles, mais elles tournent en rond toujours sur le même circuit, avec de moins en moins de spectateurs.

Le mouvement politique que nous devons construire ne peut s’apparenter à un parti traditionnel. Les enjeux du 21e siècle appellent à une métamorphose, à un réagencement de la forme même du politique. La démocratie exige une organisation qui respecte la pluralité et la singularité de ses composantes. Une biodiversité sociale et culturelle, directement animée par la vitalité de ses expériences et de ses idées. Nous avons besoin d’un mode d’organisation politique qui pense et mène la transformation sociale, en phase avec la société de la connaissance. J’imagine une organisation pollinisatrice, qui butine les idées, les transporte et féconde d’autres parties du corps social avec ces idées. En pratique, la politique actuelle a exproprié les citoyens en les dépossédant de la Cité, au nom du rationalisme technocratique ou de l’émotion populiste. Il est nécessaire de « repolitiser » la société civile en même temps que de « civiliser » la société politique et faire passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre. (more…)

1 mars 2010

Test écologiste

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

Peut-être par superstition, les écologistes ont conservé la bannière « Europe Ecologie » pour les élections régionales. Une fidélité qui trahit leur volonté de confirmer, en mars, leur spectaculaire performance du scrutin européen de 2009. Recueillant 16,3 % des suffrages exprimés, la liste écologiste avait talonné celle du PS (16,5 %). L’histoire électorale prouve cependant qu’un succès aux élections européennes est parfois sans lendemain. Charles Pasqua, Bernard Tapie ou encore Philippe de Villiers ont eu leur heure de gloire sans parvenir à s’implanter durablement sur l’échiquier électoral.

Au cours des dernières décennies, les écologistes eux-mêmes ont enregistré des succès européens qu’ils n’ont pas su transformer ultérieurement en influence durable. En 1989, la liste d’Antoine Waechter s’était propulsée à 10,5 % des votes sans que les Verts réussissent à sortir de leur marginalité électorale. Le succès de Daniel Cohn-Bendit, capitalisant 9,7 % des suffrages dix ans plus tard, n’avait pas non plus permis aux écologistes de se hisser au rang de parti majeur.

Les Verts avaient sans doute en tête ces précédents lorsqu’ils ont avalisé la poursuite, pour les régionales, de la stratégie de rassemblement qui leur avait été si profitable aux européennes. De fait, les enquêtes d’opinion laissent augurer une consolidation de l’influence écologiste à un assez haut niveau. L’illusion d’une recomposition radicale de l’opposition s’est certes évanouie. Le puissant parti d’élus locaux qu’est devenu le PS domine superbement son actuel rival et futur partenaire écologiste.

Mais les sondages créditent actuellement Europe Ecologie d’un score national à deux chiffres, ce qui situe ce courant à ses sommets historiques en France. Avec de 11 % à 14 % des intentions de vote selon les instituts, les écologistes se profilent comme de redoutables alliés et néanmoins concurrents pour les socialistes.

En Ile-de-France, Cécile Duflot a sans doute commis l’erreur de proclamer lourdement son intention de s’installer dans le fauteuil de Jean-Paul Huchon. Avec sa somme de problèmes environnementaux couronnés par le casse-tête des transports, la région capitale était une cible de choix pour les écologistes. La dernière enquête TNS-Sofres (1) donne cependant la liste Europe Ecologie loin derrière celle du Parti socialiste (14 % contre 26 %). Les écologistes souffrent sans doute de la relative inexpérience de leur jeune chef de file. Ils subissent aussi les contradictions d’une alliance passée et future avec un PS vivement critiqué le temps d’une campagne.

Une déception des écologistes en Ile-de-France pourrait être compensée par de bons résultats dans d’autres régions. En Alsace, une enquête Ifop (2) place les écologistes (21 %) devant les socialistes (18 %) avec de réelles chances de l’emporter au second tour. Ici aussi, c’est une large stratégie d’union des diverses sensibilités écologistes qui s’avère payante. Une ouverture symbolisée par la présence d’Antoine Waechter, champion historique du « ni droite ni gauche », sur les listes. (more…)

19 décembre 2009

Conférence de Copenhague: les principaux points en suspens

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:43

Les plus gros pollueurs de la planète n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Après deux ans de préparation et deux semaines de négociation, c’est l’échec : la montagne a accouché d’une souris. Un accord en forme de lettre d’intention sans mesure contraignante. Une déclaration politique de bonnes intentions qui n’est même pas paraphée par tous ! Le pire scénario imaginable…
Pourtant, alors que tous parlent se sauver la planète, on oublie un peu vite qu’il s’agit de sauver l’humanité ! La planète se remettra toujours des outrages subis. L’humain non !!! Mais qu’est ce l’humanité face au profit ?

Voici les principaux points de désaccord à la conférence onusienne de Copenhague sur le réchauffement climatique, qui doit s’achever ce vendredi:

EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE
Le sommet de Copenhague est censé trouver un accord prenant la suite du Protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, qui expire en 2012. Les 192 pays participants espéraient vendredi parvenir à un accord politique, à défaut d’un texte juridiquement contraignant. La conférence de Copenhague ne constituerait ainsi qu’une étape, et la conclusion d’un accord légalement contraignant interviendrait lors d’une nouvelle rencontre, en 2010.

L’objectif principal, reconnu par la plupart des pays, est une limitation du réchauffement mondial de deux degrés Celsius, seuil au-delà du quel les conséquences pour la planète pourraient être irréversibles selon les climatologues. Certains d’entre eux estiment que les promesses actuelles des pays industrialisés concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont largement insuffisantes: elles représentent une baisse globale de 8% à 12% par rapport à 1990, année de référence du protocole de Tokyo, alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) recommande une diminution de 25% à 40% d’ici 2020.

Les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le Protocole de Kyoto, n’ont proposé qu’une baisse représentant une diminution de 3 à 4% par rapport à 1990, tandis que l’UE a promis de réduire ses émissions d’au moins 20% d’ici 2020. La Chine, un des principaux pays pollueurs de la planète, se dit prête à fournir des explications et des éclaircissements sur les mesures qu’elle entend prendre pour maîtriser ses émissions. (more…)

18 décembre 2009

Copenhague : vers un texte de compromis, dans la douleur

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 10:00

Une petite trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement se sont réunis au Bella Center, cette nuit. Ils ont répondu à l’appel de Nicolas Sarkozy, afin de donner le dernier coup de rein pour aboutir à un accord.

Cette nuit, des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement se sont succédé à la tribune de la salle plénière pour décrire l’impact du changement climatique sur leur pays et leurs populations et présenter leurs espoirs pour cette COP15. Mais devant des centaines de chaises vides.

Pendant ce temps, à quelques mètres de là, Terra eco a pu constater qu’une petite trentaine de pays réunis à l’initiative Nicolas Sarkozy se sont mis au travail sur un texte de compromis, dans une petite salle carrée située au premier étage du Bella Center de Copenhague. Arrivés vers 23 heures après avoir dîné en compagnie de la reine du Danemark, Nicolas Sarkozy, Hillary Clinton, Lula, Gordon Brown, Angela Merkel, José Manuel Barroso ou encore Dmitry Medvedev se sont réunis pour tenter de trouver une issue à un sommet qui patine depuis onze jours.

A 2h00 du matin, Nicolas Sarkozy est sorti de la salle, annonçant que « de la discussion devait naître un projet de texte« . Dans le couloir qui les menait à leurs voitures officielles, Gordon Brown a pris le Brésilien Lula par l’épaule en lui affirmant : « Nous allons faire un bon texte« . A leurs côtés, un délégué africain se désespérait : « On n’est nul part. On en a au moins pour la nuit. »
Nicolas Sarkozy sorti, le reste de la délégation française se réunissait autour de Jean-Louis Borloo, brandissant un document de quelques pages. Les discussions devaient reprendre vers 3 heures, en présence des sherpas des chefs d’Etat. La fatigue se lisait sur tous les visages.

L’objectif de ce rendez-vous nocturne était de conclure un pré-accord que les différentes parties pourraient ensuite signer dans l’après-midi de ce vendredi. Le président américain, Barack Obama, est attendu sur le sol danois à partir de 8h30 ce vendredi matin. Selon son agenda officiel, il doit rencontrer le Premier ministre danois à 9h30, le Premier ministre chinois à 11 heures, le président brésilien Lula à 14h15 et le président russe Medvedev à 16h30. Et au milieu de toutes ces rencontres cruciales, une photo de famille est prévue à midi. Les sourires seront-ils sur les visages ?

Karen Bastien pour « terra économica.info« 

17 décembre 2009

Pessimisme croissant au sommet de Copenhague

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 18:15

La conférence de Copenhague entre dans sa phase finale du pied gauche. Un accord semble compromis, notamment en raison des réticences de la Chine.
L’arrivée des chefs d’Etat pour la clôture, vendredi pourrait donner un dernier souffle aux négociations, alors qu’aujourd’hui, les Etats-Unis sont entrés plus largement dans le jeu.

Les Etats-Unis s’engagent
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé que les Etats-Unis contribueront à une enveloppe de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour lutter contre le réchauffement climatique. Les principales économies participeront à cet effort et apporteront « toute la transparence nécessaire à la mise en œuvre des réductions d’émissions de gaz à effet de serre.

Un accord, quel accord?
En début de soirée, le Japon a proposé 19,5 milliards de dollars, dont 15 milliards d’argent public, sur trois ans pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique. L’aide immédiate nécessaire, dès 2010 et jusqu’en 2012, aux pays les plus vulnérables a été estimée à 30 milliards de dollars sur trois ans (10 milliards de dollars par an). La presse évoquait jusqu’alors une contribution de 10 milliards de dollars et cette initiative nippone « vise à contribuer au succès » de la conférence, a précisé le gouvernement japonais dans un communiqué.
ette initiative a pour but de faciliter les relations entre pays industrialisés et ceux en développement, qui ne parviennent toujours pas à s’entendre sur qui doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), ni sur le montant de ces réductions ou sur l’effort financier des plus riches en faveur des plus défavorisés pour les aider à s’adapter au réchauffement climatique.

L’Union européenne reste elle sur sa promesse de 3,5 milliards de dollars par an sur trois ans, soit un total de 10,5 milliards, pour alimenter un fonds qui devrait atteindre 100 milliards de dollars annuels. Les Etats-Unis se sont engagés sur 1,2 milliard annuel.
L’Afrique, de son côté a revu ses exigences financières à la baisse. Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a évoqué le chiffre de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, nettement en retrait aux demandes formulées jusqu’ici par l’Union africaine. (more…)

2 décembre 2009

Le Québec, premier d’une classe de cancres

Filed under: 11 - société,12 - Brèves — iledere @ 12:00

Face aux réticences d’Ottawa sur le dossier du climat, le Québec a décidé d’agir sans attendre. Ses objectifs le placent en position de leader en Amérique du Nord, où les engagements pris restent plutôt modestes.

« Tout comme l’Europe, le Québec réduira ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % sous le niveau de 1990 à l’horizon de 2020. […] Cette cible pourra être revue à la hausse, selon les résultats des négociations internationales et selon les engagements des principaux partenaires économiques du Québec« , a déclaré le Premier ministre de la province, Jean Charest, lors de l’annonce de ce plan, lundi 23 novembre 2009.

En s’alignant sur l’Europe, qui se dit prête à élever la barre de ses réductions jusqu’à 30 % en cas d’accord important à Copenhague, le Premier ministre Charest a donné l’impression d’être sensible aux vœux du milieu écologiste québécois, qui a réclamé une réduction minimale de 25 % sous le niveau d’émissions de 1990, soit la fourchette inférieure recommandée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le Premier ministre a dit qu’il s’agissait de « l’objectif le plus ambitieux en Amérique du Nord et un des plus ambitieux au monde », y compris par rapport à l’Europe. Si le Québec atteint cet objectif, a-t-il dit, nos émissions ne dépasseront pas huit tonnes par an et par personne en 2020, comparativement à neuf tonnes en Europe.

Mais la position de « leader » du Québec en matière de changement climatique a surtout été soulignée par Equiterre, par la Fondation David Suzuki, par l’Institut Pembina et Vivre en ville. Pour ces groupes écologistes, « le Québec demeure un leader en Amérique du Nord, ce qui est d’autant plus important devant l’inaction de plus en plus affirmée du gouvernement fédéral canadien, dont la cible n’est que de – 3 % (par rapport à 1990), la plus basse des pays industrialisés. » Les objectifs québécois dépassent effectivement non seulement ceux d’Ottawa, mais aussi ceux de la province voisine, l’Ontario (- 15 %), de la province de la côte ouest, la Colombie-Britannique (- 11 %) et des Etats américains de la Nouvelle-Angleterre (- 10 %), voisins du Québec.

Pour Virginie Lambert-Ferry, de Greenpeace Québec, « le Québec fait un effort notable. Mais il n’est que le leader d’une bande de nuls. Les vrais leaders, dit-elle, sont des pays comme le Japon (- 25 %), la Suède (- 40 %), la Norvège (- 30 %), l’Allemagne (- 25 %) ou le Royaume-Uni (- 34 %), qui se sont fixé des cibles beaucoup plus ambitieuses et sur lesquels le Québec devrait prendre exemple ».

Louis-Gilles Francoeur pour « Courrier International »

23 novembre 2009

Les VERTS se suicident en frayant avec le nouveau visage de la droite que représente François Bayrou

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre — iledere @ 12:00

Il est sans doute parfois possible de trouver des « militants », terme un peu bizarre j’en conviens, du Modem qui peuvent avoir envie de venir ou revenir vers la gauche, vers les valeurs anti-libérales qui animent la mouvance écologiste depuis des lustres. Mais imaginer que Bayrou, Lou Ravi du Béarn, puisse avoir une once de pensée de gauche, un minuscule atome crochu avec ceux qui contestent les formes prédatrices et destructrices du capitalisme et de l’idéologie de la croissance, revient à croire avec des semaines d’avance au Père Noël. Imaginer que celui qui fut l’« efficace » ministre de la droite à l’éducation nationale et à la Recherche de la droite (1993-1997), puisse comprendre ce que sont la décroissance ou une croissante respectueuses des écosystèmes et des citoyens, relève de l’illusion d’optique, et de la tromperie sur la marchandise. Imaginer encore que sa compagne de route, Corinne Lepage, ministre de l’environnement d’Alain Juppé puisse, au delà de ses discours « parfaits », épouser les valeurs et les refus politiques des Verts, relève de la méthode Coué. Les avocats, c’est bien connu, ne font qu’épouser le temps d’une plaidoirie, les errances de leurs clients…

S’en prendre à Nicolas Sarkozy, ne constitue pas un programme écologiste, juste une posture de l’illusion présidentielle. François Bayrou n’est qu’un homme politique prêt à faire feu de tout bois (même vert) pour soutenir ses ambitions et faire oublier les dernières élections, il l’a prouvé avec la misérable façon dont il a traité Cohn-Bendit pendant la campagne électorale des Européennes ; il a trouvé un nouveau créneau d’illusionniste et l’adopte pourvu qu’il soit un peu vert puisque c’est la mode. Il l’a prouvé aussi en ne débitant sur l’environnement, les énergies renouvelables, sur l’agriculture, sur la préservation de la biodiversité et sur l’Europe que des propos convenus et quelques idées picorées avec précaution chez les Verts ; mais en oubliant leurs dimensions de critique véhémente de l’économie. Il ne fait qua psalmodier en public les mêmes antiennes ronflantes que celles de la droite productiviste à laquelle il appartient encore, juste dépité de ne pas être calife à la place du calife avec l’appui de ses derniers amis du Medef. (more…)

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